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setses fabriquait dans toute la Perse, et la meilleure venait de Schiraz, de Mesched, du dia- d’Yezd. Il s’en fabriquait d’une qualité qui résistait au feu ; la matière en Sabiens 4 était si dure, qu’on en tirait des mortiers assez forts pour y piler différentes ppellent f substances. La porcelaine qui se fabrique à Kerman, renommée pour sa ant que à légèreté, est encore remarquable sous un autre point de vue. Pline dit que lle opi- les fameux vases murrhins étaient apportés en partie de cette province, rochent ‘ nommée alors la Carmanie. Peut-être les vases murrhins n’étaient- Le nom ils qu’une sorte de porcelaine fabriquée d’après des procédés aujourd’hui rien de oubliés. Les manufactures de cuir, de chagrin et de maroquin remontent ‘Inde! ; aux temps des rois parthes, et peut-être à l’époque de Cyrus; elles ldéenne se maintenaient lors du voyage de Chardin; elles fleurissent encore. Les esetun Persans travaillent fort bien er chaudronnerie : ils se servent de Pétain es rela- de Sumatra pour étamer leurs batteries de cuisine. Les arcs de la Perse étaient les plus estimés de l’Orient; leurs sabres damasquinés, faits avec du lettres fer et de l’acier de l’Hindoustan, paraissent à Chardin inimitables pour nos e autre armuricrs d'Europe. Leurs rasoirs et autres ouvrages d’acier étaient aussi eyi, de recherchés. Ils étaient habiles à tailler les pierres précieuses et à faire des ination teintures solides et brillantes. Leurs manufactures de verre ne méritaient nd que pas grande attention. Leurs étoffes de coton, celles de laine, et celles fabris fées; quées avec du poil de chèvre et de chameau, leurs soies, leurs brocarts et age du leurs velours atteignaient à une qualité supérieure. Les tapis si précieux faibles venaient principalement du Khorassan. Chardin ajoute que, de son temps, re. Les on les appelait tapis de Turquie, parce qu’on les faisait passer en Europe aie, la par ce pays. Les étoffes faites de poil de chameau se fabriquaient générales. Si la ment à Kerman, et celles de poil de chèvre dans les montagnes du Mazan- > l'Eu- deran; mais les draps de coton venaient principalement de l'Hindoustan. rendre La fabrique des draps larges n’était pas connue, et on y suppléait par une on leur espèce de feutre. Le roi lui-même était intéressé dans les marchandises de soie, les brocarts, les tapis et les bijoux, probablement avec peu d’avantage ère de pour le pays. La marchandise principale de la Perse était la soie de difféures ct rentes qualités. On envoyait à l’Hindoustan le tabac, des fruits confits, par- pi orté à ticulièrement des dattes, des vins, des chevaux, de la porcelaine et des cuirs | à erie se de différentes couleurs ; à la Turquie, du tabac, des ustensiles de cuisine; dl à la Russie, des soies fabriquées. É:
" cah.; Cet état de choses n’a pas autant changé qu’on pourrait se l’imaginer. } dia On fabrique encore d'excellents sabres à Kasvin et dans le Khorassan. On M |! , 141. les reconnaît à la qualité de l’acier très-fin, sur lequel on voit des veines î à
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ces lames ne plient pas. Les sabres de Kasvin coûtent 60 à 80 piastr:s, mais ceux du Khorassan coûtent jusqu’à 400 sequins ou 740 francs de France. Les Persans, ainsi que les Tures, battent à froid tous les métaux, jusqu'aux fers des chevaux; ce qui leur donne, dit-on, plus de solidité, Les Persans connaissent encore aujourd’hui l’étamage des glaces, et taillent le diamant; ils paraissent, généralement parlant, n'avoir oublié aucun des arts qu’ils exerçaient du temps de Chardin, et ils en ont encore acquis de nouveaux, tels que l’art de travailler l'émail, qu’ils possèdent très-bien.
Les laines, dit M. de Hammer, sont une des principales marchandises de la Perse : les Zliat ou tribus en font les plus riches tapis, des feutres magnifiques, des tentes et des manteaux de voyage nommés kabas. Entre Hamadan et Ispahan, on recueille une manne dont on fait des pâtes pectorales estimées, nommées guézengubin. Yezd et Ispahan sont célèbres par leurs riches brocarts, et cette dernière ville par ses tissus nommés kat-loun ; Kachan par ses étoffes de soie et ses ouvrages en cuivre ; Koum par ses poteries; Recht par ses bures à sept brins (heft tahmiz); Kermanchah et Schiraz par leurs armes , et la seconde de ces villes par ses cristaux; Kerman par ses châles, et Nichapour par ses turquoises. Les ventes et les achats se font rarement au comptant, mais ordinairement à six mois de terme. ,
Le manque de bois de construction et la chaleur du climat semblent avoir empêché les Persans d'établir une marine dans les ports qu'ils possèdent sur le golfe Persique. Ils ont d’ailleurs beaucoup d’éloignement pour le métier de marin, et le pilote est appelé en persan hakhouda, c'està-dire athée. Leur commerce maritime ne se fait que par des navires étrangers. Celui qu'ils faisaient par Ormus ei Gomroun avec les Anglais et plusieurs autres nations, était le plus lucratif qu'ils eussent, mais leurs gucrres perpétuelles Pont ruiné. On prétend cependant encore évaluer à 12 millions les marchandises qui entrent annuellement dans le golfe Persique; les deux tiers y sont apportés par les Anglais; les Maures, les Indiens, les Arméniens et les Arabes fournissent le reste. Les cargaisons de leurs navires consistent en riz, en sucre, en coton ; en mousselines unies, rayées ou brodées, du Bengale; en épiceries de Ceylan et des Molucues, en grosses toiles blanches et bleues de Coromandel; en carcsmont, poivre, ’et toutes sortes de drogues indiennes. L’occupation de la Turquie d'Asie rar des puissances européennes pourrait rendre au golfe Persique son ancienne importance. Des caravanes entre Bassorah et les échelles de Syrie offriraient plus de sûreté que la navigation du golfe Arabique. Le
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idité, compar:"? entre elles les relations des voyageurs; mais avouons que cette illent esquisse est nécessairement incomplète, tant qu'on n'aura point observé les n des nombreuses {ribus nomades dispersées sur tout le sol, et qui, d'après des is de | voyageurs récents, y forment comme une seconde nation presque indépenen. à dante, et souvent ennemie de la population sédentaire, fuyant avec horreur dises À le séjour des villes et pillant les caravanes. Les hordes furques où lmreo-
‘utres : manes, répandues dans le nord de l'empire, comptent 625,900 individus ;
Entre celle des Efchars, dans l’Azerbaïdjan, autour du lac Mérasu, forte de ecto- l 90,000 iôtes, à produit le féroce mais habile Nadir-Schah; elle se divise en $ par è Kussemlou t1 L'rechlou; celle des Kadjars, qui comprend 50,000 âmes, et toun ; qui demeure dans le Mazanderan et principalement aux environs de Téhé- 1" ses ÿ ran, a donné à la Perse son souverain actuel; aussi la langue turque ah et domine-t-elle à la cour. Les Kadjars se divisent en Zokaroubâch, en 1cha laux ; S ghabäch, et en plusieurs autres tribus. Les tribus Kourdes de Perse, parmi et les | lesquelles les £rdilanis sont les plus puissants, comptent 455,000 indivi- )is de À dus : dans cette estimation, on ne comprend pas les Kourdes agricole x, ; D'autres tribus importantes sont celles des Bakhlïari, dans l'Irak et le Louiblent ristan, et celles des Feïli dans le Khousistan. Les tribus Loures où Loupos- riennes, dont la population est estimée à 215,000 individus, parcourent ment principalement les contrées montagneuses entre le Khousistan et l'Irak, c'est- qui, d’après eux, ont pris le nom de Louristan ; elles parlent un dialecte avires particulier, qui pourtant doit ressembler assez au kourde pour avoir été nglais confondu avec cet idiome. Comme Hadji-Khalfa assure que dans le Farsisleurs lan on parle trois langues, le parsi, l’arabe et le pehlevi, on peut, avec uer à beaucoup de probabilité, conclure que la langue loure, seul dialecte au- Per- jourd’hui connu dans le Fars, outre l’arabe et le parsi, est, ou le pehlevi, s, es ou, du moins, un dialecte de cette ancienne langue. La côte du golfe Perns de sique est comme abandonnée aux tribus arabes dont nous avons déjà parlé ; inies, mais il y a encore dams l’intérieur des tribus arabes nomades, dont la force ques; FA est d'environ 400,000 individus. Une classe particulière paraît comprendre les Ghelaky ou Ghulèki, sur les montagnes du Ghilan, qui parlent entre eux rquie 1 un idiome particulier, tandis que les Embarlou, habitants des vallées, sique ‘3 parlent un dialecte persan. Les Paddar, les Hassarais, et autres tribus peu es de 5 connues, errei sur les bords de l’Araxe. e. Le & 1 Voyez ci-après le lableuu des nations qui habitent la Perse.
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Toutes ces hordes errantes, ou, comme les Persans les nomment, les Iliat, forment depuis longtemps la principale force des armées persanes; ce sont elles qui bouleversent ce pays, comme les tribus gothiques bouleversaieni l'empire romain.
Empruntons aux voyageurs les plus modernes quelques détails sur l'administration, les revenus cet les ressources de la Perse.
Le gouvernement persan est une monarchie absolue, un despotisme militaire qui ne ‘’onnaît aucun frein; le Schah peut disposer à son gr$ de la vie et a: biens de ses sujets. La couronne est héréditaire en ligne directe : et c’est à tort que l’on a prétendu qu’elle passe de frère en frère, et que ce n'est qu’à défaut de branche cadette que le fils succède au père.
Les titres et les dignités sont en grand nombre dans la Perse : nous allons mentionner tous ceux qui sont de quelque importance. La désignation de mirza se donne à tous les lettrés, mais pour ceux-ci elle précède toujours le nom de l'individu; elle ne se place après que pour désigner les fils du monarque et les princes du sang. Le titre de khan se donne ordinairement aux chefs de tribus militaires et aux gouverneurs des provinces et des villes : il est héréditaire dans beaucoup de familles. Le roi le confère à ceux qu’il veut anoblir.
Après le Vely-Ahd, dénomination réservée à l'héritier présomptif du trône et aux princes du sang, la plus éminente, dit M. de Hammer, est celle de premier ministre (sadri-azsem), qui porte aussi le titre de s{imad-uddewlet, ou celui de mou-temid-ud-dewlel, c’est-à-dire soutien et confiance de l'empire. Viennent ensuite le ministre des finances ou l’intendant de l'empire (emin-ud-dewlel) ; le ministre de l'intérieur, ou l’ordre de l'empire (nizam-ud-dewlet), qui reçoit aussi le titre de grand-chancelier de l'Etat (mounchi-il-memälik). Le naïb-i-mounchi-oul-memälik est son substitut. Les moustewf sont les secrétaires d'Etat. Le lechker nuvis est le secrétaire d'Etat au département de la guerre; l’une des principales fonctions est celle d'exécuter des confiscations (darogha-i-defter). Le chef de la justice et des cultes se nomme sadr ou bien cheik-ul-islam.
Les gouverneurs des provinces, qui représentent les anciens satrapes, sont nommés begler-beg, c'est-à-dire prince des princes ; les commandants de villes considérables Æakim ; ceux de places moins importantes zabit, qui signifie autorité. Viennent ensuite les maires des villes (kelanter), les licutenants de police (darogha), les commissaires de marché (mouh-tesib), les chefs des gardes de police (mir-1-ahdas), c'est-à-dire princes des accidents;
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les pak-kar ou percepteurs des contributions, et les maires de villages (ketkhouda).
Les principales charges de la cour sont les suivantes : le nasak{chi bachi ou grand maréchal, qui est en même temps l’exécuteur de la justice ; l'ichikaghasi ou grand maître des cérémonies, et le mihmandar-bachi ou grand maître de l'hospitalité, chargé de faire les honneurs aux étrangers, et de pourvoir aux frais de l'État, aux dépenses des ambassadeurs.
Dans les audiences solennelles, le roi est entouré de différents officiers ; ce sout : le porte-épée (silikhdar), le porte-bouclier (kalkandar), le versecafé (kahvedjibachi), le porte-pipe (kalioundar), le porte-sceau (muhurdar), le porte-couronne (tadjdar). U faut y ajouter le porte-parasol, le porle-labouret et le porle-aiguière. Les gardes du corps se nomment kechiktchi.
C’est le ministre des finances qui est chargé de toutes les dépenses du harem ; mais la surintendance est toujours confiée à une princesse du sang, qui porte le titre de dame du harem (banou-i-harem). M. de Hammer fait remarquer à ce sujet que c’est un usage qui existait chez les anciens Perses. Ainsi, dit-il, les reines Esther (Asifaré, étoile), Parisatis (Perizadé, fille de fée), Roxane, (Rouhsan, semblable à un esprit), Monimé (Mou’nimé, la clémente), étaient dames du harem. Les autres dignitaires du harem, femmes ou hommes, portent le nom de barbe blanche (richsifid) 1.
Avant d'examiner quels sont les revenus de la Perse, il convient de donner une idée de la nature des propriétés. Le sol est partagé entre quatre classes de propriétaires : la couronne, les particuliers, les communautés religieuses, et les personnes qui ont reçu du roi des biens-fonds en récompense de quelque service éclatant, Les biens de la couronne se nomment Khalisié; ceux qui sont confisqués au profit du roi prennent le nom de zab-i-schah; et lorsqu'il daigne accorder au propriétaire une petite rente sur le bien confisqué, cette rente est appelée moustéémri.
Les grands propriétaires partagent leurs terres entre les paysans d’un village, et ceux-ci les cultivent. Mais si le cultivateur fertilise un terrain inculte en le canalisant, ce terrain devient sa propriété. Chaque village possède un certain nombre d'instruments aratoires et de bœufs ; les cultivateurs qui n'en ont point trouvent facilement à en louer. Le propriétaire, par héritage, par achat, ou par concession royale, reçoit de ses fermiers un dixième du revenu annuel. S'il canalise le terrain, il en vend l’eau au
1M,. De Hammer : Mémoire sur la Perse,
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