IL.AKI
Feuillet 12 recto „ des baquets de bois, d’où on retire le métal; puis on le mêle « avec du mercure et on le fait fondre. Après cette opération, « ils se vendent et s’achètent les uns aux autres ce qu’ils ont pu « recueillir, et les marchands transportent l’or dans les contrées « étrangères. C’est l’occupation habituelle de ces peuples ; ils ne « cessent pas de s’y livrer, et ils en retirent leur subsistance et « leur bien-être.
« De Wadi-’l-Alaki à Adzab d^i dépend du pays de
« Bodja \ on compte i 2 journées.
« Du pays de Bodja dépend aussi le pays de Bokht
« Bokht est un bourg habité ; on y trouve un marché peu sûr. « Autour de ce pays, sont des peuplades qui élèvent des cha- « meaux et qui en tirent la plus grande partie de leurs profits et « leur subsistance. On n’en connaît pas dans l’univers de plus « beaux, de meilleurs, de plus patients à supporter la fatigue, ni « de plus rapides. Ils sont renommés en Egypte à cause de ces « diverses qualités.
« Entre le pays de Bodja et la Nubie, il existe un peuple très- « brave, qu’on appelle el-Belioun Ces hommes sont
« méchants, audacieux; tous ceux qui les entourent leur sont « soumis et les craignent. Ils sont chrétiens jacobites, ainsi que « tous les peuples de la Nubie, de l’Abyssinie et la plupart de « ceux du Bodja, comme nous l’avons déjà dit.
« L’Abyssinie confine du côté de la mer ( ou du fleuve ) avec « le pays de Berbera, qui obéit aux Abyssiniens, et où l’on « trouve un grand nombre de villages, dont le premier est Djouah '< De là à Naketi on compte six journées; à Batta
‘ Ces mots semblent résoudre la question élevée par Hart-
mann , qui était celle de savoir si Adab dépendait ou non du gouvernement de l’Egypte. D’Anville , d’après y\bulféda [Mém. sur l’Egypte j pag. 234), penchait vers cette dernière opinion.
^ Le nom de ce pays est omis dans toutes les éditions et commentaires d’Edrisi.
« du désert sept. La ville de Batta est celle dont nous avons fait « mention ci-dessus. Elle est située en deçà de la ligne équi- « noxiale, à l’extrémité des terres habitées. »
Feuillet 12 verso.
CARFOUNA.
hk
Afrique orienlale. — Carfouna. — Bab el-Mandeb. — Ile de Socotra et autres. — Côtes de l’Arabie Heureuse. — Culture de l’aloès. — Sana’a. — Aden. — Commerce de cette ville. — Hasek.
Cette section comprend la description, du côté du midi, des villes de Carfouna \ de Markah *^3^ et d’el-Nedja
Ces trois pays dépendent de celui de BerLera, forment la limite de ses dépendances, et sont situés sur les bords de la mer dTémen. Les habitants de Berbera se nourrissent, en grande partie, de la chair des tortues marines, « qui portent chez eux le « nom de lebeb . »
On peut se rendre par mer, en deux jours, de Djouah à Carfouna Ce pays est dominé par une haute montagne qui s’étend vers le sud. De Carfouna à Termeh ^ 3 journées par mer.
C’est ici que commence la montagne de Khakouï , laquelle a sept cimes très-hautes et se prolonge sous les eaux de la mer durant l’espace de 44 milles. Auprès de ces cimes sont des villages connus sous le nom d’el-Hadyé . De Khakouï à Mar-
* Le ms. n° 334 porte Carcouna
’ Je suppose que Carfouna répond au cap Guardafui; et Djouah, au point indiqué sur les cartes de d’Anville et de Berghaus, sous le nom de Bandel-d’Agoa. La distance indiquée autorise cette hypothèse, puisqu’on trouve en effet 6o lieues marines à l’ouverture du compas. On sait de plus que le cap Guardafui est trèsélevé, et que la direction des montagnes dont il est formé est du nord au sud, ce qui s’accorde parfaitement avec le témoignage de notre auteur.
‘ Ras Terma , ou le cap de Terma , est situé sur la côte occidentale de la mer Rouge, à i6o lieues environ du cap Guardafui.
kah È on compte par mer 3 petites journées, et 7 par terre. A 2 journées de Markali, dans le désert, est une rivière qui est sujette à des crues comme le Nil, et sur les bords de laquelle on sème du dliorra^. De Markah à el-Nedja, 1 jour et demi par mer, et 4 par terre.
El-Nedja est la dernière terre dépendante de Berbera D’el-Nedja à Karfouna 8 journées. El-Nedja est une petite ville située sur le bord de la mer. De là à Bedouna 6 journées.
C’est un bourg considérable et très-peuplé. Les naturels de ce pays mangent des grenouilles, des serpents et d’autres animaux dont l’bomme a généralement horreur. Ce pays est limitrophe à celui des Zendjes ^5 • Carfouna et Bedouna sont infidèles; leur territoire touche à celui des Zendjes, le long du rivage de la mer salée. Toute cette contrée a vis-à-vis d’elle, du côté du nord, l’Iémen, dont elle est séparée par un bras de mer de 600 milles d’étendue, plus ou moins, selon la profondeur des golfes dans fintérieur des terres , et f extension des caps dans le sein des mers.
Dans cette section sont également comprises quatre îles dont deux, situées du côté de l’orient, dans le golfe des -Herbei^ ji-fjiJl , sont connues sous les noms de Khartan ft
de Mertan
La troisième est celle de Socotra , connue par faloès
qu’elle produit, et éloignée du rivage de deux journées de navigation par un vent favorable. Vis-à-vis de cette île, sur la côte
* Ce nom de Markah 0x1 de Markat se retrouve sur les cartes.
’ On trouve en effet une rivière du nom de Jubo dans le pays de Markat.
* El-Nedja semble répondre au pays d’Ajan , situé sur la route du cap Guardafui au Zenghebar. Ce nom d’Ajan lui-même semble être uiie coi'ruption de
(Voyez Chrest. ar. de M. de Sacy, a® éd. , tom. 1, pag. 454 et 455; voyez également la note insérée dans la carte de Beighaus. )
* Il est probable que Bedouna répond au cap Bédouin de Berghaus.
Feuillet i 2 verso.
Feuillet 1 2 verso de l’iémeii , est la ville de Berbat et Hasek viln-Ua- b dont
nous reparlerons en détail, s’il plaît à Dieu.
La quatrième île s’appelle Cabela gjjg située dans
la partie occidentale de cette section, déserte, mais ombragée •d’arbres. On y trouve des montagnes hautes et escarpées , diverses espèces d’animaux féroces et autres , et une source dont les eaux s’écoulent dans la mer. Elle est quelquefois visitée par ceux qui viennent de l’Iémen et par les navires de Colzoum et de l’Abyssinie, « qui viennent y faire de l’eau. » Elle est située en face de la forteresse connue sous le nom de Mikblaf Hakem (♦SCa- sur la côte d’Iémen. De cette île à la montagne de
BAB-EL-MANDEB. Mandeb on compte 2 journées par mer. El-Mandeb est
une montagne environnée de toutes parts par la mer, et dont la partie méridionale est la plus haute. Sa direction est nord- FeuiHet i3 recto. ouest, et sa longueur de 1 2 milles. Celui de ses côtés qui touche à l’Abyssinie est rempli d’écueils et d’îles qui se succèdent jusqu’à Zalegh, 'Akent et Naketi, ensorte que cette partie de la mer n’est pas navigable. « Au milieu de ces écueils et de ces « îles, il existe une montagne qui s’étend transversalement jus- ^ qu’auprès de Zalegh, du côté du midi; on l’appelle Mourou- « keïn ; elle n-est pas très-élevée au-dessus du niveau de
« la mer, mais elle la domine dans une certaine étendue : ailleurs « elle est cachée sous les eaux ; c’est une masse continue de ro- « chers. » L’auteur du Livre des Merveilles raconte qu’aucun vaisseau garni de clous de fer ne peut passer auprès de cette montagne sans être attiré et retenu par elle au point de ne pouvoir plus s’en tirer. La montagne d’el- Mandeb s’étend, comme nous l’avons dit, dans la même direction que la côte
’ D’Anville a retrouvé la véritable orthographe du prémier de ces noms ; c’est Merbat ou Merhata qu’il faut lire. Hasek se trouve aussi sur la carte dans le Djoun el-Hachich, ou golfe des Herbes ^ dont il vient d’être question.
^ h' Abrégé porte Cambela
de riénien, et les navires de Colzoum destinés pour cette province ( riémen ) doivent nécessairement passer par- là, soit en allant, soit au retour; car le canal est tellement étroit, qu’un homme peut en apercevoir un autre sur la rive opposée. H y a sur le sommet de cette montagne une grotte d’où il est impossible de sortir quand on y est entré , tant à cause des précipices qui s’y trouvent, que des bêtes féroces qui dévorent les explorateurs. Quelques personnes ayant été averties de ce danger, s’y rendirent et bouchèrent l’ouverture de l’antre avec des pierres et de la terre, en sorte qu’on n’y peut plus pénétrer aujourd’hui.
Quant à l’île de Socotra elle est grande, renommée,
belle et couverte d’arbres. Sa principale production végétale est l’arbre qui produit l’aloès, et qui n’existe ni dans l’Hadramaut ni dans l’Iémen, ni dans le Sahar \ ni ailleurs, aloès qui égale en bonté celui de Socotra. Cette île est, comme nous l’avons dit, voisine du côté du nord et de l’ouest, de la province d’Iémen, dont elle est une dépendance et une appartenance. Elle est située en face des villes de Melinde et de Monbasa , dans le Zenghebar. La majeure partie
des habitants de l’île de Socotra sont chrétiens; en voici la raison : lorsqu’ Alexandre eut vaincu le roi, des Perses, que ses flottes eurent conquis les îles de l’Inde et qu’il eut tué Pour jy roi des Indes son maître Aristote lui recommanda de rechercher l’île qui produit l’aloès.
Alexandre conserva le souvenir de cette recommandation, et lorsqu’il eut achevé la conquête des autres îles de l’Inde, et qu’il les eut réduites sous sa domination, ainsi que leurs rois, il effectua son retour de la mer d’Inde à celle d’Oman, en
' Sic. On Ht plus bas Chedjer (pag. 48), et c’est la leçon que porte constamment le ms. n° 334.
’ Probablement Porua.
Feuillet i3 recto
SüCOTR.t.
CILTÜRE DE l’aloès
Feuillet 1 3 recto conquit Ics îlcs , et, parvenu enfin à celle de Socotra, il admira
la fertilité du terrain et la douceur de la température de l’air. D’après l’avis qu’il en donna par une lettre à Aristote, le philosophe lui conseilla de transporter ailleurs les habitants de l’île, et de leur substituer des Grecs, en enjoignant à ceux-ci de con- .server et de soigner la culture de l’arbre d’aloès, à cause de toutes les propriétés utiles de cette substance, et parce que, sans aloès, il n’est pas possible de confectionner complètement les remèdes souverains. Il pensait d’ailleurs que le commerce et l’emploi de ce noble médicament seraient d’un grand avantage pour tous les peuples en général. Alexandre fit donc ce qui lui était prescrit; il éloigna les habitants primitifs de Socotra, établit dans cette île une colonie d’ioniens auxquels il ordonna de veiller constamment à la conservation et à la culture de faloès : « ce qu’ils firent. Ils restèrent sous la protection ( de ce prince et « de ses successeurs) , et acquirent de grandes richesses, jusqu’au « moment où la religion du Messie apparut et fut embrassée « par ces peuples. Alors ceux de Socotra devinrent chrétiens, « et leurs fils sont demeurés tels, ainsi que les autres habitants « de l’île , jusqu’à l’époque actuelle.» Au mois de juillet, on recueille les feuilles de l’aloès; on en extrait le suc qu’on fait
Feuillet i3 verso, cuire dans des vases de cuivre et autres, après l’avoir fait sécher aux rayons du soleil; et, au mois d’août, on le dépose dans des outres. « On le vend dans cette île par quintaux, et on « f exporte dans les diverses contrées que Dieu a créées à l’orient « et à l’occident. C’est de cette production que Socotra tire sa « célébrité. »
Quant aux îles de Khartan y' et de Martan dont
nous avons déjà fait mention, elles sont situées dans le golfe des Herbes, et dépendent du pays de Chedjer , où croît fencens. Elles sont dans un état florissant, habitées par une peuplade d’Arabes « qui s’y sont établis et y sont restés », et qui parlent
la langue du peuple de Ad \ ancienne et inconnue aux Arabe. s Feuillet i. 3 verso,
de nos jours. « Les habitants de ces îles vivent dans un état de « déniiment et de misère extrêmes durant Tbiver; mais lorsque « l’époque de la navigation est arrivée , ils s’embarquent sur leurs « navires et se dirigent vers les terres d’Oman (jU, et d’Aden « et vers les côtes de l’Arabie Heureuse. Alors leur situa-
« tion s’améliore, et ils subsistent un peu moins misérablement.
« Il leur arrive souvent de trouver du très-bel ambre qu’ils « vendent aux marchands étrangers qui viennent chez eux. Quel- « quefois, ils le transportent eux-mêmes sur la côte de l’Iémen,
« où ils le vendent à un très-haut prix. » Ces îles produisent de l’écaille de tortue, du detilghan , sorte d’écaille, et des
conques de tortue dont les habitants de l’Iémen se servent en guise de vases pour les ablutions, et de huches pour pétrir le pain.
Au nombre des pays de l’Iémen compris dans la présente section, est Mikblaf el-Djouda château fort, situé côtes de l’iémem.
sur le bord de la mer (car les Arabes appellent mikblaf un château fort^). El-Djouda est peu considérable et mal peuplé; on y vit de viande, de laitages et de dattes, mais très-misérablement.
De là à Mikblaf Ghélabeka on compte 4 journées
par terre. Ce dernier bourg est très-peuplé; il est situé sur la baie de Zebid, à 5o milles de cette ville.
La ville de Zebid ‘^■^-0, est grande, très-peuplée, très-opulente. 11 y a un grand concours d’étrangers et de marchands de zedid.
i’Hedjaz, de l’Abyssinie et de l’Egypte supérieure, qui y arrivent par les bâtiments de Djidda Les Abyssins y amènent des
esclaves On en exporte diverses espèces d’aromates de l’Inde,
‘ Notre ms. porte iùilê ; mais le ms. B. porte et c'est la vraie leçon,
ainsi que l’avait déjà conjecturé M. de Sacy.
’ Le mot > d’après Reiske [Ahulf. Ann. mosi, ’t. II, pag. 1 14 ), signifie, dans
l’Iémen : Certum. quondam oppidorum et paqorum corpus, unius alicujus inspectionisubdilum.
* Et non point merces suas, comme il est dit dans la version latine, pag. 24
Feuillet i 3 verso
sana'a.
diverses marchandises chinoises et autres. Cette ville est située
sur les bords d’une petite rivière à i32 milles de Sana’a IxiUo h
Tout le pays est couvert de villages, non point considérables à la vérité , mais bien peuplés et fréquentés par des voyageurs et par des rnarcbands.
La ville de Sana’a offre en tout genre des ressources abondantes; elle est bien bâtie (lltt. les maisons s’y touchent); et il n’y en a pas dans l’Iémen de plus célèbre, de plus considérable, ni de plus peuplée; elle est placée au centre du premier climat. Les environs en sont fertiles, la température de l’air douce, la chaleur et le froid modérés. «C’était la rési- « dence des rois de tout l’Iémen et la capitale de l’Arabie. Ces « rois y possédaient un palais aussi célèbre que vaste et bien for- « tifié. Ce palais est aujourd’hui ruiné, et il n’en reste que les " débris, qui forment une haute colline. La plupart des maisons « sont construites en bois et en planches : il y en a une où « l’on fabrique les étoffes connues sous le nom d’étoffes de « Sana’a.
« Cette ville est le chef-lieu de la province d’Iémen. Elle est « bâtie’sur une petite rivière qui vient des terres septentrionales « de la montagne de Souafi . Cette rivière se dirige ensuite « vers la ville de Damar j\ — ,0 , et verse ses eaux dans la mer « d’Iémen.
« Au nord de Sana’a , on trouve la montagne de Rehmer ^
' iNotre manuscrit o£fré ici une lacune que nous croyons convenable de remplir
L’ancien texte et le ms. B. s’expriment ainsi ;
De Zebid à Dgeïlan 36 milles
De Djeilan à el-Han A2
D’el-Han à Aden et el-O'rf ... 3o
D’el-O’rf à Sana’a 24
Total pareil i32
' Les points diacritiques manquent sur ce mot, dont l’orthographe et la prononciation sont par conséquent douteuses. Le ms. B. porte
« , qui est très-élevée et qui a Go milljes de circonférence.
« Cette montagne est cultivée. On y trouve des arbres à fruit, « ainsi que la plante nommée ouars ^ . Cette plante est
« jaune comme le safran ; on s’en sert pour teindre les vête- « ments. »
De Sana’a à Damâr jU* , on compte 48 milles.
Damar est une ville petite, d’une faible population et de peu de ressources. De Sana’a à la ville de . . . .^ io4 milles. De Damar à Mikblaf-Misa'n , 2 4 milles. De là' à Madjar
et Mobdar qui sont deux petits bourgs voisins l’un de
l’autre, 60 milles. De là à Mikblaf-Abïn (jw' 72 milles;
et d’Abïn à Aden 1 2 milles.
La ville d’Aden est petite , mais renommée à cause de son port de mer, d’où partent des navires destinés pour le Sind, l’Inde et la Chine. « On y apporte de ce dernier pays des marchandises « telles que le fer, les lames de sabre damasquinées, les peaux « de chagrin^, le musc, le bois d’aloès, les selles de chevaux, « la vaisselle de terre, le poivre odorant et non odorant, la noix « de coco, le hernout (graine parfumée), le cardamome, la can- « nelle, le galanga le macis, les myrobolans , l’ébène, l’écaille « de tortue, le camphre, la muscade, le clou de girofle, les « cubèbes diverses étoffes tissues d’herbes, et d’autres riches « et veloutées, des dents d’éléphant, de l’étain, des rottangs et « autres roseaux, ainsi que la majeure partie de l’aloès amer des- « tiné pour le commerce. » La ville d’Aden est entourée, au nord
‘ Golius dit que c’est une plante qui ressemble au sésame, qui ne vient que dans l'Arabie Heureuse, et dont on se sert pour teindre les étoffes en iaune. Castel ajoute que ouars est aussi le nom du curcuma.
’ Le nom de cette ville manque. L’Abrégé et le ms. B. portent Aden.
* Ce mot français est dérivé du turc sacjhri.
‘ Sorte d’iierbe odoriférante.
‘ Sorte de graine aromatique provenant de l île de Java
Feuillet 1 4 recto, et à une Certaine distance, d’une montagne qui forme une enceinte de la mer à la mer, et dans laquelle se trouvent deux ouvertures ou deux portes par lesquelles on entre et on sort. De l’un à l’autre de ces passages, on compte 4 journées de marche. Les habitans d’Aden n’ont pas d’autre moyen, pour pénétrer dans leur pays ou pour en sortir, ‘que ces portes et la voie de mer. La ville est commerçanteu « En face d’Aden, à une « journée dans le désert, il existe une très-grande ville nommée « Zi-djeblé ; elle est dominée par une citadelle connue
« sous le nom d’El-ïa’ken »
D’Aden à el-Mabdjem on compte 8 petites journées, en passant par le pays de Dâhas El-Mabdjem n’est pas plus
considérable qu’un fort ; il est cependant assez peuplé. C’est la limite entre le district du Tebama et l’Iémen. De là à
Sana’a on compte 7 journées; d’El-Mabdjem à Haïran 4 journées. Cette dernière ville est très-petite. Son territoire comprend des villages, des champs cultivés et des eaux courantes, auprès desquelles sont construites les maisons des habitants. Elle est située dans une plaine, à 3 journées de Sana’a. Sa population se compose de diverses tribus de l’Iémen. De Haïran à Sogbda û<x..'W' , 48 milles.
«A 18 milles, à l’ouest de Sana’a, est le Mikhlaf-Cbakir « dont le principal commerce consiste en maro-
« quins; c’est à Sogbda que l’on fabrique le plus beau : il n’en « existe pas de mieux fabriqué. C’est un lieu de réunion com- « merciale dont les habitants sont très-riches, et où l’on trouve « beaucoup d’objets et de marchandises. » D’Aden, en suivant le rivage du côté de l’orient , au bourg d’Abïn , on compte 12 milles. Ce bourg est situé sur le bord de la mer d’Iémen, et ses habitants passent pour être versés dans la magie. D’Abïn à Las’a on compte par mer 1 jour 1/2 , et par terre 5 jour-
nées. 11 existe entre ces deux points une montagne qui , s’éten-
clant le long du rivage, sépare la mer des plaines et intercepte Feuillet i /, verso, le chemin. Las’a est une petite ville située sur le bord de la mer, à deux journées de distance de Chouma h On trouve sur la route un grand bourg auprès duquel est une source et un bassin d’eau chaude, où les habitants font leurs ablutions et transportent leurs malades. Ceux-ci y trouvent un remède salutaire contre diverses infirmités. Les deux villes de Las’a et de Chouma sont sur la cô^e d’Hadramaut à 2 journées par
le désert. ‘
Dans ce dernier pays, il existe deux villes éloignées l’une de l’autre d’une journée : ce sont celles de Sabam pU-w et de Mariam Au nombre des villes de l’Hadramaut est aussi celle
de qui est actuellement en ruines; c’était la ville de Saba yL*-, d’où était issue Bellds, épouse de Salomon, fils de David (que le salut soit sur eux!). D’Hadramaut à Djidda^, on compte 2 4o milles, et de Sana’a à Djidda 120 milles; d’Aden à Hadramaut, qui est à l’orient, 5 journées.
Il existe ici des sables contigus, connus sous le nom d’el-Ahcaf ôUia-iH; peu d’habitations, peu de commerce. Ce pays produit l’aloès connu sous le nom d’hadramauti, lequel est d’une qualité inférieure à celle de l’aloès socotrin. « Des falsificateurs le « mêlent quelquefois, au moyen de la fusion, avec ce dernier. «
La ville de Saba est habitée par des tribus d’Arabes de l’Iémen et du pays d’Oman yUs. C’est là qu’était la digue (oLJt ), célèbre chez les Arabes avant leur dispersion. De Chouma , dont il vient d’être fait mention, à MerbatLl^, en suivant la
‘ Ou Chorma , comme portent les ms. n® 334 et B.
’ Le manuscrit n“ 334 porte Siabam le ms. B. porte Schiam pCyi.
Quant au nom du second de ces deux lieux, les deux mss. portent Tarim pojlï- “ Le nom a été omis et la place même manque. Le manuscrit n“ 334 porte Marob . et le ms. B. Marib ^^U- * Le ras. n° 334 porte Sa’ada !»XjtAS.
feuillet verso côte, parterre, 6 journées. On trouve sur la route Ghob-el- Camar 4^, ou la vallée de la Lune. Au fond de cette vallée est un pays nommé Khalfat et à son extrémité une
montagne ronde et blanche présentant l’aspect de la lune. C’est de cette courbure en forme de croissant et de cette blancheur, que cette montagne tire son nom de mont de la lune. L’arbre de l’encens croît dans les montagnes de Merbat et c’est de là que cette gomme est transportée dans l’orient et dans l’occident. « La population de Merbat se compose d’habitants de l’Ié- « men et d’autres tribus d’Arabes. » De là au bourg de Hasek jk-wU-, le long de la mer et par terre, 4 journées; par mer, 2 journées. >
En face de Hasek, sont les deux îles de Kharjan et de Martan , dont il a déjà été question b Au-dessus de Hasek, est une haute montagne nommée Lous qui domine la mer. La terre du peuple de Ad est située vis-à-vis de cette montagne. De Hasek HASEK au tombeau de Houd^ on compte 2 milles. Hasek est un
bourg peu considérable, mais peuplé. Il existe une pêcherie très-productive dans le golfe dit Golfe des Herbes, qui est trèsprofond. Lorsque des navires s’y engagent, ils n’en peuvent sortir qu’avec beaucoup de peine et qu’autant qu’ils sont aidés par un vent favorable; mais il en est peu qui aient ce bonheur.
‘ Voyez ci-dessus , pag. 45.
Le nom du peuple de Ad et celui du prophète Houd sont très-célèbres parmi les Arabes. C’est à tort que le traducteur latin a mis Gad et Juda. Voyez à ce sujet les e.xcellentes notes de Pocoke {Specimen historiée Arahum, pag. 36 ).
Suite de l’Afrique orientale. — Medouna. — Singulière manière de pêcher. — Côte du Zenghebar. — Melinde. — Monbasa. — El-Banes. — Des de Zaledj ou de Zanedj. — Ile des Singes. — El-Cotroba. — Curiosités de la mer d’Oman.
Cette section comprend la description d’une partie de la mer des Indes et de la totalité des îles qui s’y trouvent, et qui sont habitées par des peuples de races diverses. Au midi des pays compris dans cette section sont le restant de la région des Cafres noirs, et divers pays voisins de la mer; notre intention est de décrire toutes ces choses avec clarté. « Nous disons donc que « cette mer est la mer des Indes, » et que sur son rivage est située la ville de Merouat k l’extrémité du pays des Cafres, peuples sans foi qui n’adorent que des pierres enduites d’huile de poisson. « Tel est le dégré de stupidité où sont tombés ces « peuples, et l’absurdité de leurs infâmes croyances. Une partie «de ce pays obéit au roi des Berbers, et l’aiitre dépend de « l’Abyssinie. » De Merouat située sur la côte, à Medouna on compte 3 journées par mer. « Cette dernière ville « est ruinée, presque déserte, sale et désagréable à habiter. Ses « habitants vivent de poissons, de coquillages, de grenouilles, de « serpents, de rats, de lézards et d’autres reptiles dégoûtants.
« Ces peuples se livrent à l’exercice de la pêche maritime sans « embarcations, et sans se tenir constamment sur le rivage. Ils « pêchent à la nage (ou en plongeant) avec de petits filets tissus
Le manuscrit n" 334 porte Beroua ^ et Nedouba Le ms. B. Beronat
, et Bedonna
Feuillet i4 verso.
Feuillet i5 recto
MEDOUN.V