‹ Géographie d'EdrisiChapitre 42 sur 72 · AL- MAHDIA · texte numérisé non relu

AL- MAHDIA

Feuillet 68 verso. „ yêtus. On J fabriquait des tissus très-fins et très-beaux , connus « sous le nom de tissus de Mahdia et dont il se faisait en tout « temps une exportation considérable, car ces tissus étaient ini- « mitables sous tous les rapports.

« L’eau de puits ou jde citerne qu’on boit à Mabdia n’est pas « de bonne qualité. La ville est entourée de murailles en pierre « et fermée au moyen de deux portes construites en lames de fer « superposées sans emploi d’aucun bois. Il n’en existe point dans « le Maghreb ni ailleurs d’aussi habilement ni d’aussi solidement « fabriquées, et c’est un objet très-curieux; il n’y a du reste à « Mabdia ni jardins, ni vergers, ni plantations de dattiers; les « fruits y sont apportés des châteaux de Monastir ,

« situés à 3o milles par mer. Ces châteaux, au nombre de trois, « sont habités par des religieux auxquels les Arabes ne font au- « cun mal et dont ils respectent les habitations et les vergers. « C’est à Monastir cjue les habitants de Mahdia vont , par mer et « au moyen de barques, ensevelir leurs morts, car il n’y a point « de cimetière chez eux.

« De nos jours, Mahdia se compose de deux villes; savoir, al- « Mahdia proprement dite et Zawila h La première sert de « résidence au sultan et à ses troupes; elle est dominée par un « château construit de la manière la plus solide, et dans lequel « on voyait, avant la conquête de cette ville par le grand Roger « en 543 (1 i48), le réservoir dit les Voûtes d’or <^ôs.Jî yliuL « dont les princes du pays tiraient vanité. Mahdia avait (ancienne- « ment) été prise par Hasan, fils d’Ali, fils de Tennin, fils de « Moëz, fils de Radis, fils d’al-Mansour, fils de Belkin, fils de « Zeiri le Sanhadji.

K Zawila est remarquable par la beauté de ses bazars et de

‘ Ceci est conforme à ce qu’on lit dans la dires tomatJûe arabe de M. de Sacy, tom. I, pag. 496 , et dans la Nolice d’un manuscrit contenant la description de l’Afrique publiée par M. Et. Qualremère, page 46.

n ses édifices, ainsi que par la largeur de ses rues et de ses « carrefours. On y compte beaucoup de négociants riches etintel- « ligents. Les habitants de cette ville portent des vêtements de « couleur blanche, en sorte que, tant sous le rapport physique « que sous le rapport moral, ils sont des modèles de perfection^; « en effet leurs connaissances commerciales sont trés-étendues et « leur régularité dans les affaires est au-dessus de tout éloge.

K La ville est entourée tant du côté de la terre que de celui « de la mer, de murailles en pierre, et le long du premier de « ces côtés, règne un grand fossé qui se remplit au moyen des « eaux pluviales. Au dehors et du côté de l’ouest, il existait « avant l’invasion des Arabes en Afrique, un vaste enclos re- « marquable par la beauté et la bonté des fruits qu’il produi- « sait, mais toutes les plantations ont disparu. Auprès de Zawila « sont des villages, des châteaux, des métairies dont les babi- « tants se livrent à l’agriculture et à l’éducation des bestiaux. « Les productions du pays sont le charbon, l’orge, les olives; « on en exporte beaucoup d’huile pour le levant. Les villes « de Mahdia et de Zawila sont séparées l’une de l’autre par une « aire de l’étendue d’un jet de flèche et qu’on nomme Ramlé « — «J. Comme Mahdia est la capitale de l’Afrique, c’est par

« la description de cette ville que nous terminons celle de ce «pays, pour passer ensuite au Nefzavvat ^

« Nous disons donc que Sobeïtala AkjCçyw était avant l’isla- « misme la ville de Gerges, roi (ou plutôt de Grégoire, préfet) « des Romains d’Afrique; elle était remarquable par son étendue « ainsi que par la beauté de son aspect, par l’abondance de ses

‘ Cette observation tient à ce que, d’après tes idées des Orientaux, la couleur blanche est de toutes la plus considérée.

Ceci manque dans le ins. A. i\I. Hartmann écrit Nekzawa. Voyez ce qu’il dit au sujet de Sobeïtala, Edris. Afr. , pag. 253, 254. Voyez aussi, relativement à cette ville (1 ancienne Sufelula), Sbaw, page 259 de la traduction française.

Feuillet 68 verso.

Feuillet 68 bis recto.

Feuillet 68 bis recto.

CAÏROWAX.

« eaux, par la douceur de son climat et par ses richesses. Elle « était entourée de vergers et de jardins. Les musulmans s’en « emparèrent dès les premières années de l’hégire, et mirent à « mort le grand roi nommé Gerges. De là à Cabsa on

« compte un peu plus d’une journée, et à Caïrowan, 70 milles.

« Cette dernière capitale ^ était l’une des villes les plus « importantes du Maghreb, soit à cause de son étendue, soit à « raison de sa population et de ses richesses, de la solidité de ses K édifices, des avantages que présentait son commerce, del’abon- K dance de ses ressources et de ses revenus avant l’époque où « les révoltes, les séditions, les jalousies se manifestèrent parmi « ses habitants. Leurs principales vertus étaient la bienfaisance, « la fidélité aux engagements, l’abandon des choses douteuses et « l’éloignement de tout vice et de tout désordre propre à altérer « les bienfaits des sciences, enfin la tendance au bien; mais Dieu, « en faisant tomber cette ville au pouvoir des Arabes, a répandu « sur elle toute sorte de calamités. Actuellement il en subsiste à « peine quelques ruines, dont une partie est entourée de murs « en terre ; ce sont les Arabes qui y dominent et qui mettent « le pays à contribution; les habitants y sont peu nombreux, « et leur commerce ainsi que leur industrie sont misérables. « D’après l’opinion des personnes prévoyantes, cette ville ne doit « pas tarder à recouvrer son ancienne prospérité. L’eau y est abon- « dante, et celle que boivent les habitants provient d’un grand ré- « senoirqui est d’une construction remarquable : il est de forme « carrée; au centre est une espèce de cloître dont chaque face « a cent coudées et qui est tout rempli d’eau, Caïrowan se com- « posait autrefois de deux villes, dont l’une était Caïrowan pro- « prement dite, et d’autre Sabra Cette dernière était le

‘ L’ancien viens Augusli. On ne reconnaît par l’exact et judicieux Shaw dans l’étymologie qu’il propose, page 269, du nom moderne de cette ville; le mot caravane n’a aucun rapport avec le nom de Caïrowan.

« siège du gouvernement , et on y comptait plus de trois cents « bains dans les maisons particulières, sans compter les bains « publics. Elle est maintenant totalement ruinée et dépourvue « d’habitants. A trois milles de distance étaient les châteaux de « Raccada si hauts, si magnifiques, entourés de si beaux

« jardins du temps des Aglabites qui y passaient la belle saison. « Ils sont actuellement ruinés de fond en comble.

« De Caïrowan à Tunis on compte un peu plus de deux « journées de caravane; cette dernière ville est de toutes parts « entourée de murs. Les campagnes environnantes produisent « des céréales, objet principal du commerce des Tunisiens avec « les Arabes. De nos jours cette ville est florissante, peuplée et « fréquentée par les populations voisines et par les étrangers « de pays lointains; elle est environnée de solides retranche- « ments en terre, et elle a trois portes. Tous les jardins sont « situés dans l’intérieur de la ville; il n’y a rien au dehors qui <i vaille la peine d’être cité. Les Arabes de la contrée y apportent « du grain, du miel, du beurre en abondance, de sorte que le « pain et les pâtisseries qu’on y fait sont d’excellente qualité. » Tunis était autrefois une place très-forte et elle portait le nom de Tarchizj-uLyis; ce furent les Musulmans qui, lorsqu’ils s’en emparèrent, la reconstruisirent et lui imposèrent son nouveau nom. « On y boit de feau de citerne; mais la meilleure provient « de deux puits très-vastes et très-abondants, creusés par les soins « de divers pieux Musulmans. Cette ville n’est pas très-éloignée « de la célèbre Carthage dont le territoire produisait jadis tant K et de si beaux fruits, et de plus du coton, du chanvre, du carvi, « de la garance; mais Carthage est actuellement ruinée. »

Tunis est bâtie au fond d’un golfe qui est formé par la mer et auprès d’un lac creusé (de main d’homme); ce lac est plus large que long, car sa largeur est de huit milles et sa longueur n’est que de six. Il communique avec la mer par un canal dont

Feuillet 68 bis recto.

rcMS.

Feuillet 68 bis verso.

Feuillet 68 bis verso.

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