‹ Géographie d'EdrisiChapitre 39 sur 72 · partie des Zenata dont les Benou-Iadjfas ^ ^ font partie. Feuiiiei · texte numérisé non relu

partie des Zenata dont les Benou-Iadjfas ^ ^ font partie. Feuiiiei

Toutes ces peuplades sont adonnées à l’agriculture, élèvent du bétail et des chameaux, et fournissent d’excellents cavaliers. L’extrême limite du pays qu’elles occupent est le port de Fedhala iOl-Aü, sur l’océan; la distance entre ce port et le fleuve d’Ommrebi’ est de 3 journées.

Le bourg d’Omm-rebi’ est situé sur un fleuve navigable doni le cours est rapide et bruyant à cause de la pente du terrain, et dont le lit est plein de rochers. « Les habitants de ce bourg élè- « vent beaucoup de troupeaux, cultivent avec succès le blé et « toute espèce de céréales, ainsi que le coton et le cumin. Ce « bourg est situé au midi de la rivière; après l’avoir traversée,

« on entre dans un lieu couvert de tamarins et de broussailles K où vivent des lions qui attaquent les passants; cependant, les « gens du pays n’en ont aucune frayeur; ils les combattent avec « beaucoup d’adresse et corps à corps; ils les abordent presque « nus, sans autres armes que des bâtons noueux de sidra et des « couteaux. Ces animaux sortent quelquefois des forêts, pénè- « trent jusque dans le bourg et enlèvent des ânes ou des bes- « tiaux. »

D’Omm-rebi’ on se rend à Aïghisal joli bourg pourvu

‘ Pour les variantes, voyez la version latine, pag. 77.

verso.

recto.

Feuillet 67 recto, de sources dont l’eau jaillit du milieu des rochers et est employée à l’arrosage, une journée.

De là à Ancal Jüül , bourg également pourvu d’eau et connu sous le nom de Dar el-Morahetïn , dans un site agréable , entouré de champs cultivés et dont les habitants élèvent des chameaux et du bétail, une journée.

« Auprès de là s’étend une longue plaine où les autruches se « réunissent en troupes , paissent librement par centaines et se « répandent sur les collines environnantes; on les chasse à cheval « et on en prend une quantité considérable ; quant aux œufs , le « nombre de ceux qu’on trouve dans cette plaine est vraiment « incroyable. On en exporte au dehors , mais c’est une nour- « riture peu saine. La chair de l’autruche est froide et sèche; « on emploie la graisse avec succès contre les maux d’estomac et « autres. »

D’Ancal à Makoul une joürnée. Makoul est situé dans un vallon, auprès de la plaine de Kharaz longue de 1 2

milles et sans eau. « C’est un boitrg bien fortifié, peuplé de Ber- « bers, et qui offre beaucoup de ressources. »’

De Makoul à Aksis une faible journée à travers la plaine

de Khoraz. « A l’extrémité de cette plaine, coule une rivière qui « ne tarit jamais; elle est entourée de forêts peuplées de lions; « on rencontre ces animaux nuit et jour; il existe à Aksis un lieu « destiné à leur donner la chasse et où l’on en tue quelquefois « trois ou quatre dans une semaine. Les lions craignent beaucoup « la clarté du feu et ils n’osent jamais attaquer les personnes mu- Feuillet 57 verso. « nies de flambeaux. »

D’ Aksis à la ville de Sala une journée. Sala, dite la neuve,

est située sur le bord de la mer. Anciennement cette ville ( qu’on nommait Chala *JU; ) était à deux milles de la mer, sur les bords de la ruière d’Asmir qui, de nos jours, baigne aussi les murs de Sala et se jette dans la mer auprès de cette ville ; l’ancienne Sala

(Chala) est maintenant inhabitée; on y voit seulement quelques restes d’édifices et de constructions colossales, entourés de pâturages et de champs qui appartiennent aux habitants de la nouvelle ville. Cette dernière est située, comme nou& venons de le dire, sur le bord de la mer et fortifiée de ce côté; elle est belle, bien que bâtie sur un terrain sablonneux, et possède de riches bazars. « Le commerce d’exportation et d’importation y est « florissant , les vivres à bas prix et en abondance ; on y voit des « vignes, des vergers, des jardins, des champs cultivés. Le port « est fréquenté par des navires qui viennent de Séville et

« d’autres lieux de l’Espagne; le jirincipal objet d’importation est « f huile; on prend, en échange, toute sorte de comestibles des- « tinés pour le littoral de l’Espagne. » Les navires qui abordent à Sala ne jettent point l’ancre dans la rade, parce qu’elle est trop découverte; ils pénètrent dans la rivière dont il vient d’être question, mais jamais sans pilote, à cause des écueils qui obstruent son embouchure, et des détours qu’elle forme. « La « marée y monte deux fois par jour; les vaisseaux entrent au « moment de la haute mer et ils en sortent avec le reflux. La « pêche est tellement abondante que le poisson ne trouve quel- « quefois pas d’acheteurs. »

De*Sala aux îles des oiseaux ^^.^1 ^1>>, on compte i 2 milles, en se dirigeant vers le sud, et de Sala à Fedbala égale-

ment 1 2 mdles. « Les vaisseaux d’Espagne et des autres points « de la mer méridionale y abordent et y chargent du blé, de « l’orge, des fèves et des pois, ainsi que des brebis, des chèvres « et des bœufs. »

De Fedbala à Anfa Ujl, 4o milles. « Anfa est un port égale- « ment visité par les vaisseaux marchands, qui viennent y cher- « cher de l’orge et du blé. Le pays environnant est habité par « des Berbers des tribus de Benou-Iadbfar jUuôl» yXj, de Kal « et autres. »

FtMiiüet 57 verso.

Feuillet 57 verso.

Feuillet 58 recto.

D’Anfa à Mazighan (^jU, port de mer, 6o ^ milles en ligne directe.

De Mazighan à Beïdha-Djoun 3o milles.

De Beïdha au port de Ghaït , 5o milles.

De Ghaït à Asafi j-wi , 5o milles.

D’Anfa au cap formé par la montagne de fer , 6o

milles.

De ce cap à Ghaït, dans le golfe, 5o milles.

Du cap Mazighan à Asafi, en ligne directe, 85 milles; en ligne oblique, i3o milles.

Asafi était anciennement la dernière station des navires; de nos jours, on la dépasse de plus de 4 journées maritimes. « Le pays adjacent est cultivé et peuplé de Berbers Radjradja, « Zouda et autres; les vaisseaux y viennent et, après avoir opéré « leur chargement, ils remettent à la voile aussitôt que le temps « est calme et le vent favorable. Le nom d’Asafi fut donné à ce « port, à cause d’un événement que nous raconterons quand nous aurons à parler de la ville d’Achhouna ( Lisbonne ) , si- « tuée dans la partie occidentale de l’Espagne, persuadés que nous « sommes que le mieux est de traiter chaque chose en son lieu.

« Du port d’Asafi à celui de Maset wU, à l’extrémité du

« golfe, on compte i5o milles.

« Ghaït est un port très-sûr, où l’on vient chercher de l’orge « et du blé. Parmi les tribus berbères les plus voisines, on cite « celle de Dakala d’origine Masmoudie, qui s’adonne à l’agri- <; culture et qui élève des bestiaux; les possessions de cette tribu « s’étendent jusqu’à Maset; elle vit sous des tentes, dans des lieux « fort arides.

« D’Aghmat on se rend, en suivant la direction du nord-est, « aux deux villes de Daï et de Tadela en 4 journées; « ces deux villes sont à la distance d’une journée l’une de l’autre.

‘ La version latine porte 78 milles.

« Daï est située au pied d’une montagne qui fait partie de la « chaîne du Daran h On y exploite des mines de cuivre ; le mé- « tal est en général très-pur, de qualité supérieure et de couleur « blanchâtre; il s’allie facilement avec d’autres métaux et on « l’emploie dans la fabrication des mors. Lorsqu’on le bat, sa « qualité s’améliore et il n’est pas sujet à se fendre comme les « autres cuivres Plusieurs personnes supposent que les mines « de cuivre dont il est ici question dépendent du pays de Sous : « c’est une erreur, car la ville de Daï ne fait aucunement partie « de ce pays, dont elle est éloignée de plusieurs journées de che- « min. Le métal qu’on extrait de ces mines n’est pas seulement « employé sur les lieux à divers usages, on l’exporte aussi au « loin.

« La ville de Daï est petite, mais bien peuplée et fréquem- (I ment traversée par des caravanes. On y cultive beaucoup de « coton, moins cependant qu’à Tadela qui en produit une quan- « tité considérable; presque tous les tissus ( de coton ) dont on « fait usage dans le Maghreb viennent de ces pays. Les villes de « Daï et de Tadela possèdent abondamment tout ce qui est né- « ce.ssaire à la vie; elles sont habitées par des Berbers de dilfé- « rentes tribus. A l’est de Tadela et de Daï habitent les Berbers « connus sous les noms de Benou-Welihim ^ , Benou-

'< Wizkoun et Mendasa Sur le penchant de

« la montagne qui touche à la ville de Daï, vit une peu])lade « Sanhadja appelée Amlu jX«I.

« De Tadela à Tatan-vva-Goura ^ y-lai , petite ville habitée « par des Berbers de tribus mélangées, où l’on cultive beau- '( coup de blé et où l’on élève des troupeaux, 4 journées.

« De Tatan-wa-Coura à Sala , 2 journées. »

Feuillet 58 recto.

Feuillet 58

FAS ou 1

Feuillet 58

recto. J)0 Sala à Fèz 4 journées. La ville de Fèz peut être regardée comme une réunion de deux villes séparées par une rivière dont les sources sont connues sous le nom de Sanhadja, et dont les eaux font tourner un grand nombre de moulins à farine.

verso. La partie septentrionale de la ville se nomme Caroubin , et la partie méridionale, Andalos « L’eau

« est rare dans ce quartier, quoiqu’un canal en traverse la partie K supérieure. Quant à Caroubin, l’eau circule abondamment dans « les rues, et les habitants s’en servent pour laver leurs habita- « tions durant la nuit, de sorte que, tous les matins, les mai- « sons et les cours sont parfaitement propres; on trouve, d’ail- « leurs, des fontaines dans toutes les maisons. Chacun des deux « quartiers de Caroubin et d’ Andalos a sa mosquée et son imam « particuliers; les habitants des deux quartiers sont en rixes « continuelles les uns avec les autres et se livrent souvent des « combats sanglants.

« La ville de Fèz renferme beaucoup de maisons, de grands « édifices et de palais; ses habitants sont industrieux; ils ont « des troupeaux en abondance; le blé et les fruits sont à meil- « leur marché à Fèz qu’en aucun pays de l’Afrique. On y voit de « toutes parts des fontaines surmontées de coupoles ornées de « peintures; les alentours sont très- peuplés, les jardins et les « vergers bien cultivés, et les habitants opulents. »

De Fèz à Sedjelmasa, 1 3 journées. On passe par Safrawa on se rend ensuite à Cala’t-Mehdi, à Tadela, à Daï, à Cha’b es- Safa LuaJi et l’on traverse la haute montagne qui se trouve

au sud. , •

Safrawa est à une journée de distance de Fèz et à deux de Cala’t Mehdi ; c’est un bourg bien peuplé, « mais où il se fait « peu vie commerce. La plupart des habitants sont laboureurs « et élèvent des chameaux; les eaux y sont douces et abondantes.

« Cala’t Mehdi est une place très-forte, située au sommet d’une « montagne élevée; il y a des bazars; on s’y livre à l’agriculture « et à l’éducation des troupeaux.

« De Cala’t Mehdi à Tadela, 2 journées. Auprès de Cala’t- « Mehdi habitent diverses tribus Zenata, savoir.: les Benou-Sim- « djoun les Benou-O’djlan les Benou-Tes-

n kedlet les Benou-Ahd-allah yXj, les Benou-

« Mousa j-v, les Benou-Marouni , les Tekleman

K yl — tAi), les Arilouchan les Antacfakan ^SlAjujl et les

« Benou-Sameri y<>. »

De Fèz à Meknasa ou Meknès on compte 4o milles;

on se dirigeant vers l’occident. « Meknasa est une grande ville « située* sur la route de Sala. L’itinéraire de Fèz à Meknasa est « comme il suit :

« De Fèz on se rend à Maghaïla ville autrefois popu-

" leuse, commerçante, bien construite, située dans une plaine « parfaitement arrosée , couverte d’arbres fruitiers, mais aujour- « d’hui ruinée. »

De Maghaïla à la rivière de Sanat , puis à la plaine des ])alm*iers ikjsü! ,ja=î., puis à Meknasa.

« Cette dernière ville porte aussi le nom de Tacadart ;

« située sur une hauteur, elle n’a éprouvé aucun notable chan- « gement. A l’est de Meknasa coule une ])etite rivière sur la- « quelle sont des moulins; tout autour on voit des maisons,

« des jardins et des champs cultivés; le sol y est très-fertile.

" Cette ville porte le nom de Meknas le berbère, personnage « qui vint s’établir dans le Maghreb avec sa famille et qui mit « en état de culture divers terrains contigus. Du pays de Mek- « nasa dépend Beni-Ziad àljj ville ppuplée, renfermant des « bazars, des bains et quelques édifices remarquables; les rues « sont arrosées par des ruisseaux d’eau courante. A l’époque des « Moravides, Béni Ziad était, après Tacadart, la ville la plus

Feuillet 58 verso.

Feuillet Sg reclo.

MEKNASA

OU

MEkNÈS.

FeuiHet 59 recto. „ florissante de cette contrée ; ces deux villes sont distantes l’une « de l’autre et de Beni-Tawra ojjb d’un quart de mille; Beni- « Tawra était autrefois une ville populeuse et riche. Le pays « produit une quantité de fruits qui excède les besoins de ses « habitants; une. grande rivière qui vient du côté du midi se « divise , au - dessus de la ville , en deux branches , dont l’une « fournit de l’eau dans toutes les rues et dans la plupart des « maisons. Entre Tawra et Beni-Ziad se trouvent deux bourgs : « l’un d’eux s’appelle el-Cassr ; il est sur la route de Ta-

« cadart à Souc el-Cadimé à la distance de deux

jets de flèche. 11 fut fondé, entouré de murs et muni d’un >1 château par l’un des émirs Moravides; il n’y avait que quel- « ques bazars et l’on y faisait peu de commerce, lorsque l’émir « vint s’y établir. L’autre bourg, situé à l’est de celui-ci, porte « le nom de Beni-A’toucb les maisons y sont nom-

« breuses et entourées de jardins. Le pays produit des céréales, « ainsi que des olives, des figues et du raisin en abondance. Du « dernier de ces lieux, on se rend, en suivant le cours d’un ruis- « seau qui vient de Beni-A’touch , à Beni-Bernous « campement dépendant de Meknasa, autour duquel on cultive « du blé , de la vigne , beaucoup d’oliviers et d’arbres à fruits.

« Au nord du château d’Abou-Mousa se trouve

« Souc el-Cadimé ( le vieux marché ) , où l’on se rend tous les « jeudis et où se rassemblent des Beni-Meknas et des marchands « d’autres pays. Les tribus de Beni-Meknas qui habitent cette « contrée sont les Benou-Sa’id et les Benou-Mousa

« Celles qui l’habitent également, mais qui ne font point

« partie des Meknasa, sont : les Benou-Besil , les Ma-

« gbaïla iOvsJw, les B^nou-Mas’oud iy»— les Benou-A’li « jLÆyL), les Wariaghel les Demerwjjy»*, les Warba

« et les Sabghavva

« Le territoire que nous venons de décrire est remarquable

« par la fertilité du sol , la richesse de la végétation et la bonté « des productions. Ses habitants portent des vêtements com- « plets et des turbans h » A 3 journées de distance de Meknasa est Cassr Abd-el-Kerim , petite ville habitée par une tribu berbère dite Danhadja et située sur la rivière d’Olkos

( Luccus ) qui, après l’avoir, traversée , coule dans la direction du sud. La ville est éloignée de la mer d’environ 8 milles « La « majeure partie du territoire est sablonneuse; cependant il y a « quelques champs cultivés et fertiles; on y trouve du gibier et « du poisson. Il s’y tient un marché fréquenté ; les habitants se « livrent à l’exercice de divers métiers. »

De Cassr Abd-el-Kerim à Sala, on compte 2 journées, savoir : de Cassr à Ma’moura , une, et une de Ma’moura à Sala. « La

« rivière d’Olkos est une des plus considérables du Maghreb; elle « reçoit les eaux d’un grand nombre d’afiluents ; ses rivages sont " couverts de champs cultivés , de bourgs et de campements.

« Fèz est le point central de l’Afrique occidentale ; ses en- « virons sont habités par des tribus berbères qui parlent l’arabe; « ce sont : les Benou-Iousuf les Benou-Lawa ïjil

« les Behloul Ks Zawawa «jBj, les Mecljassa a — »oUsî, les

« Ghiata ioUi et les Salalhoun La ville est populeuse

« et fréqtientée par des voyageurs de tous les pays; il y vient « des caravanes qui y apportent de belles étoffes et des marcban- « dises de toute espèce. Les habitants sont riches et jouissent de « toutes les recherches du luxe et de toutes les commodités de « la vie. »

De Fèz à Sebta ( Ceuta ), sur le détx oit de Gibraltar ^ , en se dirigeant vers le nord , y journées.

De Fèz à Telemsan, 9 journées* voici l’itinéraire qu’on suit.

De Fèz on se rend vers la rivière de Sebou « qui vient

^ Le ms. B. jiorle 3 milles seulement.

Feuillet Sg recto

Feuillet Sg verso.

Feuillet 59 verso

TELEMSAN

ou

TKLMESEN.

« des environs de Djebel el-Cala’ ü — nAiîl et poursuit son « cours en passant à 6 milles à l’orient de Fèz. Dans l’angle « formé par cette rivière et par celle qui coule à Fèz, il existe « plusieurs bourgs et villages. »

De là à Tamala *3Ur \ i journée. « Tamala est un bourg situé « sur une rivière qui vient du côté du midi et qui s’appelle

« Wadi-Enbaouz ”

Puis à Kernata ville ruinée, dont le territoire pro-

duit, par irrigation, du raisin, du blé et des fruits, i journée.

De là à Bab-Zenata ü — slij oL, rivière voisine de celle d’Enbaouz, dont les bords sont parfaitement cultivés ôt où l’on élève des troupeaux, environ lo milles.

De là au fort de Kermata üitX», qui domine les bords

de la rivière d’Enbaouz, i journée.

De Kermata, en passant au bas de la montagne, à Marawez fort de peu d’importance, i journée.

De là à la rivière de Masoun i journée; on passe par

Tabrenda place forte, bâtie sur une colline qui domine les bords de la rivière de Malouïa^^L», laquelle se jette dans celle de Sa’ ^Lo et se décharge dans la mer, entre Djerawa ebn-Caïs Alebla

De là à Sa’, petite ville ruinée par les Masmoudis, située au pied d’une colline, sur une grande rivière, i journée.

De là à Djerawa, située à 6 milles de la mer, i journée.

De là à Barcana Xjl^, place forte, i journée.

De Barcana à A’lawaïn ^ « gros bourg situé sur une « grande rivière qui vient du midi, » i joui’née.

De là à Telemsan, i^journée. « Telemsan est une ville très- « ancienne, entourée d’une*forte muraille et divisée en deux « quartiers. Son territoire est arrosé par une rivière qui vient de

’ Le ms. B. porte Tamalta AjJljf- — ’ h' Abrégé porte Mezawaz.

’ Les lîiss. *A. et B. portent ; la version , Taberida.

« Sakhrataïn \ montagne où s’élève im fort qu’avaient fait Feuillet eo recto.

« construire les Masmoudis et où ils résidaient, avant de s’être « rendus maîtres de Telemsan; cette rivière passe à l’est de la « ville, fait tourner plusieurs moulins et arrose les champs situés « sur ses bords. On trouve à Telemsan toutes choses en abon- « dance et^surtout de la viande excellente ; on y fabrique des ob- « jets d’un débit facile, et on s’y livre avec succès au commerce;

« ses habitants sont les plus riches du Maghreb, en exceptant « ceux d’Agbmat-Warlka et ceux de Fèz; il est vrai toutefois que « Fèz possède un territoire plus vaste, des ressources plus éten- « dues et des édifices plus importants.

« De Fèz à Benl-Tawda on compte 2 journées. Cette

« ville fut fondée par un émir qui vivait antérieurement à el- « Moletsem; elle est située dans le voisinage de la montagne de - « Gbamara àjU ; son territoire était autrefois défendj.1 par une « forte muraille contre les incursions des brigands de Gbamara « qui infestaient les environs de la ville. Benl-Tawda est à la dis- « lance de 3 milles de Gbamara. Entre Beni-Tawda et Fèz s’étend « une plaine traversée par la rivière de Sebou ^..vw. De Sebou,

« sur la route de Beni-Tawda, à Fèz, on compte 20 milles.

• « l^a plaine est habitée par des tribus berbères connues sous < le nom de Lamta. Leur territoire s’étend depuis Tawda jusqu’à « la rivière de Sebou et jusqu’au bourg d’A’kacba xiKc. Entre ce « bourg et Benl-Tawda, on compte une journée; entre ce même

‘ Ici la.version latine contient (p. ■yg) un passage qui manque clans nos deux mss. , et que nous croyons devoir transcrire: « Atque in isto monte, contra meridionalem « urbis [dagain porrecto, simt vineæ ; et ad ejus radices molendinæ secus ingentem Il rivum aquæ dulcis rapidæque, qui rivus appellatur Rivus Annasrani (cliristiani).

« Adjiunc rivum extructa sunt monasteria, oratoria aliaque religiosorum ædificia.

Il cum viridariis amplissimis, et nominatur ibi rivus ille Alfuara ( scaturigo), et indé « ad urbem usque se extehdit. Non longé ab eâdem urbe extat fons celebris, Om-Iahia Il dictus, è quo rivus in urbem induens concluditur in lacum, ac tùm dispensatur in O domos, irrigationes hortorum, balnea, cauponas et similia. »

Feuillet 6o recto. „ Roupg et la ville de Eèz, 2 journées. La ville de Beni-Tawda '< fut la première du Maghreb où s’établirent des hommes- qui, « rebelles à la loi divine, déclarèrent permis les crimes les plus « abominables. Les Masmoudis la ruinèrent de fond en comble , « renversèrent ses murs et rasèrent ses édifices, de sorte qu’il « n’en reste plus que l’emplacement. Cependant, à l’époque où « nous écrivons,, une centaine d’individus y cultivent les champs « à cause de la bonté du sol et de la ricbesse. de la végétation. « Les cara'vanes qui partent de Telemsan pour Sedjelmasa vont « d’abord à Fèz, de là à Safrava ou Sofro, puis à Tadela , en- « suite à Aghmat, de là à Dar’a, et enfin à Sedjelmasa.

« 11 existe une seconde route par le désert; bien qu’elle soit « peu fréquentée, nous l’indiquerons ici :

« De Telemsan à Tarou i journée.

« A la montagne de Tamerit i journée.

« A Gbaïat ci'LU* , bourg ruiné , avec, un puits peu profond , « 1 journée.

« A Sadrat apjiartenant à une tribu berbère, i journée.

« A Djebel-Tiwi ville ruinée, au pied d’une mon-

« tagne, où est une source d’eau jaillissante, i journée.

« A Fatat c:»' — x — », où est un puits au milieu d’une plaine, « 1 journée.

'< A Cba’b es-Safa liuJi lieu situé près les sources d’une

« rivière, à une journée de distance des montagnes de Daran, « 2 journées.

« A Tendeli bourg habité, i journée.

« Au bourg de Tesnan , 1 journée.

« A Tacartab i journée.

« A Sedjelmasa, 3 journées.

Feuillet 6o verso. « La ville de Teleiiisaii peut être considérée comme la clé de « l’Afrique occidentale. C’est un lieu de passage des plus fré- « quentés par les voyageurs. «

La distance de Telemsan à Tenès est de 7 journées.

« On se rend de Telemsan à A’lawaïn , bourg considé-

« rable; de là à Babelout gros bourg bien peuplé et bâti

« sur les bords d’une rivière où il n’y a pas de moulins, mais « qui sert à l’arrosage des champs, 1 journée.

« De là à Semni bourg situé sur les bords de la Marghit

« 1 journée.

« De là à Rahl es-Safassif Ut — oUuaJl Heu arrosé par les

« eaux d’une rivière qui vient de l’est, c’est-à-dire, du côté dTif- « kan yKil. De Rabl à Efkan, 1 journée.

« Il y avait autrefois à Efkan des moulins, des bains et des « constructions entourées d’une muraille de terre, mais tout cela « est actuellement ruiné.

« De là on se rend à Tahart

« De là à Me’asker jX-moco , gros bourg bien arrosé, 1 journée.

« De là à la montagne dite Ferhan Mara 'jU. y' puis à

« A’ïn es-Safassif 1 journée.

« De là à lalal JX, où l’on trouve de l’eau en abondance.

« De là à Gbada — &, ville de peu d’étendue, mais remar-

« quable par une foire où l’on se réunit à, jour lixe, 1 journée.

« De là à Souc-lbrabim ville située sur les bords

« du Chelif

« De Souc-lbrabim à Badja iü>-L, 1 journée.

« Badja est une jolie petite ville dont les environs sont plantés « de figuiers. On fait, avec les fruits de cet arbre, une espèce « de pâte en forme de brique, qui s’exporte dans les pays envi- « ronriants.

« De là à Tenès (j-b-Âj, 1 journée.

« Tenès est à 2 milles de la mer; construite en partie sur une « hauteur entourée de murs, c’est une ville très-ancienne dont « les habitants boivent de l’eau de source. A l’est, coule une ri- « viere qui sert, durant l’hiver et durant le printemps, aux be-

Fcuillel Go verso.

« soins publics. Le territoire de cette ville est fertile; il produit « du blé et d’autres céréales; le port est fréquenté par des naît vires; on y trouve des fruits de toute espèce, .et surtout des « coings d’une grosseur et d’un parfum admirables.

« De Telejnsan à Wabran ( Oran ), on compte deux

« fortes journées, et même trois. Voici comment :

Il En quittant Telemsan, on se dirige vers les bords de la ri- « vière de War jb, où l’on stationne, i journée.

« De là à Tanit une autre journée.

« De ce bourg on se rend à Wabran. Cette dernière ville, si- « tuée dans le voisinage de la mer, est entourée d’un mur de terre « construit avec art. On y trouve de grands bazars, beaucoup « de fabriques; le commerce y est florissant; » elle est située vis-à-vis d’Almeria , sur la côte d’Espagne , dont un intervalle de 2 journées de navigation la sépare. C’est de Wabran qu’on tire en grande partie le's approvisionnements du littoral de l’Espagne. Aux portes de Wabran est un port trop peu considérable pour offrir quelque sécurité aux navires ; mais à 2 milles de là, il en existe un plus grand (Mers el-Kebir) où ils peuvent mouiller en toute sùi*eté; il n’en est pas de meilleur ni de plus vaste sur toute la côte du pays des Berbers.

« Quant à la ville de Wabran, ses habitants boivent de l’eau « d’une rivière qui y vient de l’intérieur du pays, et dont les « rives sont couvertes de jardins et de vergers. On y trouve du Il miel, du beurre, du bétail; il y vient d’Espagne des navires Il de tout tonnage. Les habitants de cette ville sont industrieux

Il et fiers, et ils jouissent de beaucoup de crédit. »

Voici l’itinéraire de Tenès à Almasila ville qui appartient aux Beni-IIamad dans l’Afrique moyenne i.

De Tenès à Beni-Wazlefen (jjdjb une faible journée par des montagnes escarpées.

Il Benou-Wazlefen est un gros bourg entouré de vignes, de

« jardins et de champs où l’on cultive l’oignon, le chanvre, le « henna et le cumin. Les meilleurs vignobles se trouvent sur le « bord de la rivière de Chelif ocU;. »

De Tenès à Chelif, on compte 2 journées.

De Wazlefen à Khadra 1 journée. 4

« Khadra est une petite ville fortifiée, sur le bord d’un ruis- « seau qui coule dans un pays cultivé. 'On y trouve des bains et K un marché très-fréquenté par les habitants de ces contrées.

« De Khadra* à Meliana iüUU, 1 journée.

« Meliana est une ville très-ancienne, située dans un pays « fertile et bien cultivé; il y coule une rivière qui arrose ses jar- « dins, ses champs, et qui fait tourner des moulins; ses environs « sont baignés par les eaux de la rivière de Chelif. »

A 3 jours de chemin, vers le sud, s’étendent les montagnes de Wanschlris habitées par les tribus berbères dont

« les noms suivent : Meknasa,.* — wUiX>, Ilarsoun , Orba

« iôjji, Benou-Khalil Ketama iLoijS', Mitmata ,

« Benou-Melilat , Benou-Wartedjan , Benou-

« Khalifa yj, Islaten Zoulat Benou-Wat-

« mesous Zawawa Nezar — j, Matghoura

« àjiyda.0, Wartedin Benou-Abi-Belal Izkerou

“ Benou-Abi-Hakim Hawara « Ces

montagnes occupent un espace de 4 journées et se prolongent jusqu’au voisinage de Tahart.

De Meliana à Keznana 1 journée.

« Keznana est une place forte très-ancienne, entourée de « champs cultivés; elle est située sur la rivière de Chelif; il '< s y tient un marché où l’on se réunit tous les vendredis »

De Souc-Keznana (marché de Keznana) on se rend au bourg appelé Rlgha iObj, 1 journée. « Ce bourg ressemble, sous tous « les rapports, au précédent. »

De là à Mawargha bourg peu considérable, 1 journée.

Feuillet 6

1 reclo.

Feuillet 6i recto.

Feuillet 62 verso.

De là à Asirzir ^ , située dans un pays fertile , avec un

marché à jour fixe, 2 journées.

De là à Tamerkida 1 journée.

De là à Almasila , 1 journée.

« La ville d’ Almasila fut restaurée par les soins d’Ali ben- « Andalousi, sous le règne d’Edris ben-Abd-allah , ben-el-Ha- « san, ben-el-Hoseïn, ben-A’li, ben-Abi-Taleb. Elle est située « dans une plaine, au milieu de champs cultivés dont les pro- « ductions excèdent les besoins des habitants. Les Berbers qui « habitent cette plaine sont : les Benou-Berzal les Ren-

« dah les Hawara, les Sadrat et les Mezana Alma-

« sila est commerçante, bien peuplée, » et bâtie sur les bords d’une rivière peu profonde où se pêche une sorte de petk poisson couvert de raies rouges, d’une espèce particulière à cette contrée, et qu’on vend à Cala’t Beni-Hamad; les deux villes d’Almasila et de Cala’t Beni-Hamad sont éloignées de 1 2 milles l’une de l’autre. Cala’t Beni-Hamad e^t une des villes les plus considérables de la contrée; « elle est riche, populeuse, rem- « plie de beaux édifices et d’habitations de toute espèce ; on y « trouve de tout en abondance et à bas prix. » Elle est située sur le penchant d’un monticule d’un accès difficile et entouré de murs. « Ce monticule siappelle Tacarbest ; au-dessus

« est une forteresse qui domine toute la plaine, y

Le pays est infesté de scorpions grands , noirs et dont la morsure est mortelle. Les habitants font usage, pour se préserver de leur venin, d’une infusion de la plante dite alfolion alharam : il suffit, à ce qu’on dit, d’en prendre deux drachmes pour se garantir de toute douleur durant uAe année. La personne qui m’a raconté cette particularité avait été dans le cas de faire elle-même l’épreuve du remède. Elle me dit qu’ayant été piquée par un scorpion, elle but une infusion de cette plante et ne ressentit qu’une douleur passagère; et que, le même acci-

dent lui étant arrivé trois fois dans le cours de l’année,, elle n’en Feuillet 6 fut nullement incommodée. L’aifolion croît abondamment dans les environs de Cala’t Beni-Hamad.

L’itinéraire de Telemsan à Almasila est comme il suit :

« De Telemsan à Taliart 4 journées, savoir :

« De Telemsan à Tadara ijib, bourg situé au bas d’une mon- « tagne où se trouve une source d’eau, une journée.

« De là à Nadaï petit bourg situé dans une plaine où

« sont des puits peu profonds, une journée.

« De là à Tahart, 2 journées.

« Tahart estf à 4*journées de la mer. Cette ville était autre- « fois divisée en deux grands quartiers, l’un ancien, l’autre mo- « derne. L’ancien était entouré de murs, situé sur un monticule B peu élevé, et habité par des Berbers qui s’adonnaient avec « succès au commerce et à l’agriculture; ils possédaient des « chevaux de race pure, du gros bétail et des brebis; ils avaient « aussi du beurre et du miel en abondance. La ville de Tahart B est entourée de jardins et de vergers parfaitement arrosés. Feuillet 6 B C’est un très-beau pays.

B De Tahart à A’berj-sc, petit bourg situé sur les bords d’un B ruisseau, une journée.

B De là à Darast bourg petit, mais où se trouvent des

B champs cultivés et du bétail, une journée.

B De là à Marna UU, petite ville entourée d’une muraille en B briques et en terre et d’un fossé, 2 journées.

B.De là on passe au bourg d’ebn-Modjbir jj^ habité

B par des Zenata. . '

« De là à Asebirziri une journée.

B De là à Setib ou Setif oLda-w, puis au bourg de Han

« ^jU, situé dans une plaine sablonneuse, une journée.

B De là à Almasila on compte une journée.

B* Voici les tribus qui habitent entre Telemsan et Tahart : ce

2 verso*

2 recto.

Feuillet 62 recto. „ les Benou-Medïii 3J0, les Wartaghir les Zeïr

H les Wartid les Mani 3U, les Oumanwa les

« Sendjasa iLwUsLw, les Ghamda o.x 5, les lalouman les

« Warmaksiz les Tadjïn (jsï?-Iï, les Wachican yL*.wj,

« les Maghrawa les Benou-Rachid Os — les Tam-

« talas les Menan y' l*, les Racara ojüj et les Timani

» (S — Toutes ces tribus sont issues des Zenata. Maîtres de « ces plaines, ces peuples changent souvent leurs campements;

« cependant ils possèdent des demeures fixes; ce sont d’ailleurs « des cavaliers dangereux pour la sûreté des voyageurs; ils sont « remarquables par leur sagacité, par leur -esprit* et surtout par « leur habileté dans l’art de lire dans l’avenir au moyen de pro- « nostics tirés de l’omoplate des moutons L Voici la généalogie « des Zenata telle qu’on la rapporte. Zenata était fils de Djana;

« celui-ci, fils de Dbaris ou Djalout, qui fut tué par David (sur « qui soit la paix!) ; Dbaris était fils de Levi, fils de Nefha, père « de tous les Nefzawa Nefha et Ebn-Leva aîné étaient fils ^

« de Ber, fils de Caïs, fils d’Elias, fils de Modhar. Les Zenata « étaient originairement des arabes de race pure, mais, par suite « des alliances qu’ils ont contractées avec les Masmoudis leurs « voisins, ils sont devenus eux-mêmes Berbers. »

Revenons maintenant à M'^afiran : nous disons que cette ville est distante de Tenès de deux journées de navigation, c’est-àdire, de 2o4 milles.

De Tenès à Berechk Jk on compte, en suivant la côte,

66 milles.

De Tenès à Meliana, par terre, 2 journées.

De Meliana à Tahart, 3 journées.

Telle est la signification des mots ^ d’après le lénioignage de Hamdan

ben Osman Khodja, confirmé par celui de mon savant ami M. Et. Quatremère.

« Berechk est une petite ville bâtie sur une colline et en- Feuillet 62 recio « tourée d’une muraille de terre; elle est voisine de la mer. Ses « habitants boivent de l’eau de soifrce. Elle fut prise par le grand « roi Roger.

« De là à Cherchai JUï^-w, on compte 20 milles. Èi^tre ces « deux dernières villes est une montagne d’un difficile accès, ha- » bitée par la tribu berbère des Rabia

« Cherchai est une ville de peu d’étendue, mais peuplée; on « y trouve des eaux courantes et des puits peu profonds, beau- Feuillet f)2 verso. « coup de fruits et notamment des coings d’une grosseur énorme « (litt: gros comme de petites citrouilles) et d’une qualité très- « estimée. On y cultive aussi des vignes et quelques figuiers; du « reste, la ville est entourée de plaines désertes dont les habi- « tants élèvent des bestiaux et recueillent du miel et des dattes;

« le gros bétail forme leur pnncipale ressource; ils sèment de « l’oi^e et du blé, et ils en récoltent plus qu’ils ne peuvent en « consommer. »

De Cherchai à Aldjezaïr Reni-Mazghana ^ .u.ger.

on compte 70 milles.

Aldjezaïr est située sur le bord de la mer ; ses habitants boivent de l’eau douce. « C’est une ville très-peuplée, dont le « commerce est florissant et les bazars très-fréquentés. Autour « de la ville s’étend une plaine entourée de montagnes habitées par « des tribus berbères qui cultivent du blé et de l’orge, et qui « élèvent des bestiaux et des abeilles. Ils exportent du beurre et « du miel au loin. Les tribus qui occupent ce pays sont puis- « santés et belliqueuses.

« D’Alger à Tamedfos ( Matlfou ) , en se dirigeant vers

« l’est, 18 milles.

« Tamedfos est un beau port auprès d’une ville petite et « ruinée. Les murs d’enceinte sont à demi renversés, la popula- « tion peu nombreuse; on n’y voit, pour ainsi dire, que des dé-

Feuiilet 62 verso.

Feuillet 63 recto.

BEDJAÏA

ou

BOÜGIE.

« bris de maisons, de grands édifices et d’idoles en pierre On « dit que c’était autrefois une grande ville.

De Tamedfos à Mers el-Dedjadj 20 milles.

« Cette ville est d’une étendue considérable et entourée de « fortifications ; la population y est peu nombreuse ; souvent « même, pendant l’été, les habitants prennent la fnite et se re- « tirent dans l’intérieur des terres, afin d’éviter les attaques des « corsaires qui débarquent sur la côte. Il y a un bon port. Le « froment réussit à merveille dans ses environs; les viandes et « les fruits y sont excellents; on y trouve une espèce de figues « qui s’exportent au loin, soit sèches, soit en pâtes. »

De Mers el-Dedjadj à Tedlès \ 24 milles.

« Tedlès, située sur une hauteur, est entourée d’une muraille. « Le pays environnant présente un aspect riant; tous les objets « de consommation y sont à bas prix. »

De Tedlès à Bedjaïa iulsr ( Bougie ), par terre, 70 millès

Bedjaïa, située près de la mer, sur des rochers escarpés, est abritée, au nord, par une montagne dite Mesioun très-

élevée, d’un difficile accès et dont les flancs sont couverts de plantes utiles en médecine, telles que le bois de hajdhadh (jiwàJi, le scolopendre el-barbaris um — jjLjL*]!, la

grande centaurée , le rezavend , le cas-

toun k*»üî! , l’absinthe et autres semblables. « On

« trouve, dans les montagnes, une espèce de scorpions de cou- « leur jaune*, peu dangereux.

« De nos jours, Bedjaïa fait partie de l’Afrique moyenne et « est la capitale du pays de Beni-Hamad. Les vaisseaux y abor- « dent, les caravanes y viennent, et c’est un entrepôt de mar-

' Nous avons suivi, pour le nom de cette ville, les deux mss. h' Abrégé^ porte Andalos.

’ L’Abrégé porte totidemque itinere maritimo. Le ms. A. ajoute : « et par mer 90 », ce qui ne se trouve pas dans le ms. B.

« chandises. Ses habitants sont riches et plus habiles dans divers Feuillet 63 recto « arts et métiers qu’on ne l’est généralement ailleurs, en sorte « que le commerce ’y est florissant. Les marchands de cette ville « sont en relation avec ceux de l’Afrique occidentale, ainsi qu’avec « ceux du Sahara et de l’orient; on y entrepose beaucoup de « marchandises de toute espèce. Autour de la ville sont des « plaines cultivées où l’on recueille du blé, de l’orge et des « fruits en abondance. » On y construit de gros bâtiments, des navires et des galères, car les montagnes eties vallées environnantes sont très-boisées et produisent de la résine et du goudron d’excellente qualité. On s’y livre à l’exploitation des mines de fer qui donnent à bas prix de très-bon minerai; en un mot, c’est une ville très-industrieuse. A la distance d’un mille de Bedjaïa coule une grande rivière qui vient du côté de l’ouest,

des environs de la montagne de Djerdjera àj. et qui,

près des bords de la mer, ne peut être traversée qu’en bateau; plus loin, dans l’intérieur des terres, les eaux de cette rivière sont moins profondes et on peut la passer à gué. La ville de Bedjaïa est un centre de communications.

Bedjaïa est éloignée d’Arbedjan d’un peu plus d’une

jourtiée;

De Belezma iUyL (ou Telezma), de 2 fortes journées;

De Setif v-xda-w, de 2 journées;

De Bagbaïa üjUI?, de 8 journées; •

De Cala’t Becbirj-^v*^ iûdj (ou Achir), de 5 journées. (Cette dernière place dépend de Bicbkara ou Biskara SjS^. )

De Tifas de 6 journées;

De Calema üklï, de 8 journées;

De Tibsa ^ de 6 journées;

De Dour-Medïn de 1 1 journées;

De Cassraïn de 6 journées;

De Tobna aâaL, de 7 journées.

Feuillet 63 recto.

Feuillet 63 verso.

« La \nlle de Bedjaïa est située sur l’em’placement d’une for- « teresse qui avait été construite par Hamad ben-Belikin « C’était là que résidaient les Beni-Hâmad; avant la fon-

« dation de Bedjaïa, c’était la capitale de leur empire, l’entre- « pôt de leurs trésors, de leurs biens, de leurs munitions de « guerre, de leurs blés. Il s’écoula de nombreuses années sans « qu’elle éprouvât de révolutions ni de changements. On y trouve « des fruits, d’excellents, comestibles à prix modique, et une « grande variété d^ viandes. Dans ce pays, ainsi que dans ceux « qui en dépendent, le bétail et les troupeaux réussissent à mer- K veille, et les récoltes sont tellement abondantes, qu’en temps « ordinaire, elles excèdent les besoins des consommateurs, et « qu’elles suffisent dans les années de stérilité : en un mot , on « n’y éprouve jamais de disette. Nous avons parlé plus haut de « la ville en elle-même et de la nature de ses constructions; il « nous reste à dire quelle est adossée à un mamelon qui la do- « mine et qui est entouré de tous côtés par les murailles de « la ville. Du côté du midi s’étendent de vastes plaines où l’on ne « voit ni [nontagne, ni colline quelconque. Ce n’est qu’à une cer- « taine distance , et même après avoir parcouru quatre journées < de chemin, que l’on commence à en apercevoir confusémefit.

« A 12 milles à l’ouest de Bedjaïa et de Cala’t et dans « la province de Tibsa, est la ville d’Almasila dont nous avons '< parlé pkis haut. A l’est de Cala’t et à la distance de 8 milles « est située Ghadir, ville dont les habitants sont des Bédouins « qui se livrent aux travaux de l’agriculture, car le terrain fer- « tile et partout cultivé produit d’abondantes récoltes. Almasila « est distante de 1 8 milles de Ghadir. »

\ oicl l’itinéraire de Bedjaïa à Cala’t.

De Bedjaïa à Almodhic ; puis à Souc el-Ahad '^le marché du dimanche); à Wadl-Waht ; à Hissn Taki-

lat , où l’on fait halte.

« Hissn Takilat est une place forte située sur une hauteur qui Feuillet 63 verso. « domine les bords de la rivière de Bedjaïa; c’est un lieu de « marché. On y trouve des fruits ainsi que de Ja viande en « abondance. Hissn Takilat renferme plusieurs beaux édifices, des « jardins et des vergers appartenant en majeure partie à labia « ben-el-Gbadir. »

De Hissn Takilat on se rend à Tadrakt exijib ; ensuite à Souc el-Khamis ( le marché du jeudi ); de là à Hissn Bekr

« Cette dernière ville est au milieu de vastes pâturages et sur « les bords d’une rivière qiii coule au midi. 11 s’y tient un mar- « ché. » •

De Hissn Bekr on se dirige vers Hissn Warfou qu'e

Pon appelle aussi Wafou. <

De là vers Cassr j — «ajül , où l’on laisse la rivière de Bedjaïa à ' l’ouest, pour se tourner vers le midi, du côté de Hissn el-Hadid une journée.

On se rend ensuite à Cba’ra puis à Cabour Beni-

Berakecb (ji — 5T^ puis à Tavvart gros bourg

peuplé, situé sur une rivière d’eau salée, et où l’on fait halte.

« Les habitants de ce bourg boivent de l’eau de puits creusés « dans le Ht cl’un torrent qui vient de l’est et qui est ordinai- « rement à sec. »

De Tavvart on se rend aux montagnes d’Albab vW' , à travers lesquelles coule la' rivière salée; c’est un délilé dangereux pour les voyageurs, à cause des fréquentes attaques des Arabes; puis à Sacaïf oîjüuJI , place forte.

De là à Nadbour .

’ Le ms. A. porte .• \ on lit ensuite dans le texte arabe :

( n — > L-* H AwXI tjy^

Feuillet 63 verso.

Feuillet 64 recto.

De là à Souc el-Khamis l’on fait halte; tout

le pays est infesté de brigands.

« Souc el-Khamis est une place forte située sur le soihmet « d’une montagne où l’on trouve de l’eau de source. Cette place « est suffisamment forte pour rendre vains les efforts des Arabes « qui voueraient s’en emparer ; du reste , il y a peu de sources « et peu de champs cultivés.

« De là on se rend à Tamata idsUaJl , qui est sur un plateau t( élevé.

n De là à Souc el-Atsnaïn ( le marché du lundi ),

« château fort, autour duquel rôdent continuellement les Arabes, « ^t défendu par une garnison.

* « De là à Tafelkat oJtkîb, place forte; puis à Tarka petite « forteresse; puis à A’tia iuk.c, fort situé sur le sommet d’unê « montagne. On passe ensuite par trois lieux fortifiés et l’on par- « vient au fort de Gala’t.

« Les habitants de tous ces lieux vivent avec les Arabes dans « un état de trêve qui n’empêche pas qu’il ne s’élève entre eux « des rixes individuelles dans lesquelles l’avantage reste ordinai- « rement aux Arabes. En effet, les troupes locales ont les mains « liées, tandis que leurs adversaires peuvent Impunément leur « causer du dommage, d’où il suit que les Arabes exigent con- « tinuellement le prix du sang , tandis qu’eux-mêmes ne le payent « jamais. »

D’Almasila on se rend à Tobna en 2 journées.

Tobna est une ville appartenant au pays de Zab ;

elle est jolie, pourvue d’eau, « située au milieu de jardins, de « plantations de coton, de champs ensemencés de blé et d’orge,

« et entourée d’une muraille de terre. Ses habitants, qui sont « un mélange de diverses peuplades, se livrent avec succès au « négoce. On y trouve des dattes en abondance, ainsi que d’au- « très fruits.

« D’Alniasila on se rend à Mocra , petite ville , où l’on Feuillet Gi recto.

« cultive des céréales et beaucoup de lin. »

De Mocra à Tobna, on compte une journée.

De Tobna à Bedjaïa, 6 journées.

De Tobna à Baghaï 4 journées Dç Tobna, en se dirigeant vers l’est à Dar-Maloul une forte journée.

« Cette ville était autrefois très-peuplée et très-commerçante;

« ses champs sont cultivés, et du haut de la citadelle on peut « apercevoir une étendue de pays considérable. Les habitants de « Dar-Maloul boivent de l’eau de source. »

Entre Dar-Maloul et Nacaous 3 journées. A une forte

journée de là, s’élève la montagne d’Aoûras o-'jjb

La distance de Dar-Maloul à Cala’t « — «Aj» est de 3 journées.

Quant à l’Aouras, on considère cette chaîne de montagnes comme faisant partie de celles de Daran du Maghreb. « Sa c(>nfiguratlon « est celle d’un lam J recourbé vers ses extrémités; elle s’étend « sur 1 2 journées de long. On y trouve beaucoup d’eau, des ha- '( bltatlons nombreuses, des peuples fiers, belliqueux et redou- « tables à leurs voisins.

« De Tobna à Nacaous, bourg dont les environs sont plantés « de noyers dont les fruits s’exportent au dehors, 2 journées, n De Nacaous à Almaslla, 3 ou 4 journées. »

De Nacaous à Blskara , 2 journées.

« Blskara est une place bien fortifiée, située sur une émi- « nence. On y trouve un bazar et des dattes de qualité supé- « rieure. »

De là au fort de Naous \ situé au pied de la montagne d’Aouras, 3 journées.

« Naous est une belle ville peuplée d’indigènes, mais les ' Le ms. B. porte j^^b.

Feuillet 64 recto.

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