‹ Géographie d'EdrisiChapitre 40 sur 72 · CONSTANTINE · texte numérisé non relu

CONSTANTINE

Feuillet 64 verso.

« Arabes, depuis peu, s’en sont rendus maîtres; ils ne laissent « sortir les habitants qu’accompagnés d’une escorte. »

De là à Almasila on compte 4 milles.

A 4 journées à l’est de Cala’t Beni-Hamad est située Mila \ ville dont les environs produisent beaucoup de dattes et d’autres fruits. Elle est peuplée de Berbers de différentes tribus, mais les Aral>es sont maîtres de la campagne. Cette ville était autrefois soumise au pouvoir de labia ben-el-A’zlz , prince de Bougie.

De Mila à Cosantinat el-Hava ( Constantine ) , on

compte 1 8 milles à travers un pays de montagnes.

« La vdle de Constantine est peuplée, commerçante; ses ha- « bitants sont riches, fo*nt le commerce avec les Arabes et s’asso- « cient entre eux pour la culture des terres et pour la conserva- « tion des récoltes. Le blé qu’ils conservent dans des souterrains « y reste so.uvent un siècle sans éprouver aucune altération. Ils « recueillent beaucoup de miel et de beurre qu’ils exportent à « l’étranger. Cette ville est bâtie sur une espèce de promontoire « isolé , de forme carrée ; il faut faire plusieurs détours pour y « monter; on pénètre par une porte, située du côté de l’ouest, « dans l’intérieur de la place qui n’est pas très-grande; on y re- « marque des excavations où les habitants enterrent leurs morts, « et, de plus, un édifice très-ancien, de construction romaine, « dont il ne reste plus que les ruines; on y voit également un « édifice romain, jadis destiné aux jeux scéniques, et dont l’ar- 0 chitecture ressemble à celle de l’amphithéâtre de Termèh , « (Taurominium) en Sicile. »

Constantine est entourée de tous les côtés par une rivière; ses murs d’enceinte n’ont partout que trois pieds de haut, si ce n’est du côté de Mila. La ville a deux portes : l’une, celle de

* Le ms. A. porte partout Melila XLçLa-

Mila, du côté de l’ouest; l’autre ( Bab el-Gantara), la porte du pont, du côté de l’est. Ce pont est d’une structure rernarquable. Sa hauteur, au-dessus du niveau des eaux , est d’environ cent coudées rechachi « C’est aussi l’un des monuments de

« l’architecture romaine. Il se compose d’arches supérieures et « d’arches inférieures au nombre de cinq, qui embrassent la lar- « geur de la vallée. Trois de ces arches, celles qui sont situées « du côté de l’ouest, à deux étages, ainsi que nous venons de le « dire, sont destinées au passage des eaux, tandis que leur partie « supérieure ( litt : leur dos ) sert à la communication entre les « deux rives. Quant aux deux autres, elles sont adossées contre « la montagne.

« Ces arches sont supportées par des piles qui brisent la vio- « lence du courant et qui sont percées, à leur sommet, de pe- <1 tites ouvertures (ordinairement inutiles). Lors des crues extra- « ordinaires qui ont lieu de temps à autre, les eaux qui s’élèvent « au-dessus du niveau des piles , s’écoulent par ces ouvertures. « C’est, nous le répétons, l’une des constructions les plus cu- « rieuses que nous ayons jamais vues. •

« Il existe dans toutes les maisons ^ des souterrains creusés « dans le roc; la température constamment fraîche et modérée « qui y règne, contribue à la conservation des grains. » Quant à la rivière, elle vient du côté du midi, entoure la ville du côté de l’ouest, poursuit son cours vers l’orient, puis tourne vers le nord, baigne le pied de la montagne à l’occident et retourne de nouveau vers le nord, pour aller se jeter enfin dans la mer, à l’ouest de la rivière de Sahar

« Constantine est l’une des places les plus fortes du monde ;

Ici le ms. B. porte ce qui suit : « Dans toute la ville , il n’est* pas de porte de « maison , grande ou petite, dont le seuil ne soit formé d’une seule pierre; en général « aussi les piliers des portes se composent soit de deux, soit de quatre pierres. Ces « maisons sont construites en terre et le rez-de-chaussée est toujours dallé. »

Feuillet 64 verso.

Feuillet 64 verso.

Feuillet 65 recto.

K elle domine des plaines étendues et de vastes campagnes en- « semencées de blé et d’orge. Dans l’intérieur de la ville, il « existe un abreuvoir dont on peut tirer parti en temps de siège. »

De Constantine à Bagliaï, on compte 3 journées.

De Constantine à Bougie, 6 journées.

De Constantine à Djidjel , 4 journées.

De Djidjel à Bougie, 5o milles.

De Constantine à Abras , 5 journées.

D’Abras à Bougie , 4 journées.

De Bougie au fort de Bachar , 2 journées.

De Bachar à Tifas , 2 fortes journées.

De Tifas à Calema Aflï, même distance.

A Gassraïn 3 journées.

A Dour-Medïn, 6 journées.

De là au port d’el-Coll 2 journées, en traversant une contrée fréquentée par les Arabes.

« Pour se rendre de Constantine à Bougie, on passe à Nahr

« De là à la plaine de Para »jU.

« De là au bourg de Beni-Khalef oi — U. ^j.

« Puis à Kaldis , place forte.

« De là à Bougie, 20 milles. Il n’y a, dans cet intervalle, ni " montagne, ni vallon.

« Kal4js est sur une hauteur escarpée et dominant les bords « de la rivière de Constantine.

« De Kaldis à la montagne de Sahaw 8 milles.

« Au haut de cette montagne, remarquable par sa hauteur,

« est une citadelle ; on monte durant 5 milles environ , avant « d’en atteindre le sommet qui forme un plateau dont l’éten- « due est de 3 milles. Les Arabes qui l’habitent sont pacifiques ;

« ils descendent, en suivant les bords de la rivière de Chai JU;,

« à Souc lousuf , bourg situé au pied d’une mon-

« tagne d’où jaillisent diverses sources, et à la distance de i 2 Feuillet G5 recto « milles.

, K De là on se rend à Souc Beni-Zendoui place

« forte, située dans une plaine peu fertile, où se tient un mar- « ché à jour fixe.

« Les Beni-Zendoui sont des Berbers très-farouches qui ne '■ payent d’impôts que lorsqu’ils y sont forcés par des envois de « troupes; ils marchent toujours armés de pied en cap et cou- « verts de boucliers de Lamta.

« De là on se rend à Tala *îb, place forte, actuellement en « ruines, où l’on fait halte.

« De là à Beghara «j' — *aJ1, à Sahel el-Bahr j — Æ^.Jt à

« Mesdjld Behloul 4 Mezare’ puis à Djidjei

La ville de Djidjei est située sur les bords de la mer, dans une presqu’île. « La flotte du roi Roger s’en étant emparée, les « habitants se retirèrent à un mille de distance, dans les mon- « tagnes; ils y construisirent un fort; durant l’hiver, iis reve- « nalent habiter le port; mais, à l’époque de l’arrivée de la flotte,

« ils se réfugiaient presque tous dans les montagnes, ne laissant « dans. la ville qu’un petit nombre d’individus et quelques mar- « chandises. Depuis cette époque, Djidjei est devenue déserte « et ruinée. Cependant le pays est très-fertile et la côte très- « poissonneuse. »

De Djidjei on se rend au cap de Marghiten \ à Dje-

zaïr el-A’héh iUiUJI à Fedj ez-Zerzoun au fort

de Mansouria sur les bords de la mer.

De là à Matousa , bourg peuplé d’où l’on fait venir du

plâtre destiné pour Bougie.

De Mansouria à Bougie , on compte 5o milles.

Le ms. B. porte,

FeiiiUet 65 recto. Pour revenir à Djidjel, cette ville a deux ports: l’un, du côté du midi, d’un abord difficile et où l’on n’entre jamais sans pilote; l’autre, du côté du nord, appelé Mers es-Cha’ra, par-» faitement sûr et d’un fond de sable, mais où il ne peut entrer que peu de navires. ^

De Djidjèl à Coll JJdl, située à l’extrémité du pays compris dans la présente section, yo milles.

Coll, ville autrefois petite, mais florissante, possède un port fermé par des montagnes, et où l’on voit des constructions. .

Feuillet 65 verso. De Coll à Constantlne, on compte 2 journées, en se dirigeant vers le sud et en traversant un pays soumis au pouvoir des Arabes.

Non loin de Bougie , du côté du midi , est le fort de Setif v ÀAk.w ; la distance qui sépare ces deux points est de 2 journées.

« Setif est une place forte dont les environs produisent beau- « coup de noix excellentes. »

De Setif à Constantlne, on compte 4 journées.

Près de Setif est une montagne appelée Atekdjan \

habitée par la tribu de Ketama iLoUS”. On y volt une citadelle qui appartenait autrefois aux Beni-Hamad ; près de là , vers l’ouest, est la montagne de Halawa distante d’une jour-

née et demie de Bougie.

Les possessions de la tribu de Ketama s’étendent au delà des pays de Coll et de Bone « Cette tribu est renommée par

« sa générosité et par l’accueil quelle fait aux étrangers. Ce « sont certainement les gens dû monde les plus hospitaliers,

« car ils n’ont pas honte de prostituer leurs enfants mâles aux « hôtes qui viennent les visiter, et, loin de rougir de cette « coutume, ils croiraient manquer à leur devoir s’ils négli- « geaient de s’y conformer; divers princes ont cherché à les y « faire renoncer, mais toutes les tentatives qu’on a pu faire ont * Le ms. A. porte ; la version latine : Ichegian.

« été vaines. A l’époque où nous écrivons , il ne reste plus , de i'euiliet 65 verso. « la tribu de Ketama, jadis très-nombreuse, qu’environ quatre « mille individus, sans y comprendre toutefois quelques familles « qui vivent paisiblement dans les environs de Setif et qui con- « sidèrent comme abominables les mœurs des Ketama habitant « les environs de Coll et les montagnes qui touchent à la pro- « vince de Constantine.

« A 2 journées de cette dernière ville est une place forte ap- « pelée Belouca lieu de marché avec un faubourg où l’on

« trouve des puits abondants.

« Belouca est bâtie en pierre et située dans une plaine ; les « maisons y sont généralement grandes et anciennes; elle était « habitée dès l’avénement du Messie. Vu du dehors, le mur de « cette ville paraît très-élevé; mais, comme le sol intérieur est « encombré de terre et de pierres jusqu’au niveau des créneaux ), dès qu’on est entré dans la place, on n’aperçoit plus « aucun mur. Quant à Bachar , c’est une forte place dépen- « dante de Biskara et qui se trouve actuellement au pou-

« voir des Arabes.

« On compte de Bachar à Bougie 4 jours de chemin , et 2 n de Bachar à Constantine. »

Nous venons d’énumérer les villes et les pays compris dans la présente section, et nous avons décrit .avec les détails convenables ce qui nous a paru digne d’être remarqué. Il nous reste à parler du littoral de la mer, des golfes, des caps, et à indiquer les distances en milles, soit par les routes directes, soit par les chemins détournés. Comme nous ne pouvons comprendre, dans la description de la côte, celles de ses parties qui font partie du troisième et du quatrième climat, nous avons Feuillet 66 recto, jugé convenable de ne nous occuper d’abord que des lieux compris dans la présente section, dans l’ordre où ils se présenteront.

Feuillet 66 lecio. Nous disons donc quc Wahran (Oran) est située sur

]e bord de la mer, comme nous l’avons dit plus haut.

De là au cap de Mechana \ en ligne droite , on compte

2 5 milles, et 32 en ligne oblique.

De Mechana au port d’Arzevv , 1 8 milles.

Arzew est un bourg considérable, où l’on apporte du blé que les marchands viennent chercher pour l’exportation.

De là on se rend à Mostaghanem petite ville, située

« dans le fond d’un golfe, avec des bazars, des bains, des jardins, des vergers, beaucoup d’eau, et une muraille" bâtie sur « la montagne qui s’étend vers l’ouest. La largeur du golfe est « de 34 milles en ligne oblique, et de 2 4 en ligne directe. »

De Mostaghanem à Houdh-Feroub ^ ^4 milles en

ligne oblique, et i5 en ligne directe. C’est une belle rade, à l’extrémité de laquelle est un bourg peuplé.

La ville la plus voisine de Houdh-Feroub, du côté de l’est, est Mazouna située à 6 milles de la mer, « et au milieu

« de montagnes d’où découlent des sources. Il y a des bazars « très- fréquentés et de hautes maisons; il s’y tient aussi une « foire où les habitants des environs viennent apporter les pro- « ductions du pays. »

De Houdh-Ferouh au cap de Djoudj 2 4 milles, en ligne

oblique, et 12 milles, par terre. A partir de ce cap, le golfe s’étend en forme d’arc, vers le midi.

De là aux îles d’Alhamam 2 4 milles par les dé-

tours, et 18 en ligne droite.

Des îles d’Alhamam jusqu’à l’embouchure de la rivière de Chelif otUï, 22 milles.

De là à Colou’ el-Ferranïn 12 milles. (Le mot

Golou’ signifie algue marine. )

' La version latine porte Mesafe. *

De Colou’ à Tenès 12 milles, en suivant les bords du Feuillet 6G recto.

De là à l’extrémité du golfe , 6 milles. Ainsi , depuis le cap de Djoudj jusqu’à l’extrémité du golfe, on compte 76 milles en ligne oblique, et 4o en ligne droite.

De l’extrémité du golfe jusqu’au port d’Amtakou ty^l, 10 milles.

D’Amtakou à Waeour port étroit, situé à l’extrémité du golfe, et qui n’est abrité que contre les vents d’est, on compte, en ligne oblique, 4o milles; en ligne directe, 3o.

De Waeour à Berechk, 20 milles.

Nous avons déjà parlé de Cherchai : dans l’intervalle compris entre Cherchai et Berechk, en suivant les bords de la mer, est une montagne d’un accès difficile, habitée par une peuplade berbère dite Rebla, b

De Cherchai à Batfal JUaj , cap vis-à-vis duquel est une petite île, 12 milles. C’est à ce cap que commence le golfe de Hour dont l’étendue est de 4o milles en ligne directe, et de 60 en ligne oblique.

Ilour est aussi le nom d’un petit bourg situé dans le fond d’un golfe, à cjuelque distance de la mer, et habité par des pêcheurs. Cet endroit est très-dangereux, une fols tombé, on y périt sans ressource.

« De l’extrémité du golfe de Hour à Aldjezaïr Beni-Mazghana « (Alger), dont nous avons parlé plus haut, 18 milles.

« De là à Tamedfos, port auquel touchent des champs cul- « tivés, 18 milles.

« De là à Mers el-Dedjadj, dont nous avons également parlé. Feuillet 66 verio.

« De là au cap de Benl-Djenad ^ 1 2 milles.

' L'Abrégé porte Rebaïaa.

* Le ms A. ne met pas le mot

Feuillet 66 verso. « De là à Tedlès, i 2' milles.

« De Tedlès au cap dit Beni-Abd-Allah, 2 4 milles en ligne « oblique, et 20 en ligne droite.

« De là au golfe de Rafoun b 20 milles en ligne droite, « et 3 O en ligne oblique.

« De là^ à Dahs el-Kebirj. — en ligne oblique, 3o « milles, et 26 en ligne droite.

« De là à Dahs el-Saghir , 8 milles.

« De là au cap de Djeria 5 milles.

« De là à Bougie, par mer, 8 milles, et 12 par terre.

« De Bougie à Matousa iu-yU, en ligne oblique, 12 milles, « et 8 en ligne droite.

« De Matousa à Mansouria , située au fond d’un golfe,

« 10 milles en ligne oblique.

« De Mansouria à Fedj ez-Zerzour 12 milles.

« De là au cap de Margbiten, 1 i milles.

« De ce cap à Bougie, 4o milles.

« De Margbiten à Djidjil, 5 milles.

« De Matousa ^ à Fedj ez-Zerzour, 26 milles en ligne droite.

« De Fedj ez-Zerzour à Djidjil, en ligne oblique, 20 milles.

« De Djidjel à l’embouchure de la rivière dite Wadi el-

« Cassab , qui vient de Mila, en suivant la direction du

« midi, 20 milles.

« De Wadi el- Cassab au port dit Mers ez-Zeitoun «

« S 3o milles en ligne oblique et 20 en ligne directe.

« Cest ici que commencent les hautes montagnes d'Errahman « JWî-j habitées par des peuplades qui s’y réfugient toutes

« les fois qu’arrive la flotte ( probablement du roi de Sicile j ,

* Le ms. A. porte

® Le ms. A. porte ici yÿ).

’ Le ms. B. porte partout

* Le ms. A. porte ; le ms. B. porte plus bas la même leçon.

« ne laissant personne sur la côte , ainsi que cela a lieu à Coll , FeuiHet 66 verso. « ville qui est abandonnée pendant l’été.

« De Coll au port dit Mers Oustoura àôyûwl on compte

« 2 0 milles.

« De là à Mers el-Roum , 8o milles en ligne obli-

« que et 1 8 en ligne droite.

« De là à Takouch (j*^, village très-peuplé, i8 milles.

« De là à Pias el-Hamra i8 milles.

« De Ras el-Hamra à Bone , située au fond d’un golfe , et « dont nous donnerons ailleurs la description, s’il plaît à Dieu,

« 6 milles. »

La distance totale de Bone à Bougie est, en ligne directe, de 2 00 milles.

Feuillet 66 verso.

Feuillet 67 recto.

B.vghai.

Baghaï. — Cabsa. — Bone. — Bizerte. — Tabarca. — Cabes. — Sfaks. — Tunis. — Ruines de Carthage. — Mahdia. — Tripoli. — Leptis.

Cette section comprend des villes, des pays, des forteresses, des châteaux et des peuples d’origines diverses. Au nombre des pays dont nous allons traiter sont Camouda Baghaï

Meskiana Medjana Badja Bona (Bone),

le port de Kharazjj^ Benzert Arbes Mar-

madjena ». — Castilia Nilfan yLjLhü ( ou Bilcan

Takious Zaroud Cabsa (ou Cafsa x»âÀS),

Nafta aIûjü, Alhama Tunis Aclibia Heraclia

xJjyfi, Sousa a-wj-w, Mahdia Sfaks Cabes

Raghogha Sabrat , Tripoli et Lebcla

(Leptis). Les forts, citadelles et habitations situés sur le littoral seront décrits à la fin de la présente section, s’il plaît à Dieu.

Baghaï est une grande ville entourée d’une double muraille en pierre; « elle a un faubourg entouré également de murs où « se tenaient autrefois les marchés qui se tiennent actuellement « dans la ville même, le faubourg ayant été abandonné par suite « des fréquentes incursions des Arabes. » C’est un pays remarquable par la quantité de dattes qu’il produit. « Il y coule une « rivière qui vient du côté du midi; on y trouve aussi des puits « abondants, mais le nombre de ces puits n’est plus aussi con- « sidérable qu’il l’était jadis. Autrefois il y avait beaucoup d’eau « de source et un grand nombre d’habitations. Les environs « sont habités par des Berbers qui trafiquent avec les Arabes;

« leurs principales ressourcesconsistent en blé et en orge. Ils Feuillet 67 recto. « confient la gestion de leurs affaires à des cheikhs.

« Près de là, à la distance de quelques milles seulement, est « la montagne d’Aouras longue à peu près de 12 jour-

« nées, et habitée par des peuplades qui exercent une grande « influence sur leurs voisins.

« De Baghaï à Constantine, on compte 3 journées.

« De Baghaï à Tobna, du pays de Zab, 4 journées.

« De Baghaï à Castilia, également 4 journées.

« Cette dernière ville, appelée aussi Tawzer jjÿ, est en- « tourée d’une forte muraille, et ses environs sont couverts de « palmiers qui produisent des dattes très-estimées dans toute « l’Afrique. On y trouve également de beaux citrons d’un goût « excellent, des fruits et des légumes en abondance; mais l’eau « est de mauvais goût, indigeste et souvent très-rare, attendu « qu’on est obligé de la faire venir de loin. Le blé et l’orge n’y « croissent pas abondamment. »

Non loin de là, au sud-est et à la distance d’une petite journée, est située la ville d’Alhama , « où l’eau n’est pas non plus « de très-bonne qualité, mais où l’on trouve beaucoup de pal- « miers. »

De là à Takious, on compte à peu près 20 milles.

« Takious est située entre Alhama et Cabsa On y

« sème des céréales; on cultive le henna, le cumin et le panais.

« Le pays produit des dattes excellentes et des légumes en abon- « dance. »

On compte de Takious à Cabsa, une journée.

Cette dernière ville est entourée d’un mur et assez jolie; il Cabsa.

y coule une rivière dont l’eau est meilleure que celle de Castilia. Au milieu de la ville est une source d’eau dite el-tarmiz « Les bazars de Cabsa sont très-fréquentés et les fabri- « ques dans un état prospère. On voit, autour de la ville, de

FeniHei 67 recto. ,< nombreuses plantations de palmiers, des jardins, des vergers « et des maisons de plaisance. On y cultive des céréales, ainsi « que le henna, le cumin et le coton. Les habitants de cette « ville sont devenus Berbers, et la plupart d’entre eux parlent « la langue latine-grecque »

« En se dirigeant vers le sud-ouest, la ville la plus voisine « de celle que nous venons de décrire est Cassira ojj^, à l’orient « de laquelle sont Nacaous et Hamounes pays qui

« ont entre eux beaucoup de ressemblance , tant sous le rapport « de la qualité des eaux, que sous celui de la nature des pro- 8 ductions. On y recueille beaucoup de dattes, mais le blé y « est rare et l’on est obligé d’en faire venir du dehors.

Feuillet 67 verso. « Cabsa est un lieu central par rapport à divers autres, ainsi, « par exemple ; de Cabsa à Caïrowan, en se dirigeant vers le « nord, on compte 4 journées au sud-ouest.

« De Cabsa à Bilcan yliLsj, ville pourvue d’eau, mais ruinée « depuis l’époque à laquelle les Arabes s’en rendirent maîtres , » 4 journées au midi.

A Zaroud située auprès de la montagne de Nofousa, 5 journées.

A Nafta iikij, « ville où l’on trouve de l’eau courante et dont « les habitants s’adonnent au commerce et à l’agriculture, » 2 faibles journées.

De Cabsa à Nefzawa (ou Naczawa dans la direction du

midi, 2 journées et quelque chose.

De Tawzer à Nefzawa, une forte journée et demie.

De Cabsa, en se dirigeant vers le midi, à la montagne de Nofousa, environ 6 journées.

* Par les motifs exposés dans la relation de l’Egypte par Abd-Allatif, traduction de M. de Sacy, pag. 496 et 499 , et d’après l’avis de M. Et. Qualremère, nous croyons devoir substituer le mot ^ agriki au mot ^ ^i! afriki, qu on lit bien distinctement dans nos deux manuscrits.

« Cette montagne est très-haute et elle s’étend sur un espace « d’environ 3 journées de longueur. Là sont situées deux villes « dont l’une , appelée Charous est pourvue d’eaux cou-

« rantes, entourée de vignes qui produisent d’excellents raisins, « et de figuiers. En fait de céréales, on y cultive de l’orge avec « lequel on fabrique d’excellent pain; les habitants de cette « ville ayant d’ailleurs la réputation d’être d’habiles boulangers. »

De Cabsa à Sfaks, 3 journées.

« Entre les montagnes de Nofousa et la ville de Nefzawa est « située celle de Loubaca à l’ouest de laquelle, à peu de

« distance, sont Biskara et Maous Toutes ces villes

« sont à peu près également grandes, populeuses et commer- « çantes. »

De la montagne de Nofousa à W'arcalan (ou Ward-

jelan), on compte 12 journées.

De Nafta à Cabes une journée et quelque chose.

Cabes est une grande ville « bien peuplée, dont les environs « sont couverts de jardins et de vergers qui produisent plusieurs « variétés de fruits; on y trouve du blé, des dattes et différents « objets manufacturés que l’on chercherait en vain ailleurs. Les « environs de Cabes sont plantés d’oliviers et la ville est ceinte « d’un mur très-solide, et entourée de fossés. Les bazars offrent « une grande diversité de marchandises. On fabriquait autrefois « de belles étoffes de soie dans cette ville, mais aujourd’hui « la principale industrie consiste dans la préparation des cuirs « destinés pour l’exportation. »

La rivière qui coule à Cabes vient d’un grand lac, à 3 milles de distance et sur les bords duquel est situé Cassr-Sadja bourg bien peuplé ; la ville de Cabes en est éloignée de 3 milles. Quant à Cassr-Sadja, c’est une petite ville dont le « bazar est situe du côté de la mer, et où l’on compte beaucoup « de fabricants de soie. On y boit de l’eau de la rivière de Cabes;

Feuillet 67 verso.

Feuillet G7 verso.

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