‹ Géographie d'EdrisiChapitre 20 sur 72 · M A11AS · texte numérisé non relu

M A11AS

S.IMGHADA.

CHARBIL.

Feuillet 7 recto. de poissoii et de laitage , et se livrent au commerce des di- « vers objets qui ont cours parmi eux. » De Ra’bil en se

dirigeant vers l’ouest, à Ghaiara onze journées. « Les

« habitants de ce dernier pays montent de très-beaux chameaux. » Cette ville de Ghaiara est située sur le bord du Nil ; elle est entourée d’un fossé. Ses habitants sont nombreux et braves. « Ils « font des incursions dans le pays de Lemlem, d’où ils enlèvent « des captifs qu’ils emmènent chez eux, et qu’ils vendent aux « marchands de Ghana. Entre Ghaiara et Lemlem, on compte « treize journées. Ces peuples montent des chameaux excellents; « ils s’approvisionnent d’eau, marchent de nuit, arrivent de jour, « se livrent au pillage, puis retournent dans leur pays avec le « nombre des esclaves du Lemlem qui, par la permission de « Dieu, leur sont échus en partage. De Ghaiara à Ghana, on compte onze journées, durant lesquelles on trouve peu d’eau. Tout le pays dont nous venons de parler obéit au sultan de Ghana. « C’est à lui qu’ils payent les Impôts, et c’est lui qui les « protège. »

‘ Le ms. B. porte Gharbil et Ghounara

on lit Ghoubara

aJJS’ ; sur la carte géographique

Suite de l’Afrique centrale. — Kaougha. — Berbers. — Koukou. — Lemlemeh. — Zaghawa. — Mathan. — Nouabé. — ^ Femmes Nubiennes.

Les villes les plus renommées de cette section sont Kaougha Feuillet 7 recto. Koukou , Lemlemeh Zaghawa Fanan

ybb Alhamy Nouabié et Tadjira

Kaougha est située sur le bord septentrional du Nil, dont ses KAocGH.r, habitants boivent les eaux. C’est une dépendance du Wangara, mais quelques-uns d’entre les noirs la placent dans le Kanem C’est une ville bien peuplée, non entourée de murs, commerçante, industrieuse, et où l’on trouve les produits des arts et métiers nécessaires à ses habitants. Les femmes de ce pays se livrent à l’exercice de la magie, et l’on dit qu’elles sont trèsversées, très-habiles et très-renommées dans cet art.. De Kaougha à Samghada, on compte dix journées en se dirigeant vers l’ouest ; de Kaougha à Damghala , un mois ; de Kaougha à Chameh

, moins d’un mois; de Kaougha à Koukou, en se dirigeant vers le nord, vingt journées de marche de chameau.

« Le chemin passe à travers le pays de Beghama. Les Begha- « miens sont des Berbers noirs, brûlés par le soleil, ce qui a « changé la couleur de leur peau. Ils parlent la langue berbère,

« sont braves, et boivent l’eau des puits qu’ils creusent de leurs

‘ Malban yliU , d’après Hartmann ; Manan ybU > d’après le ms. B.

^ Ou plutôt Andjemy , d’après les mss. B. et 3.‘14-

’ Ou Nouabé <îoî^. — * Ou Tadjoua d’après le ms. B.

« mains dans la terre, d’après la connaissance qu’ils possèdent « des sources : c’est une chose éprouvée et connue d’une manière " certaine. »

« Un voyageur digne de foi rapporte qu’en parcourant le pays « des noirs, il y a environ vingt ans, il pénétra dans ce pays, « c’est-à-dire dans le pays de Beghama; qu’il y vit un de ces « Berbers marchant avec lui dans un terrain sablonneux, désert, « et où il n’existait aucune trace d’eau ni rien de semblable; « que le Berber prit une poignée de terre, l’approcha de son nez, « et l’ayant flairée , se mit à rire et dit aux voyageurs de la cara- « vane : Descendez, l’eau est avec vous. Ceux-ci descendirent, « déchargèrent leurs bagages, entravèrent leurs chameaux et les « laissèrent paître. Alors le Berber se dirigea vers un certain lieu,

« et dit : Creusez ici la terre. Les hommes (de la caravane) se « mirent à l’œuvre, fouillèrent à moins d’une demi-brasse, et « trouvèrent de l’eau très-douce, ce qui les étonna beaucoup.

« Ce fait est notoire et connu des marchands du pays, qui s’en « entretiennent souvent. Sur la route dont nous venons de par- « 1er de Kaougha à Koukou, par le pays de Beghama , on « voit deux citernes sans eau, éloignées l’une de l’autre de cinq « à six journées de distance »'

La ville de Koukou est l’une des plus renommées du pays des noirs; elle est grande, située sur le bord d’une rivière qui, venant du côté du nord, passe par Koukou, et dont les eaux servent aux besoins des habitants. Plusieurs d’entre les noirs affirment que cette ville est située sur les bords d’un canal ; d’autres disent que c’est sur une rivière qui se décharge dans le Nil : mais ce qu’il y a de plus certain, c’est qu’avant d’arriver

‘ Ce passage a été transcrit en arabe par Hartmann , pag. lxxii , d après un facsimilé pris sur le ms. n° 487 de la biblioth. d’Oxford, rapporté de Syrie par Pococke Le ms. dont il est question , ayant été transcrit en 906 de l’hégire (1 5oo de J.-C.j, est de i55 ans plus récent que le nôtre.

à Roukou, cette rivière coule durant un grand nombre de jours, et qu’ensuite elle se perd dans des plaines de sable et des déserts, de même que l’Euphrate, qui traverse l’Irâc ; mais la perte de ce dernier a lieu dans les marais des Nabathéens b Au surplus, le roi de la ville de Roukou est absolu èt indépendant; il a beaucoup de domestiques, de revenus, d’olBciers et de soldats ; il s’entoure d’un grand éclat et d’un grand appareil. Ces peuples montent des chevaux et des chameaux, et ils sont très-redoutables et supérieurs en force à leurs voisins. Les habitants de Roukou se servent de peaux pour couvrir leur nudité ; mais les marchands portent des tuniques et d’autres vêtements, des bonnets sur la tête et des ornements en or; quant aux personnes considérables et notables, elles portent le voile et le manteau, visitent les marchands, s’asseyent auprès d’eux et font avec eux des échanges de marchandises. Il croît dans le pays de Roukou une espèce de bois qu’on appelle bois des serpents.

• Ce qui caractérise ce bols c’est que , si on le place au-dessus du lieu où un serpent est caché, le reptile sort aussitôt, et que la personne qui tient ce bois peut prendre avec la main les serpents sans en éprouver aucun dommage. Au contraire , elle sent naître en elle une force supérieure à celle qu’elle pouvait avoir. C’est une chose reconnue parmi les peuples de l’Afrique occidentale et du Wardjelan, que les serpents n’approchent pas de celui qui tient ce bois à sa main, ou qui le suspend à son cou. Ce bois ressemble au pyrèthre^, en ce qu’il est couvert de rides et tortu, mais il est de couleur noire.

De la ville de Roukou à celle de Ghana , on compte un mois et demi de marche, et, du même point à Lemiemèh, quatorze journées. Cette dernière ville est petite ; elle dépend du pays

‘ Entre Wassit et Bassora.

’ On lit dans l’original et le mot pyrèthre, par lequel nous l’avons tra-

duit, désigne une espèce de plante à racine salivaire.

Feuillet 7 verso.

LËMLEMÈH.

MATHAX.

ZAGHAWA.

de Kawar « C’est un lieu de réunion où se rassemblent

« beaucoup d’individus. 11 n’est point entouré de murs. Il y a « un homme qui commande de sa propre autorité. Lemlemèb « est située sur une montagne de peu d’élévation, mais d’un « difficile accès à cause des fossés qui l’entourent de tous côtés. « Il y a des palmiers et des bestiaux dans le pays ; les habi- « tants sont tout noirs ; ils boivent de l’eau des puits qu’ils sont « obligés de creuser à une grande profondeur. Ils possèdent des « mines d’alun de médiocre qualité , qu’on vend dans le Kawar, « après l’avoir mêlé avec du bon alun. On transporte cette mar- « cbandise de tous côtés. »

De Lemlemèb à Mathan qui dépend du pays de Kanem, 12 journées. Mathan est une ville petite, de peu d’industrie et de peu de commerce. Ses habitants possèdent des chameaux et des chèvres. De Mathan à Albamy b huit journées. Cette dernière ville dépend du Kanem; elle est très-petite et a un petit nombre d’habitants, d’un naturel sauvage. Ce pays avoisine la Nubie du côté de l’est. On compte d’ Albamy au Nil trois journées en se dirigeant vers le sud , et du même lieu à Zaghawa six journées. On y boit de l’eau de puits.

La ville de Zaghawa est entourée de villages peuplés où l’on boit de l’eau de puits. Autour d’eux sont des hommes de même race qui ont soin de leurs chameaux. Ils font un bon commerce, fabriquent divers objets, boivent de l’eau de puits, se nourrissent de dborra, de viande de chameau séchée, du poisson qu’ils peuvent prendre, et de laitages qui sont trèsabondants parmi eux. Ils s’habillent de peaux tannées. Ce sont les coureurs les plus agiles d’entre les noirs.

De Zaghawa à Manan yljU^^'huit journées. C’est à Manan que réside le prince ou le chef du pays; la plupart de ses sol-

‘ Voyez ci-dessus , pag. 21, note 2.

’ Ou peut-être Mathan. Voyez ci-dessus pag. 21, note i’’'.

dats sont nus et armés d’arcs et de flèches. De Manan à Ta- Feuillet 8 recio. djera i3 journées. C’est la capitale des Tadjerins \ peuple infidèle, sans croyance aucune, et dont le pays touche à la Nuhie. Semnah est une petite ville qui dépend de ce pays.

Diverses personnes qui ont voyagé dans le Kawar rapportent qu’un chef nommé Belac ^commandant au nom du roi de la Nubie, s’est rendu à Semnah, l’a ravagée et en a dispersé les habitants de tous côtés. Cette ville est actuellement ruinée. nouabé.

De Tadjera à Semnah, 6 journées. De Tadjera à Nouabé 1 8 journées. C’est de cette ville que la Nuhie tire son nom « Elle est petite, mais très -peuplée. Ses habitants se vêtent « de peaux tannées et de manteaux de laine. De là au Nil, on « compte quatre journées. On y boit de l’eau de puits; on s’y « nourrit d’orge et de dhorra; les dattes y sont apportées du « dehors, mais le laitage y est abondant. Les femmes y sont « d’une beauté ravissante (littéralement, de phénix) et circon- « cises. Elles sont d’une bonne race , qui n’est aucunement la « race des noirs. Dans toute la Nubie, les femmes sont d’une « beauté parfaite; elles ont les lèvres minces, la bouche petite,

« les dents blanches, les cheveux lisses et non crépus. On ne trouve « aucune chevelure comparable à celle des Nubiennes, ni dans le « Maghadera ni dans le pays de Ghana, ni ailleurs,

« comme par exemple chez les Kanemiens (habitants du Kanem),

« chez les Zendjes, les Abyssins, et les habitants du Bodja ;

« on dit que cette beauté de la chevelure est une chose particu- « lière aux Nubiennes. Au surplus, il n’est point de femmes qui Il leur soient préférables pour le mariage ; c’est ce qui fait que le Il prix d’une esclave de ce pays s’élève jusqu’à 3oo dinars ou en-

‘ Ou Tadjwins , d’après le ms. B.

’ Le ms. B. porte : « le chef du lalac »

" Voir sur Nouba, le voyage de M. Cailliaud, t. III, pag. 210.

* Le ms.. B. porte

Feuillet 8 verso. « vii'on , et c’est à cause de ces qualités que les princes de « l’Egypte désirent tant en posséder,, et les achètent à des prix « très-élevés, afin d’en obtenir des enfants beaux et gracieux « comme leurs mères. On raconte qu’un vizir d’Andalousie, « nommé Abou’l Hassan el Massliafy, possédai^ une de ces Nu- « biennes telle qu’on n’en n’avait' jamais vu de pareille, sous le « rapport de l’élégance de sa taille , de la beauté des joues , de « la grâce du sourire, enfin une beauté accomplie. Ce vizir « était tellement amoureux d’elle, qu’il ne pouvait presque pas « la quitter. Il l’avait achetée 260 dinars marabouts. Indépen- « damment de toutes les perfections dont cette fille était orné.e , « elle parlait de manière à ravir d’admiration ceux qui fécou- « taient, soit à cause de la pureté de son accent, soit à cause de « la douceur de sa prononciation. Ayant été élevée en Egypte , K elle s’était singulièrement perfectionnée sous tous les rapports. » « De la ville de Nouabé à celle de Kousa ^ on compte huit « petites journées. »

Suite de l’Afrique centrale. — Sources et poissons du Nil. — Kousa. — Dongola. — Gaiwa. — Asouan , oasis. — Markata. '

Cette section comprend la description de la Nubie, d’une partie de l’Abyssinie, du reste du pays des Tadjerins, et d’une partie des oasis intérieures, .

Les résidences les plus connues et les villes les plus renom- Feuillet g verso mées sont, dans la Nubie, Kousa , Aiwa <>>^ , Dongola

iikjüi , Bilac ou Boulac Soula . Dans l’Abyssinie,

Markhada et el Nedja’a Dans les oasis et dans une

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