ALEXANDRIE
Feuillet 76 recto..
Feuillet 76 recto.
de la ville est, par mer, d’un mille, et par terre de 3 milles. Sa hauteur est de 3oo coudées de la mesure dite rechachi ,^1^, laquelle équivaut à 3 empans \ ce qui fait donc 100 brasses îLets de haut, dont 96 jusqu’à la coupole, et 4 pour la hauteur de la coupole. Du sol à la galerie ^ du milieu, on compte exactement 70 brasses; et de cette galerie au sommet (du phare), 26. On monte à ce sommet par un escalier construit dans l’intérieur, et large comme le sont ordinairement ceux qu’on pratique dans les tours. Cet escalier se termine vers le milieu (du phare), et là l’édifice devient, par ses quatre côtés, plus étroit. Dans l’intérieur et sous l’escalier, on a construit des habitations. A partir de la galei'ie, le phare s’élève jusqu’à son sommet, en se rétrécissant de plus en plus jusqu’au point de pouvoir être embrassé de tous les côtés par un homme De cette même galerie on monte de nouveau, pour atteindre le sommet, par un escalier de dimensions plus étroites que celles de l’escalier inférieur; cet escalier est percé, dans toutes ses parties, de fenêtres destinées à procurer du jour aux personnes qui montent, « et « afin qu’elles puissent placer convenablement leurs pieds en montant. »
Cet édifice est singulièrement remarquable, tant à cause de sa hauteur qu’à cause de sa solidité; il est très-utile en ce qu’on y allume nuit et jour du feu pour servir de signal aux navigateurs durant leurs voyages; ils connaissent ce feu et se dirigent en conséquence, car il est visible d’une journée maritime ( 100
‘ Environ 27 pouces.
’ Je préfère traduire P^i' g<^lerie plutôt que par étage. La leçon suivie
par le savant Hartmann , page 35o ( ) , ne me paraît admissible sous aucun
rapport.
’ C’est ainsi du moins que j’entends ces mots : U
X. 1 — I j Â5^. La version latine adoptée par M. Hartmann « et detur locus cir- « cumeundi per omnes partes, » ne me présente pas un sens assez claû'.
milles) de distance. Durant la nuit il apparaît comme une étoile ; Feuillet 76 durant le jour on en distingue la fumée.
Alexandrie est située au fond d’un golfe ^ et entourée d’une plaine et d’un vaste désert où il n’existe ni montagne ni aucun objet propre à servir de point de reconnaissance. Si ce n’était le feu dont il vient d être parlé, la majeure partie des vaisseaux qui se dirigent vers ce point s’égareraient dans leur route. On appelle ce feu fanoas et l’on dit que celui qui construisit
le phare fut le même (homme) qui fît construire les pyramides existantes sur les limites du territoire de Fostat i3Ux«-.jü!, à l’occident du Nil; d’autres assurent que cet édifice est du nombre de ceux qui furent élevés par Alexandre à l’époque de la fondation d’Alexandrie. Dieu seul connaît la vérité du fait. Auprès de cette ville on voit les deux aiguilles (obélisques). Ce sont deux pierres de forme quadrangulaire , et plus minces à leur sommet qu’à leur base. La hauteur de l’un de ces obélisques est de Feuillet 76 5 brasses et la largeur de chacune des faces de sa base, de 10 empans (90 pouces), ce qui donne un total de 4o empans de circonférence. On y volt des inscriptions en caractères syriens L’auteur du Livre des Merveilles rapporte que ces obélisques ont été taillés dans la montagne de Tarim ou larlm OU , à l’ouest du pays d’Egypte. On lit sur l’un d’eux ce qui suit :
Mol la’mor ben-Cheddad, j’ai bâti cette ville à
un âge encore éloigné de la vieillesse, ma mort ne paraissant point prochaine, ni mes cheveux blanchis par les ans; à une époque où les pierres étaient comme de l’argile, où les hommes ne connaissaient d’autre maître « que la’mor « J’ai élevé les portiques
' Les deux manuscrits portent - et "on quatre , comme on lit dans
la version latine.
’ Telle est la leçon donnée par le ms. B. , bien préférable, selon nous, à celle du
recto.
verso.
Feuillet 76 verso, jg ville^ j’ai fait couler ses fleuves, j’ai planté ses arbres; j’ai voulu surpasser les anciens rois qui la gouvernèrent, en y faisant construire des monuments admirables. J’ai (donc) envoyé Tbabout ben-Mara, de la tribu de A’d, et Makdam ben-el-O’mar (ou el-Ghomar), ben-Abi Kéghal le Tbamoudite, à la montagne de Tarim de couleur rouge. Ils en ont extrait deux pierres qu’ils ont apportées (ici) sur leur dos; et comme Tbabout eut une côte brisée, je lui consacrai les peuples de mon royaume. Fedan ben-Djaroud el-Moutefeki m’érigea ces pierres dans un temps de prospérité.
Cet obélisque se voit dans un angle de la ville , du côté de l’orient; l’autre est dans l’intérieur de la ville, à quelque distance.
On dit que la salle d’audience de Salomon, fds de David, qu’on voit au midi d’Alexandrie, fut construite par le même la’mor ben- Cheddad. D’autres en attribuent la construction à Salomon. Les colonnes et les arcades de cet édifice subsistent encore de nos jours. Il forme un carré long; à chaque extrémité sont seize colonnes, et sur les deux côtés longitudinaux, soixante-sept; dans l’angle septentrional est une colonne de très-grandes dimensions portant un chapiteau et assise sur un entablement en marbre, dont les côtés sont de forme carrée, et ont 8o empans (environ 6o pieds) de circonférence. La hauteur de la colonne, depuis sa base jusqu’à son chapiteau, est de 9 brasses. Ce chapiteau est sculpté, ciselé avec beaucoup d’art, et fixé d’une manière très-solide. Du reste, cette colonne est isolée, et il n’est personne, soit à Alexandrie, soit en Egypte, qui sache pourquoi elle fut mise en sa place isolément. Elle est, de nos jours, très-
ms. A. et à celle de la vers, latine qui porte : c liominibiis nondùm dominis subjectis. » Quelque peu de foi que mérite la prétendue inscription ci-dessus traduite, encore estil juste d’épargner à son auteur le reproche d’être tombé dans une contradiction aussi palpable que celle qui résidterait de ce passage comparé avec ce qu’on lit un peu plus bas.
inclinée; mais, d’après la solidité de sa construction, elle paraît à l’abri du danger de tomber.
Alexandrie fait partie de l’Egypte et c’est l’une des villes capitales de ce pays. Les confins de l’Egypte sont, au sud, la Nubie; au nord, la Méditerranée; du côté de la Syrie, le désert de
l’Egarement; à l’est la mer Rouge, et à l’occident les oasis.
La longueur du cours du Nil est , savoir :
Depuis le rivage de la mer où ce fleuve a son embouchure, jusqu’aux terres de Nubie, situées derrière les oasis, d’environ 2 5 journées.
Des frontières de la Nubie jusqu’à la partie la plus méridionale de ce pays, d’environ 8 journées.
De là à l’extrême limite dont nous avons déjà parlé \ d’environ 1 2 journées.
Quant à la ville de Fostat ou de Missr elle reçut
son nom de Missraïm, fds de Cham, fils de Noé (sur qui soit le salut!), qui en fut le fondateur dès son origine L’ancienne Missr se nommait aussi A’ïn Cbams mais lorsque, dans
les premiers temps de l’islamisme, Amrou ben-el-A’ssy et les musulmans qui l’accompagnaient, vinrent et s’emparèrent de cette ville, ils campèrent autour de Fostat et peuplèrent le lieu de Missr, c’est-à-dire le lieu où est située la Missr actuelle.
On dit que cette ville fut appelée Fostat, parce que Amrou ben-el-A’ssy s’étant emparé de Missr, et ayant voulu se rendre à Alexandrie, il ordonna que sa tente fût portée et dressée devant lui. Mais une colombe descendit sur le faîte ® de la tente , et y pondit ses œufs. Lorsque Amrou fut informé de
* Voyez ci-dessus, I®'' climat, iv' section.
’ Le judicieux Hartmann a très-bien démontré les contradictions diverses que présente ici le texte de notre auteur.
’ Pour comprendre ceci, il est bon de savoir que les tentes des personnages considérables, chez les Arabes, ne se terminent pas en pointe comme les nôtres, mais que la partie supérieure est disposée presqu’horizontalement.
Feuillet 76 verso.
MISSR ou FOSTAT
FeuiHeÇ77 recto.
Feuillet 77 recio cette circonstance, il ordonna qu’on laissât la tente dressée comme elle l’était, jusqu’à ce que la colombe eût terminé sa ponte : ce qui fut fait. Par Dieu ! dit-il , nous ne porterons pas préjudice à celui qui nous aime et qui se réfugie auprès de nous, et nous nous garderons d’aflliger cette colombe par la destruction de ses œufs. Il laissa donc subsister la tente, alla résider à Missr jusqu’à l’éclosion des œufs, puis il partit.
n La ville de Missr porte , en langue grecque \ le nom de Ban- « blouna (Babylon). Elle est très-considérable, soit sous le
« rapport du nombre de ses édifices, soit sous celui de l’abondance « de toutes les commodités de la vie et de tout ce qui est beau « et bon. Les rues en sont larges, les édifices solides, les mar- « chés bien fournis, les maisons contiguës, les champs renom- « més par leur fertilité. Quant aux habitants, il y en a beaucoup « d’éminents par leur piété aussi bien que par leur rang et par « leurs richesses; ils ne sont ni travaillés par les sollicitudes, ni « dévorés par le chagrin; ils jouissent d’une grande sécurité, d’un « calme parfait, car l’autorité publique les protège et la justice « règne parmi eux. » La longueur de la ville est de 3 parasanges. Le Nil y vient de la partie supérieure de son territoire, passe auprès et au midi de la ville, fait un long détour vers l’occident, puis se divise devant Missr en deux branches ^ qui se réunissent enfin pour n’en plus former qu’une seule. Dans cette île on voit beaucoup de jolies habitations et d’édifices construits sur les bords du fleuve. Elle s’appelle Dar el-Mekias , ou la
maison du nilomètre; nous en parlerons ci-après. On y passe au moyen d’un pont qui est supporté par une ‘trentaine de bateaux. L’autre branche est beaucoup plus large, et on la traverse
' Le ms. A. porte en langue persane : yU*A3lj •
’ Ici la version latine porte : « qui constituentes parvam insulam rursùs conjun- « guntur. » Cette leçon, qui sans cloute est la bonne, manque dans nos deux manuscrits.
au moyen d’un pont composé d’un nombre double de bateaux Feuillet 77 recto (c’est-à-dire d’environ soixante): Un second pont donne accès au lieu connu sous le nom de Djizé où l’on remarque
d’élégantes habitations, de hauts édifices et des bazars.
« Le terrain auprès de Missr se compose d’argile qui n’est « pas pure, mais imprégnée de sel. Les édifices et les châteaux « qu’on voit dans cette ville ou dans ses environs sont à plusieurs « étages; la plupart ont cinq, six, ou même sept étages, et sou- « vent elles contiennent cent et même un plus grand nombre d’ha- " bitants. Ebn-Haukal rapporte, dans son ouvrage, qu’à fépoque où « il récrivait, il existait dans le lieu nommé el-Mavvkaf ', une « maison connue sous le nom de Dar Abd-el-A’ Z 1 Z ,1s,
n OÙ fon apportait journellement quatre cents outres d’eau pour « la consommation des personnes qui y étaient logées, et qu’on « y comptait cinq mosquées, deux bains et deux fours.
« Les plus grands édifices de Missr sont construits en « briques. Les rez-de-chaussée restent ordinairement inhabités.
« Il y a dans cette ville deux grandes mosquées servant à la réu- « nion (des fidèles) et à la khotba L’une d’elles fut bâtie ^
« par ordre de Amrou ben-el-Assy, au milieu de bazars qui l’en- « tourent de toutes parts. C’était autrefois une église grecque;
« elle fut convertie en mosquée par ordre de Amrou. L’autre ,
« située au sommet du Mawkaf, fut construite par Aboul-Abbas « Ahmed ben-Touloun. Ce personnage en bâtit une autre dans « le quartier dit el-Kerafat habité par de pieux céno-
« bites. Il en existe encore une dans l’île formée par les deux « bras du Nil et une sur la rive occidentale du Nil, au lieu dit « Djizé B
‘ Il est en effet question de ce Heu dans la traduction d’ebn-Haukal par M. \V.
Ouseley, p. 3o; mais le mot pris dans une acception plus générale, signiüe
« un lieu de réunion ou d’attente pour les ouvriers. »
’ Sic.
Feuillet 77 verso. « On tfouve à Missr quantité de marchands de comestibles,
« de boissons et de beaux habits. La ville est abondante en res- « sources et en douceurs de toute espèce. Elle est de tous côtés « entourée de vergers, de jardins, de plantations de dattiers et « de cannes à sucre, arrosés par les eaux du Nil qui fertilisent « le pays depuis Syène jusqu’à Alexandrie. L’inondation et le « séjour des eaux sur les terres ont lieu depuis le commencement « des chaleurs jusqu’à la fin de l’automne; alors les eaux s’écou- « lent; on ensemence les champs, et l’on n’a plus besoin de les « arroser. Il ne tombe en Egypte ni pluie ni neige, et, à l’excep- « tion du Faïoum, il n’y a point dans ce pays de ville où l’on « voie de l’eau courante qui reste sans emploi.
« Le Nil coule, en général, vers le nord, et la largeur des « terrains habités sur ses rives est, depuis Syène jusqu’à Fostat,
« entre i demi-journée et i journée. Au-dessous de Fostat, cet es- « pace s’agrandit, et cette largeur, depuis Alexandrie jusqu’aux « dernières alluvions qui s’étendent du côté de la mer de Col- « zoum, est d’environ 8 journées b A l’exception des rives du Nil, « tout en Egypte est stérile , mais dans la partie cultivée on ne « voit que jardins, vergers, arbres, villages, villes, population et « commerce. L’espace (cultivable) compris entre les deux rives « du fleuve est, s’il faut en croire divers auteurs, de 5634 mil- « les. La longueur de son cours, d’après l’auteur du livre inti- « tulé Khazané , est de 4696 milles^. Quant à sa largeur « (moyenne), elle est, en Nubie et en Abyssinie, de moins de « 3 milles, et en Egypte, de 3 milles. C’est un fleuve auquel . « nul autre ne peut être comparé.
« Quant à l’île située en face de Missr, et dont nous avons
‘ Nous suivons ici la leçon donnée par le ms. A., qui porte :
^ câHtI
’ Le ms. A. porte àSgG.
« déjà indiqué les édifices, les agréments et le mekias, » elle s’étend, en largeur, entre les deux branches du Nil, de l’est à l’ouest, tandis que sa longueur est du sud au nord. La partie supérieure, où est situé le nilomètre, est large; le milieu plus large; la partie inférieure se termine en pointe. La longueur de cette île, d’une extrémité à fautre, est de 2 milles, et sa largeur (moyenne), d’un jet de flèche.
Le mekias est situé vers l’extrémité la plus large de l’île, du côté de l’orient, et non loin de Postal. C’est un édifice considérable, intérieurement entouré d’arcades soutenues par des colonnes h Au centre est un bassin vaste et profojid où l’on descend par un escalier de marbre, et au milieu duquel on voit une colonne également en marbre, qui porte inscrite une graduation en nombres indiquant des coudées et des doigts (ou fractions de coudée). Au-dessus de la colonne est une construction solide en pierres, peinte de diverses couleurs où l’or et l’azur s’entremêlent avec d’autres teintures solides. L’eau^parvient à ce bassin au moyen d’un large canal communiquant avec le Nil ; elle ne pénètre cependant pas dans ce bassin avant la crue du fleuve; or, cette crue a Heu au mois d’août La hauteur nécessaire pour arroser convenablement la terre du sultan est de 16 coudées; lorsque les eaux s’élèvent à 18 coudées, l’irrigation s’étend sur toutes les terres des deux rives lorsque la crue .s’élève à 20 coudées, elle est préjudiciable; lorsqu’elle n’est que de 12 coudées, elle est à peine suffisante. « La coudée équivaut à 2 4 doigts. »
‘ Le texte du ms. B. porte «xls au pluriel ; il est donc impossible d’adopter la version de M. Hartmann qui suppose (page 872 ) qu’il s’agit ici de la colonne du Mekias.
’ Le savant commentateur remarque avec raison que cette indication est fautive, puisque la crue du Nil a lieu, comme tout le monde sait, vers l’époque du solstice d’été.
’ Tel est, ce me semble, le sens des mots .dl lA Voyez, au sujet de ce passage, les observations de M. Hartmann, Edrisii Africa, p. .^75 et 376.
Feuillet 77 verso.
FeniUet 77 verso Le dommage résultant d’une crue qui excède 1 8 coudées consiste en ce qu’alors les eaux emportent les arbres et ruinent ( les constructions). Celui qu’occasionne une crue inférieure à i 2 cou- Feuillet 78 recto, dées est la sécheresse et (par suite) la stérilité.
Au midi de Fostat est le bourg de Menf uiJc*, et au nord la ville dite A’ïn Chams (jvc; l’un et l’autre sont peu considérables et situés vis^à-vis le mont Mocattam On dit que
c’étaient des lieux de plaisance du temps de Pharaon (sur qui soit la malédiction divine i).
« Menf est aujourd’hui, en majeure partie, ruinée. A’ïn Chams « subsiste en bon état de conservation. Au sommet du Mocattam « est un lieu connu sous le nom de Fournaise de Pharaon. Il y « avait un miroir tournant au moyen d’un mécanisme. Lorsqu’il « (le roi) sortait de l’une des deux villes, c’est-à-dire, de Menf « ou d’A’ïn Chams, il faisait monter dans cet endroit un homme n qui disposait le miroir de manière que l’image du roi fût tou- « jours devant les yeux des habitants et qu’en aucun temps la « crainte respectueuse qu’il inspirait, ne cessât d’exercer sur eux « son empire L
« Aux environs de Fostat le crocodile n’est point un animal « nuisible; on dit même que, soit qu’il descende de l’Egypte su- « périeure, soit qu’il remonte le Nil, parvenu vis-à-vis de Fostat,
« il nage, renversé sur son dos, jusqu’à ce qu’il ait dépassé cette « ville. On ajoute que c’est l’effet d’un talisman; c’est ainsi qu’il « (le crocodile) n’est point nuisible à Roussir tandis qu’il
« l’est à Achmouni , bien qu’il n’y ait entre ces deux lieux
* \ oici le texte de ce passage :
ci/*!? (j*ih
ou) tXJiÂj
« que la largeur du Nil (qui les sépare). Rien n’eat plus surpre- " nant. »
A A’ïn Chams, du côté de Fdstat, croît le balsan yUJj, plante dont on extrait le baume. On ne connaît pas au monde d’autre lieu qui produise cette substance. « Au-dessous de Fostat est le « village de Sirwa très-agréable, et où l’on fabrique
« de l’hydromel très-renommé. Au territoire de Fostat touche le « Mocattam où sont les tombeaux de divers prophètes, tels « que Joseph, Jacob, et autres Israélites (sur qui soit le salut!).
« A 6 milles de Missr, on voit les pyramides. Elles furent « construites sur un plateau uni , et l’on ne voit dans les envi- « ro^ aucune montagne contenant de la pierre à bâtir. La hau- « teur de chacune d’elles, à partir du sol, est de 4oo coudées, « et sa largeur, tout autour, est égale à la hauteur b Le tout est « construit avec des blocs de pierre de 5 empans de haut, sur i 5 * ou lo de long, plus ou moins, selon que l’architecture l’exige. « Ces blocs sont unis (scellés) les uns aux autres, et à mesure « que l’édifice s’élève au-dessus du niveau du sol, ses propor- « tions se rétrécissent, en sorte que sa cime offre à peine l’es- « pacc nécessaire pour faire reposer un chameau^.
« Celui qui veut se rendre aux pyramides, par terre, passe à « Djizé par le pont, puis au bourg de Dalicboun où est
« la prison de Joseph (sur qui soit la paix!); 3 milles.
<• De Dahcboun aux deux pyramides, on compte 5 milles, et « des pyramides à la rive la plus voisine du Nil, 5 milles.
« Sur les parois de leurs murs, on volt quelques inscriptions « en partie effacées, et dans l’intérieur de chacune d’elles est « un chemin où l’on peut passer. Entre les deux pyramides, il
‘ Ces mesures sont d’autant plus défectueuses que les mots ^ IcUjjl semblent indiquer la hauteur perpendiculaire. Voyez, au surplus, la Relation de l’Egypte d’Abdallatif, trad. de M. de Sacv, p. 2 16 et 2 1 7.
’ JJT ysr .
Feuillet 78 reelo.
Feuillet 78 recto. « existe un Canal creusé sous terre et donnant passage de l’une « à l’autre. On dit que ces monuments sont des tombeaux de « rois , et qu’avant d’être employés à cet usage , ils servaient de « greniers à blé. »
A l’ouest de Missr, et à 2 journées de distance de cette ville, est celle de Faïoum , « qui est grande et entourée de ver- FAioüM. „ gers, de jardins et de champs cultivés h Elle est bâtie sur les
Feuillet 78 verso. „ rives de la rivière d’Ellahoun de laquelle, d’après ce
« qu’on rapporte, Joseph le juste dériva deux canaux destinés à « recevoir les eaux au temps de la crue , et à les conserver cons- « tamment. Il consolida ces ouvrages au moyen de pierres de « taille.
« Le territoire du Faïoum est fertile, abondant en fruits, en « céréales, et particulièrement en riz. L’air y est pernicieux à « ceux qui viennent des contrées lointaines, et (en général) aux « étrangers.
‘ Nous croyons devoir donner, par extraits, le texte arabe de ce passage important ;
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« On voit à Faïoum des vestiges de grandes constructions, et K son territoire porte le même nom que la ville. Ces construc- « tions qui entouraient tout le Faïoum, régnaient au pied d’un « mur qui renfermait tous les districts du Faïoum, et contenait « dans son enceinte toutes ses villes et tous ses lieux habités. 11 « reste aujourd’hui si peu de chose de ce mur que c’est comme « rien.
« La rivière d’Ellahoun fut creusée et les eaux y furent ame- « nées par Joseph le juste (sur qui soit le salut!).
« Gomme il était devenu vieux, le roi désirait lui procurer « du repos et le dispenser du soin des affaires, et alors le nombre '( de ses domestiques et des membres de sa famille et de la fa- " mille de son père, s’était considérablement accru. Il (le roi) « lui concéda le territoire de Faïoum, lequel était un marais « où les eaux se déversaient et où croissaient des joncs et des « roseaux ; chose qui déplaisait au roi , parce que ce lac était dans « son voisinage.
« Lorsqu’il en eut fait don à Joseph , celui-ci se rendit du côté
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Feuillet 78 verso.
Feuillet 78 verso. « de Soul \ OÙ il fit cieuscr le canal connu sous le nom de « Menhi qu’il amena jusqu’à l’emplacement d’Ellahoun
« Ensuite il construisit (la digue) d’Ellahoun, et la conso-
« lida au moyen de pierres grosses et petites, de chaux, de bri- « ques et de coquillages, (ce qui forma) comme un haut mur, « au sommet et vers le milieu duquel il lit placer une porte. Der- « rière, il creusa un canal qui s’étendait au-dessus du Faïoum, « du côté de l’orient. Il en lit creuser un autre vers f occident, « qui venait rejoindre le premier en passant par les dehors du « Faïoum, (territoire) qu’on appelle Tenhémet^. L’eau s’écoula de « la vallée au canal oriental, et de là vers le Nil. Quant aux eaux « du canal occidental, elles s’écoulèrent dans le désert deTenhé- « met c>-*yÂj, à f occident, et il n’en resta rien absolument; tout « cela eut lieu en peu de jours. Alors il (Joseph) ordonna qu’on « se mît à f œuvre. On coupa les roseaux, les plantes aquatiques « qui se trouvaient là, ainsi que les touffes de jonc et les tama- « riscs, et cela durant que les eaux coulaient dans le Nil. Ces « eaux s’introduisirent alors dans le canal de Menhi, et parvin- « rent à Ellahoun. Ensuite on coupa (la digue) vers le canal du « Faïoum. Les eaux entrèrent ainsi dans cette province, l’arro- « sèrent, et en comTirent toute la surface, en sorte qu’elle de- -< vint (comme) une nappe d’eau. Tout ce travail fut fait en « soixante-dix jours; et lorsqu’il fut terminé, le roi dit, en le « considérant : Voilà un ouvrage de mille jours. C’est de là que « vient le nom d'Elfaïoam.
« Ensuite Joseph dit au roi : Le bien public exige que tu me « confies une famille par chaque district de l’Egypte. Le roi y * ayant consenti, Joseph ordonna que l’on bâtît un village pour « chacune de ces familles. Il y avait quatre-vingt-cinq familles; « il y eut donc autant de villages. Lorsque les constructions fu-
‘ H y a probablement une erreur dans l’indication de ce lieu, Soul étant silué au nord du Faïoum. — * Ou d’après le ms. A.
« rent achevées, Joseph assigna à chaque village une quantité « d’eau suffisante pour arroser les terres, mais rien au delà; puis « il assigna à chaque peuplade l’eau nécessaire pour sa boisson « durant le temps même de la retraite des eaux. Telle est la des- « cription du Faïoum. »
Quand on part de Missr pour se rendre, en remontant le Nil, dans l’Egypte supérieure , on va de Fostat à Miniet el-Soudan joli port situé sur la rive occidentale du Nil, et environ à i 5 milles de Missr.
De là à Beiadh (jbl« bourg entouré de champs cultivés et de jardins produisant toute sorte de fruits, 20 milles.
De là à Hama el-Soghaïr 20 milles.
De là à Hama el-Kebir , bourg situé sur la rive orien-
tale, et dont le territoire est cultivé en blé, en vergers, en vignes et en cannes à sucre , 1 o milles.
De là à Deïr el-Faïoum i ou el-Batoum sur la
rive orientale, 20 milles.
De là au bourg de Tounes ou de lounes üjjS ou sur la rive occidentale et à quelque distance du Nil, 2 milles.
De là à Dahrout sur la rive occidentale, 1 demi-
journée.
De là à Caïs — ûül, ville bâtie sur la rive occidentale, 20
milles.
Caïs est une ville très-ancienne dont nous avons parlé
lans la partie de la description de l’Egypte contenue dans le ii* climat. Nous avons donné l’itinéraire de cette ville à Asouan y 1^1 il est donc inutile de revenir là-dessus.
Quant aux pays situés au-dessous de Missr celui qui veut
‘ Ce mot manque dans le ms. A. et dans la version latine.
’ Voyez ci-dessus, p. 124 et suiv. Les auteurs de la version latine ont pensé que notre auteur donnait ici cet itinéraire. C’est une inadvertance de laquelle il est surprenant que le docte Hartmann ne se soit pas aperçu.
Feuillet 78 verso.
Feuillet 79 recto.
uiiiei 79 recto, s’y rendre en descendant le Nil doit passer d’abord par Miniet 5 milles;
Puis par el-Caïd ville considérable, entourée de jardins,
Puis par Choubra Ïjj^, gros bourg où l’on fabrique de l’hydromel aromatisé qui est très-renommé, 5 milles;
Puis par lasous joli bourg, 5 milles;
Puis par Sarout \ 5 milles;
Puis par Salcan 5 milles;
Puis par Zafita bourg où se rassemblent tous les navires destinés à la pêche du gros poisson, et situé à l’extrémité supérieure de Pile où le Nil se partage en deux branches , vis à vis de la ville de Santouf [sic). Celle-ci est au sommet du canal
qui descend à Tennis et à Damiette LLysi.
Au-dessus de Chantouf — La — s, le Nil se partage en deux
branches dont les eaux descendent et parviennent à la mer. De chacune de ces branches dérivent deux canaux également dirigés vers la mer. L’un de ces grands bras, dont le point de partage est auprès de Chantouf, court du côté de l’orient et parvient à Tennis. De ce bras dérivent trois canaux. L’un d’eux part d’Antouhi sur la rive occidentale, passe à Tabcouïs
et revient à la branche principale, auprès de Damasis Au-dessous de ce point est un canal creusé sur la rive occidentale, et dont les eaux parviennent à Damiette.
Quant à l’autre branche, elle se dirige, à partir de Chantouf, vers l’occident, et passe auprès de Fais el-Naliar^L^l Il
' Le ms. B. porte Seroudas et Chalcan yliJuï •
’ La version latine porte Nicaus.
’ h’ Abrégé porte « auprès de Tennis. » Cette leçon fautive a beaucoup embarrassé M. Hartmann ; la rectification que nous fournissent les deux manuscrits est loin de lever tous nos doutes , et nous ne pouvons que dire avec l’habile commentateur ; « In « descriptione horum canalium omnino hæreo hæsitoque. »
en dérive un canal passant à l’ouest, formant une courbure auprès du bourg de Bebib ^ et d’où dérive le canal qui parvient à Alexandrie, et qui porte le nom de canal de Chabour
jy )\ L’origine ( OU la prise d’eau) de celui-ci est au-dessous
de Bebib ?• L’eau n’y coule pas durant toute l’année,
mais seulement durant le temps de l’inondation du Nil. Lorsque les eaux de ce fleuve ont baissé, le canal reste à sec, et il n’est aucunement navigable.
De cette grande branche qui se dirige vers Rachid <3s- - (Rosette), au-dessous de Mandioun de Samounes
et de Fouah oy^ et au-dessus de Rachid, part un bras du fleuve qui se rend vers un lac permanent, lequel s’étend le long du rivage (de la mer), vers l’occident, jusqu’à 6 milles environ d’Alexandrie, « en sorte que les marchandises apportées « par les navires (du lac) sont transportées par terre à Alexan- « drie.
« Sur ces divers canaux, on voit de toutes parts des villes « florissantes et des bourgs très-peuplés. Nous en décrirons la « majeure partie, s’il plaît à Dieu. »
Celui qui veut descendre de Missr à Tennis journées de chemin à faire.
De Tennis à Damiette, on compte i journée de navigation.
De Damiette à Rachid, 2 journées.
D’Alexandrie à Missr, 6 journées.
De Rachid à Alexandrie, 1 journée.
De Missr on se' rend à Zafita « dont nous avons déjà
« parlé comme d’un lieu où se rassemblent les navires destinés « à la pêche. Ces navires sont quelquefois au nombre de cent « et plus. »
Vis-à-vis de Zafita , sur la rive gauche , est Cbantouf
' LiT version latine porte Malig.
* La mêrae version porte Rafina.
ào
Feuillet 79 verso.
Feuillet 79 verso. , jolie ville. De là à Chenwan on compte 26 milles;
car on descend à el-Chameïn « bourg situé sur la rive
« orientale du fleuve, et dans le territoire duquel on cultive « beaucoup de cannes à sucre, d’oignons et de concombres, 10 » milles; » vis-à-vis, et sur la rive occidentale, est Tant « joli « bourg dont les environs sont très-productifs en céréales; » de Tant à Chenwan, petite ville, on compte i5 milles.
De là en descendant à Cacbrat el-Abrah environ
12 milles. « Ce dernier bourg est situé vis-à-vis de Chirdje « »
De là, toujours en descendant, à Salahié environ
1 O milles.
« Salahié est une ville très-populeuse, bien bâtie et dont le « territoire est bien cultivé; mais les habitants sont voleurs, « méchants et connus par leurs mauvaises mœurs. »
Au-dessous est Miniet el-A’tafy jJajdl dans la province de Gharbié.
De là à Chioudjé \ 10 milles.
Puis on descend à Djedwa , « petite ville où sont des
« marchés très-fréquentés et très-bien fournis, et où l’on voit « beaucoup de navires spécialement destinés au passage des « troupes “; » i5 milles. »
De Djedwa à ^ 20 milles.
De là à Miniet el-A’ttar jUa*Jt «bourg entouré de vergers « et de jardins, » et situé vis-à-vis d’Antouhi « autre bourg
« sur la rive gauche, dont lé territoire est également bien cul- « tivé et où se tient un marché à jour fixe, » 20 milles. «
‘ Le ms. A. porte Sloubé ; la version latine , Siona.
^ iüAsjsXl d’après le ms. A., ou iüOvjuJ «des habitants, »
d’après le ms. B.
’ Ce nom de lieu manque dans nos manuscrits ainsi que dans YAhrégé.
De Miniet el-A’tafy dont il vient d’être question, F euiHet 79 verso,
à Chamaïrac sur la rive gauche, lo milles.
A partir d’un peu au-dessous de Chamaïrac, bourg situé visà-vis de Djedwa jusqu’à Antouhi , ci-dessus indiqué, Feuiiiet 8o recio.
environ i o milles.
Au-dessous d’Antouhi la branche du Nil se subdivise en deux bras, dont l’un se dirige vers l’occident et l’autre vers l’orient; ils forment une île, se joignent auprès de Cboubra ïjjUi et de Damasis , coulent ensemble durant un court intervalle,
puis se subdivisent (de nouveau) en deux branches dont l’une, l’orientale, se dirige vers Tennis et l’autre, l’occidentale,
vers Damiette
Revenons à Antouhi où le Nil se divise. Celui qui veut descendre par le bras oriental passe d’abord à Miniet A’ttar jUa* ,
bourg situé vis-à-vis d’Antouhi, puis à Bathat el-A’sel aXi,
joli bourg entouré de jardins, vis-à-vis duquel, sur la rive occidentale, est situé un bourg plus grand, (également) connu sous le nom de Bathat iwL? \ puis à Atrit sur la rive orientale,
puis à Djandjar^-^^-, lieu dont le territoire est très-fertile en céréales, et vis-à-vis duquel se trouve sur la rive occidentale Miniet Haufi bourg considérable; puis à Manbit ovsjjL*,
Heu situé sur la rive orientale vis-à-vis de Warouwa , bourg très-peuplé où se trouve un joli bazar; puis à Hamaria vis-
à-vis de Miniet el-Haroun sur la rive occidentale,
d’où l’on descend à Sabarecht le Grand oi-wj-acp sur la rive
orientale, puis à Sabarecht. le Petit sur la rive occidentale , « ôù l’on cultive avec succès diverses plantes et no- « tamment le sésame et le chanvre; » puis à Miniet Gbamr «..-yOco
‘ Le ms. A. porte Ajo et la version latine Banna ; mais cette leçon est vicieuse , à en juger d’après le ms. B. où les noms propres de lieux sont, en général, écrits d une manière plus correcte. Voyez, au surplus, YEdrisii Africa, page SgS.
‘ La version latine porte Anzit.
ào .
Feuillet 8o recto, j.s (ou Mit Ghamr^ bourg sur la rive orientale, « où est
« un marché ; il s’y fait constamment un grand commerce d’im- « portation et d’exportation. » Sur la rive opposée est Miniet Racba de là, en suivant la rive occidentale, on descend à Miniet el-Firan « où l’on cultive le cumin, l’oignon et l’ail
« sur l’emplacement de l’ancien château du prince. »
A l’orient de ce lieu est Dacarcous , « bourg très-
« considérable, entouré de vergers et de champs cultivés, et où « se tient une foire tous les mercredis. » De là on descend à Miniet Fimas « joli bourg dont le territoire est entiè-
rement productif et fertile, » en face duquel, sur la rive occidentale , est situé Ilanout , « bourg arrosé par des eaux cou-
« lantes, où l’on cultive beaucoup de beau lin. Cette culture forme « la principale ressource des habitants. » De là à Miniet Asna aaâ^ LUwi à l’orient du canal , puis à Damasis , dont il a été
déjà fait mention. « Damasis est un bourg très-peuplé; il s’y tient « tous les samedis une foire très-fréquentée par les marchands, « où l’on vend et l’on achète des étoffes et des marchandises de « toute espèce. »
Celui qui se propose de descendre par le bras occidental va d’Antouhi à Malih ville commerçante, située vis-à-vis
de Miniet A’bd-el-Melik dUlî aajLo, gros bourg sur la rive orientale, dont le territoire est très-productif; 20 milles.
De Malih à Tantana AÂkAh, petite ville située sur la rive occidentale, « dont lés hahitants se livrent au commerce et vivent « dans un état paisible et prospère ; » 1 5 milles.
De Tantana à Talti JaAL sur la rive occidentale, vis-à-vis de Dja’faria aj^îx:» , bourg sur la rive droite ; 1 5 milles.
De Talti à Belous sur la rive occidentale, vis-à-vis de
Santa, «bourg agréable et bien peuplé. »
' Le ms. A. porte Kirawan ; L version latine, Moniet Alamran.
^ La version latine perle Folous, mais nos deux manuscrits donnent ■
De Belous à Sounbat EUUi , « ville dont les habitants culti- Feuillet 8o verso. « vent le lin\ se livrent au commerce et sont fort riches, et qui « est située sur la rive gauche du Nil, vis-à-vis de la ville de « Wancassr »
De Sounbat on se rend à Choubra , « ville située à l’em- « boucbure du canal qui fait face à Damasis «i, dont nous « avons fait mention ci-dessus^. «
Celui qui veut se rendre de Damasis à Tennis (jwwvâj par le Nil, descend d’abord jusqu’à Miniet Bedr j>k> xyU, environ 2 milles.
C’est de là que part, du côté oriental, le canal de Chancba UijU: , qui passe auprès de la ville de ce nom , « ville très-agréable, dont « les environs sont bien cultivés et plantés d’arbres et de cannes « à sucre. »
De là à Albouhat , ville située sur la rive orientale ,
« bien peuplée, possédant des bazars et ceinte d’anciennes mu- « railles en pierre; » 24 milles.
De là à Safnas « pétite ville bien peuplée, » 18 milles.
De là en se dirigeant par terre vers l’occident à Tanah , ville située sûr la rive orientale du canal de Tennis; 26 milles.
De là au lac de Zar situé dans le voisinage de Farama Itjj.
Ce lac touche au lac de Tennis qui n’est séparé de la mer que par un intervalle de 3 milles. Il est très-vaste, et, indépendamment de l’île^ de Tennis, on y remarque celle de Hissn el- Ma située vis-à-vis et non loin de Farama. Bardouin
, qui conquit la Syrie à une époque postérieure à l’hégire , . parvint jusque-là; et ayant couru le risque d’y rester submergé avec son cheval , il revint sur ses pas
‘ Ceci se trouve conforme à ce qu’on lit dans l’itinéraire de Benjamin de Tudèle, page 121.
^ Et non de la ville, ainsi que porte la version latine.
’ Il s agit ici de Baudouin, frère de Godefroy de Bouillon, qui, d’après le récit d Abulfaradj ( Hist. dynast. page Syy), mourut à Jérusalem en 1118 de J. C. Voyez aussi Abulfcdœ Annal, muslem. tome III, page 3y2.-
Feuillet 8o verso. A l’est de Teiinis, en tirant tant soit peu vers le sud ^ et dans le lac de ce nom , est l’ile de Touna ; au midi de Tennis est l’île de Nabalia iUUj; à l’occident du canal de Chancha Liôlû, dont nous venons de parler, il existe un grand nombre de villages et de bourgs, lieux cultivés et produisant toute sorte de denrées utiles.
Celui qui veut aller de Damasis u-m-s-'-o* à Tennis par le grand canal, passe d’abord par Mini et Bedr dont il a
été question ci-dessus; puis il se rend à Bana U? \ bourg situé sur la rive occidentale à i o milles. « Bana est un lieu parfaite- « ment cultivé et très-fertile, » au-dessus duquel le Nil se partage en deux branches qui forment une petite île, à l’occident de laquelle est le bourg de Boussir^^^; de l’autre côté, c’est-à-dire sur la branche orientale, est Rahl-djerah ville petite,
mais dont le territoire est riche et fertile. Entre Rabl-djerah et l’embouchure du canal de Chancha U*jU; , on compte 4o milles.
De même, de Boussir et de Bana Lo à Miniet-ebn-Djerah située sur la rive orientale , et à Semenoud , « ville jolie, riche, peuplée, située sur la rive opposée, et où " l’on trouve à bon marché tout ce qui est nécessaire à la vie ; » 1 2 milles.
De Semenoud, en se dirigeant par terre vers l’occident, à San- Feuillet 8i recto, dafa ville située sur les bords du canal de Bolkina ■jv-ssüL ,
8 milles.
De Semenoud à Tha’banié « ville populeuse et com-
" «merçante, » située sur la rive occidentale du canal, i8 milles.
De là à Miniet A’sas « bourg dont le territoire est
« très-fertile , » i 2 milles. <
^ Le ms. B., que nous suivons ici, oflire une leçon qui justifie pleinement la conjecture émise par M. Hartmann , Edrisii Africa , page 4o8.
’ h' Abrégé porte Sandaca.
De là on descend à Djoudjar vis-à-vis de Wanch el- Hadjar \ « petite ville située sur la rive orientale , » i 2 milles.
De Wanch el-Hadjar à la ville de Toukha (ou Tarkha Ui^ d’après le manuscrit B. ) , 12 milles.
Cette dernière ville est située sur la rive occidentale du Nil, à 1 2 milles de Djoudjar C’est au-dessous de là que le Nil
se partage en deux branches dont l’une , l’orientale , se dirige vers le lac de Tennis (jwuOj, et l’autre, l’occidentale, vers Damiette . Celui qui, de Toukha, veut descendre à Tennis passe d’abord à Miniet Chahar ville petite, mais
populeuse, commerçante et riche, située vis-à-vis de Mahallé Damnia iUJLoi üksi, bourg situé Sur la rive orientale, « à 5 milles « de distance. »
• Miniet Damnia est au-dessous de Chahar
De Mahallé Damnia üksî à Kibab Baziar
bourg considérable 1 2 milles.
De là en descendant à Kibab el-A’rif 16 milles.
De là au bourg de Damou y>:a , 1 5 milles.
De Damou à Tamakh *, « ville populeuse et commer- « çante , sur la rive orientale , 2 milles. »
De là à Chamous , bourg , 1 o milles.
De là à Cariet el-Anssar sur la rive occidentale, 20 milles.
De là à Cariet Wabida iôjj sur la rive orientale, 20
milles.
De là à Barnabliz sur la rive occidentale, 20 milles.
Puis à Sebista iüUwwvw, 4o milles.
Feuillet 8
‘ Le ms. A. porte Waranch el-Hadjar; la version latine, Nasc el-Hadjiar. Nous suivons ici le ms. B. , feuillet 12 5, recto et verso.
Le ms. A. porte ; la version latine, Cqebab al-Bazbar.
* Nous suivons ici nos deux manuscrits : Y Abrégé porte Tanah .
1 recto.
Feuillet 8i recto. Enfin au lac .cle ‘Tennis vers l’occident, i 5 milles.
Les eaux de ce lac sont douces en été lors de l’inondation du Nil. En hiver et jusqu’à la saison- des chaleurs, les eaux de la mer prennent le dessus et communiquent (à celles du lac) leur salure. Il y existe des villes entourées d’eau et semblables à des îles, telles que Nabli (J^, Touna <!üy , Samnat aU<v-, Hissn el-Ma . (j-wâjs-, et on ne peut y aborder qu’au moyen de barques. « On tire de Tennis, ainsi que de Damiette, des étoffes fines de l’es- « pèce dite Dabiki J-o* et Chorb . Sous le rapport de la tein- « ture, rien n’égale les étoffes de Tennis, et elles sont tellement « belles et précieuses, qu’un seul manteau, lorsqu’il est broché « en or, vaut quelquefois mille dinars, et sans or, cent ou deux « cents environ. La matière principale de ces étoffes est le lin. « Quant à celles qu’on fabrique à Chata à Dinwa et « à Damira et dans le voisinage de ces îles, elles sont
« sans doute très-fines; mais elles n’approchent pas de celles de « Tennis h »
Ce lac a peu de profondeur. On le traverse presque partout sur des bacs. On y rencontre (quelquefois) deux bâtiments s’é- Feuiilet 8i verso, loignaiit l’un de l’autre, voguant en sens contraire à pleines voiles par le même vent, et se croisant avec une égale vitesse.
Quant à Damiette , c’est une ville bâtie sur les bords et à une certaine distance de la mer. « On y fabrique des étoffes de l’es- DAMiRTTE, « pcce dite Dabkié A+joi et d’autres qui, pour la perfection du tra- « vail, approchent de celles de Tennis^. » Le bras du Nil sur lequel Damiette est située est dérivé de celui qui descend à la ville de Tennis et dont le point de départ est au-dessous de Toukha dont nous avons déjà parlé. Celui qui, partant de Missr, désire s’y
‘ Notre texte contient ici une anecdote fabuleuse et sans intérêt que nous nous abstenons de traduire.
’ Voyez, au sujet de ces étoffes, les Mém. géogr. sur l'Égypte de M. Quatremère, t. I, P- 3o8 et Sog.
rendre, passe par les villes, Loiirgs et- lieux habités dont nous avons donné l’énumération, jusqu’à ce qu’il soit parvenu à Toukha. Prenant ensuite la branche occidentale du Nil qui coule vers Damiette, il parcourt, en descendant, lo milles jusqu’à Damira k petite ville située sur la rive occidentale du canal, « où <: l’on fabrique de jolies étoffes destinées à l’exportation, et où « il se fait beaucoup de commerce; » de Damira, en descendant le canal, à Cbcrencas «ville petite, industrieuse et
« commerçante, » située sur la rive occidentale, 17 milles.
De là à Saremsah (ou Charemsah petite ville
située sur la rive orientale, 20 milles.
De là à Mlniet el-O’louk Oi.jéxlî üjyU, « bourg bien peuplé, où « l’on trouve des pressoirs à sucre et des productions de la terre « en abondance et qui est situé sur la rive orientale du canal, « 20 milles.
De là à Fareskou ^ sur la même rive, 10 milles.
De Fareskou à Boura , « gros bourg dont le territoire est « très-productif, » 1 5 milles.
Et de Boura à Damiette ^
« Ce qui fait, pour la distance totale de Toukha à Damiette, io5 milles.
«De même de Toukha à Damasis on compte 110
« milles.
« De Damasis à Antouhl , environ 90 milles.
«De l’embouchure d’Antouhi à Chantouf Oj.h 100 « milles.
' Le ms. A. porte Dahira .
^ Nous suivons ici l’orthographe de nos deux manuscrits, quelque vicieuse qu’elle puisse être. Toutes les cartes^ (sauf toutefois celle de Paul Lucas) portent Fareshour, et c’est ainsi que nous avons nous-même entendu prononcer ce nom sur les lieux.
‘ L addition des quantités ci-dessus ne donne que 92 milles : on peut supposer que la distance entre Boura et Damiette est de i3 milles.
Feuillet 81 verso.
Feuillet 8i verso. « Et de Chantouf à Foslat 5o milles* «
Mais, pour revenir au canal de Maliallé nous disons
que son point de départ est au-dessous de Tantana ^ et
qu’il coule vers l’occident jusqu’à Chermah situé sur le
canal de Damiette.
De ce pointa MinietGhazal ükm à l’orient, on compte 20 milles.
« Ce bourg, très-agréable et offrant beaucoup de ressources, « est situé vis-à-vis de Mahàllet-Abi’l-Heïthem XLs: sur
« la rive occidentale. »
De Miniet Ghazal à l’emboucbure du canal de Bolkina
5, « bourg dont le territoire est couvert de jardins et de « cultures,» i5 milles.
A partir de là, commence un autre canal qui coule directement à l’ouest, «vers Sakha l^, et sur lequel on voit d’abord « à l’occident Dar el-Bacar jJuJi jls; » plus bas, également à l’occident, le boùrg de Ma’tamadié puis celui de Matboul
à l’occident, « où se tient un marché à jour fixe, » puis Feuillet 82 recto. Sakha Uii®. « Sakha est dans les terres, et c’est un chef-lieu de « district. » De là, en se dirigeant vers le midi, on va à Mahallé Sirt , puis à Menouf el-A’lia Ubdl , « bourg dont le
« territoire est fertile et les dépendances bien peuplées ; » puis à Sekaf «joli village dont les habitants vivent dans l’abon-
« dance de toutes choses; » puis enfin à Chantouf .
Reprenons notre itinéraire à* f embouchure du canal de Bolkina dont nous venons de parler. De là on descend à Mahallé Akjiî, « grande ville où sont des marchés bien fournis, et où il « se fait constamment des affaires de commerce »
A 45 milles de Mahallé on trouve la ville de Sanhour
^ Le ms. A porte Tanta. — ° La version latine porte Seremsah.
^ Nos deux manuscrits sont-d’accord sur l’orthographe de ce nom. La conjecture émise par M. Hartmann [Edris. Afr. page 422) se trouve donc confirmée.
où aboutit lé canal de Bolkina. Cette ville a vis-à-vis d’elle, Feuillet Sa recto, à l’orient et à i mille et demi de distance , celle de Sendia \ jolie ville située à i5 milles de distance, par terre, de Semenoud Cette dernière ville est sur le canal de Tennis
et de Damiette.
De Sendia on se rend à la ville de Mahallé ; de là à Mahallet el-Dakhel «Ksî, bourg situé a l’occident du canal;
de là à Damira , « où l’on marque d’un signe les étoffes dites Choroub » l’une et l’autre sont de grandes villes « où l’on fa- « brique (des tissus) pour les riches et pour les pauvres; » de là on se rend à Damiette.
« Nous venons de décrire d’une manière suffisante les canaux « orientaux (du Nil), ainsi que leurs ramifications. Il nous reste • à traiter convenablement des canaux occidentaux, et de l’état • « des pays situés sur leurs rives. »
Nous disons donc que le voyageur qui désire descendre de Missr à Alexandrie passe d’abord devant l’île d’Ancach et devant Embabé villes situées entre le§ deux rives du Nil,
« et où l’on avait coutume d’apprivoiser les bêtes sauvages à l’é- « poque de la domination du prince de l’Egypte * ; » i o milles.
Puis à Akhssass , « lieu couvert de vergers , d’édifices
« et de jardins d’agrément; » 20 milles.
De là en descendant le Nil à Dhorouat «jyi, 5 milles.
De là à Cbantouf , petite ville bien peuplée « dont le
« territoire est fertile » et qui est située vis-à-vis d’Omm-Dinar jLoi J.I, joli bourg sur la rive occidentale, 20 milles.
De là à Achmou (ou plutôt Acbmoun) Djoreïch petite ville sur la même rive, 1 5 milles.
' On trouve sur la carte du général Reynier un lieu du nom de Seneta dont la situation paraît correspondre à celle de la ville dont il est ici question.
*** 11 ^ Sic,
Feuillet 82 recto, De là à el-Khoreïcli ou el-Djoreïch ou sur la rive
orientale, 1 8 milles.
« Cette dernière ville est jolie, située dans un vaste et beau « pays, commerçante, bien bâtie et entourée de vignobles et « de vergers. »
De là à Remal el-Sanim jUj
Par la permission’ du Très-haut, il s’opère en ce lieu un prodige consistant en ce que, si l’on enterre un os dans le sable, au bout de six jours il se cotivertit en une pierre très-dure.
De Remal el-Sanim on se rend à Abi-Iabnes jÎ , gros bourg entouré de jardins; de là à Tarnout petite ville
bien peuplée où il se fait beaucoup de commei-ce; et de Tarnout à Chantouf, 5o nàilles.
Feuillet 82 verso Auprès de Tarnout est une mine de sel natron d’une
excellente qualité; on en expédie dans tous les pays. Tarnout est sur le canal de Chabour ; en effet lorsque ce bras du Nil est parvenu à Remal el-Sanim Jloj , il se subdivise
en deux canaux, dont l’un, roccidental, passe à Tarnout à
Restama à TanoutcjyUs, à Chabour gros bourg, à
Maballet el-Seïda à Resial à Caranta ou
Faranta ou à Souc abi-Mena U.« à Caranlil
Jui-i/ï , à el-Karioun , à Ssabar j-*.o , et enfin à Alexandrie
Ce canal n’est rempli d’eau et on n’y peut naviguer qu’à l’époque de la crue du Nil , attendu que son niveau est plus élevé que celui des basses eaux du fleuve. Ce canal, lorsqu’il est parvenu à Ternout , forme une courbure et se dirige vers l’orient au point de coïncider avec l’autre auprès de Malig\ et de manière à former l’île de Biar .
Quant au point de départ du canal oriental, il est auprès de
* Nos deux manuscrits étant à peu près illisibles ici, nous croyons devoir suivre la version latine.
Kemal el-Sanim jUy . Ce canal se dirige vers le nord, et Feuillet 82 verso
va rejoindre l’autre auprès de Bebih b « Dès son origine , au- « dessous , on trouve sur la rive orientale des champs cultivés et « de nombreux villages qui se succèdent sans interruption jus- « qu’auprès de Menouf el-Asfali » De là il (le canal)
passe à Thana Us, puis à Cabicha puis à Beïdaria üjjI<Xaj,
lieu situé en face d’el-MénarjUil ou Bebih suc la rive occidentale ; c’est là que les deux canaux se réunissent et n’en forment plus qu’un. Au-dessus de Bebih est un bourg dit Colaïb el-O’mmal JUjdl <a.U5. Le Nil descend ensuite vers le nord jusqu’à Sa oUa bourg situé sur la rive orientale, vis-à-vis de Cliakla sur la rive occidentale , 1 5 milles.
« De Sa oLo à Estafia iUslk-ol , joli bourg bien peuplé, sur la « rive orientale, 20 milles.
« De là à Mahallet el-A’louï icksî, gros bourg entouré de
«jardins et de cultures, situé vis-à-vis de Sornabi autre
« bourg sur la rive occidentale , 1 5 milles. »
De Mahallet el-A’louï à Fouah oy, i5 milles.
« Fouah est une jolie ville dont le territoire produit des fruits « et toutes choses en abondance; il y a un marché, et c’est un « lieu de commerce. « Vis-à-vis de Fouah, le Nil se divise en deux branches de manière à former l’île dite d’el-Raheb , à l’extrémité de laquelle est située Sendioun «qui fut jadis
«une ville,- mais qui est aujourd’hui ruinée-, et dont il ne «• subsiste que les vestiges et divers villages contigus. » De Fouah oyi à Sendioun sur la rive orientale , on compte environ 1 5
Sur la rive opposée est le bourg de Samdisi distant
de Sornabi de 1 5 milles. Un peu au-dessous de Samdisi
dérive un bras du Nil peu considérable qui se décharge
‘ La version laline porte Malig.
’ Je lis ici uaavjS
Feuillet 82 verso.
Feuillet 83 recto.
n.VCHID
ou