LA MECQUE
Feuillet 35 recto.
Feuillet 35 recto dTrâc qui la dérobent entièrement à la vue. Son élévation est de 27 coudées. Ces étoffes sont attachées au moyen de crochets et d’agrafes. Le khalife résidant à Bagdad en envoie tous les ans de nouvelles pour remplacer les anciennes ; nul autre que lui n’a ce privilège.
La tradition porte que la Kaaba fut la demeure d’Adam, et que, construite de pierre et d’argile, elle fut détruite par le déluge, et resta en ruines jusqu’à ce que Dieu ordonnât à Abraham et à Ismacl de la reconstruire. Ces de^ix patriarches unirent leurs efforts et la reconstruisirent avec les mêmes matériaux.
Dans toute la ville de la Mecque , il n’y a d’eau courante que celle qui y est amenée d’une source très-éloignée ; Moctader, prince Ahbasside , acheva cet aqueduc. Ces eaux sont saumâtres et désagréables au goût; les meilleures sont celles du puits de Zemzem; l’on peut en boire, mais il ne faut cependant pas en faire un usage continu. On ne trouve pas à la Mecque d’arbres à fruits ; on n’y voit que les espèces propres aux déserts. Le prince de la Mecque habite un château nommé el-Marba’at Hju ^11 , situé à 3 milles environ à l’occident de la ville.' C’est un édifice en pierre, auquel est joint un jardin nouvellement établi, où l’on voit des dattiers, beaucoup de palmiers-doum et divers arbres transportés d’ailleurs.
Le prince hachémite qui exerce l’autorité suprême à la Mecque n’a point de cavalerie, mais un corps de fantassins que l’on nomme ballebardiers ( ). Il porte des habits et un turban
de couleur blanche , et paraît â cheval en public. Il administre bien; il fait preuve de justice et d’équité, et il exerce la bienfaisance autant que sa position le lui permet. A deux époques fixes, au commencement du mois de redjeb, et au temps où l’on s’y réunit pour le pèlerinage , on vend à la Mecque les marchandises qui y sont apportées du dehors. La plupart des habitants sont riches, tant en matières d’or et d’argent, qu’en troupeaux de
CINQUIÈME SECTION, toute espèce. Ils n’ont d’autres céréales que celles qu’on leur apporte de différentes contrées. Les dattes leur arrivent de divers pays voisins, et les raisins, que leur territoire ne produit qu’en très-petite quantité, leur viennent de Taïf. Ceux d’entre Feuillet 35 recto les Mecquois qui n’ont pas de fortune souffi’ent de la faim et sont exposés à bien des maux. En sortant de la Mecque, on trouve de tous côtés des vallées où l’on voit des eaux courantes, des sources qui ne tarissent jamais, des jardins clos de murs et des champs ensemencés.
De la Mecque à Médine, qu’on appelle aussi lathrib on
compte, par la route la plus commode, 6 journées, savoir:
De la Mecque à Batn-mer’i ^ (jfv, où se trouvent une source surgissant du lit sablonneux d’un torrent, et des bosquets do palmiers fréquentés par les Arabes, i 6 milles.
De Batn-mer’i à A’sfan fort construit à lo milles de Feuillet 35 verso
distance de la mer, auprès d’une source d’eau douce, et habité^ par une peuplade dite Djehlné ajU^, 33 milles.
D’ A’sfan à Çodeïd .XjOvï , petit fort à 5 milles de la mer, habité par des Arabes de race mélangée, dont la principale ressource consiste dans la récolte des dattes, et entouré de déserts,
De Codeïd à el-Djobfa iLxJr,, village bien peuplé, quoique non entouré de murs, situé à 4 milles de la mer, lieu de réunion pour les pèlerins de Syrie, 26 milles.
D’el-Djobfa à el-Abra où sont des puits, 27 milles.
De là à Essakia Lôi-dl, lieu situé sur les bords d’une rivière, entouré de jardins et de vergers de palmiers, habité par des Arabes de la tribu de Taï et par d’autres, 27 milles.
De là à Bouïtha ü — xj^yî, lieu inhabité, où est un étang, 36 milles.
De là à Sebala iLJLx«,, lieu peu habité, où sont des sources d’eau potable, 34 milles.
Feuillet 55 verso. De Sebala à Melel J — Ljc, station où sont des sources d’eau douce, 1 7 milles.
De là à Chedjer^;-#, lieu de réunion pour les habitants de Médine, peuplé d’un petit nombre d’Arabes, i 2 milles.
De Chedjer à Médine, 6 milles.
Total, 208 milles b
L’autre route de la Mecque à Alédine passe par des montagnes et des défilés. On suit le précédent itinéraire jusqu’à Codeïd, puis on passe par les lieux suivants : el-Kliowar jlyü, Seniet el- Morat s\jX^ Medlé Mudjah ^Irs: Batn Medhedj -jk?
Batn Dhat Kecbd , Adjrad , Dlii Che-
mirj..ç* Batn Aghda i^l 0.1aj , Medledjet la’four jyk» el-A’ïtba LSa^Ü , Edhan el-Gahet ylii, Djebel el-O’urdj
— kJI Theniet el-A’ïar Rima Içj , Haï A’mr ben
A ouf d>j — ft S'
Médine est située dans une plaine dont le sol est imprégné de sel; elle était autrefois entourée de murailles et de fossés. De nos jours, ses fortifications consistent en murs de terre; ils furent construits par les ordres de Cassim eddaoulet el-Gbari, qui peupla la ville et pours ut à la subsistance de ses habitants. La population y est pauvre, sans industrie, sans commerce. Autour de Médine, croissent, en grande quantité, des dattiers dont les fruits sont excellents; c’est la principale ressource des Médinois; car ils ne possèdent que peu de bestiaux et peu de champs cultivés. On y boit de l’eau d’une rivière amenée du côté de l’est, par les soins d’Omar ben el-Khattab (que Dieu lui soit favorable ! ). Cette rivière prend sa source au nord de la ville; on a creusé un fossé pour la détourner de son cours. Médine est grande comme la moitié de la Mecque; les eaux nécessaires pour l’arrosement des dattiers et des autres cultures sont des eaux
* Le texte du ms. B. porte par erreur, 2 70.
“ La montagne des boiteux. — ’ La montée des ânes.
de source, puisées par des esclaves. Le champ des ronces j ^ js.^1 ( le cimetière ) est situé à l’orient de Médine.
Couba Us est hors de la ville, à deux milles de distance; il y avait autrefois des maisons où se réunissaient les premiers sectateurs du prophète jUajiJl. C’est maintenant un bourg bien peuplé; il y a une source d’eau courante.
A six milles, au nord de la ville, est le mont Ohod le
plus voisin de Médine ; le territoire se compose de champs cultivés appartenant aux Médinois. A quatre milles au sud, et sur le chemin de la Mecque, est une rivière nommée Wadi el-A’kik
dont les bords sont couverts de dattiers et de cultures, et habités par des tribus d’Arabes. De Médine à la mer, on compte 3 journées. Le port de cette ville se nomme el-Djar jL4, bourg bien peuplé, qui était jadis la ville la plus voisine de Djidda.
L’itinéraire de Médine à Djidda est comme il suit :
De Médine à Hassab i journée.
De Hassab à A’rib lieu situé au pied d’une montagne,
et près d’une source d’eau douce, i journée.
D’A’rib à el-Djar j' — 4^, port de mer où abordent les navires, mais peu commerçant, i journée.
D’el-Djar à Djidda environ lo journées.
On suit le littoral de la mer, à plus ou moins de distance, par une plage sablonneuse, à travers laquelle on se dirige, soit au moyen de la mer, soit en observant la direction des montagnes. A soixante milles, à l’orient de la Mecque, est Taïf lâjUs. Voici les noms des lieux par lesquels il faut passer:
De la Mecque à Cabr ben el-Murtefa’ (jj \ bourg fré-
quenté par des Arabes vagabonds ; de là à Carn el-Menazel JjUii , fort situé à l’embranchement de deux routes; de là à Tàïf.
Quand on prend par el-Akik , on passe par A’rafat
* Le ms. B. porte, f“ 64 recto, Berin ou Terin el-Murtefa ou
Feuillet 35 verso
Feuillet 36 recto.
Feuillette recto, üeu situé à 3 milles de la Mecque, puis parBatn Na’man y kj
lieu planté de palmiers; on gravit ensuite la montée de Kouda d’où l’on aperçoit Taïf, Cette ville fut la résidence de la tribu de Thakif. Elle est petite, bien peuplée, bien pourvue d’eau douce ; le climat y est tempéré, les fruits abondants, les champs fertiles, on y recueille beaucoup de raisins; les raisins secs de Taïf sont très-estimés et on en exporte au loin une quantité considérable. La majeure partie des fruits consommés à la Mecque provient de ce lieu. « On y fait beaucoup de commerce, on y.tra- « vaille le cuir parfaitement, et les chaussures de Taïf sont pro- <1 verbialement connues. » La ville est bâtie sur le penchant du mont Ghazwan od sont les habitations des Béni Sa’d
dont le nom est employé proverbialement pour dire une famille très-nombreuse, et celles d’une partie de la tribu de Beni-Hodheïl J.J.X5Û Dans tout le Uedjaz, il n’est pas de lieu dont la température soit plus froide que ne l’est le sommet de cette montagne; l’eau y gèle quelquefois en plein été. Du côté de l’orient, résident les Béni Halal J5k£> ainsi que les Béni Sa’d et les Hodbeïl; du côté de l’occident, les Modledj et d’autres qui font partie des tribus de Modharj-*ii.fl.
Les districts et lieux fortifiés dépendants de la Mecque sont : Nedjed el-Taïf oijlkJî Nedjeran -, Carn el-Menazel ^^5 JjUfi, A’kik O’kadh Lima ü — ed, Turba iGjj, Bicha
A Kicba a Djoras Serat G et dans le
Téliama : Sankian Seraïn Sakia ü — aJuJI, Gbachm
, Baïch et A’k viU. Ceux qui sont sous la dépendance
de Médine sont : Taïma I — Daumet el-Djandel ,
Elfara’ ^ ^î, Dhou’l-Merouet ji>, Wadi’l-Cora — ïJI ,
Madian Khaïber j.A^,Fadak ci)*xj. Goura O’rina aâjjæ
Wabida & ^ ! , Siara , Bobba , Sebala a ^**11 ,
‘ V ariantes d’après V Abrégé, Lia , Tarba , Maisa , Caisa , Sahara.
Sebaba ë. jUaw, Piabet ]a-d>^, A’dzab Akbal J— , Hamia Feuillet 36 recto
L’itinéraire de la Alecque à San’a Uâ-o est comme il suit : De la Mecque à Cabr el-Murtefa \ où est un puits; de là à
Carn el-Menazel JjUil , gros bourg; de là à SafryLo, où sont deux sources d’eau douce et potable ; de là à Keri où l’on
trouve de l’eau et des palmiers ; de là à Piouïtba »• — , gros Feuillet 36 verso bourg dont les environs sont arrosés d’eau courante et plantés de nombreux palmiers; de là à Tcbala petite ville bâtie
dans un bas fonds et entourée de champs cultivés et de palmiers; puis à Bicba ïaktan y-kij , petite ville bien peuplée , bien bâtie, où sont des champs ensemencés, de l’eau courante et quelques palmiers; puis à Hasda I où il y a un puits peu abondant et peu d’habitants; puis à Biat bourg considé-
rable dont les environs sont bien plantés de palmiers, et où l’on trouve une source d’eau douce; puis à Sabkha lieu inha-
bité; de là à Cacha ë — , bourg considérable où l’on trouve des sources, des vignes, de beaux palmiers et des légumes: de là à Nedjem , bourg peuplé ayant un puits; de là à Sadoum- Rah bourg considérable, assez peuplé, et dont les
constructions sont contiguës les unes aux autres; il y a des sources d’eau douce et beaucoup de vignes. Djoras en est éloigné de 8 milles.
Djoras et Nedjeran sont l’une et l’autre d’une grandeur à peu près égale ; ces deux villes sont environnées de palmiers ; on y prépare des cuirs. Cet article forme la principale ressource du pays et est l’objet du commerce de ses habitants, qui ont la réputation d’être très-habiles dans ce genre de fabrication. De Sadoum on se rend à Mebdjera àj gros bourg pourvu de
‘ Ou Tirin el-Murtefa d’après le ms. B.
’ Ou Gaze d’après la version latine. — * Ou Djasda.
* La version latine porte Niab.
Feuillet 36 verso. souFces cl’eau et d’un puits très-profond et très -abondant. Il existe à Mehdjera un arbre connu sous le nom de Talhat el-Melik Js— U' , et qui ressemble à un saule , excepté qu’il est
plus grand. Cet arbre sert de limite entre le territoire de la Mecque et celui de flémen. De là on va à A’rca \ joli bourg, puis à Sa’da ville petite mais bien peuplée, où l’on fa-
brique d’excellents cuirs qui sont exportés dans l’Iémen et dans le Hedjaz. De là à Sana’ on compte 180 milles. De là on va à el-A’mecbïé * — * — lieu inhabité, où est une source peu abondante; de là à Djenouan place bien fortifiée, ren-
fermant deux mares d’eau. Ses habitants sont des O’marites de race mélangée. Cet endroit abonde en vignes qui produisent des raisins d’une grosseur extraordinaire. Les raisins secs de Djenouan sont d’un goût excellent et d’un prix élevé. On en exporte dans les pays circonvoisins ainsi que dans les pays éloignés. On compte de Djenouan à Sana’, 72 milles; on en compte 48 de Djenouan à Sa’da. De Djenouan dépendent plusieurs bourgs et habitations, des champs cultivés, des eaux employées à l’agriculture. La population se compose d’Arabes de la tribu de Ghassan ^ à et d’autres. A l’ouest de Djenouan, est situé le pays des Abadhites , pays très -peuplé, pourvu de places
bien fortifiées, de champs fertiles et de nombreux édifices.
De là on va à A’nafit c:ôIâa , ville entourée de vignes , mais de peu de palmiers. Ses habitants boivent de l’eau d’un grand étang qui est alimenté par des sources; de là à Rabda petite ville
entourée d’un grand nombre de vignes, de champs bien cultivés et de sources d’eau. Ses habitants possèdent du gros bétail et des chameaux. Il y a à Rabda un puits abandonné ^ et un château dont il est question dans- les anciennes chroniques. De Rabda à San’a il n’y a qu’une station. Nous avons parlé de cette dernière
‘ La version latine porte Adhia.
Les deux mss. portent idw U «.« ; la version latine porte pateas altissiinus.
ville dans le premier climat. La route que nous venons de tracer Feuillet 36 est ordinairement accomplie, par les caravanes, en vingt stations.
Quant à la route de la Mecque à Dhou-Sohaïm ^ , dans le
Khaulan elle traverse les pays suivants : de la Mecque, on
se rend à Malkan yK — , où les voyageurs font habituellement pg^illet 87
halte; de là à lalamlam montagne dont la direction est de
l’est à l’ouest, et qui sert de rendez-vous aux habitants du Té-
hama ; puis , à un endroit solitaire pourvu d’eau de source , 1
journée.
Puis à Caïna iU>^, petite ville avec deux puits, 1 journée.
Puis à Darca et à O’ibob , bourgs peuplés, 1 journée.
Puis à Hacbaba « — «uio». \ petit bourg ayant de l’eau en abondance, 1 journée.
De là à Canouna b^ÂS, où est un puits, 1 journée.
De là' à Bicha-IIaran , où l’on rencontre des Ara-
bes nomades et une source d’eau excellente, 1 journée.
De là à Ilali J-»-, petite ville située sur le bord de la mer, et dont nous avons parlé en son lieu, 1 journée.
De Ilali la maritime jusqu’à la rivière de Sankian U?, qui
coule vers la ville du même nom, i journée.
De là à Blcbat-Iaktan, dont il a été question dans l’itinéraire de San’a, 1 journée.
De là à Haran el-Carïn, (j-jj-idt yijU» , ville petite; bien peuplée, pourvue d’eau courante et entourée de quelques palmiers,
1 journée. ’ '
De là, on va à Khaulan Dbi-Sobeïm, lorteresse bien bâtie, dont les habitants sont connus par leur fierté et jouissent d’une grande considération. Tous les pays que nous venons de nommer sont situés dans le Tébama, province de l’Iémen. Le Téhama est couvert, comme d’un réseau, d’une chaîne de montagnes qui commencent à la mer de Colzoum qu’elles dominent ,
* La version latine porte Habascia.
verso.
recto.
Feuillet 37 verso, et dont un embranchement se dirige vers l’orient. Voici quelles sont les limites du Téhama : à l’ouest, la mer de Colzoum ; à l’est , une chaîne de montagnes se dirigeant du sud au nord. L’étendue de cette province, en long, depuis Sordja jusqu’à A’den
en suivant les bords de la mer, est de 1 2 journées; sa largeur est de 4 journées de marche, depuis les montagnes jusqu’au territoire d’A’labaca îLjLj'^ L Elle a au levant les villes de Sa’da, de Djoras et de Nedjeran ; au nord, la Mecque, la ville de Djidda; au sud, San’a, éloignée à peu près de 10 journées. Des Arabes de diverses tribus viennent camper dans le Téhama. Quant à la Mecque , c’est le centre et le lieu de réunion de tous les peuples de la presqu’île d’Arabie, car, de la Mecque à San’a, on compte 20 stations; de la Mecque à Zebid également 20; de la Mecque à lemamé, 2 1; de la Mecque à Damas, 3o; de la Mecque à Bahreïn, 26. Nous parlerons de toutes ces contrées, en temps et lieux convenables.
La version porte ditionem Alabaeorum.
Arabie. — Golfe Persique. — Hadramaut. — Oman. — lémamé.
Nous allons d’abord, selon notre usage, énumérer les pays habités et les provinces connues, qui seront ensuite décrits dans la sixième section du présent ouvrage : ce sont Djoras \ Bicha -5UÎ.AJ, Tebala O’kadh làliCc, Nedjeran , labsseb la supérieure , labsseb l’inférieure JoU- Mareb
Chedjer jj#, Cbibam pU-S , Hadramaut , Sour
, Calhat Mascat kiu.^, Sohar jUs» , el-Akr^,Jùdi , Dhofar
jLjüb, Soa’l JIaui, Malkba -s-â^, Ser-O’man Betsroun
Iladjar Hadrama ^ el-Carïataïn ,
Wadjera , Piama Ma’aden el-bacra iyi.JI Sal-
mia Borca Adib ^1, Iladjar Berman
Djil cbs4, Djolfar jUX>. Dans le golfe Persique, les îles d’Abroun , de llamer^.^, de Keïch de ben-Kawan
Derdour , les deux montagnes de Kessaïr et de A’ouaïr
Dans la province de Kerman : Sabrïn et
les montagnes de Maskan Toutes ces contrées sont habitées
par des peuples dont nous parlerons ci-après.
Les villes de Djoras, de lianwan de Nedjeran, sont à
peu près égales en grandeur et en population C’est là qu’on
‘ Variantes d’après Y Abrégé: Djoras, Ofor, Manea, Soroman, Mâden, Alnacaa, Assa, llobal , llebnr.
^ Ce dernier est ajouté ici d’après une note marginale du ms. B.
’ Le ms. A. porte “ Notre ms. porte
^ Les deux manuscrits portent x^l .. «Il ^ ^l.v yp ; c’est donc par erreur qu’on a mis dans la version latine : dicimus esse regiones vicinas.
Feuillet 87 recto.
Feuillet 87 verso.
Feuillet 87 verso.
fabrique les peaux dites ïemanié , d’une qualité supérieure à toute autre, ainsi que nous l’avons déjà dit. Le pays est couvert de cultures et de villages. Il s’y fait beaucoup de commerce.
De Djoras à Hanwan on compte 4 journées.
De Hanwan à Nedjeran, 6 journées.
De Djoras à Nedjeran, 6 journées.
Tebala est un fort dépendant de la Mecque : il en est éloigné de 4 journées. On y trouve dé l’eau courante, des champs cultivés et des palmiers.
« Il est situé auprès d’une colline de terre. Lorsque el-Hedjadj « ebn loussuf vint prendre possession de Tebala au nom du ca- « life Abd-ul-Melik ben-Merwan, n’apercevant pas cette ville « lorsqu’il s’en approchait, il demanda oèi elle était : Devant « nous, lui répondit-on, au bas de la colline. Certes, dit-il, une « ville qui peut être cachée par un tertre , est chose de peu d’im- « portance, et il s’éloigna. On a dit depuis, proverbialement: C’est « moins que Tebala pour el-Hedjadj. »
De Tebala à Bicba on compte 5o milles.
De Bicba à Djoras, 4 journées.
De Tebala au marché d’O’kadb 3 journées.
Ce dernier lieu est un gros bourg dont les environs sont fertiles, plantés en palmiers et bien arrosés. Il s’y tient, tous les dimanches, un marché où l’on apporte toute sorte d’objets utiles aux villageois de ce canton. Lorsque la nuit arrive, chacun se sépare et retourne chez soi. D’O’kadh à Nedjeran, on compte 5 journées.
DHOFAR.
Dhofar jUlô est la capitale du district de lahsseb. C’était autrefois une des villes les plus considérables et les plus célèbres. Les rois de l’Iémen y faisaient leur résidence, et « on y voyait les « palais de Zeïdan. Ces édifices sont maintenant en ruines et la « population a beaucoup diminué. Toutefois, les habitants ont « conservé quelques débris de leurs anciennes richesses; ilspos-
« sèdent des champs cultivés et des dattiers en assez grand nom- « bre pour subvenir à leurs besoins. » * . i
De lahsseb, qui s’appelle aussi Dbofar, à Damar^Ui , 36 milles.
De Damar à Sana’ jJu», 4o milles.
De labsseb la supérieure au fort de Tsadjeh \
36 milles.
De Tsadjeh à el-Hind .xâÜ, 27 milles.
Hind est un fort construit sur une haute colline où sont des puits, et habité par des arabes Khaulan il est situé à 1 4o
milles de San’a.
De Dbofar au fort de A’lak ,3^ habité par des Arabes d’ancienne race. Sources d’eau douce ; quelques palmiers. 1 4 milles.
De Dbofar à Mareb vjU, 3 journées.
K Mareb, qui n’est aujourd’hui qu’un bourg, était autrefois « une ville très-célèbre parmi les Arabes. On y voit les ruines de « deux châteaux, dont l’un fut, dit-on, construit par ordre de « Salomon fds de David, et l’autre, par celui de Belkis, femme K de ce prince. C’est à Mareb que fut élevée cette digue si fameuse « par l’utilité dont elle était pour l’irrigation de la contrée, et « parce que sa destruction soudaine fut un mémorable exemple « de la justice divine irritée par l’impiété des anciens habitants. »
De Mareb à la ville de Cbibam j.'juS qui dépend du Hadramaut, 4 journées.
Les deux villes principales de cette province sont Tarim et Cbibam. Nous avons déjà parlé de la première ; quant à Cbibam, c’est une citadelle très -forte, bien peuplée, construite
* Le ms. A. porte Nacljeh et Djend ; l'Abrégé porte JOtik. Khond.
^ Notre ms. présente ici une lacune qui se trouve remplie par l’Abrégé et par le ms. B. ainsi qu’il suit: ab hac ad arcem Sojl iaseb iibi sunt palmœ et rivi aquarum è suavibus fontibus manantium, XVI M. P. — ’ C’est évidemment la même ville qui a été mentionnée par Niebuhr [Descr. de T Arabie, p. aào) sous le nom de ScliLbam, et dont il a été question ci-dessus, p. 53. Il faut donc considérer comme fautive l’orthograplie du ms. A. qui porte partout Sabam
Feuillet 87 verso.
Feuillet 38 recto.