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« cement des choses. » M. Langlès fait remarquer, à ce sujet, le rûle que joue, dans les cosmogonies orientales, l'œuf mythologique, symbole du chaos et de l’état primitif du monde. « Après le moment de l’équinoxe, continue Chardin, les grands vont souhaiter la bonne fête au roi, leur tadje ou bonnet royal en tête, chargé de pierreries, dans l’équipage le » plus leste qu’ils se peuvent mettre, et chacun lui fait son présent, consistant en bijoux et en pierreries, ou en étoffes, ou en parfums, ou en raretés, ou en chevaux, ou en argent, chacun selon son emploi et selon « ses biens. La plupart donnent de l’or, s’excusant sur ce que l’on ne « trouve plus rien dans le monde qui soit assez beau pour entrer dans la garde-robe de sa majesté. On lui donne ordinairement depuis 500 ducats jusqu’à 4,000. Les grands qui sont en emploi dans les provinces font « aussi faire leurs compliments ct leurs présents; nul ne s’en exempte, et « c'est à qui surpassera les autres et soi-même à l’égard de ce qu’il a fait « les années précédentes, de manière que le roi reçoit de grandes richesses « en cette fête, dont ensuite il dépense une partie dans le sérail à donner « les étrennes à tout ce grand monde qui le compose. Des grands passent « le reste du jour à recevoir les visites et aussi les présents de ceux qui « sont sous leur dépendance; car c’est l’invariable coutume de l'Orient, « l’inférieur donnant au supérieur, et le pauvre donnant au riche, depuis « le laboureur jusqu’au roi. »
Cet usage remonte à la plus haute antiquité, et probablement aux temps du gouvernement patriarcal. Quand les anciens rois de Perse passaient dans un village, on leur offrait des bœufs, du fromage, du blé. Le roi Artaxercès-Mnémon ayant un jour rencontré à l’improviste un nommé Sénéfas, celui-ci, qui n’avait rien sous la main qu’il püt offrir au monarque, courut chercher, dans la paume de sa main, un peu d’eau limpide; et ce don si simple, accompagné d’un discours plein de dévouement, lui valut l'accueil le plus gracieux. Plutarque et Ælien racontent encore un trait de ce même prince. Un certain Mégisthès lui offrit en présent une pomme d'une grosseur démesurée; il en conclut que ce particulier saurait faire
prospérer tout ce que l’on confierait à ses soins, et lui donna une grande
place. Cela est tout à fait dans l’esprit de l'Orient, esprit qui n’a jamais changé.
Mais reprenons la description de la fête du nouvel an. Les dévots, continue Chardin, passent, s’ils le peuvent, tous les premiers jours de la fête en dévotion dans leur logis. [ls se purifient au point du jour, en se lavant tout le corps dans l’eau, puis ils se vêtent d’habits bien nets, s'abstiennent
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