‹ Géographie d'EdrisiChapitre 41 sur 72 · C.VBES · texte numérisé non relu

C.VBES

Feuillet 68 recto.

Sfaks.

« cette eau n’est pas très-bonne, mais les habitants sont obligés « de s’en contenter.

« Cabes est située à la distance de 6 milles de la mer, du « côté du nord -et auprès d’un bois limité par des sables conn tigus d’un mille d’étendue. Ce bois se compose d’une réunion « de vergers, de vignes et d’oliviers ( l’huile étant l’objet d’un « grand commerce ). On y trouve aussi des palmiers qui pro- « duisent des dattes d’une bonté et d’une douceur au-dessus de « tout éloge. Les habitants de Cabes ont coutume de les cueillir « fraîches et de les placer dans des vases ; au bout d’un certain « temps, il en découle une substance mielleuse qui couvre la « superficie du vase. On ne peut manger de ces dattes avant <> que ce miel ait disparu, mais alors il n’est pas de fruit, même « dans les pays .renommés pour leurs dattes, qui soit compa- « rable à celui-ci. »

Le port de Cabes est très-mauvais, car on n’y est pas à l’abri des vents. Les bateaux jettent l’ancre dans une petite rivière où l’on éprouve l’action du flux et du reflux ^ et où les navires d’un faible tonnage peuvent mouiller. « La marée s’y fait ressentir « jusqu’à la distance d’un jet de flèche. Les gens du pays sont diffi- « ciles à vivre ^ vains, orgueilleux et voleurs de^grand chemin. «

De Cahes à Sfaks on compte, en suivant les bords

du golfe, 70 milles.

« De Cabes à Cabsa, en se dirigeant vers le sud-ouest, 3 jour- « nées.

« Sfaks est une ville ancienne et bien peuplée; ses marchés « sont nombreux, ses édifices vastes. On y remarque un bazar « construit en pierre et dont les portes sont revêtues d’épaisses « lames de fer. Au-dessus de ses murs sont des tours des-

^ Ce fait a été remarqué par Shaw et par divers autres auteurs, üiî L« *iXj i •

« tinées au logement des troupes. On y boit de l’eau de source. « Les plus beaux fruits y sont apportés de Cabes et l’on peut « s’en procurer à bon compte. On y pêche beaucoup d’excellent « poisson; la pêche a lieu généralement au moyen de fdets dis- « posés avec art dans les eaux mortes. La principale production " du pays consiste en olives; il est impossible de trouver de « l’huile supérieure à celle de Sfaks. Le port est très-bon, et, « en somme, le pays offre beaucoup de ressources; les habitants « aiment le faste et la dépense. Cette ville fut prise par Roger « le Grand en 543 de l’hégire ( i i 48 de J. C.); bien cpi’elle « soit encore très-peuplée, sa prospérité n’est plus ce quelle « était autrefois. Le roi Roger y entretient un gouverneur. »

De Sfaks à Mahdia on compte 2 journées.

« Cette dernière ville offre un port des plus fréquentés par « les navires venant de l’orient et de l’occident, de l’Espagne, « de la Grèce et d’autres contrées, ün y apportait (autrefois) des « marchandises en quantité et pour des sommes immenses. A « l’époque présente le commerce y a diminué. Al-Mabdia était « le port et l’entrepôt de Caïrowan fondée par

« al-Mabdi Obeïd-Allab qui lui donna son nom. Située sur une « ])resqu’île qui s’avance dans la mer, c’est un lieu de passage « quand on veut se rendre par Raccada à Caïrowan. La dis- « tance entre Caïrowan et Mahdia est de 2 journées.

« Cette dernière ville était autrefois extrêmement fréquentée « et le commerce y était très-llorissant, car les voyageurs s’y « établissaient souvent ou y revenaient volontiers ^ ; les construc- « tions en étaient belles, les lieux d’habitation ou de prome- « nade agréables, les bains magnifiques, les caravansérails nom- « breux, enfin Mahdia offrait un coup d’œil d’autant plus ravissant « que ses habitants étaient généralement beaux et proprement

* Nous suivons le sens le plus probable, nos deux manuscrits étant ici très-défectueux. i'

feuiliel ()8 recto.

Feuillet 68 verso.

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