‹ Géographie d'EdrisiChapitre 43 sur 72 · CARTHAGE · texte numérisé non relu

CARTHAGE

l’embouchure s’appelle Foum-el-Wadi Il n’existait

point anciennement, mais on le creusa dans la terre ferme de manière à l’amener jusqu’auprès de Tunis, ville qui, comme nous venons de le dire, est distante de la mer de six milles.

« La largeur de ce canal creusé est d’environ 4o coudées; sa « profondeur de trois à quatre toises , fond de vase. La lon- « gueur du creusement auquel on donne le nom de fleuve « est de quatre milles. Lorsqu’on y introduisit les eaux de la mer, « elles s’élevèrent au-dessus du niveau (du lac) de la hauteur « d’environ un quart de toise h puis elles devinrent stationnaires. « A l’extrémité du canal, sa surface s’agrandit et sa profondeur « augmente. On appelle ce lieu Wakour (ou du chai'gement); « c’est là que jettent l’ancre les vaisseaux chargés de bestiaux « ou de marchandises; l’excédant des eaux introduites dans le « canal creusé atteint la ville de Tunis qui est bâtie sur les bords « du lac. Parvenus au Wakour, les navires opèrent leur déchar- « gement au moyen de petites barques susceptibles de naviguer « à plus basses eaux; l’introduction des navires de la mer dans « le canal et jusqu’au Wakour ne peut avoir lieu qu’un à un, « attendu le défaut d’espace. Une partie du lac s’étend vers l’ouest, « en sorte que ses rives de ce côté sont à trois milles et demi « de Carthage, ville actuellement ruinée, dont il ne subsiste « qu’une portion entourée de murs de terre , nommée Mo’allaca « iULtU, et habitée par des chefs d’Arabes, connus sous le nom « de Beni-Ziad il>j

« Quant à la ville de Carthage^ au temps où elle flo-

« rissait, c’était l’une des plus renommées du monde, à cause de « ses étonnants édifices et de la grandeur de puissance qu’attes- « taient ses monuments. On y voit encore aujourd’hui de remar-

' Le ms. B. porte : « à la profondeur d’une toise iLslï ■

^ La traduction de ce passage a été donnée par nous, d’après le ms. A., dans le Nouveau Journal Asiatique , tome I, page Syâ.

« quables vestiges de constructions romaines , et par exemple le Feuillet 69 recto. « théâtre, qui n’a pas son pareil en magnificence dans l’uni- « vers. En effet cet édifice est de forme circulaire et se compose « d’environ cinquante arcades encore subsistantes; chacune de « ces arcades embrasse un espace de plus de trente clioubras « (environ vingt-trois pieds); entre chaque arcade et sa pareille « (littér. sa sœur) est un pilier aussi haut que large, dont les « deux pilastres ont quatre clioubras et demi (environ trois pieds « et demi) de largeur. Au-dessus de chacune d’elles s’élèvent « cinq rangs d’arcades les uns au-dessus des autres, de mêmes « formes et de mêmes dimensions, construites en pierres calcaires « dures de fespèce dite kedan d’une incomparable bonté.

« Au sommet de chaque arcade est un cintre, et sur le cintre « de f area de inférieure ^ on voit diverses ligures et représenta- « tions curieuses d’hommes, d’animaux, de navires, sculptées « sur la pierre avec un art infini. Les autres édifices de ce genre ,

« et même les plus hauts, ne sont pour ainsi dire rien en com- « paraison de celui-ci. 11 était anciennement destiné, d’après ce « qu’on rapporte, aux jeux et aux spectacles publics.

« Parmi les curiosités de Carthage, sont les citernes, dont le « nombre s’élève à vingt-quatre sur une seule ligne. La longueur « de chacune d’elles est de cent trente pas et sa largeur de vlngt- « six. Elles sont toutes surmontées de coupoles, et dans les inter- K valles qui les séparent les unes des autres, sont des ouvertures « et des conduits pratiqués pour le passage des eaux ; le tout « est disposé géométriquement avec beaucoup d’art. Les eaux « venaient à cette citerne d’un Heu nommé la fontaine de Choukar « jliyi situé à 3 journées de distance dans le voisinage « de Caïrowan. L’aqueduc s’étendait depuis cette fontaine jus- « qu’aux citernes sur un nombre infini de ponts où Peau coulait

‘ Ceci manquait dans le ms. A.

’ Cette distance manquait également dans le ms. A.

Feuillet 69 recto.

« d’une manière égale et réglée. Ces ponts se composaient d’ar- « ches construites en pierre È basses et d’une hauteur médiocre « dans les lieux élevés^, mais extrêmement hautes dans les vallées « et dans les bas-fonds.

« Cet aqueduc est l’un des ouvrages les plus remarquables « qu’il soit possible de voir. De nos jours il est totalement à sec « ainsi que les citernes, l’eau ayant cessé de couler par suite de « la dépopulation de Carthage, et parce que, depuis l’époque de « la chute de cette ville jusqu’à ce jour, on a continuellement « pratiqué des fouilles dans ses débris et jusque sous les fonde- « ments de ses anciens édifices. On y a découvert des marbres « de tant d’espèces différentes qu’il serait impossible de les dé- « crire. Un témoin oculaire rapporte en avoir vu extraire des « blocs de quarante choubras (environ trente pieds) de haut, sur « sept (environ soixante-trois pouces) de diamètre. Ces fouilles « ne discontinuent pas; les marbres sont transportés au loin « dans tous les pays , et nul ne quitte Carthage sans en charger « des quantités considérables sur des navires ou autrement; c’est « un fait très-connu. On trouve quelquefois des colonnes en « marbre de quarante choubras (environ trente pieds) de circon- « férence.

« Autour de Carthage sont des champs cultivés et des plaines « qui produisent des grains et divers autres objets de consom- « mation. » A l’ouest est un district fertile dont le chef-lieu se

BIZEUTE.

nomme Setfoura àjyüxw, et qui compte trois villes peu éloignées de Tunis, savoir : Aclilouna , Tebakha et Bizerte

Cette dernière, bâtie sur les bords de la mer, est plus petite que Tunis, dont elle est distante d’une forte journée de marche. « Elle est florissante et peuplée, on y trouve (facilement) « des compagnons de voyage et il y a un marché permanent. »

‘ ^ .ijc !l. et i)on !l. , comme on lisait dans le ms. A.

’ j-iü S et non

A l’est de Bizerte est le lac du même nom dont la longueur est de 1 6 milles et la largeur de 8 ; il communique par une embouchure avec la mer. Plus il pénètre dans les terres plus sa surface s’agrandit, et plus il se rapproche du rivage plus il devient étroit.

« Ce lac offre une singularité des plus remarquables. Elle « consiste en ce qu’on y compte douze espèces différentes de « poissons, et que, durant chacun des mois de l’année, une seule « espèce domine sans mélange avec aucune autre. Lorsque le « mois est écoulé , l’espèce de poisson ( qui lui correspond ) « disparaît et est remplacée par une nouvelle également distincte « et ne se confondant point avec la précédente qui a disparu, et « ainsi de suite jusqu’à la fin de l’année, et tous les ans. Voici « les noms de ces douze poissons : ce sont el-houry \ el-

« Cadjoudj , el-Mahal J^l, el-Talanta AkÂfkJl , el-Ach-

« bliniat , el-Cheblé el-Caroudh el-

« Ladj , el-Djoudjé el-Kohla , el-Tanfalou

« ^AjU.k]l, el-Kela üXjiJI.

« Au sud-ouest de ce lac et sans solution de continuité, il en « existe un autre qui s’appelle le lac de Tandja et dont la

« longueur est de 4 milles sur 3 de largeur. Les eaux commu- « niquent de l’un à l’autre d’une manière singulière, et voici com- « ment : celles du lac de Tandja sont douces et celles du lac de « Bizerte salées. Le premier verse ses eaux dans le second durant « six mois de l’année, puis le contraire a lieu; le courant cesse « de se diriger dans le même sens et le second lac s’écoule dans (I le premier durant six mois, sans cependant que les eaux de « celui de Bizerte deviennent douces, ni celles du lac de Tandja « salées. Ceci est encore l’une des particularités de ce pays

' Mugicephalus. Voyez ci-dessus , I" climat, ii' section, page 82.

’ Voyez, sur ce qu’il y a de réel dans ce phénomène, le \'oy. de Shaw, tome I, page i8o de la traduction française.

Keuiilel 69 verso.

Feuillet 69 verso. « à Bizerte comme à Tunis, le poisson est peu cher et très- « abondant. »

TABARCA. J)e Bizerte à Tabarca on compte 70 milles. « Cette

« dernière est une place forte maritime, médiocrement peuplée « et dont les environs sont infestés d’Arabes misérables qui n’ont « point d’amis et qui ne protègent personne. Il y a un port re- « cherché par les navires espagnols et qu’ils prennent (pour point « de relâche) dans leurs traversées en ligne directe’. » A peu de distance sur le chemin qui conduit de Tabarca à Tunis , on trouve Badja ü — «jolie ville, bâtie dans une plaine extrêmement « fertile en blé et en orge, en sorte qu’il n’est pas dans le Magh- « reb de ville de l’importance de Badja* qui soit plus riche en « céréales. Le climat y est sain , les commodités de la vie abon- « dantes et les sources des revenus productives; les Arabes sont « maîtres de la campagne. Au milieu de la ville est une fon- « taine dont les eaux descendent en forme de cascade et ser- « vent aux besoins des habitants. Il n’existe pas de bois dans ses « environs, ce sont des plaines ensemencées. Entre Badja et « Tabarca on compte une journée et quelque chose de plus. Au « nord, vis-à-vis, et à une forte journée de Badja sur le bord « de la mer, est la ville dite Mers el-Djoun (le port du

Feuillet 70 recto. « golfe).

« Mers el-Djoun est une petite ville, entourée d’une forte « muraille et munie d’une cassaba; les environs sont peuplés « d’Arabes. Les habitants vivent des produits de la pêche du « corail. Cette pêche est très-abondante, et le corail qu’on trouve « ici est supérieur en qualité à tous les coraux connus, notam- « ment à celui qu’on pêche à Sebta üaa-*. (Ceuta) et en Sicile

' Nous avons préféré le sens le plus probable : voici au surplus le texte arabe de ce passage embarrassant ; I^aII

La Vacca de Salluste, Bell. Jug. La Baga de Plutarque , in Mario.

« aaImous. (Nous parlerons ci-après de Sebta, ville située sur le l'euillci « détroit de Gibraltar auprès de l’océan ténébreux.) Les mar- « chands viennent (à Tabarca) de divers pays pour y faire des « achats considérables de corail destiné pour l’exportation à « l’étranger.

« Le banc (littéralement, la mine) est exploité tous les ans.

« On y emploie en tout temps cinquante barques plus ou moins;

« chaque barque est montée d’environ vingt hommes. Le corail « est une plante qui végète comme les arbres et qui se pétrifie « ensuite au fond de la mer entre deux montagnes très-hautes.

« On le pêche au moyen d’instruments garnis de bourses nom- « breuses, lesijuelles sont faites de chanvre; on fait mouvoir ces « instruments *du haut des navires; les lils s’embarrassent dans « les branches de corail qu’ils rencontrent, alors les pêcheurs « retirent l’instrument et en extraient le corail qui s’y trouve en « grande abondance. On en vend pour des sommes d’argent « considérables, et c’est la principale ressource des habitants.

« On boit (à Tabarca) de l’eau de puits, et comme il y a peu « de champs ensemencés, les céréales y sont apportées par les « Arabes des campagnes environnantes ; les fruits viennent de « Bone et d’ailleurs. »

Entre Mers el-Kliaraz et Bone on compte une

journée faible, et par mer, 2 4 milles rousic

« Bone est une ville de médiocre étendue. Elle est com- « parable sous le rapport de la grandeur à Arbes . Elle est « située auprès de la mer b Elle avait autrefois de beaux bazars « et son commerce était florissant. On y trouve beaucoup de « bois d’excellente qualité, quelques jardins, quelques arbres,

« et diverses espèces de fruits destinés à la consommation locale,

‘ Nos deux manuscrits nous mettent à portée d’éclaircir ce passage , qui paraît avoir embarrassé M. Hartmann. Le texte porte et non pas^^^

O roclo.

« mais la majeure partie des fruits provient des campagnes envi- « ronnantes. Le blé y est abondant 7 ainsi que l’orge, quand les « récoltes sont favorables, ainsi que nous l’avons dit. Il s’y trouve « des mines de très-bon fer, et le pays produit du lin, du miel,

« du beurre; les troupeaux consistent principalement en bœufs. « Cette ville a diverses dépendances et un territoire considérable « où les Arabes dominent.

« Bone fut conquise par un des lieutenants du grand roi « Roger, en 548 (1 i53); elle est actuellement pauvre, lùédio- « crement peuplée , et administrée par un agent du grand Roger, « issu de la famille de Hamad. » Cette ville est dominée ^ par le djebel ïadoug , montagne dont les cimes sont très-éle-

vées, et où se trouvent les mines de fer dont nous venons de parler. De Bone à Arbes , on compte 2 journées, et d’Arbes à Caïrowan , 3 ; de même de Badja à la mer, 2 petites journées.

« Arbes ou Arbous ou est située dans un bas-

« fond et ceinte de bonnes murailles en terre. Au milieu de la « ville sont deux sources d’eau courante qui ne tarissent jamais « et qui servent aux besoins des habitants. L’une de ces sources « s’appelle la source de Rebah j , et l’autre la source de « Ziad iL»j l’eau de cette dernière, la meilleure des deux, « est parfaitement saine. Le territoire d’Arbes contient des « mines de fer, mais on n’y voit absolument aucun arbre. On y « recueille de l’orge et du blé en abondance; à 12 milles de là « et à l’ouest d’Arbes ■ est située la ville d’Abah xji , dont le tern ritoire produit du safran qui, sous le rapport de la quantité « (que le terrain produit) comme sous celui de la qualité, est « comparable au safran d’Espagne. Les territoires de ces deux

‘ La version latine porte : ex parte ipsius septentrionali , ce qui ne se lit pas dans le texte arabe ; c’est évidemment une erreur.

■ Le ms. A. porte Ames.

« villes n’en font qu’un et se confondent. Au centre d’Abah est Feuillet 70 « une source d’eau douce très-abondante qui sert aux besoins « des habitants. La ville était autrefois entourée de murs cons- « truits en terre, et le prix des objets de consommation y était « peu élevé ; actuellement tout est à peu près en ruines. D’Arbes « à Tamadit c>^4X..<)b, on compte 2 journées. Cette dernière ville « est entourée de murs de terre ; on y boit de l’^au de source ;

« on y recueille beaucoup d’orge et beaucoup de blé. Dans l’in- « tervalle compris entre Arbes et Tamadit est un bourg nommé « Merdjana dont les habitants sont en rixes continuelles

« avec les Arabes, et récoltent du blé et de l’orge en quantité « plus que suffisante pour leurs besoins.

« D’Arbes à Caïrowan 3 journées;

« D’Arbes à Tunis 2 journées;

« De Tandjis à Constantlne 2 journées;

« D’Arbes à Bedjaïa -SîW?, 12 journées;

« De Zemadjna à Medjana 2 faibles journées, ou

« plutôt une très-forte.

« Medjana est une petite ville dans le territoire de laquelle « autrefois on cultivait beaucoup de safran. Il y a une rivière « dont les eaux sont excellentes et proviennent d’une montagne « voisine où l’on cultive des céréales. Cette montagne est très- ' « haute et l’on en extrait des pierres de moulin d’une qualité •'juillet 70 « tellement parfaite, que leur durée égale quelquefois celle de « la vie d’un homme sans qu’il soit besoin de les repiquer, ni « de les travailler en aucune manière, à cause de la dureté du « grain et de la cohésion des molécules qui les composent. Les « Arabes dominent à Medjana et y emmagasinent leurs provi- « sions. De Medjana à Constantine, on compte 3 journées; du « même point à Bedjaïa el-Nassrié -SiU??, 6 journées »

* La version latine indique , page 88 , la distance d’une journée entre Bedjaïa et la mer; cette indication manque dans nos deux manuscrits.

recto.

verso.

Feuilicl 70 verso

Feuillet 71 recto.

et entre Tunis et el-Hamamat une forte journée. Cet

espace est égal à la largeur d’une île dite l’île de Bachek

È « laquelle est une terre de bénédiction, couverte d’habi- « tâtions, produisant des olives, des grains et toutes choses en « abondance. H y a peu d’eau courante sur la surface de la terre, « mais des puits en quantité suffisante; en somme le territoire « de cette île est très-fertile. Elle formait un district dont la ca- « pitale était Bachek, ville dont il ne subsiste plus que les ruines « et un fort encore habité. De cette île dépend un autre fort « situé sur les bords de la mer et nommé Nabel Job (Napoli). « Du temps des Chrétiens (ou des Romains) il y avait auprès de « ce dernier fort une ville, mais elle est actuellement ruinée. « Le fort de Nabel est peu considérable, mais habité. 11 en est « de même du fort de Tousiban dans le voisinage duquel

« on voit encore les vestiges d’une ville qui était florissante à « l’époque de la domination chrétienne. » Entre Tunis et Caïrowan est la montagne dite de Zaghwan qui est très-

haute, et qui, par ce motif, est prise par les vaisseaux en pleine mer pour point de reconnaissance. « Les flancs de cette mon- « tagne sont fertiles, ensemencés et peuplés en certains endroits « de Musulmans non mêlés (avec d’autres races). Il en est de

Ox X

« même de la montagne d’Esalalt dont la longueur est de

« 2 journées de marche, qui est distante de Tunis de 2 journées,

K et de Caïrowan de i5 milles. On y trouve de l’eau courante,

« un grand nombre d’habitations et divers forts, tels que Djouzat « Saf el-Caïtana , dar el-Daouaïb jî*.

« Toute cette contrée est peuplée de tribus berbères qui y élè- « vent des troupeaux de bœufs, de moutons, des chevaux et des « mulets. Quant aux Arabes , ils dominent dans les plaines.

« Il nous reste à Indiquer les routes fréquentées dans ce pays :

Ou Basée. — ’ Ou Uselelt, d’après la carte jointe au Voy. de Shaw.

« On peut se rendre de Caïrowan à Tihant ou Tahart de t’euiHef 7

« Caïrowan à el-Djahinataïn en une journée; à Sabiba

« iiAA.v*', en une journée. Sabiba est une ville ancienne, bien «arrosée, environnée de jardins, pourvue d’un bazar solide- « ment construit en pierres, et dont dépend un faubourg où sont « des caravansérails et où se tiennent des marchés. Les eaux « qu’on y boit sont des eaux de source ; elles servent à l’irrigation « des jardins et à celle des champs où l’on cultive du blé , du « cumin, du carvi et des légumes.

« De là à Merdjana bourg appartenant aux Hawara,

« une journée;

« De Merdjana à Medjana xilsi, ville dont nous avons déjà « parlé, 2 journées;

« De Medjana à Meskana bourg ancien, plus grand que

« Medjana, dont le territoire arrosé d’eau de source est bien cul- « tivé, et dont le bazar s’étend en longueur sur une seule ligne,

« une journée.

« De là on se rend à Baghaï , ville florissante que nous « avons déjà décrite dans la présente section. L’itinéraire de Ti- « madl à Baghaï et à Almasila «Lum est tel que nous

« l’avons indiqué; mais il existe une route de Caïrowan à Alma- « sila autre que celle dont nous avons parlé; la voici :

« De Caïrowan à Djeloula petit bourg entouré de murs,

« eau courante , beaucoup de beaux jardins et de palmiers , une « journée.

« De là à Ahdi <^0^1 , joli bourg, eau de puits, champs ense- « mencés d’orge et de blé, une journée.

« De là à Tamhana auprès d’une grande plaine où l’on

« cultive l’orge et le blé en abondance, une journée.

« De là à el-Arbadh une journée.

1 recto.

La distance manque.

Feuillet 71 recto.

« D’el-Arbadh à Tifach ville ancienne, entourée de

« vieux murs construits en pierres et en chaux, jardins, vergers, « grande culture d’orge, une journée.

« De Tifach à Cassr el-Afriki hourg non entouré

« de murs , dont les environs produisent du hlé et de l’orge ,

Feuillet 71 verso.

« une journée.

«De là au hourg de Azkou , eaux de source, jardins,

« champs ensemencés d’orge et de hlé, et très-fertiles, une « journée.

« De là au hourg de Berdamn qui fut autrefois consi-

« dérahle, culture d’orge et de hlé, une journée.

« De là à el-Bahrouned bourg situé dans un has-

« fond où sont des puits d’eau douce. Il y avait autrefois un « marché. Le pays est en majeure partie peuplé de Berbers « Ketama et Mazata. Une journée.

« De là au hourg de Masit o^U, arbres et habitations, une « journée.

« De là à Dekha, où est un marché fréquenté par les

« Ketama, une journée.

« De là à Ousmasa village herber, eaux courantes,

« hlé et orge, une journée.

« De là à Almasila un peu moins d’une journée.

« D’Almasila à Wardjelan on compte 12 journées.

« Cette dernière ville est fréquentée par de nombreuses tribus « et habitée par des négociants fort riches qui font le commerce « du Soudan, du Ghana et du A\'angara d’où ils tirent de l’or « qui est ensuite frappé à Wardjelan et au coin de cette ville.

« Ils sont en général de la secte dite Wahabia , c’est-à-dire

« qu’ils sont schismatiques et dissidents.

« De \^ ardjelan à Ghana, on compte 3o journées.

« De Wardjelan à Kaougha, environ un mois et demi de « marche.

« De Wardjelan à Kaougha i3 journées. Feuiiici 71 verso.

« Prévenons maintenant à Cabes ville d’Afrique, située

K sur les bords de la mer et dont nous avons déjà fait mention.

« De Cabes àFouwara , ancien bourg actuellement ruiné,

« 3o milles;

« De Fouwara à Abar-Khabet 3o milles;

« De là à Sabra ik milles;

« Du fort de Sabra à Tripoli une journée.

« Tout le pays que nous venons de décrire est désert par « suite des dévastations qu’y ont commises les Arabes; il ne sub- « siste plus de traces des anciennes habitations; les fruits, les « biens de la terre, la population, tout a disparu; le pays est « abandonné à des tribus d’Arabes dites Merdas et Rebah

« La seconde route de Cabes à Tripoli passe par W adi-Hanes « Bjr Zenata Tamedfit Bar el-Abbas

« jL, Masa L-U,. Bir es-Safa ljuaj!j.Aj. »

Quant à Tripoli c’est une ville forte, entourée d’une n-.n-oLi.

bonne muraille, située sur le bord de la mer; ses édillces sont d’une blancheur remarquable et la ville est coupée de belles rues; « il s’y tient des marchés; les objets du commerce et les « produits de l’industrie sont exportés au loin. Avant l’époque « actuelle, tous ses quartiers étaient bien peuplés et ses environs « couverts d’oliviers, de figuiers, de dattiers et de toute sorte « d’arbres à fruits; mais diverses tribus s’étant répandues dans la « campagne et ayant cerné la ville, la population réduite à la mi- « sère fut obligée de l’abandonner, après avoir vu ses plantations « détruites par les Arabes et les sources des eaux épuisées par « eux. »

En 54o de l’hégire (1 i43 de Jésus-Christ), le grand roi Roger prit cette ville et réduisit en esclavage les habitants; « il en est « actuellement possesseur et elle fait partie de ses états. Le

Feuillet 71 verso, .(territoire de Tripoli est fertile en céréales de qualité supé- « rieure, comme tout le monde sait. »

De Tripoli, en se dirigeant vers l’est jusqu’à la ville de Sort ou Sert on compte 280 milles ou- 1 1 journées, savoir :

De Tripoli à el-Medjeteni 20 milles;

D’el-Medjeteni à Wardasa 22 milles;

De Wardasa à Raglioura 26 milles;

De Raghoura à Tawarglia 26 milles;

De Tawargba à el-Monessef ouaAit , 26 milles;

D’el-Monessef à Cossour Hasan ben el-No’man el-Gbasani, 0 , 4o mdles ;

De ce dernier lieti à el~Assnam 3o milles;

D’el-Assnam à Sort 4o milles.

« La route qu’on suit pendant ce trajet s’éloigne ou se rap- « proche plus ou moins de la mer, et les terres que l’on par- « court sont occupées par les Oudabab tribus arabes.

« Sort est une ville ceinte d’un mur de terre, et située à 2 « milles de la mer. Elle est entourée de sables. On y voit des « restes de plantations de dattiers, point d’oliviers, mais beau- Feuiiiet 72 recto. « coup de mûriers et de figuiers. Ces arbres y seraient encore « en plus grand nombre sans les dévastations continuelles des « Arabes. A Sort, l’berbe est plus rare qu’à Audjela et les

« dattiers en nombre moins grand qu’à Wadan Autrefois

« les dattiers y suffisaient à la consommation de la population; il (. y avait aussi des jujubiers, mais actuellement il ne s’en ren- « contre plus que dans le lit des torrents ou sur les sommets « des collines; les fruits ont entièrement disparu. L’eau des « puits est rare et l’on ne fait usage que de celle qu’on garde « dans les citernes. La majeure partie des habitants de la ville « de Sort est berbère.

«'De Tripoli au mont Meferda 3 journées;

« De Tripoli au mont Nofousa 6 journées; »

Du monlNofousa à Sfaks, g journées. Feuillei 'j-i recto.

« De Nofousa à Castilia 6 journées.

« Les habitants du mont Nofousa sont des Musulmans schis- « matlques de la secte de ben-Menbah el-\emani « dont nous avons déjà parlé à l’occasion de l’île de Djerbé

« De Nofousa à la montagne de Demar 3 journées

« par un pays sablonneux; cette montagne est peuplée de ber- « bers Rabana qui y élèvent des chameaux; ils montent

Il ordinairement les blancs, qu’ils préfèrent comme plus légers et Il résistant mieux (que les autres) à la fatigue. Ils s’en servent pour Il aller au loin surprendre les tribus arabes qu’ils peuvent ren- II contrer dans les déserts, s’emparer de leurs chameaux, et re- II tourner dans leurs montagnes avec le butin qu’ils ont fait; ils Il n’ont pas d’autre industrie; il n’est aucune des tribus arabes Il habitant dans leur voisinage qui n’ait à se plaindre d’eux, et Il rien n’est plus difficile que de les atteindre, soit parce que leurs " courses sont très-rapides, soit parce qu’ils connaissent parfaite- « ment le pays el qu’ds y trouvent des lieux de refuge assurés. Le Il mont Demar s’étend du côté du midi jusqu’au Wadan Il Après avoir ainsi décrit les pays dépendants de Tripo'i , nous Il allons indi(j[uer le^caps, promontoires, châteaux et lieux situés Il sur la cote qui font ])artle de la présente section, et ce d’après Il les renseignements que nous avons obtenus. Que Dieu nous Il assiste dans ce travail!

Il De la ville de Bone à el-Tarf ôj-lall, 6 milles.

Il De cette même ville au golfe d’Azcac , 4o milles.

Il Azcac est un golfe à l’extrémité duquel se trouve le port Il d’el-Kbaraz dont un des caps s’avance dans la mer. «

D’el-Kliaraz à Tabarca a 4 milles; et de là auprès du golfe,

i5 milles en ligne droite, et 2 4 milles en suivant les contours.

On remarque dans ces- parages une dune de sable distante de 6 milles de la mer et connue sou le nom d’el-Mencbar

Feuillet 7

Feuillet 7

2 recto. D’el-Menchar a\i fort d’Abi-Khalifa jl, lo milles.

De là, en traversant directement le golfe, 20 milles, et en suivant les contours, 28 milles, et au cap d’el-Tarf , 12 milles.

D’Abi-Khalifa à Benzert (Bizerte) , dont il a déjà été question, 8 milles.

De Bizerte à beni-Wedjass <^,12 milles.

De là au cap dit Ras el-Djebel en côtoyant une baie

sur les rives de laquelle on remarque divers châteaux, 1 3 milles.

Du cap de Beni-Wedjass à Mers el-Wad 3 milles.

« Mers el-Wad est xm port où une petite rivière vient se jeter (I dans la mer. »

De Cassr Mers el-Wad à Cassr Tersa Daoud 3 milles.

De Cassr Tersa Daoud à Cassr Sounïn 5 milles.

De Cassr Sounïn au cap dit Ras el-Djebel cf-b» ^ milles.

Ce lieu est également nommé el-Kenisa (l’église). « C’est

« à el-Kenisa que commence le golfe au fond duquel se trouvent « le lac et la ville de Tunis. «

Du pied de la montagne, en suivant les contours du golfe, jusqu’à l’embouchure de la rivière dite el-Badjasda on compte

2 verso. ^ milles.

De ladite embouchure à Cassr Halla (ou Djalla), 4

milles.

De Cassr Halla à Cassr Djerdan 2 milles.

De Cassr Djerdan à Carthage 2 milles.

« La ville de Carthage , dont nous avons déjà parlé , n’est plus « qu’un lieu couvert de ruines. »

De Carthage à Halk el-Wad (la Goulette), 3 milles.

« La Goulette est située au fond du golfe de Tunis. »

De la Goulette à Cassr Djeham 12 milles.

A Cassr Kerbas ib milles; et à Afran (Porto-

Farina) où est un cap qui s’avance dans la mer, i 4 milles. Le contour de tout le golfe est de 74 milles; mais, en allant directement de Ras el-Djebel à Afran, la distance n’est que de 28 milles.

Du fond du golfe , où est laGoulette, au cap d’ Afran, 28 milles en ligne directe, 56 en suivant les contours.

D’ Afran à Cassr el-Nakhla 6 milles.

De Cassr el-Nakhla à Benzert (Bizerte) 12 milles-

De Bizerte à Bone , 3o milles.

De la Goulette de Tunis à Bone \ 70 milles.

Vis-à-vis de Bone se trouvent deux montagnes distantes l’une de l’autre de 7 milles. L’une se nomme Djamour el-Kebir et l’autre Djamour el-Sogbaïr .

De Djamour el-Kebir à Bone , 1 2 milles.

De Bone au cap dit Ras el-Rakhima , par la route

directe, 1 mille (Rakbima est au fond d’un golfe dont les eaux sont peu profondes); par les contours, 6 milles.

Du cap d’el-Rakbima à Tarf el-Bagbla Tarf el-

Baghla est au pied de la montagne dite-Adar (le cap Bon), située du côté d’Aklibia (Gallipoli d’Afrique), à l’est.

De Ras el-Rakbima à Djamour el-Sogbaïr, 6 milles.

'< Les deux Djamour sont des montagnes auprès desquelles on « va mouiller en cas de vent contraire. »

On compte d’Aklibia à Bone, 3o milles;

D’Aklibia à el-Monastir un jour de navigation;

D’Aklibia à Cassr Beni-Marzouk 7 milles;

De Cassr Beni-Marzouk à Cassr Lebna 8 milles;

De Cassr Lebna à Cassr Saad 4 milles;

De Cassr Saad à Cassr Caria ys^, 8 milles;

‘ La version latine porte ici ad Nubam au lieu de ad Bonam, et ailleurs Nuba au lieu de Bona, mais c’est évidemment par erreur.

’ La distance manque.

Feuillet 72 verso.

du ms. R.

De Cassr Saad à Tousihan (j*!; , lo milles.

Tousihan est un cap qui s’avance à la distance d’un mille et demi dans la mer, et qui a la forme d’une dent molaire; il est distant du fond du golfe de 4 milles.

De Tousihan à Nabel (Napoli d’Afrique) 8 milles.

« Nabel était, sous les Chrétiens , une ville grande et bien « peuplée; mais l’île de Bacbek étant tombée au pouvoir

« des Musulmans dès les premiers temps de l’bégire, Nabel « perdit sa splendeur et son état florissant, à tel point qu’il n’en « reste que le château et quelques ruines. Ces vestiges, qui em- « brassent une grande .étendue de terrain, prouvent que Nabel « dut être considérable autrefois. »

De Cassr Nabel à Cassr el-Kbaïat fort situé à près

de 2 milles de la mer, 8 milles;

De Cassr el-Kbaïat à Cassr el-Nakhil jj^à, 6 milles;

De Cassr el-Nakhil à el-Hamamat 7 milles.

« En revenant de Hamamat à Tunis, la route est d’une jour- « née, distance égale à l’étendue en largeur de l’île de Bacbek,

« dont il a déjà été question. Cette partie de la côte porte le « nom de Hamamat, ainsi qu’un château bâti sur un terrain qui « s’avance en mer à près d’un mille. »

De Hamamat à Almenar jUAi , 5 milles.

Almenar est un château assez éloigné de la côte.

D’ Almenar à Cassr el-Marssad jmü, et à Cassr el-Mora-

betïn 6 milles. Ce château se trouve au fond du

golfe dit Djoun el-Medfoun k

De Cassr el-Morabetïn au cap de Djoun el-Medfoun, 6 milles;

De ce cap à Hercalia Axliyût , 8 milles ;

D’Hercalia à Sousa 18 milles.

« Sousa ou Sous est une ville bien peuplée ; il s’y fait beau-

‘ Il existe ici dans le ms. A. une lacune considérable que nous avons remplie au moyen du ms. B. (Feuillets ii3 verso et suiv.)

« coup de commerce. Les voyageurs y affluent de toutes parts; Feuillet ii3 verso « on en exporte divers objets fabriqués ou autres que l’on ne "

« peut se procurer que là, et notamment certains turbans aux- « quels on a donné le nom de turbans de Sousa. Il s’y tient des « marcbés; la ville est environnée d’une forte muraille en pierres « de taille; on n’y boit que de l’eau de citerne. »

De Sousa à Secanes 8 milles;

De Secanes à Cassr Beni-Djebad 4 milles;

De Cassr Beni-Djebad aux châteaux de Monastir J. , ,

2 milles;

Du fort d’Alclibia à Monastir, en ligne droite, loo milles (une journée de nagivatlon), ou 120 milles en suivant les contours;

De ^ à Monastir, 9 milles;

De cette île à Cassr Lamta xki 10 milles;

A el-Dlmas 12 milles;

A Mabdia 20 milles;-

De Monastir à Mabdia, 3o milles;

De Monastir à Cassr Lamta, 7 milles;

De Cassr Lamta à el-Dimas, 8 milles;

D’eLDimas à Mabdia, 8 milles.

« La ville de Mabdia, dont on a déjà donné la description,

« est environnée par les eaux de la mer ; elle est située à l’entrée « d’un golfe qui court dans la direction du sud. »

De Mabdia à Cassr Selcata idiiLu 6 milles;

De Cassr Selcata à Cassr el-A’lia üJljdi 6 milles;

De Cassr el-A’lia à Cassr Caboudia jmü, i3 milles.

« Caboudia est un château situé sur le bord de la mer, qui « est ici très-poissonneuse. »

De Caboudia à Cassr Melian 8 milles;

' Ce nom de lieu manque, mais tout porte à croire qu’il s’agit de l’île dite Kuriat, située en effet à peu de distance de la côte, et dont il est fait mention dans la version latine, page 90.

A Cassr el-Rihan j-dS, 4 milles;

A Cassr Canata 4 milles.

« On fabrique à Canata , avec de l’argile de couleur rouge , « beaucoup de poterie que l’on transporte à Mahdia. »

De Canata à Cassr el-Lauza 4 milles.

De Cassr el-Lauza à Cassr ez-Ziad 6 milles.

De Cassr ez-Ziad à Cassr Medjounès 8 milles.

De Cassr Medjounès à Cassr Camnas yai, 8 milles.

De Cassr Camnas à Cassr Nezel Jÿ 2 milles.

De Cassr ez-Ziad jusqu’aux limites du territoire de Cassr Nezel,

] 8 milles.

De là à Cassr Habla b 2 milles, en suivant la côte.

De Cassr Habla à Sfaks 5 milles.

En somme, de Caboudia à Sfaks, on compte 4o milles en suivant les contours du golfe, ou 3o milles en ligne directe.

Vis-à-vis de Cassr ez-Ziad en mer, vers l’orient, est l’île de Kerkené située entre Cassr ez-Ziad et Sfaks. On compte de

Caboudia à Kerkené 20 milles, et de Kerkené à Sfaks environ 1 5 milles.

« Kerkené est une île jolie et bien peuplée, quoiqu’il ne s’y n trouve aucune ville; les habitants demeurent sous des cabanes « de roseaux. L’île est bien fortifiée ; elle produit beaucoup de « raisin, des jujubes, du cumin, et de l’anis. Le roi Roger s’en « empara l’an 548 de l’hégire (1 i53).

a On voit, près d’un château qui se trouve dans l’île, des grot- •' tes ou cavernes qui servent, aux habitants, de refuge contre les « invasions auxquelles ils peuvent être exposés. On donne à ces <' grottes le nom de Kerbedi

« De Kerbedi à Beit Cosseïr 20 milles.

a L’île a 1 6 milles de long sur 6 milles de large. »

‘ t'oyez, pour les varianles résultant de la présence ou de l’absence des points diacritiques, la version latine, page 90 et suiv.

De cette ville à Tarf el-Pianila 4 milles.

De là, revenant au midi vers le point où commence le golfe, à Cassr Madjous 4 milles.

De là à Cassr Nabka «wLo lo milles.

De Cassr Nabka à Cassr Tenida 8 milles.

De Cassr Tenida à Cossour el-Roum 4 milles.

De Cossour el-Roum à la ville de Cabes , précédemment décrite, y 5 milles.

De Cabes j en suivant la côte, jusqu’à Cassr ebn-A’ïchoun yaJi yj, 8 milles, et à Cassr Zadjouna ^y=rj b milles.

De Cassr Zadjouna à Cassr Beni-Mamoun yaH, 20

milles.

De Cassr Beni-Mamoun à Amroud , 1 1 milles.

D’Amroud à Cassr el-Djarf ya:» , 1 8 milles.

Ainsi, de Ras el-Ramla ^«1^, à Cassr el-Djarf, par le désert, on compte 5o milles, et en faisant des détours, i5o milles.

De Cassr el-Djarf à l’île de Djerbé î^yr üyy?-, 4 milles.

« Cette île est peuplée de Berbers, généralement bruns de « couleur, enclins au mal, et qui ne parlent aucune autre lan- « gue que le berber. Ils sont toujours disposés à se révolter, ne « voulant recevoir de loi de personne. Le roi Roger, vers la fin « de r an 629 de l’bégire (en 1 i34), équipa une flotte qui s’em- « para de cette île. Les habitants se soumirent d’abord et restè- « rent tranquilles jusqu’en l’an 548 (1 i53), époque à laquelle « ils secouèrent le joug. Pioger, pour les punir, y envoya une « nouvelle flotte. L’île fut de nouveau conquise, et ses habitants « furent réduits en esclavage et transportés à la ville b

« La longueur de l’île de Djerbé est, de l’est à l’ouest, de 60 « milles, et sa largeur, à partir du cap oriental, est de i5 milles. « De ce cap à la terre ferme, on compte 20 milles. La partie la

Feuillet 1 14. recto du ms. B.

Prob.iblenienl à Mahdia

Feuiliet 1 1 4 recto du ms. li.

« plus étroite de l’île est vers le cap dit Ras Kerïn et

« la plus large vers le cap dit Ras el-Tidjan

« Du côté de l’est, cette île touche à celle de Zirou »j,

« qui est fertile en dattes et en raisins. On compte environ « un mille de distance entre la terre ferme et Tîle de Zirou. Elle

Feuillet 1 1 4 verso du ms, B.

« est située vis-à-vis Gassr Beni-Khattab Les habi-

« tants de cette île sont des musulmans schismatiques de la secte '< dite Wahabia ; ceux des forts et châteaux voisins de ces

« deux îles appartiennent à la même secte. Ils pensent que leurs « vêtements seraient souillés par le contact de ceux d’un étran- « ger; ils ne lui prennent pas la main, ne mangent pas avec lui; « ils le font manger séparément dans de la vaisselle réservée à cet « usage; les hommes et les femmes se purifient tous les matins; « ils font usage d’eau ou de sable pour leurs ablutions. Si un « voyageur étranger s’avise de tirer efe l’eau de leurs puits pour « boire, et qu’ils s’en aperçoivent, ils le maltraitent, le chassent « du pays et mettent le puits à sec. Les vêtements des hommes « impurs ne doivent pas être mis en contact avec ceux des hom- « mes qui sont purs, et vice versa; ils sont néanmoins hospitaliers; « ils invitent les étrangers à des repas et les traitent bien. Ils res- « pectent les propriétés des personnes qui viennent se fixer chez « eux et sont justes à leur égard.

« De la partie de l’île de Djerbé, nommée el-Tidjan ,

« à Cosseïr el-Beït on compte 90 milles.

« D’el-Tidjan au pont de Kerkené 62 milles. »

Revenons maintenant à Tarf el-Djarf dont nous

avons déjà parlé. De ce point, en suivant le rivage de la mer, au cap dit Ras el-A\vdia on compte 2 4 milles.

De Ras el-Avvdia aux forts ou châteaux dits el-Zarat \

20 milles.

‘ Ici se termine le passage omis dans le ms. A.

B Ces cliâteaux, au nombre de trois, sont situés vis-à-vis de Feuillet 73 recto. « l’île de Djerbé, et n’en sont sépares que. par un bras de mer de «20 milles de large.»- '

De ces trois cliâteaux à Cassr Beni-Dakermïn (ou Dakoumin ^ ^ , 25 milles.

De Cassr Beni-Dakermin à Cassr el-IIara 6 milles.

De Cassr el-Hara à Cassr Djerdjis j-waS, 6 milles.

De Cassr Djerdjis à Cassr Beni-Khattab 26

milles.

Cassr Beni-Khattab est situé sur les confins, à l’ouest, d’un lac d’eau saumâtre nommé Sabâkh el-Kelâb et situé

en face de file de Zirou « dont la longueur est de 4o milles « sur un demi-mille de largeur. Une partie de cette île, cou- « verte d’habitations, produit du raisin et des dattes; l’autre est « couverte d’eau à la profondeur d’une stature d’homme. »

De Cassr Beni-Khattab à Cassr el-Chammakh JI , 2 5

Ces deux lieux sont séparés par une baie dite Djoun Solb el- Himar ^14*' ‘r'-Ca

De Cassr el-Chammakh à Cassr es-Saleli jj>aï , i o milles.

Cassr es-Saleh est bâti sur un cap nommé Ras el-Makbbez >s^l , qui court de l’est à l’ouest sur une étendue de 5 milles.

De Cassr Ras el-Makhbez à Cassr Koutïn 20 milles.

De Cassr Koutïn à Cassr Beni-Ouloid 20 milles.

De Cassr Benl-Ouloul au port dit Mersa Merkia La.5]^

20 milles.

De Mersa ou Cossour Merkia à Cassr A’fsalat jj^ , 2 o

milles.

De Cassr A’fsalat à Cassr Serba 4 milles

De Cassr Serba à Cassr Slnan yU*- , 2 milles.

De Cassr Sinan à Cassr Bendari 3 milles.

De Cassr Bendari à Cas.sr Gharghara 10 milles.

euiHet 73 recto. De Cassr Gharghara à Cassr Ssaïad yai , 6 milles.

De Cassr Ssaïad à la ville de Tripoli dont la descrip

tion complète vient d’être donnée , 2 o milles.

De Tripoli au cap dit Caliousa 2 4 milles.

De Cassr Caliousa à Cassr el-Kitab oU^Î yjü , 8 milles.

De Cassr el-Kitab à Cassr Beni-Ghasan > j ^ 12

milles, et à l’embouchure de la rivière dite Wad-Lades :>b,

De Wad-Lades au cap el-Cha’ara jj*,!;, 1 4 milles.

De ce dernier cap à celui de Caliousa on compte 4o

milles en ligne droite et 62 milles en ligne oblique.

De Cassr el-Cha’ara au cap Chirikes 4 milles, et

au cap el-Mesen s’avance dans la mer, 4 milles.

D’el-AIesen à Lebda soyJ (Leptis magna), 4 milles.

« La ville de Lebda est située à peu de distance de la mer. r Elle était autrefois très-florissante et très-peuplée; mais les « Arabes étant venus camper sur son territoire , s’emparèrent des « troupeaux et inquiétèrent les habitants à tel point que ceux-ci •« furent contraints d’abandonner la ville. Il n’en reste plus que « deux châteaux assez considérables où des Berbers de la tribu « de Hawara ïj\ysb ont établi leur domicile.. Indépendamment de « ces châteaux, on voit encore, à Lebda, un fort situé sur le « bord de la mer et occupé par des artisans ; il s’y tient un mar- « ché qui est assez fréquenté. Le -territoire de Lebda produit des « dattes et des olives dont on retire, dans la saison convenable, « d’assez abondantes récoltes d’huile. »

De Lebda à Cassr Beni-Hasan 1 7 milles.

De Cassr Beni-Hasan à Mersa Makrou mouillage

où les navires sont à l’abri de tous les vents, 1 mille.

Du port de Makrou ^ à Cassr Hachem et à Cassr Sa-

mia jj’Oj, 12 milles.

‘ La \-ersIon laline porte Nakebdou.

De Cassr Samia à Soueïca ebn-Metskoud \-i Feuillet 7

De Soueïca ebn-Metskoud à Kenan yUs, 20 milles.

De Tripoli à Kenan, on compte par le désert 180 milles, et par les détours, 2 10 milles.

« Soueïca ebn-Metskoud, dont il est parlé ci-dessus, tire son « nom de celui d’une tribu d’Arabes dite Beni-Metskoud. Le pays « est peuplé de Berbers de la tribu des Hawara qui sont

« entièrement sous la dépendance des Arabes. Il y a un marché « très-renommé et un grand nombre de forts ou châteaux. Les « habitants cultivent de l’orge au moyen d’irrigations, et les Ara- « bes viennent se pourvoir chez eux des choses nécessaires à leur « subsistance. »

Ici finit la seconde section du troisième climat, contenant, sur celles d’entre les côtes de la mer Méditerranée qui y sont comprises, tous les renseignements qu’il nous a été possible de nous procurer.

3 rt'Clo.

TROISIÈIME CLIMAT.

Désert de Barca. — Adjedabia. — Audjela. — Zawila.

La contrée comprise dans cette section se compose, en ma- FeuiHet 73 verso, jcure partie, de déserts « fréquentés par des Arabes méchants, « vicieux, et jaloux de leurs voisins. » Là sont Zawila ebn-Khattab Mestih Zala iCIj, Audjela et

Barca Sur les rivages de la mer, on remarque divers châteaux dont nous donnerons la description. Les plus célèbres d’entre ces contrées sont celles de Sirt^ (ou Sort) et d’Adje- « dabia mais, de nos jours, elles sont devenues misé-

« râbles et dépeuplées à tel point qu’il n’en subsiste (pour ainsi « dire) que les noms. Cependant il y aborde des navires chargés « d’objets de consommation et le pays n’est pas entièrement « improductif. Nous en décrirons les villes, les territoires, les « châteaux, les fleuves, tels qu’ils sont actuellement. Tout secours " et toute force viennent du Très-haut. >>

Barca est une ville de grandeur moyenne, dont l’en- , ceinte est peu habitée et les marchés peu fréquentés; autre- « fois il n’en était pas de même. C’était la première station pour • les voyageurs qui se rendaient de l’Egypte à Caïrowan. De « Barca dépendent divers villages arabes situés dans une plaine « d’une journée d’étendue, environnée de montagnes, et dont « le sol est naturellement de couleur rouge. Les vêtements des « habitants sont de cette même couleur, en sorte qu’on les « reconnaît à ce signe dans les pays environnants. Le concours ‘ Nous écrivons ce mol d’après la prononciation actuelle des habitants de Tripoli.

« des voyageurs (àBarca) est considérable à certaines époques, « parce que cette ville n’est voisine d’aucune qui puisse lui être « comparée en fait de ressources, et que d’ailleurs elle est si- « tuée sur une côte stérile. Le pays produisait autrefois du coton « d’une qualité particulière et différente de toute autre. Il y avait « et il y existe encore des tanneries où l’on prépare des cuirs de « bœuf et des peaux de tigre provenant d’Audjela. Les vaisseaux « et. les passagers qui viennent d’Alexandrie ou de

« l’Egypte à Barca, y apportent de la laine, du miel et de l’huile » et en exportent une espèce de terre utile en médecine, connue sous le nom de terre de Barca, et qui, mélangée avec de l’huile, est employée avec succès contre la gale, la teigne, et comme vermifuge. Cette terre est une sorte de poussière, qui, jetée sur le feu, exhale une odeur de soufre et une fumée puante; elle est d’une saveur également très-désagréable.

De Barca à Audjela on compte, par le désert, lo journées de caravane.

De Barca à Adjedabia 6 journées ou 162 milles.

De Barca à Alexandrie, 21 journées ou 55o milles *.

* Le pays compris dans cet intervalle se nomme pays de Barkiii « (j^ï (ou plutôt de Barnik ^).

« Adjedabia est une ville située dans un lieu couvert

« de cailloux roulés. Elle était autrefois entourée de murs, mais « il n’en subsiste plus’que deux forts dans le désert. La distance « qui sépare Adjedabia de la mer est de 4 milles. Il n’y a dans « ses environs aucune espèce de végétation. La population se com- « pose de juifs et de musulmans dont la profession est celle de « marchands forains. Un grand nombre d’Arabes et de Berbers « errent dans ces solitudes. 11 n’existe aucun cours d’eau, soit dans « le pays de Barca, soit dans celui d’Adjedabia; on n’y boit que « de 1 eau de citerne et on se sert d’eau de puits pour arroser ' Dans le ras. A. celte distance raanque. — ’ Bérénice.^

J-emilet 7i recio. „ le peu de blé, d’orge et de menus grains qu’on y cultive.

« La distance d’Adjedabia à Zala ütlly est de 5 journées.

« Audjela est une ville petite, mais bien peuplée, et

« dont les nombreux habitants se livrent à un négoce tel que le « comportent leurs besoins et ceux des Arabes (leurs voisins). « Cette ville est située dans un pays désert; le sol qui l’envi- « ronne produit des dattes et des légumes pour la consommation « des habitants. C’est par Audjela qu’on pénètre dans la majeure « partie du pays des noirs, comme par exemple dans le Kowar et le Koukou . (Bâtie ) sur un fonds de roche très- « dure \ elle est très-fréquentée par les allants et par les ve- « nants. Les territoires d’ Audjela et de Barca ne forment qu’une « seule province. L’eau y est rare, et l’on n’y boit que de celle « des citernes

« D’ Audjela à Zala on compte lo journées, en se dirigeant

<i vers l’ouest.

« Zala est un bourg où se trouve un bazar fréquenté. La po- K pulation se compose de Berbers, de Hawara et de mar-

« chands; on y trouve bienveillance et protection^.

« De Zala à Zawila lo journées, en passant par un bourg

« nommé Mestih

* C’est par conjecture que nous traduisons ainsi les mots

’ La description d’ Audjela citée par Abulféda n’étant. pas complète, nous croyons devoir joindre ici le texte arabe d’Edrisi :

i— Jcdaj

(jbji j J ^ v.- s J i

* Le ms. B. ajoute qu’on entre aussi par Zala dans le Soudan ou pays des noirs.

« De Zala au territoire de Wadan 3 journées. Feuillet 74

« Wadan est une oasis (litt. une île) plantée de palmiers touffus « et couverte d’habitations.

n De Zala à Sirt (ou Sort), 9 journées.

« De Sirt au territoire de Wadan, 5 journées.

« Wadan yîitj est un district situé au midi de Sirt où

« sont deux châteaux distants l’un de l’autre d’un jet de flèche.

« Celui de ces châteaux qui est le plus voisin de la plaine est « inhabité, celui qui touche au désert est habité. Il y a beaucoup « de puits dont les eaux servent à l’arrosage du dhorra. On voit « des bois à l’occident de la ville, qui est entourée de nombreu- « ses plantations de mûriers, de figuiers de l’espèce dite dliaheb « et de palmiers produisant des dattes molles et douces;

« car si les dattes d’Audjela sont plus abondantes, celles de Wa- « dan sont supérieures en qualité. C’est par ici qu’on entre dans « le pays des noirs et ailleurs.

« De Zawila ebn-Khattab «Xjjj à Sii’t (ou Sort), on

« compte 5 fortes journées;, et de la même ville au petit marché « dit Soueïca ebn-Menkoud ou ebn-Metskoud (^1

« 16 journées.

^ • O La ville de Zawila ebn-Khattab du désiyrt y)l

« est petite, mais il y a des bazars; on entre (aussi) par là

« dans le pays des noirs. On y boit de l’eau douce provenant de feuillet 74 « puits. Il y croît beaucoup de palmiers dont les fruits sont excel- « lents; c’est un lieu fréquenté par des voyageurs qui y apportent « toutes les marchandises et tous les objets nécessaires aux habi- « tants. Les Arabes errent dans la campagne et ils y commettent « autant de dégât qu’il leur est possible. Tout le pays que nous B venons de décrire est soumis à leur domination.

« De Cossour el-A’tech jyüaxîl jyA» (on se rend) à Cafez jjli,

« lieu appartenant aux Nassrat et aux A’mirat tribus

« arabes; de là à Tolomïetha el-Zelk kiUpt lieu soumis au

recto

verso

Feuillet 7/1 verso. ,< pouvoir de diverses tribus berbères devenues arabes, et portant

« les noms de Mezata « de Zenata iüb), et de Fazara

« Ces Berbers sont des cavaliers très-braves, très-orgueilleux; « ils font usage de longues lances et protègent le pays contre « les incursions des (brigands) Arabes.

« L’étendue du littoral compris dans la présente section est, « en ligne directe, de 7 journées de navigation, ou de 700 milles; « et en suivant les contours du golfe, de i3 journées, ou de « i3oo milles, savoir :

« Du cap Canan à Sirt dont nous avons déjà parlé,

« 3 journées de navigation.

« De Sirt à Maghdach 1 journée et demie.

« De là à l’île blanche UiAAJi , 1 journée et demie.

« A Cassr Sarbioun , 1 journée.

« A Cassr Cafez j^ilï 1 demi-journée.

« A u*^, une demi-journée^,

« Aux tours de Berouh 4 journées.

<1 A Tewkara 5o milles.

« -A Tolomïetba 5o milles.

« Au cap 2 journées de navigation.

« Tel est l’itinéraire considéré isolément : mais notre intention « est de le compléter au moyen de l’indication des châteaux. » Le ^ voyageur qui, partant du cap Canan, veut se rendre aux châteaux de Hasan ^ quatre fortes journées à faire dans un

désert aride, « plat et monotone. Ces châteaux, de nos jours, « sont inhabités et il n’en subsiste que des ruines poudreuses ;

^ « mais on y trouve deux puits peu profonds où les voyageurs peu-

« vent s’approvisionner d’eau en quantité suffisante pour leurs « besoins. »

' Le ms. B. porte une joiifnée ; mais , soit qu’on adopte cette évaluation , soit qu'on préfère celle du ms. A. , l’addition des nombres ne donne point un total exact. — ‘ Ou Tamina , d’après le ms. B.

De là à Assnam , 3o milles. ^

Le golfe porte le nom de Zediq En creusant des fosses dans le sable et dans les cailloux, sur les bords do la mer, on trouve de l’eau. « On appelle ce lieu Assnam , parce qu’il existe « auprès de là, dans le désert, un grand nombre d’idoles, ou- « vrage des anciens Grecs. »

De Assnam on va à el-Carnaïn^ yv.^1, cbâteau- considérable bien habité, et au centre duquel est un puits profond, de nos jours alimenté par les eaux pluviales.

« De là à Sirt dont nous avons suffisamment fait men-

« tion, on compte i3 milles. »

De là à Cassr el-xVbadé sur le bord de la mer, 34

milles.

De Cassr el-A’badé à lahoudié « lieu habité et arrosé

« au moyen de puits dont on fait tirer l’eau par des bêtes de « somme, 34 milles. »

De lahoudié à Cassr el-A’tecli (le cbâteau de la Soif),

« où sont trois puits et des cultures, 34 milles. «

De Cassr el-A’tecb à Manliouclia 3 journées sans eau,

et par un terrain bas et imprégné de sel.

Manboucba est située sur les bords de la mer; on s’y procure de l’eau en creusant des trous dans les cailloux et dans le sable <1 du rivage^. «Ce nom de Manlioucba ou de mordue lui a été « donné parce qu’il y a dans les sables qui l’environnent une « sorte de vipère longue tout au plus d’un empan, dont la mor- « sure est nuisible et dangereuse, surtout durant la nuit, pour

' Je suppose qu’il s’agit ici de Cyrène : l’indication qui précède autorise celte conjecture. Au surplus, le nom est fautivement écrit dans la version latine, pag, 92.1ig. 3o.

’ Tel est, ce me semble, le sens de ces mois : .=1 ^

puis donc adopter la version latine qui porte, pag. gS, et ejus incolœ hubent aqiiam in cisiernis.

Feuillet 74 verso.

Feuillet 78 recto. „ celui qui u’y prend pas garde. On y rencontre aussi des trou- « peaux de bœufs sauvages, beaucoup de loups, et (même) des « lions qui attaquent les voyageurs, lorsque ceux-ci paraissent les « redouter. »

De Manhoucha à Bir el-Gbanam — !i (le puits des Mou-

tons), situé à l’extrémité des terrains salés dépendants de Manhoucha environ i3 milles.

De là à Faroukh i journée de 3o milles.

De Faroukh à Harcara 26 milles.

De là à Tawsemt 20 milles.

De là à Solouc 24 milles.

De là à Barca ü'ijj , 1 5 milles.

Quant à la distance qui sépare Solouc de Cafezj^lü, elle est d’une journée.

Cafez est un château construit au milieu de la plaine de Bernic A l’est de Cafez, s’étend un bois xjlê, qui touche à la

mer, dont Cafez est distante elle-même de 4 milles. Du même côté, et auprès de Cafez, est un étang qui s’étend le long de la mer, mais qui en est séparé par des dunes de sable. Cet étang est d’eau -douce , sa longueur est de 6 milles , « et sa largeur 0 d’un demi-mille. C’est vers la moitié de la première de ces « distances que commence le bois dont il vient d’être parlé. Le « pays est ûccupé par des tribus errantes »

De Cafez à Cassr Tewkara jjoi (l’ancienne Teuchira ou Arsinoé), 2 journées.

« Ce dernier lieu est considérable et bien habité. Il y existe « une peuplade berbère. Les champs qui l’environnent sont cui- « tivés et arrosés; on y cultive des menus grains.

* Nous suivons ici le ms. A. et la version latine ; le ms. B. porte Baousemt

’ Après le mot d-jCj, il existe un mot illisible dans l’un comme dans l’autre manuscrit.

De là {de Cassr Tewkara) à Camanès château, lo

milles.

De Camanès à AwtelitkAtL^i, château habité, i demi-journée

De là à Arha’ Boroudj (les quatre tours), châ-

teau, 1 journée.

De là à Cassr el-A’ïn (le château de la Fontaine), lo

milles.

De là à Tolomïetha « place très-forte, ceinte de mu-

« railles en pierre, lo milles.

« Tolomïetha (l’ancienne Ptolémaïs) est un lieu bien habité « et fréquenté par les navires. On y apporte de bonnes étoffes de « coton et de lin qu’on y échange contre du miel, du goudron et « du beurre. Les navires viennent d’Alexandrie. Autour de cette « ville campent des tribus nomades, savoir : vers l’occident, les « Rawah , et vers l’orient , l-es Ileïb

« Nous décrirons par la suite, s’il plaît à Dieu, les pays qui « touchent à cette contrée. »

Feuillet 76 recto.

La version latine porte (p. 98) Mamacques. — * Le ms. A. porte 2 journées.

Alexandrie. — Missr ou Postât. — Faïoum. — Branches du Nil. — Lac de Tennis. — Damiette.

Vuillet 75 recto, La présente section comprend, indépendamment de la description de Santarié , des déserts qui s’étendent jusqu’au

territoire de Barca et d’Alexandrie ioj , celle de diverses parties de la haute et de la Lasse Eg^qpte jusqu’au grand Nil, celle du Faïoum pj — 0, celle du Rif — jj dans l’Egypte moyenne^, et en général celle des districts de la basse Egypte, dépendants de Missr ou qui font partie de son territoire. S’il plaît à Dieu, nous décrirons tous ces pays en détail, avec ordre, suite et clarté, ainsi que les monuments et les curiosités de l’Egypte, les objets d’exportation et d’importation, et les moyens d’obtenir la mesure de la hauteur des eaux.

Nous disons donc que la distance en ligne directe qui sépare la ville de Barca de celle d’Alexandrie est de 2 1

journées, et voici comment :

De Barca à Cassr Nedamé A^î<xi on compte 6 milles;

De là à Takenest 26 milles;

’ Les auteurs de X Abrège ont mal à propos compris cette section dans la précédente; c’est ce qui fait qu’on lit, page 107 de la version latine : de qüarta parte

.NÜLLA FIT MENTIO.

’ Voyez, au sujet du Rif, la Belation de l’Égypte par Abd-allatif, traduction de M. de Sacy, pag. 897 ; voyez aussi les Recherches critiques et historiques sur la langue et la littérature de l’Égypte, pages 179 et suiv. par M. Quatremère.

® La version latine porte Nachemest, mais ici nos deux manuscrits sont d’accord.

De là à Maghar el-Rakim ^U» (les cavernes inscrites), où Feuillet 75 recto la présente vole rejoint la voie supérieure, 2 5 milles^;

De là au puits de Halimé 55 milles; Feuillet 75 verso.

De là à Wadi Makhil 35 milles

De là au puits d’Almeïdan , 35 milles;

De là à Djenad el-Saghir jjvâcoJî :>U>, 35 milles;

De là au puits d’Abdallah aMj Jca* , 3o milles;

De là à Merdj el-Cheikh gwiJl 3o milles;

De là à el-Akbat iUiüJl, 20 milles;

De là aux boutiques de Abi Ilalimé , 20

milles;

De là à Djerbet el-Coum 35 milles;

De là à Cassr el-Cbammas jj^a» , 1 5 milles ;

De là à Sikket el-Hamam t>X*v (le chemin des Pigeons),

1 5 milles;

De là au puits d’el-A’ousedj 3o milles;

De là à Kenaïs el-Harir et aux moulins, 34

milles;

De là à Haniet el-Roum oçaâ»-, 3o milles;

De là à Dhat el-llammam cyii, 34 milles;

De là à Tbounia 18 milles;

De là à Alexandrie , 20 milles.

Tel est Pitinéraire qu’on suit en prenant la voie supérieure par le désert; quant à l’itinéraire du littoral, le voici :

D Alexandrie au cap dit Ras el-Kenaïsé iù-ol.Àiri ,j*!j (ou des Eglises), on compte 3 journées de navigation.

De ce cap au port dit Mers el-Tarl'awi une

journée ;

De là au commencement du golfe dit Djoun Ramada 5iUj, 5o milles;

‘ Celle distance est omise dans le ms. B.

* Môme observation.

Feuillet 75 verso. J)0 à Akbat es-Sollam

P’Akbat es-Sollam à Mers A’mara àjU 10 milles.

De là à Mellaha 3o milles.

De là à Lakka 1 o milles.

De Lakka dépendent deux châteaux construits dans le désert; l’im d’eux se nomme Keb et l’autre CamrnarjU.

De Lakka au port de Tabraca (Tobrouk), 5o milles.

De Tabraca au port dit Ras Tini ^J^\y , 1 journée et demie de navigation.

De là à Boundarié 2 journées.

De Boundarié , où la mer forme une courbure exactement dirigée vers le couchant, au cap dit Tarf Ta’adia deux

journées sans habitations; « la côte se compose de montagnes « et de ravins où personne ne passe, à cause de l’aspérité, de « l’escarpement et de la stérilité (des lieux). » C’est à partir du cap Ta’adia que commence le golfe de Zedik ou de Zedin ou (jj— Jij. La longueur de ce golfe, qui, passant par Boundarié s’étend jusqu’à Alexandrie, est, en ligne directe, de 6 journées de navigation ou de 600 milles; mais en suivant les contours du littoral, de i 1 journées et demie, ou de 1 i5o milles*.

« A partir de l’extrémité des dépendances de Tolomïetha « dont il vient d’être question, commencent les posses-

« sions des tribus arabes dites Rawah et Heïb et qui

« sont nombreuses et qui possèdent beaucoup de chameaux et « de moutons. Leur pays est sur et tranquille , leurs montagnes « cultivées; ils s’y livrent à l’exercice de la chasse; le térébinthe, « le gené^Tier et le pin y croissent en quantité; on y voit beaucoup

‘ n y a lieu de croire qu’il s’agit ici de l’ancienne Catabathmus.

’ La version latine porte lathna.

Le ms. A. porte !

ce qui nous met à portée de rectifier le passage de la version latine où on lit : litus vero istud cujus initium coiistituitar in Bondaria.

* Nous suivons ici la leçon du ms. B. feuillet 120, lig. 1

(I de champs ensemencés, de terrains fertiles e*t de dattiers, et « l’on y recueille d’excellent miel. La dernière des dépendances « des Heïb est Lakka x m.

« A lo milles environ de Boundarié, est un château consldé- « rable, habité par une peuplade dite Naham le château

« porte le même nom. Ces hommes s’occupent beaucoup de l’é- « ducation des abeilles, de la vente du miel et de l’extraction « du goudron qu’ils obtiennent du genévrier et qu’ils transpor- « tent en Egypte. »

Quant à Alexandrie a — c’est une ville bâtie par Alexandre, qui lui donna son nom. Elle est située sur les bords de la Méditerranée, et l’on y remarque d’étonnants vestiges et des monuments encore subsistants, « qui attestent l’autorité et <i la puissance de celui qui les éleva, autant que sa prévoyance 1 et son savoir. Cette ville est entourée de fortes murailles et de « beaux vergers. Elle est vaste, couverte de hauts et nombreux « édifices, -commerçante et riche. Ses rues sont larges et ses cons- « tructions solides; les maisons y sont carrelées en marbre, et « les voûtes inférieures des édifices soutenues par de fortes co- « lonnes. Ses marchés sont vastes et ses campagnes productives. »

Les eaux du Nil, qui coule à l’occident de cette ville, passent par des aqueducs au-dessous des maisons, et parviennent à des citernes obscures et contiguës les unes aux autres; quant à la ville, elle est bien éclairée et parfaitement construite. Il y existe un minaret (ou plutôt un phare) qui n’a pas son pareil au monde sous le rapport de la structure et sous celui de la solidité; car, indépendamment de ce qu’il est fait en excellentes pierres de l’espèce dite Kedan les assises de ces pierres sont

scellées les unes contre les autres avec du plomb fondu et les jointures tellement adhérentes, que le tout est indissoluble, bien que les flots de la mer, du côté du nord, frappent continuellement cet édifice. La distance qui sépare le phare

Feuillet 7 5 verso.

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