‹ Géographie d'EdrisiChapitre 13 sur 72 · XX PRÉFACE · texte numérisé non relu

XX PRÉFACE

Le livre d’Erésios d’Antioche ^

Au lieu de trouver dans ces ouvrages des renseignements clairs, précis et détaillés, n’y ayant rencontré que des obscurités et des motifs de doute , il fit venir auprès de lui des personnes spécialement au fait de ces matières, et leur proposa des questions qu’il discuta avec elles; mais il n’en obtint pas plus de lumière. Voyant qu’il en était ainsi, il prit la détermination de faire rechercher dans tous ses états des voyageurs instruits ; il les fit appeler en sa présence et les interrogea par le moyen d’interprètes, soit ensemble, soit séparément. Toutes les fois qu’ils tombaient d’accord, et que leur rapport était unanime sur un point, ce point était admis et considéré comme certain. Quand il en était autrement, leur avis était rejeté et mis de côté.

11 s’occupa de ce travail pendant plus de quinze ans, sans relâche , sans cesser d’examiner par lui-même toutes les questions géographiques, d’en chercher la solution et de vérifier l’exactitude des faits, afin d’obtenir complètement la connaissance qu’il désirait.

Ensuite il voulut savoir d’une manière positive les longitudes, les latitudes des lieux et les distances respectives des points sur lesquels les personnes susdites étaient tombées d’accord. A cet effet, il fit préparer une planche à dessiner il y fit tracer un à un, au moyen de

compas en fer, les points indiqués dans les ouvrages consultés et ceux sur lesquels on s’était fixé d’après les assertions diverses de leurs auteurs, et dont la confrontation générale avait prouvé la parfaite exactitude. Enfin, il

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DE L’AUTEUR, ordonna qu’on coulât en argent pur et sans alliage un planisphère *^1-^ ^ d’une grandeur énorme et du poids de quatre cent cinquante livres romaines, chaque livre pesant cent douze drachmes. Il y fit graver, par des ouvriers habiles, la configuration des sept climats avec celle des régions , des pays , des rivages voisins ou éloignés de la mer, des bras de mer, des mers et des cours d’eau ; l’indication des pays déserts et des pays cultivés, de leurs distances respectives par les routes fréquentées, soit en milles déterminés, soit en (autres) mesures connues, et la désignation des ports, en prescrivant à ces ouvriers de se conformer scrupuleusement au modèle tracé sur la planche à dessiner, sans s’écarter en aucune manière des configurations qui s’y trouvaient indiquées.

Il fit composer, pour l’intelligence de ce planisphère, un livre contenant la description complète des villes et des territoires, de la nature des cultures et des habitations, de l’étendue des mers, des montagnes, des fleuves, des plaines et des bas-fonds. Ce livre devait traiter en outre des espèces de grains, de fruits, de plantes que produit chaque pays, des propriétés de ces plantes-, des arts et des métiers dans lesquels excellent les habitants, de leur commerce d’exportation et d’importation, des objets curieux qu’on remarque ou qui ont de la célébrité dans les sept climats, de l’état des populations, de leurs formes extérieures, de leurs mœurs, de leurs coutumes, de leurs religions, de leurs habillements et de leurs idiomes.

J’ai donné à cet ouvrage le titre de : Délassements de

‘ Le mot signifie cercle ou table ronde, mais non point globe, ainsi que

l’ont cru les premiers traducteurs de l’Edrisi.

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