‹ Géographie d'EdrisiChapitre 33 sur 72 · O MAN · texte numérisé non relu

O MAN

Feuillet Sg recto. « par la beauté de celles quelle produit. «-De Mascat à

Sohar, villes l’une et l’autre bien peuplées, on compte 45o milles sans habitations. SobarjUï= est située sur le golfe Persique. C’est l’une des villes les plus anciennes du pays d’O’man, et « des plus riches en biens anciennement ou récemment acquis. » Anciennement, « il y venait des marchands de toutes les parties « du monde, pour l’importation des productions de l’Iémen, « et l’exportation de toute sorte d’objets, ce qui contribuait « à la prospérité du pays ( d’ailleurs ) fertile en dattes, en fi- , « gués bananes, en grenades, en coings et autres fruits de qua-

« lité supérieure. » Il s’y faisait des expéditions pour la Chine ; mais cet état de choses a cessé , et voici pourquoi. Il existe au centre du golfe Persique , vis-à-vis de Mascat , une île nommée île de Keïcb de forme carrée , de i 2 milles de long sur autant

de large. « Dans cette île est une ville aussi nommée Keïcb, dont « un certain gouverneur de l’Iémen s’empara. Il la fortifia , la a peupla et y équipa une flotte , à l’aide de laquelle il se rendit « maitre du littoral de l’Iémen. Cet homme occasionna beaucoup « de dommages aux voyageurs et aux marchands, dépouilla cha- « cun de son bien , et affaiblit le pays tellement que le commerce « se détourna de la voie d’O’man et se reporta vers A’den « Avec sa flotte, il ravagea les côtes du Zendj g-j, et celles de « Gamran Les habitants de l’Inde le redoutent et ne lui

« résistent qu’à l’aide de navires dits el-mechiat, dont nous avons « déjà parlé C et dont quelques-uns de ^a longueur d’une galère, « quoique d’une seule pièce de bois, sont susceptibles de porter « 200 hommes. Un voyageur contemporain nous a rapporté que « le gouverneur de Keïcb possède cinquante de ces navires tous « d’une seiile pièce, sans compter beaucoup d’autres qui sont de « pièces rapportées. Cet homme continue actuellement encore « ses expéditions déprédatrices; il est fort riche, et nul ne peut ‘ Voy. ci-clessus , p. 7 1 de la présente traduction. Ici les deux mss. portent

« lui résister. On trouve à Keïch des champs cultivés , des bœufs , « des moutons, des vignes et des pêcheries de belles perles. » De Sohar à cette île, on compte 2 journées de navigation. « Elle « dépend de ITémen et de Mascat, dont elle est à 1 journée de « navigation. El-Mes (ou el-Tizj^l ) et Chat b.;! sont situées sur la côte du Kerman. Vis-à-vis de Sohar, à une distance de 2 journées par terre, sont deux villes séparées par une rivière dite el-Falh ^olll : l’une de ces villes se nomme So’al J' — , et l’autre O’fra >. Elles sont l’une et l’autre peu considérables, mais bien peuplées, et entourées de champs cultivés et de palmiers. Leurs habitants boivent les eaux de la rivière dont il vient d’être fait mention. La contrée dont elles dépendent s’appelle Nazoua h A une demi-journée de ces villes est celle de Mandj qui est de peu d’importance, et située au pied de la montagne de Charam , « où sont les sources de la rivière » d’el-Falh Cette rivière est considérable; ses bords sont couverts de champs cultivés et de villages jusqu’à la mer où elle se jette, auprès de Djolfara ôjUiLa.. Beaucoup d’habitants du pays d’Oman sont des dissidents « dont la plupart vivent aujourd’hui réunis dans un petit « pays nommé Bechroun à l’ouest d’Oman, sur une

« montagne où sont leurs villages fortifiés et qui leur appartient : « Bechroun est situé au bas de cette montagne. D’après ce qu’on « rapporte, la circonférence du pays d’Oman est de 900 milles. « Le climat y est très-chaud, et il paraît que sur le sommet « ( même) du mont Charam il ne tombe que peu de neige. « Entre le Nedjd ^ et l’Oman, il n’y a que des déserts con- « tigus. On trouve dans ce dernier pays une espèce de serpent « dite el-I’rbad ( d’où provient le nom de mo’arbid qu’on

« donne aux ivrognes), qui siffle et saute, mais qui ne mord pas. « On dit que, renfermé dans un vase de verre dont l’orifice est

‘ Ou Taroua.

’ Pays très-connu à cause de la beauté des races de chevaux qu’il produit.

Feuillet Sg recto.

Feuillet Sg verso

lÉMAMÉ.

« bien bouché, puis dans une boîte, et transporté hors du pays « d’Oman, il s’échappe du vase et qu’on ne le retrouve pas. « Cette expérience a été souvent faite, et le fait est de notoriété « publique. Il existe aussi dans cette contrée un petit animal ap- « pelé Conrad qui , lorsqu’il s’attache avec ses ongles à un

« homme, lui occasionne une tumeur qui s’accroît au point que « les vers s’y mettent , et que ces vers pénétrant dans l’intérieur « du corps, finissent par causer la mort. Il y a dans le milieu de « l’Oman une grande quantité de singes très-nuisibles qui se « réunissent quelquefois en troupe, en sorte que, pour s’en dé- « fendre , on est obligé de leur faire la guerre à coups de flèches « et d’autres armes meurtrières. »

De Soliar à Bahreïn on compte environ 20 journées;

mais le trajet d’Oman, soit à la Mecque, soit à d’autres contrées, est très-diflicile, à cause de l’aridité des déserts. On va par mer à Aden, et de là on continue sa route par mer ou par terre. 11 y a également beaucoup de difficultés à se rendre de Sohar, qui dépend de l’Oman, à Bahreïn, situé du côté du nord, à cause de l’état de guerre et de rixes continuelles dans lequel vivent les Arabes, et qui ne laisse aux voyageurs aucune sécurité, soit pour leurs personnes, soit pour leurs biens. Le pays d’Oman est limitrophe, du côté du nord-ouest, à celui d’Ié- K marné gouverné, avant l’islamisme, par cette reine si fa-

« meuse et si souvent mentionnée dans nos livres, qui fut défi pouillée de ses biens, de ses esclaves, et mise à mort par ordre « du calife Omar ben-Alkbattab. L’Iémamé est arrosé par une « rivière dite Afnan ylii! , sur les bords de laquelle sont des « villages et des champs cultivés. La principale résidence s’ap- « pelle Hadrama Il y a beaucoup de palmiers et plus

« de dattes même que dans le Hedjaz »

On compte également au nombre des villes de l’Iémamé, Hadjar , aujourd’hui ruinée, qui était la résidence de la reine;

auprès de là , sont les deux villes de Bourca et de Salamia à peu près égales en grandeur et en population.

L’itinéraire de l’iémamé à la Mecque est celui-ci :

D’Iémamé à A’rdh une journée.

A Khodaia’ idem.

A Thania iUÂSJt , idem.

A Sofra , idem.

A Sada iov^, idem.

Au fort de Cariateïn qui est sur la route de Bassora,

« et où les deux routes se séparent, » une journée.

De Cariateïn à Dama iulû, même distance.

A Tandja <*.^1=., idem.

A Sarba idem.

A Djadila , idem.

A Fallia idem.

A Rocaïba idem.

A Couba 'aï, idem.

A Maran idem.

A Wadjera idem.

A Awtas , idem.

A Dbat i’rk , qui dépend du Téhama, idem.

Au jardin d’ebn A’mer (jjI idem.

A la Mecque, idem.

S’il plaît à Dieu, nous décrirons en leur lieu toutes ces stations dans le plus grand détail.

« Au nombre des villes de l’Iémamé est Hadjar, dont nous « avons déjà parlé. » Entre Hadjar et Hadrama, on compte 2 journées.

La dénomination d’I’rdh (jiy-c s’applique, « dans cette contrée, » à la rivière d’Afnan ylol , qui sépare la province en haute et en basse, et sur les bords de laquelle sont des villages bien peuplés, des champs cultivés, des palmiers et d’autres arbres.

Feuillet Sg verso.

Feuillet /io recto.

Les noms de ces villages sont : Manboukha xâ-yju, Wabra Caria Mji, A’bra Bebicba Sal JLJî, A’meria

, Nisan , Bourca-Dabek , Salamia ,

Toudbih Mecrat cyiyiB et Medjaza L

Tous ces villages, peu éloignés les uns des autres, sont à des distances à peu près égales. Entre Saiamia et Sal, on compte une journée; et entre Sal et Hadrama de l’Iémamé, la même distance. « Salamia est un joli bourg entouré de vergers et de « palmiers dont les fruits sont d’une belle couleur et d’un goût « agréable. Sal est également un lieu peu considérable, habité « par de misérables Arabes ; il y a des puits et des sources d’eau « thermale. »

Quand on veut aller de l’Iémamé à Bassora , on se rend

d’abord à Sal, i journée.

Puis, à Salamia, i journée.

Puis, par le désert, à Marab ^i^u habité par des Arabes, 3 journées, pendant lesquelles on tâche de se procurer de l’eau de puits dans des lieux stériles.

De Marab à Saman encore 3 journées.

« Saman est habité par des Arabes affamés , nus , et que leur « pauvreté met à l’abri de toute attaque. »

De Saman à Tandja petit village dont le territoire est

limitrophe à celui de Bahreïn, i journée.

De là à la ville de Kadbima ü-Uâli', fort situé sur une montagne très-élevée, 4 journées que les voyageurs font, accompagnés par des Arabes qui connaissent les puits et les sources.

De Kadbima à Dahaman , i journée.

De là à Bassora, i journée.

Total, 1 5 journées.

« De l’Iémamé à Bahreïn, on en compte environ i3.

« De riçmamé à l’Oman, également i3 journées.

‘ Voyez pour les variantes pag. 55 de la version latine.

« Il existe un chemin pour se rendre , en suivant le littoral , « de l’Oman à Bahreïn. Il passe par Sohar, Damar, Mascat, « el-Djebel et Djolfar, lieux où sont des pêcheries de perles, « et vis-à-vis desquels il existe en mer un vaste écueil , tantôt « un peu apparent, tantôt caché sous les eaux. Les navigateurs « qui vont de Bassora à l’Oman, lorsqu’ils sont parvenus sur K les limites de cet écueil , débarquent leurs marchandises sur « la rive, afin d’alléger le navire; et quand ils ont franchi l’obs- « tacle, ils les chargent de nouveau et continuent leur route « jusqu’à l’Oman.

« Lorsque vous voulez vous rendre de Djolfar à Bahreïn, vous « pouvez jeter l’ancre dans le port de Sabkha où l’on trouve

« de l’eau douce. Ces parages sont couverts d’abîmes, de bancs « de sable et de lieux d’un difficile accès. On les connaît sous H le nom de mer de Kithr^^Lï ; il s’y trouve un grand nombre « d’îlots déserts, fréquentés seulement par des oiseaux aquati- « ques ou terrestres qui s’y rassemblent et y déposent leurs « fientes. Lorsque le temps le permet, on va charger ces fientes « avec des embarcations et on les transporte à Bassora et en d’au- « très lieux, où elles s« vendent à très-haut prix, attendu qu’elles « sont considérées comme un puissant engrais pour la vigne, pour « les dattiers et en général pour les jardins. Au surplus, cette mer « de Klthr est peu fréquentée et elle est redoutée des voyageurs « et des marins. On fait voile de là vers le port de Macfoud « qui offre un excellent hivernage, avec de l’eau douce ; puis vers « la côte de Iladjer première dépendance de Bahreïn; puis « vers Bassora, en suivant le littoral qui est désert, et dont nous « parlerons , s’il plaît à Dieu , dans la description du troisième « climat. »

Quant à Ma’aden el-Bacra ^ c’est un bourg grand

‘ h' Abrégé porte Nacra; mais nos deux manuscrits s’accordent sur l’orthographe de ce nom.

Feuillet 4o recto.

Feuillet l\o verso.

Feuillet 4o verso.

GOLFE PERSIQOE.

et populeux où se réunissent les pèlerins de Bassora et de Koufa. Celui qui veut se rendre à Médine prend d’abord par Dhat ellémin (jv-edî , puis par Casaïlé lieu très-fréquenté

par les Arabes, et où l’on trouve de l’eau saumâtre; k'] milles.

Puis, par Batn Nakhl beaucoup d’eau douce et de

palmiers; 36 milles.

Ensuite, par Taref lieu désert, fréquenté de temps en temps par des Arabes , et où sont des étangs d’eau pluviale ; 2 2 milles.

De là à Médine, on compte 1 5 milles.

Relativement au golfe Persique, nous avons dit que c’est un canal qui dérive de la grande mer des Indes \ mais qui forme une mer séparée et différente de toute autre. Sur le littoral de l’Iémen sont les deux monts Kessaïr et A’ouaïr^^ d’où dépend le lieu nommé Derdour où la mer prend le nom de Ghazra Sjys-, A Derdour les eaux tournent sans cesse comme une meule de moulin, et forment un tourbillon continuel, en sorte que, si un navire ou tout autre objet y tombe, il est inévitablement englouti. Ce lieu est situé au sud de l’île d’Ebn- Kavvan ? laquelle est éloignée de #elle de Keïcb de

52 milles, ce qui forme une demi-journée de navigation. La longueur de l’île d’Ebn-Kawan est (aussi) de 62 milles, et sa largeur de 9. Les habitants sont dissidents, de la secte des Abadhis ; « ils possèdent des champs cultivés , des cocotiers et d’au- « très arbres. » De là, on aperçoit les montagnes de l’Iémen et dans le voisinage est le gouffre de Derdour dont nous venons de parler, et qui forme, vis-à-vis des monts Kessaïr et A’ouaïr, un détroit qui peut bien être franchi par de légères embarcations, mais non pas par les vaisseaux de la Chine. Kessaïr et A’ouaïr sont deux écueils tellement couverts par les eaux qu’on ne les voit pas; mais la mer s’y brise avec violence, et les marins ins- ‘ Voyez ci-dessus , pag. 4.

truîts les connaissent et les évitent. Il existe trois gouffres de ce genre : le premier est celui que nous décrivons; le deuxième, celui qui se trouve dans le voisinage de Comar jU, et le troisième, Derdour , est situé à l’extrémité de la Chine, entre Siraf cjîj-vw et Mascat-Seïf ben-Essaffaf kSu-^, vers un

cap qui s’avance dans la mer et qui se termine par une petite île.

« On trouve dans cette mer ( le golfe Persique ) un poisson « nommé defsin à tête carrée, avec deux cornes de la lon-

« gueur du petit doigt et très-minces. Son corps est grêle, sa « bouche ressemble à un entonnoir, il ne l’ouvre ni ne la ferme.

« L’intérieur de cet entonnoir est rouge et mou; il est pourvu de « dents dont le poisson se sert pour couper avant d’avaler. On dit « que la chair de ce poisson est salutaire aux personnes attaquées >1 de l’éléphantiasis : c’est du moins ce que rapportent les habitants « de la Perse et ceux du Kerman. »

Feuillet 4o verso.

Feuillet 4o verso.

Feuillet 4i recto.

Suite des côtes du golfe Persique. — Mekran. — Sedjestan. — Sind. —

Moultan. i

Les villes décrites dans cette septième section sont : Kia Kir^vA^, Ermaïl , Casri-bend Jvâjjuaï, Fira-bouz jjo

Khoui j^-i-, Canbely Menhabery Dibal , Ni-

roun Alansouria Wandan Asfaca iüüLol ,

Darek dJji, Masourdjan Fardan Kirkaïan

Cadira , Besmek , Touberan Moultan yixU,

Djandour Sandour ^^.xâaw, Dour j^i>, Atry , Calery

> Nira Masouam Cbarousan Bania

Mamehel J^U, Kanbaïa x>Uâ^, Soubara Sebdan

et Seïmourji^.4^. Dans la partie de la mer comprise dans la présente section, sont : l’île de Thara âjli, les deux écueils Kessaïret A’ouaïr y ^-1^, le Derdour l’île de Dibal

où se trouve la ville de Keskihar l’île de Aubkin

Elle de Mind , celle de Koulam-mely ^}^ , et celle de

Sendan «XjUw L Toutes ces contrées sont habitées par des peuples de religions, de coutumes et de mœurs diverses. Nous rapporterons à ce sujet tout ce que nous en avons appris de certain , nous confiant dans le secours divin.

Nous disons donc que le commencement de la présente Section comprend, à partir de l’orient, le littoral du golfe Persique, et,

* Pour l’orthograplie de ces noms, nous avons suivi les leçons du ms. Asselin.Voy. au surplus la version latine, pag. 56 et 67.

vers le sud, la ville de Dibal «qui est très-peuplée, bien

« que son territoire soit peu fertile et ne produise guère d’autres « arbres que des dattiers. Les montagnes y sont arides et les « plaines stériles. Les maisons y sont construites en terre et « en bois, mais le pays n’est habité que parce que c’est une « station pour les vaisseaux du Sind et autres. Le commerce « s’opère sur des articles très-variés et on s’y livre avec beaucoup « d’intelligence. 11 vient à Dibal des navires chargés des produc- « tions de l’Oman, et aussi des bâtiments de la Chine et des « Indes. Ils apportent des étoffes et autres objets de Chine, ainsi « que des parfums et aromates de l’Inde. Les habitants (de Dibal), « qui sont en général fort riches, achètent ces marchandises en « gros et iis les gardent jusqu’au moment où, les navires étant « partis, elles commencent à devenir rares. Alors ils en opèrent « la vente, vont trafiquer dans le pays, placer leurs fonds à inté- « rêt , ou bien employer ces fonds comme ils l’entendent. Entre « l’embouchure du grand Mehran ^.x^Tl (l’indus) et Dibal,

« on compte 6 milles \ en se dirigeant vers l’ouest ; de Dibal à « Niroun à l’ouest duMehran , 3 journées. Niroun est à moi- « tié chemin ( de Dibal) à Mansoura ojyjiXA C’est là que les per- « sonnes qui vont de l’une à l’autre de ces villes passent le fleuve. »

Niroun ^ est une ville peu considérable, mais elle est fortifiée « et ses habitants sont riches. » Les arbres y sont rares. De là à Mansouria, on compte un peu plus de 3 journées.

Cette dernière ville ( Mansoura ou Mansouria ) est entourée par un bras du Mehran dont elle est cependant éloignée. Elle est à l’occident de la principale branche de ce fleuve, qui coule depuis sa source jusqu’à Calery ville située à une

journée de Mansouria. A Calery, il se divise en deux branches

‘ Et non point trois journées , comme on lit dans la version latine. Cette correction est essentielle.

’ Le ms. Asselin eti' Abrégé portent partout Mansoura. — ’ L'Abrégé porte Fairua.

Feuillet ài recto.

DIBAL.

Feuillet 4> recto.

Feuillet 4i verso.

M.iNSODRIA

ou

MANSODR.A.

dont la principale se dirige vers Mansouria; l’autre coule vers le nord jusqu’à Charousan puis se détourne vers l’ouest

et vient rejoindre la principale pour ne plus former qu’un seul fleuve. Cette jonction a lieu à i 2 milles au-dessous de Mansouria. Le Mehran passe ensuite à Niroun, puis se décharge dans la mer. L’espace occupé par Mansouria est d’un mille carré. Le « climat y est chaud. Le pays produit des dattes en abondance, « ainsi que des cannes à sucre. Il n’y a guère d’autres fruits, si « ce n’est cependant une espèce de fruit gros comme une pomme, « qu’on appelle limouna, dont la saveur est très-acide, et une « autre qui se rapproche de la pêche, soit pour la forme, soit « pour le goût.

« Mansouria fut bâtie au commencement du règne d’Al-Man- « sour, de la famille des Ahbassides. Ce prince donna son surnom « ( de victorieux ) à quatre villes différentes, afin de leur porter (' bonheur, et pour quelles subsistassent toujours. La première « est Bagdad dans l’Irâc; la deuxième, la Mansoura du Sind, c[ui est « celle dont il est ici question; la troisième, celle d’Almassissa « iUavçkâfi sur la Méditerranée; la quatrième, celle de Mésopotamie.

« Celle dont nous parlons ici est grande, populeuse, riche et « commerçante. Ses environs sont fertiles, ses édifices construits « erf briques, en tuiles et en plâtre; c’est un lieu de délassements « et de plaisirs. Le commerce y est florissant , les bazars remplis n de monde et bien fournis de marchandises. Le bas peuple porte « le costume persan , mais les princes affectent de revêtir la tuni- « que, et de laisser tomber leurs cheveux à la manière des princes « indiens. La monnaie est d’argent ou de cuivre; le poids de la « drachme locale est quintuple de celui de la drachme (ordinaire). « On y voit aussi des monnaies tartares qui y ont cours. Le

« poisson y est abondant , la viande à bas prix et les fruits étran- « gers ou indigènes, en quantité. Le nom de la ville est, en indien, « Mirman Elle est comptée au nombre des dépendances

« du Sind, ainsi que Dibal, Niroun , Bania, Calery, Atry, Charou- Feuillet 4i verso. « san, Djandour, Menhabery, Besmek et Moultan.

« Bania est une petite ville dont les habitants sont de race « mélangée et riches. On y vit à bon marché et très-agréable- « ment. »

De Bania à'Mansouria, on compte 3 journées.

A Mamehel, 6 idem.

A Dibal, 2 idem.

« De là à Mamehel et à Kanbaïa, le pays n’offre qu’une plage « maritime sans habitations, presque sans eau et par conséquent « impraticable pour les voyageurs.

« Mamehel est situé entre le Sind et l’Inde. Sur les limites du « désert dont il vient d’être parlé, habite une peuplade très-brave « nommée Mend , qui fait paître ses troupeaux jusqu’au- « près de Mamehel. Elle est nombreuse, possède beaucoup de « montures et de chameaux, étend ses excursions jusqu’à Dour « sur les bords du Mehran, et quelquefois même elle pénètre « jusqu’aux limites du Mekran.

« Dour est située sur les bords du Mehran, qui coule à « l’occident de cette ville. Elle est agréable et comparable à « Moultan sous le rapport de la grandeur.

« De là à Besmek vikfwj, 3 journées.

« A Atry , 4 idem.

« De cette dernière à Calery 2 idem.

« Calery sur la rive occidentale du Mehran du Sind, calery.

« est une jolie ville, bien fortifiée et très-commerçante. C’est dans « son voisinage que le Mehran se partage en deux branches dont « la plus grande coule vers l’ouest jusqu’auprès de Mansouria, qui « est sur la rive occidentale, et la seconde vers le nord-ouest,

« puis vers le nord, puis, en continuant, vers l’ouest. L’une et « l’autre se réunissent ensuite au-dessous de Mansouria à une dis- « tance d’environ 12 milles. » Bien que cette ville (Calery) soit

CHAROrSAN.

MEKRAN.

à une certaine distance Me la route, cependant elle est trèsfréquentée, à cause de la bonté des opérations commerciales qu’on fait avec ses habitants. De là à Mansouria, on compte une forte journée ou 4o milles b

« De Calery à Cbarousan 3 journées.

Cette dernière est remarquable j^ar sa grandeur, par le nombre de ses fontaines et de ses canaux, « par l’abondance de ses « productions et par la richesse de son commerce. Elle est très- « fréquentée. » De Cbarousan à Menliabery ville située

dans un bas fond, « bien bâtie, d’un aspect agréable, entourée « de jardins, de sources et d’eaux courantes, » on compte 3 journées, et de cette dernière ville à Firabouz ^ 6 journées.

De Menhabery à Dlbal, 2 idem.

Pour aller de Dibal à Firabouz, on passe par Menhabery, et entre ces deux dernières, par une petite ville nommée Khour J J- 41, qui est bien peuplée.

Quant à Firabouz, c’est une ville dont les habitants sont riches, « d’un commerce sûr, gens de parole, ennemis de la « fraude , généreux et bienfaisants. » Elle dépend de la province du Mekran, ainsi que les villes de de Darek , de Rasek

M kwh ( habitée par des schismatiques ) , de Beh <v , de Rend

<xJo , de Casri-hend , d’Asfaca de Fahlafahra de

Maskan de Taïz ^ et de Balabac ^3— X *.

« Le Mekran est un pays vaste, mais en majeure partie désert « et misérable. La principale de ses villes est Kirousi qui

« est grande à peu près comme Moultan. Les palmiers y abon-

‘ Il résulte du paragraphe précédent et de la répétition même du fait énoncé par notre auteur, que la bifurcation du Sind a lieu à Calery et non point à Mamehel , ainsi qu’il faudrait le conclure de la version latine pag. hy.

‘ Les mss. portent tantôt Firbouz et tantôt Kirbouz; ï Abrégé porte Firabuz.

' Les cartes anglaises portent Tiz.

‘ Ou Belin.

« dent, la campagne y est cultivée et il s’y fait beaucoup de Feuillet 4a recto. « commerce. » A l’occident est Taïz, petit port de mer fréquenté par des bâtiments du Fars et par ceux qui viennent du pays d’Oman , ainsi que de Keïch , île du golfe Persique , située à une forte journée de navigation. De Taïz à Kir, on compte 5 journées.

De Kir à Firabouz, 2 fortes journées.

Entre Kir et Ermaïl sont deux districts qui se touchent , dont l’un, nommé Rahoun dépend de Mansouria , et l’autre,

dit Kelwan dépend du Mekran. « Ces deux districts sont

« assez fertiles; ils produisent des dattes en petite quantité, mais « la principale ressource de leurs habitants consiste en trou- « peaux. » Celui qui veut se rendre de Firabouz au Mekran doit passer par Kir. De là à Ermaïl, qui dépend du Mekran, 2 journées.

« Ermaïl est à peu près de la même grandeur que Fira- £r.maîl.

« bouz. Elle est bien peuplée et ses environs sont très-agréables.

« Ses habllants sont riches. » D’Ermaïl à Canbely 2 journées. Feuillet 4a verso.

Canbely le dispute à Ermaïl en grandeur, en richesse et en population. Elle est située à un mille et demi de la mer. L’une et l’autre sont situées entre Dlbal et le Mekran. De Firabouz à Darek , ville populeuse et commerçante, 3 journées.

« Au sud-ouest de Darek est une montagne très-haute, qu’on « nomme montagne du sel, attendu que ses eaux sont, en effet,

« presque toutes salées. Il y a des habitations. »

De Darek libs à Rasek viCwlj, 3 journées.'

« Les habitants de Rasek sont schismatiques. Leur territoire « se subdivise en deux districts dont l’un porte le nom d’el-Kba- « roudj et l’autre, celui de Kirkaïan On y cultive

« beaucoup de cannes à sucre et on y fabrique du faniz ^ dont il « se fait un grand commerce. Cette culture et cette fabrication

‘ Sorte de sucrerie.

Fe»iHlet42 verso. « sont aussi tiès-répanducs à Maskan et dans le district de

« Casran Les habitants de Maskan, de Djawran

« de Touberan sont, en majeure partie, schismatiques.

« Le territoire de Maskan touche à celui de la province de Rer- « man Ses habitants jouissent d’une grande réputation

« de bravoure. Ils ont des dattiers et des chameaux, des céréales « et des fruits des pays froids. Les habitants du Mekran parlent le « persan et un dialecte particulier à leur province. Ils portent la « tunique , la robe à manches, l’ardié , la fouta et le mandil brodé « en or, comme les habitants de l’Irâc et de la Perse. »

Fahlafahra , Asfaca , Bend et Gasri-bend sont des dépendances du Mekran, « qui ont entre elles beaucoup de ressemblance sous le « rapport de l’étendue, de la nature et de l’importance du comtt merce, et de l’état de la population. »

De Fahlafahra à Rasek, on compte 2 journées.

-, De Fahlafahra à Asfaca, 2 idem.

D’ Asfaca à Bend, 1 idem vers l’ouest.

D’ Asfaca à Darek, 3 idem.

De Bend à Casri-hend, 1 idem.

De Casri-bend à Kia, 4 idem.

De Mansouria à Touheran, environ 1 5 idem.

Touheran est dans le voisinage de Fahradj qui

appartient au Kerman. « C’est une ville bien fortiliée et située « sur les bords d’une rivière du même nom {de Touberan) qui « sont cultivés et fertiles. » De là à Ferdan ville commer-

çante et dont les environs sont bien peuplés, on compte 4 journées.

A l’ouest de Ferdan, et sur la route de Touberan, est la ville de Rirkaïan « dont le territoire est très-peuplé, très-fertile, et « où croissent la vigne et diverses sortes d’arbres fruitiers; mais y on n’y trouve pas de palmiers. » De Touberan à la v ille de Mos-

SEPTIÈME SECTION, tah ^ située au milieu du désert, et où l’on élève beaucoup Feuillet Ui verso

de chameaux et de moutons, on compte 3 journées.

De Touberan à Moultan yUL» , sur la limite du Sind, lo Feuillet â 3 recto journées.

« Moultan est voisine de l’Inde , et quelques auteurs même la moultan.

« placent dans cette contrée. Elle égale Mansoura en

« grandetir, et elle porte le surnom de maison d’or. On y voit « une idole vénérée par les Indiens, qui viennent la visiter en pè- « lerinage des points les plus reculés de leur pays, et lui offrir « des objets précieux , des ornements et des parfums en quan- « tlté prodigieuse. Cette idole est entourée de serviteurs et d’es- « claves qui se nourrissent et s’habillent du produit de ces riches « offrandes. Elle est de forme humaine et à quatre côtés, assise « sur un siège construit en briques et en plâtre, entièrement cou- « verte d’une peau qui ressemble à du maroquin rouge, en telle « sorte qu’on ne lui voit que les yeux. Quelques personnes assui< rent que l’intérieur est en bols, d’autres le nient. Quoi qu’il en « soit, son corps est entièrement couvert, ses yeux sont formés « de pierres précieuses , sa tête coiffée d’une couronne d’or enri- « chie de pierreries. Elle est, comme nous l’avons dit, carrée,

« et ses bras, au-dessus des coudes, paraissent au nombre de « quatre.

« Le temple habité par cette idole est au milieu de la ville de « Moultan et dans le plus fréqiienté de ses bazars. Cet édifice est « en forme de dôme; la partie supérieure du dôme est dorée; la « construction en est très-solide, ainsi que les portes; les colonnes « sont fort hautes, les murs coloriés. Autour du dôme, sont les A habitations des desservants de l’idole, et de ceux qui vivent « sur les produits du milte dont elle est l’objet. Il n’y en a aucune « dans l’Inde ni dans le Sind qui soit plus vénérée. Elle est, pour

7 h' Abrégé porte Masnih.

168 DEUXIÈME CLDMAT.

Feuillet 43 recto. „ ces peuples, le but d’uu pèlerinage pieux, et ils se font une loi « de lui obéir, à tel point que, lorsque les princes voisins du « Moultan projettent quelque expédition contre ce pays, soit pour « le ravager, soit pour enlever l’idole , ses prêtres n’ont qu’à se « rassembler, à faire craindre son courroux aux agresseurs et à « leur prédire leur ruine , pour que ceux-ci renoncent à leur des- , « sein. Sans cette crainte, la ville de Moultan serait détruite. Il

« n’est donc pas étonnant que ses habitants vénèrent l’idole, exal- « tent son pouvoir et disent que sa présence est l’effet d’un secours « divin. Dans l’ignorance où ils sont du nom de la personne qui « l’a érigée, ils se bornent à dire que c’est une merveille.

« Moultan est une grande ville dominée par une citadelle , mu- « nie de quatre portes et entourée d’un fossé. Les objets nécessaires « à la consommation y sont abondants, et les contributions modi- « ques; aussi le peuple y est-il à son aise. Elle porte le nom de « la maison d’or Farkh parce que Mohammed ben loussuf,

« frère de Hedjadj, y trouva 4o bebars d’or ( le behar pèse 333 « mines ^ ) renfermés dans une maison. Or, farkh et behar ont « une signification identique. Les environs de la ville sont ar- « rosés par une petite rivière qui se jette dans le Mehran du « Sind. »

A un mille de Moultan est Djandour réunion de

châteaux très- solidement construits, très-hauts et bien fournis d’eau douce. Le gouverneur y passe le printemps et les temps Feuillet 43 verso (jg délassement. Ebn Haukal rapporte que, de son temps , le gouverneur se rendait tous les vendredis de ces châteaux à Moultan, monté sur un éléphant, d’après un usage ancien. La majeure partie de la population est musulmane. L’autorité judiciaire et l’administration civile le sont également. •

‘ La mine est un poids d’environ deux livres. Notre auteur, pour expliquer le sens du mot farkh , nous parle du behar, dont la valeur malheureusement n’est pas facile à déterminer.

Au sud de Moultan, à trois journées de distance , est Sandour ville renommée par son commerce, ses richesses, le luxe des vêtements, et par l’abondance qui règne sur les tables de ses habitants. Elle est censée faire partie de l’Inde et est située sur les bords d’une rivière qui se jette dans le Mehran, au-dessus de Semend *xa.<v«. De Moultan, en se dirigeant vers le nord, on trouve un désert qui s’étend jusqu’à la limite orientale du Touberan. « De Moultan jusqu’après Mansoura, le pays est occupé par « une peuplade belliqueuse qu’on appelle Nedha b Elle se « compose de tribus nombreuses qui vivent répandues entre le n Touberan, le Mekran, le Moultan et Mansoura, à la manière des « nomades Berbers. Les Nedha ont des résidences particulières, « des marécages où ils se réfugient et qui sont situés à l’ouest du « Mehran. Ils possèdent d’excellents chameaux et ils en élèvent « particulièrement une espèce appelée careb , très-estimée « dans le Khorasan et dans le reste de la Perse, et qui ressemble « au chameau de Balkb et à la chamelle de Samarcande, en ce « qu’elle est d’un bon naturel et qu’elle porte deux bosses , à la « différence des chameaux de nos contrées, qui n’en ont qu’une. »

De Mansoura aux limites du Nedha ', on compte 6 journées.

Des limites du Nedha à la ville de Kir ^ envnron lo journées.

Du Nedha à Taïz , à l’extrémité du Mekran, 1 6 journées.

La ville que les Nedha fréquentent le plus pour leurs ventes , pour leurs achats et autres affaires, est Candaïl Kirkaïan

est un canton connu sous le nom de Eïl Jol , habité par des Musulmans et par d’autres peuplades dépendantes du Nedha

' Le ms. A. porte Berha

‘ Neniz suivant ici le ms. A.

‘ Les cartes anglaises portent Kandabil.

* Et non point Abil. Nos deux manuscrits sont d’accord sur l’orthographe de ce nom, qui paraît d’origine turque.

Feuillet 43 verso.

Feuillet 43 verso, a dont il vient d’être question. Ce pays produit des céréales, du « raisin, des fruits, des chameaux, des bœufs et des moutons. « Il porte le nom d’Eïl, parce qu’un homme de ce nom le con- « quit (anciennement) et en fit la prospérité. » De Candaïl à Mansoura, on compte environ lo journées.

siND. Au Sind appartiennent les villes de Khour Kekhlia

de Kousa et de Cadira î^-xï. Ces deux dernières sont cà

peu près d’égale grandeur et font quelque commerce avec les Nedha. Du Touberan dépendent Mehiak Kirkaïan

Soura , Ferdan , Kechran et Masourdjan

Entre le Touberan et Mànsoura, ce sont de vastes déserts, et du côté du nord, vers le Sedjestan, des contrées égafement stériles et d’un dilTiclle accès.

« Masourdjan est une ville bien peuplée, commerçante, en- « tourée de villages et bâtie sur les bords de la rivière de Toube- « ran, ville dont elle est éloignée de 42 milles. »

De Masourdjan à Darek-ïamouna a — >^1» , on compte i 4 )

milles.

Feuillet 44 recto. De Darek-ïamouna à Firabouz qu’on écrit aussi par un

sin (Firabous), 176 milles.

Les pays de l’Inde qui touchent au Sind sont : ceux de Mamehel de Kanbaïa ajUâS^, de Soubara de Khabi-

roun , de Sendan , de Masouïa aj j-wU , de Seïmour

et les îles maritimes ^ d’Aubkin , de Mend JvXxi, de

Koulam-mely et de Sendan Les villes de

l’Inde sont en très-grand nombre; nous citerons entre autres: Mamebel, Kanbaia, Soubera, Asaoul JjUvl , Djenaoul Sendan yiOs.À.w, Seïmour Djandour Sandour

Roumelé dans le désert: Kalbata ühjtJé , Aughocht

, Nabarwarah et Lehawour •

‘ Sic.

« Mamehel est compté par divers auteurs au nombre des villes Feuillet 44 recto. « de ITnde, et par d’autres au nombre de celles du Sind. Elle est « située à l’extrémité du désert qui s’étend entre Kanbaïa, Dibal et « Bania; c’est une ville de médiocre importance, sur la route des « voyageurs qui vont du Sind à l’Inde. Il s’y fait un peu de com- « merce; ses environs sont habités et produisent des fruits en pe- « tite quantité, mais il y a beaucoup de troupeaux. De là à Man- « soura, par Bania, on compte 9 journées. »

De Mamehel à Kanbaïa, 5 journées, / kanbaïa.

Cette dernière ville, située à trois milles de la mer, est trèsjolie; elle est réputée station maritime. On y trouve des marchandises de tout pays, qu’on e.xpédie ensuite pour d’autres contrées.

Elle est à l’extrémité d’un golfe * où les vaisseaux peuvent entrer et jeter l’ancre. H y a beaucoup d’eau et une bonne forteresse M construite par le gouvernement de l’Inde pour prévenir les in- « cursions des habitants de l’île de Keïcb jjSwvSi » De Kanbaïa à l’île d’Aubkln une journée et demie de navigation.

D’Aubkln à Dibal Jooi , 2 journées.

« Kanbaïa est fertile en blé et en riz. Ses montagnes produi- « sent le cana indien^; ses habitants sont idolâtres ( boudhls- « tes). De là à l’île de Mend, dont les habitants sont voleurs, le « trajet est de 6 milles.

A Kouly sur le rivage , également 6 milles.

Et à Soubara, environ 5 journées.

Soubara <^1 ^ , située à un mille et demi de la mer, est une ville très-bien peuplée, « très-commerçante et considérée comme « un des entrepôts de l’Inde. On y pêche des perles et elle est « voisine de l’île de Bara iijl, laquelle est petite, et où crois- « sent quelques cocotiers et le costus ( sorte de racine aromati- « que ). »

‘ Et non point sur les bords d’un fleuve, ainsi qu’il résulterait de la version latine.

’ La version latine porte : cana esl arbor è cujus desamuntur hastæ lancearum. ^

Feuillet 44 verso.

De Soubara à Sendan, on compte également 5 journées.

Sendan à un mille et demi de la mer, « est bien peu-

« plée, et ses habitants se font remarquer par leur industrie et leur « intelligence; ils sont riches et d’humeur belliqueuse. La ville est « grande; elle fait un grand commerce d’exportation et d’impor- « tation. » A l’est de Sendan est une île du même nom, grande, bien cultivée, où croissent le cocotier, le palmier, le cana et le rotting, et qui dépend de l’Inde.

De Sendan à Seïmour^j-«yo , ville grande, bien bâtie, où croissent des cocotiers en quantité, le henné, et dont les montagnes produisent beaucoup de plantes aromatiques qu’on expédie au loin , 5 journées.

A cinq milles en mer (de Koulam-mely on trouve

l’île de Mely Jw<» qui est grande et jolie; elle se compose d’un plateau assez élevé , mais peu montueux et couvert de végétation. L’arbre à poivre croît dans cette île, ainsi qu’à Canderina xw et à Djerbatan \ mais on ne le trouve pas ailleurs que

dans ces trois pays. C’est un arbrisseau dont le tronc ressemble à un cep de vigne, la feuille à celle des convolvulus, mais est plus longue ; il porte des grappes semblables aux grappes du chebouca abritées chacune de la pluie par une feuille, qui

se recourbe quand le fruit est mur. Le poivre blanc est celui qu’on recueille au commencement de la maturité et même auparavant. Ebn Khordadbéh rapporte que les feuilles se recourbent au-dessus de la grappe “pour la garantir de la pluie, et qu’elles reviennent à leur situation naturelle lorsque la pluie a cessé ; ce fait serait surprenant.

Kanbaïa Soubara Sendan y! et Seïmour

font partie de l’Inde. « Cette dernière dépend d’un pays « dont le roi se nomme Belhara 1^' Son royaume est vaste.

h' Abrégé porte CanSaria et Girabtan.

« bien peuplé, très-commerçant, très-fertile, et paie des impôts Feuillet 44 ver.so. « considérables, en sorte que ce prince est immensément ricbe.

« Ce pays produit beaucoup d’aromates et de parfums.

« Le nom ( ou plutôt le titre ) de Belbara signifie roi des « rois, et il est héréditaire ici, comme dans les autres parties de « l’Inde, où, lorsqu’un roi monte sur le trône, il prend le nom « de son prédécesseur et le transmet à son héritier. C’est une « coutume constante dont ces peuples ne s’écartent jamais.

« Il en est de même chez les rois de Nubie du Zendj g-j,

« de Ghana » — iU, de la Perse et dans l’empire romain,

« relativement à l’hérédité des noms. L’ouvrage d’Oheïd-allah « ben-Khordadhéh contient à cet égard un pa.ssage qui, puisque « l’occasion s’en présente, mérite d’être cité. »

« Les rois, dit-il, portent en général des titres héréditaires.

« C’est ainsi que ceux de la Chine ^ s’appelent tous Baghbough « (ou Baghhoun par un noun ), depuis des siècles;

« titre qui se transmet par ordre de succession chez les Chinois.

« Au nombre des rois de l’Inde sont le Belbara le Djabé

« ioU-, le Tafir jjU», le Hazr l’A’bet iüU, le Domi et « le Cameroun Chacun de ces noms n’est porté que par

« le prince qui règne sur une province ou sur une contrée; nul « autre n’a le droit de se l’attribuer, mais quiconque règne, le « prend. Chez les Turks les Tibétains et les Khazars ^

« jj , le roi s’appelle Khakan ; cependant chez les Khizlidj

« il prend le titre de Khaï khouia ^ qui est héré-

« dltaire. Dans le Pianeh les rois s’appellent Fandjah ;

' Pour donner une idée de l’incorrection du ms. de la bibliothèque du* Roi, remarquons ici que le copiste a substitué l’Iémen à la Chine. Heureusement le ms.

Asselin nous met à portée de rectifier cette erreur.

’ Voyez le mémoire sur les Khazars inséré dans le Journ. Asiat. ( t. III, pag. 1 56 ) par M. Klaproth.

* Ou Caïkliouié d’après le ms. B.

Feuillet 45 recto. « dans l’empire romain, ils pfennent le titre de César titre « héréditaire pour tous ceux qui exercent le pouvoir suprême. « Chez les Ghoz celui de Chahi-chah Li *U; c’est-à-dire, roi

* des rois , également héréditaire ; chez les Persans enfin , celui « de Cosroës

« Parmi les peuples qui habitent le Soudan, les noms des « rois dérivent de ceux des pays; ainsi le possesseur de Ghana « s’appelle Ghana; le roi de Kaougha Kaougha. Mais

« en voilà suffisamment sur ce sujet. »

Au nombre des villes de l’Inde comprises dans la présente section, sont celles de Khabiroun et d’xAsaoul — «.! ,

toutes deux bien peuplées, commerçantes, riches, industrieuses et produisant des choses utiles. A l’époque où nous écrivons, les musulmans sont pan enus dans la plupart de ces contrées et en ont fait la conquête; s’il plaît à Dieu, nous décrirons par la suite celles qui leur sont limitrophes et plusieurs autres.

Suite du Sind. — Partie de l’Inde. — Côtes du Guzarate et du Malabar. — Malwa.

Caboul. — Candahar.

Feuillet 45 recto.

La présente section contient la description d’une partie du littoral de l’Inde comprenant Barouh \ Sindapour ^^1 ,

Bana zoL, Canderina a — \ Djerabatan yl ï-jj-»-, Kal-

kaïan Loulowa IjJ^, Ghendjé a — ^ S', Semendiroun

et dans l’intérieur des terres, Daoulca , Dje-

naoul Nahrawara Candahar j' Roumelé

Ak^jij , Kalbata a — b — ^ et Aughouchta a , sur la limite

des déserts ; Kaboul J — Khouas j«lj , Hasek .4 ... ^ ^

Mourides Madiar jUu, Tatta axs, Dadda oii, Mani-

bar jlcyU ^ Malwa o^L., Niaset Atrasa 1 «ipsl, Nidjeb

Cachemire l’infépeure J-wl! , Meïdara Kar-

mout Cachemire la supérieure l — ^ixll , le Canodj

Rastané zuUUvlj, et les îles de la mer des Indes, Mullen Balabac — sX>, Terwaklidj Mosnaha et Se-

rnindar Nous décrirons tous ces pays, sans rien omettre

de ce qu’ils offrent de remarquable et de curieux.

Barouh est une ville grande, belle et bien bâtie en bri- baroch. ques et en plâtre. Ses habitants sont riches, commerçants, et se livrent volontiers à des spéculations et à des expéditions lointaines. C’est une station pour les navires venant de Chine , comme pour ceux venant du Sind. De là à Seïmour , on compte

‘ Barouch dans le golfe de Camboge. — ’ Malabar.

Feuillet /js recto. 2 joumées, et à Nalirawara 8 journées de marche, par un

pays plat, « où l’on voyage en chariots à roues. Dans tout le « Nahrawara et ses environs, on ne voyage pas autrement que sur « des chariots traînés par des bœufs qu’on dirige à volonté. Ces « chariots sont munis de liens et de courroies, et servent au trans- « port des marchandises. »

Entre Barouh et Nahrawara sont deux villes, dont l’une s’appelle Henaoul JjUja- ou Djenaoul, et l’autre Doulca Elles

sont de grandeur à peu près égale, et distantes l’une de l’autre d’un peu moins d’une journée. Doulca est sur le bord d’un fleuve qui se jette dans la mer, et qui y forme un golfe à l’ouest duquel est Bai'ouh (dont le nom se prononce aussi Barous )• L’une et l’autre de ces villes sont situées au pied d’une chaîne de montagnes qui sont au nord, et qu’on nomme Oundaran ;

K elles sont de couleur blanche tirant sur le jaune. Il y croît du « cana ainsi que des cocotiers en petite quantité. » Dans le voisi-

Feuillet 44 verso nage de Henaoul est la ville d’Asaoul w! , qui ressemble

beaucoup aux deux précédentes, tant sous le rapport de l’étendue, que sous celui de l’état de la population. On fait, dans toutes les trois, de bonnes affaires de commerce.

K.\HR.wAR.-i Quant à la ville de Nahrawara est gouvernée par

un grand prince qui prend le titre de Belhara. Il a des troupes, des éléphants, adore l’idole de Boudha, porte sur sa tête une couronne d’or, et s’habille de riches étoffes; il monte beaucoup à cheval, particulièrement une fols la semaine, accompagné uniquement de femmes au nombre de cent, richement vêtues, portant aux pieds et aux mains des anneaux d’or et d’argent, les cheveux en tresses. Elles se livrent à des jeux et à des combats simulés, tandis que le roi les précède. Les vizirs et les commandants de troupes n’accompagnent jamais le roi, que lorsqu’il va combattre des rebelles ou s’opposer aux entreprises de ceux d’entre les rois ses voisins qui empiéteraient sur le terri-

toire de son pays. Il possède beaucoup d’éléphants, et c’est en cela que consiste la force principale de son armée. Son pouvoir est héréditaire, ainsi que le titre de Belhara qu’il porte et qui signifie roi des rois. La ville de Nahravvara est fréquentée par un grand nombre de négociants musulmans qui s’y rendent pour leurs affaires. Ils y sont honorablement accueillis par le roi et par ses ministres, et y trouvent protection et sûreté. ç

Les Indiens sont naturellement portés k la justice, et ils ne s’en écartent jamais dans leurs actions. Leur bonne foi, leur loyauté, leur fidélité aux engagements sont connues, ils sont si renommés pour ces bonnes qualités, qu’on accourt chez eux de partout, que leur pays est florissant et leur situation prospère. Entre autres traits caractéristiques de leur amour pour la vérité et de leur horreur pour le vice , on cite celui-ci : lorsque quelqu’un a droit d’exiger quelque chose d’un autre, s’il vient à le rencontrer, il n’a qu’à tracer sur la terre une ligne circulaire et à y faire entrer son débiteur (ce à quoi celui-ci ne manque jamais de se prêter), le débiteur ne sort point de ce cercle sans avoir satisfait son créancier ou obtenu la remise de la dette.

Les habitants de Nahravvara se nourrissent de riz, de pois, de fèves, de haricots, de lentilles, de macb b de poisson et d’animaux morts de mort naturelle, car ils ne tuent point de volatiles ni d’autres animaux. Ils ont une très-grande vénération poulies bœufs, et, par un privilège particulier à leur espèce, ils les enterrent après leur mort. Lorsque ces animaux sont affaiblis par l’âge et incapables de travailler, ils les dispensent de tout ouvrage , en ont soin et leur donnent à manger sans leur imposer aucune charge.

Les peuples de l’Inde brûlent leurs morts et ne leur élèvent pas de tombeaux. Lorsque le roi meurt, on fabrique un chariot

‘ Sorte de légume sec qu’on nomme en portugais mungo. Le nom arabe ou persan de cette graine rappelle involontairement celui de maïs.

Feuillet 45 verso.

Feuillet 45 verso.

Feuillet 46 recto.

de la grandeur 'convenable et élevé d’environ deux palmes audessus du sol ; on y met le catafalque surmonté d’une couronne ; on y dépose le corps revêtu de ses ornements funèbres, et on le promène ainsi dans toute la ville, traîné par des esclaves, la tête nue et les cheveux traînant jusqu’à terre , afin que topt le monde puisse le voir; un héraut précède et prononce en indien des paroles dont le sens est : « Peuples , voici votre roi un tel , fils d’un tel. Il vécut joyeux et puissant durant tant d’années. Il n’est plus : il a laissé échapper de ses mains tout ce qu’il possédait; il ne lui reste plus rien et il n’éprouvera plus aucun mal. Souvenez-vous qu’il vous a montré le chemin et que vous devez nécessairement le suivre. » Cela dit , et lorsque toutes les cérémonies sont achevées, on conduit le corps à l’endroit où l’on a coutume de brûler ceux des rois, et on le jette dans les flammes. Ces peuples ne s’affligent ni ne se lamentent pas beaucoup dans ces occasions.

Dans toutes les contrées de l’Inde ou du Sind où il se trouve des musulmans, ceux-ci ensevelissent leurs morts secrètement, de nuit et dans leurs maisons; mais, non plus que les Indiens, ils ne se livrent pas à de longues lamentations.

Dans le pays du Belliara, le concubinage est permis entre toutes personnes, si ce n’est avec des femmes mariées. Ainsi un homme peut avoir commerce avec sa fille , sa sœur, sa tante paternelle ou maternelle , pour^^l quelle soit célibataire.

Ms-à-vis de la ville maritime de Barouh ^ ^ j—3 est l’île de Moullan (jX* qui produit du poivre en quantité et qui est distante de Sindan de deux journées. De cette dernière à Balabac

, on compte également 2 journées. « Balabac produit des « noix de coco, des figues bananes et du riz. » C’est ici qu’a lieu le changement des directions vers les differentes îles de l’Inde. De là au lieu dit le grand abîme, on compte 2 journées. De

* La version latine porte Malac.

Feuillet 46 recto.

cette île ( de Balabac ) à celle de Serendib \ ,1 journée

et plus.

De la ville de Barouh , en suivant la côte , à Sindapour j , 4 journées.

Sindapour JJ Lw est sur un grand golfe où les navires

jettent l’ancre. C’est une ville commerçante, où l’on voit de beaux édifices et de riches bazars. De là à Banah sur la côte, 4 journées.

Banah est une jolie ville située sur un grand golfe, où les navires mouillent, et d’où ils mettent à la voile. Dans les montagnes environnantes croissent le cana et le tébachir jl^UL « Les racines du cana qu’on recueille ici sont transportées dans « l’orient et dans l’occident. Quant au tébachlr, on le^ falsifie « en le mélangeant avec de la cendre d’ivoire; mais le Véritable « est celui qu’on extrait des racines du roseau dit el-cherky « comme nous l’avons déjà dit. » De 'Banah à Fanderina

A-s)j.>ai, on compte 4 journées. Fanderina est une ville bâtie à f embouchure d’une rivière qui vient du Manlbar *, où mouillent les navires venant des îles de l’Inde et du Sind. « Ses habitants « sont riches, ses marchés bien approvisionnés et sori commerce « florissant. » Au nord de cette ville est une mo’ntagne très-haute, couverte d’arbres, de villages et de troupeaux. On y recueille le cardamome idiUl! , dont il se fait un grand commerce. Le cardamome, dont la végétation ressemble à celle des graines du chanvre, porte des gousses où sont renfermées les graines. De Fanderina à Djerabatan, \ille populeuse, située sur une petite rivière, « fertile en riz et en céréales, et qui, dit-on, appro- « visionne les marchés de Serendib, » 5 journées. « Le poivrier « croît dans les montagnes voisines. » De Djerabatan à Sandji

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