ROSETTE
dans le lac Mart ijU ^ situé au nord-ouest et dont l’étendue est à peu près de 4o milles de long sur 2 milles de large. Ce lac a peu de profondeur jusqu’auprès du rivage de la mer dont il suit les contours. A une distance de 6 milles de Piachid (Rosette), son embouchure est d’environ dix brasses de longueur sur .me largeur égale à celle d’un jet de pierre. Ce lac communique avec un autre qui a 20 milles de long et une largeur moindre que celle du premier. Les eaux n’en sont point profondes , « cepen- « dant il est navigable jusqu’à son extrémité. » De ce point jusqu’à Alexandrie, on- compte 6 milles. Les voyageurs quittent (ici) les navires et continuent leur route par terre et en caravane jusqu’à Alexandrie.
Quant à la descente à Rosette par le grand bras du Nil , en voici l’itinéraire : de Samdisi à Hafer^lu»., bourg situé
vis-à-vis de Nessoubis el-Romman bourg sur la rive
orientale, 20 milles.
De Hafer à el-Hadidia O'.iL \ 1 5 milles-
Et de là à Rachid (Rosette). .... • ’
«Cette dernière ville est florissante. Il y a des marchés, du « commerce, de l’industrie. La campagne qui l’environne produit « du blé, de l’orge, toute sorte de légumes, des daites et des « fruits en' abondance; on y trouve en quantité du poisson- de « mer et du poisson du Nil; on y pêché le Delis on le
« sale, on le transporte au loin, et c’est un objet de commerce. »
« La plupart des bourgs et des villages de l’Égypte sont dans « le Djauf (ou plutôt dans le Hauf ô^^) et dans le Rif
' Maréotis.
’ La version latine porte Giodaidia , mais nos deux manuscrits sont d accord sur l’orthographe que nous proposons.
’ Il faut probablement lire ici c’est-à-dire la telUne , sorte de coquillage
bivalve au sujet duquel on peut consulter la Chrestomathie arabe de M. de Sacy, t. I. p. 1/17, et la traduction cV Ahd-allat'^ par le même auteur, p. i47 et 3i4.
« Le Rif est la contrée située au midi du Nil U La majeure partie Feuillet 83 recto. « des habitants de ces villages sont des Coptes chrétiens et jaco- « bites. Ils possèdent un grand nombre d’églises. C’est un peuple « inoffensif et qui vit dans l’abondance de tous biens. Ebn-Hau- « kal rapporte, dans son ouvrage, que les femmes coptes accou- « chent souvent de deux ou de trois enfants à la fois, et qu’on « ne peut attribuer une telle fécondité qu’à l’infl^uence de l’eau « du Nil. »
De Rachid à Alexandrie, on compte 6o milles, savoir :
De Rachid aux Sables et à Boukir 3o milles.
De là à el-Cassreïn et à Alexandrie , 3o milles.
« On pêché à Alexandrie une espèce de poisson rayé dont le « goût est agréable , et qui s’appelle el-A’rous
« Nous avons donné l’itinéraire de Missr j-wm à Asouan « et au Saïd Nous avons également décrit la route
« de Missr à Afrikia » Notre intention est maintenant
d’indiquer, station par station, le chemin qui conduit de Missr à Sedjelmesa par Behnesa et qui fut suivi par les Mo-
ravides , en 53o de l’hégire ( i i37 de J. C.).
De Missr à Behnesa on compte 7 journées.
De Behnesa à Djob-Manad 1 journée.
Puis à Feïdia 1 journée.
Puis 2 journées sans eau.
A la fontaine de Caïs (jwuÇ» 1 journée.
A Ghaïat 1 journée.
A la montagne d’Amtalas 1 journée.
‘ Voyez sur le Ilauf et sur le Rif, la même traduction, p. 897 , et les Recherches critiques et historiques sur la langue et la littérature de l’Égypte, pages 179 et suiv.
* D après notre auteur, l’usage de ce poisson , rôti ou cuit de toute autre manière, procure des rêves agréables ; mais ce conte, dont le sens est difficile à comprendre, ne nous paraît pas mériter la peine d’être traduit en entier.
’ Ou plutôt à Mahdia.
Feuillet 83 recto.
A Nasnat , i journée.
A la rivière de Castara i journée.
A la montagne de Sarwaï i journée.
Au désert de Tebdit 3 journées sans eau.
A l’étang de Clienawa dont l’eau est potable,
1 journée.
Au mont Tati jlï i journée.
A Samela i journée.
A Sirou, dans la montagne, , i journée.
Au désert de Metalawat 6 journées sans eau.
A Necaou i journée.
A Salouban montagne, i journée.
Au mont Wedja'd iU-j Aas- , i journée.
A Nadrama iUîjiXj.
Au mont Cozoul i journée.
Au mont Aïdemour 3 journées de désert sans eau.
A Soulkaïa IjIïÜaw, 2 journées.
A Tamet o-ob, i journée.
A Sedjelmasa i journée.
Ce chemin est rarement fréquenté. « Les Aloravides yj — , « pour le parcourir, prirent des guides. »
De Missr à Bagdad on compte 670 parasanges,
ce qui équivaut à 1710 milles.
Pour aller de Missr .à latbrib (Médine), on passe par
les lieux suivants : el-Djoub 4^41, el-Bouaïb , Menzil ebn- Sadca A’djeroud Rouïtha aÂj.jJ), Kersa
Hafar Allah , Madian A’ra Kelaia
üjyvS', .Cha’ab c-wjtû, Beïdha l *<^^1, M'^adi’lcora Ro-
heïba Dhi’l-Mervvfet , Mor^^e, Soueïda
Dhi-Khachab , Médine ou lathrib.
Il existe une autre route qui suit les bords de la mer de CoL zoum, savoir : de Missr à A’ïn Chams (jv* ( Héliopolis), à
M^tarié , Birket el-Djob lac où se déchargent
les eaux du canal du Caire, àyûUJi le puits d’A’djeroud
le puits d’el-A’djouz Colzoum Batn Mo-
ghaïra port auprès duquel il existe un lac, le golfe
de Faran Merbad Os.^, lathran ouBathran yî^j,
lieu dangereux où se perdent souvent les navires durant la tempête : en effet, c’est une baie qu’une haute montagne domine; lorsque le vent vient à souffler de ce côté , il s’engouffre , descend vers la mer, soulève les ondes, et fait périr tous les navires qui s’y trouvent; lorsque c’est le vent du midi qui souffle, il n’y a aucun moyen d’en sortir. Cette baie dangereuse comprend un espace d’environ 6 milles; on dit que c’est là que Pharaon fut submergé. Auprès de Faran ylj — », il existe également un endroit difficile à traverser lorsque le vent souffle de l’est à l’ouest ou de l’ouest à l’est. Cet endroit s’appelle Djeïlan
De Djeïlan on se rend au mont Sinaï Jsx»-, à Aïlah aNjI, à Hakel JJiü, à Madian à Hawra à el-Djar jUl, à Kho-
deïd à A’sfan à Batn Mer’i ^y> (jjiaj, et à la Mecque
»Si «. « L’itinéraire de Missr^,->A.fl à Farama U^ÂÎl est comme il
suit :
« De Missr à Belbeïs j-uçsL , i journée.
« De là à Cabous ville, i journée.
« De là à Kharkhlr , i journée.
« Nous parlerons ci-après de l’état actuel de Farama, s’il plaît « à Dieu. »
Suite des cotes de la mer Rouge. — Palestine. — Ascalon. — Jérusalem. — Naplouse. — Acre. — Tibériade. — Damas. — Ba’lbeck. — Seïde — Beïrout. — Tripoli de Syrie. — Hems.
Feuillet 83 verso. Cette section comprend une partie de la mer de Colzoïim et du désert de l’Egarement, une partie de la Méditerranée et des villes , ports et forteresses situés sur son littoral , la Palestine , le pays de Damas, le Hedjaz supérieur, et une partie du désert existant à l’occident de ces provinces.
Les pays les plus connus (dans ces limites) sont Colzoum piï, Faran yijls, Aïlah aKjÎ, Madian Khaïbar^^-vA.^, Wadi’l
Cora el-Hadjar J. — Tabouk — o. Douma
Ma’den el-Bacra ayuJS el-Gbadi Sebala '^\ — ^1,
Raliet la ££>!j, Farama Ascalan Gbazza oy.^, Ramlé
«X , Jérusalem oyo, Tabarié Naplouse
Damas Ba’lbek Hems Jaffa bl», Césarée
Arsouf Acre L-Xc, Sour jya, Beïrout Na’ima üsUll,
Djobaïl Tripoli Antartous — LjJajL Belinas
Djebali Ladlkié Soueïda (ou Soueïdié)
, Antakié iUSUajF. Nous décrirons en détail, s’il plaît à Dieu, les édifices, les curiosités qu’on y remarque, les objets d’industrie qu’on y fabrique, ceux qu’on y apporte du dehors, ceux qu’on en exporte, ainsi que les distances respectives des lieux, soit en parasanges, soit en milles, ainsi que leur situation.
« La mer de Colzoum s’étend, en longueur, sur un espace « d’environ 3o journées, et sa plus grande largeur est de 3 jour-
‘ Pour l’orthographe de ces noms nous suivons , en général, les leçons du ms. B.
« nées; ensuite elle se rétrécit au point que d’une rive l’on Feuillet 84 recto. " peut apercevoir la rive opposée. C’est vers l’endroit le plus « large qu’est situé Colzoum. »
Cette mer ressemble à un fleuve. Au-dessus du niveau de ses eaux s’élèvent des montagnes et des écueils apparents; au-dessous, sont des écueils cachés, « à travers lesquels les navires ne « peuvent se frayer un passage que par des voies connues seule- « ment des marins expérimentés, qui joignent à la connaissance « de leur art celle des, lieux dangereux. La navigation n’a lieu « que de jour; durant la nuit, personne n’ose s’y hasarder, à « cause des bordées qu’il faut faire en route, des diflQcultés à « vaincre' des écueils à éviter.
« Le nom de Colzoum s’appliquait autrefois à deux villes, mais « elles ont été presque entièrement ruinées par les Arabes qui s’en « sont emparés et ont dépouillé de leurs biens les habitants,
« en sorte qu’il y règne une profonde misère. Le nombre des « maisons a progressivement diminué; les voyageurs ont craint « d’y venir, le commerce a cessé, et toute ressource a disparu.
« Les habitants boivent de l’eau d’une source dite el-Serbes <1 située au milieu des sables; mais cette eau est salée au point « qu’on peut à peine l’avaler. »
De Missr^-ei^ à Colzoum, on compte 90 milles.
De Colzoum à Farama vers le nord, 7 journées.
Telle est également la distance qu’il y a entre la Méditerranée et la mer de Colzoum. Cet espace est connu sous le nom de désert de l’Egarement , parce que ce fut là qu’errèrent les enfants d’Israël au temps de Moïse (sur qui soit le salut!).
C’est à Colzoum pis qu’on construit les bâtiments destinés à naviguer sur la mer Rouge : le mode de fabrication de ces navires est très-curieux. En eflet , on étend d’abord en large la carène sur la terre, et l’on n’adapte, sur les portions adhérentes de cette carène, aucune planche avant qu’elle ait été parfaitement
Feuillet 84 recto, préparée ; ensuite on comprime ( ces planches ) au moyen de cordes faites de fibres de palmier, et l’on opère leur cohésion au moyen de liens solides; cela fait, on calfate (le navire) avec de l’huile de poisson et de la poix pilée. Le fond de ces navires est plat et peu profond, afin qu’ils puissent supporter beaucoup de charge sans se briser sur les écueils.
De Colzoum à Faran Ahroun 4o milles.
Cette ville , située au fond d’un golfe , est fréquentée par les Arabes de la contrée. « Auprès de Faran et du côté de la
« mer, est un lieu creusé par ses flots dans les flancs d’une montagne « de roches très-dures. Les vagues s’y brisent et forment des tour- « billons, en sorte que, lorsque le vent soufile avec viôlence, il <; est difficile d’y passer ; on ne traverse ce lieu qu’avec beaucoup « de peines et souvent même on y périt. C’est, d’après ce qu’on « rapporte, dans cette mer que Pharaon fut submergé. »
De là on se rend au mont Sinaï, Djebel-Tour peu
éloigné de la mer, et s’étendant dans la même direction quelle. Il existe une route frayée entre la mer et cette montagne qui est très-haute, et où l’on monte par des degrés. On trouve au sommet un oratoire et un puits d’eau courante où les voyageurs se
désaltèrent. De Tour on va à Massdef beu agréable,
quoique sablonneux, dont les eaux sont limpides et où l’on pêche teuillet 84 verso, perles. De là à Cbarm el-Beït port sans eau (potable). De là au cap Abi-Mobammed port égale-
ment sans eau. C’est là que commence la montée d’Aïlah
Aïlah est une petite ville fréquentée par des Arabes qui y sont les maîtres. De là on peut se rendre à el-A’ouïd , port où l’on trouve de l’eau, et qui est situé vis-à-vis et à lo milles de distance de l’île de No’man yUjü. « Cette île est peuplée de « misérables Arabes qui vivent des produits de la pêche. » De là au port de Tena où l’on trouve de l’eau; puis à A’touf puis à Hawra s», bourg habité par des chérifs qui
possèdent dans leur voisinage une mine où ils fabriquent des Feuillet 84 verso, vases en terre qui sont un objet considérable d’exportation. Non loin et au midi de ce bourg, est la montagne de Radhoua d’où l’on extrait quantité de pierres à aiguiser, qu’on expédie eti orient et en occident. On y boit de l’eau de puits qui est douce; il y a un port et un château; puis à Wadi’l-Safra l^.juaJ!, beau port; puis à Couaïa’ iLjoyiit , port habité où l’on est obligé d’apporter l’eau de loin; puis à Djar ou el-Djar puis à el-Djohfa ; puis à Codeïd Os — jOo; puis à A’sfan
puis à Djidda, « pays, châteaux et lieux de refuge dont « nous avons parlé dans la description du deuxième climat ' , et « sur lesquels il est par conséquent inutile de revenir. »
Sur les bords de la mer de Colzoum est la ville de Madian plus grande que Tabouk et le puits où Moïse (sur
qui soit le salut I) abreuva le troupeau de Jethro «-aajcsJI. « On dit « que ce puits est (maintenant) à sec^ et qu’on a élevé au-des- « sus une construction. L’eau nécessaire aux habitants provient « de sources. Le nom de Madian dérive de celui de la
« tribu à laquelle Jethro appartenait. Cette ville offre très-peu « de ressources, et le commerce y est misérable. »
De Madian à Aïlah AjI , on compte 5 journées.
D’ Allah à el-Dj ar environ 26 journées.
De Madian à Tabouk, en se dirigeant vers l’est par le désert,
6 journées.
La ville de Tabouk est située entre el-IIadjar et
l’extrême limite du pays de Damas ou de la Syrie; or, cette limite est'à 4 journées (de Tabouk), c’est-à-dire à moitié chemin de Damas. Tabouk est entourée d’une bonne fortification. Ses habitants boivent de l’eau d’un ruisseau qui coule en murmu- ' Voyez ci-dessus, pages iSg et suiv.
* Je ils comme porte le ms. B., et non leçon donnée par le
manuscrit A.
Feuillet 84 verso.
Feuillet 84 bis recto.
rant. H y a beaucoup de palmiers. On dit que la tribu d’Elaïka, vers lac[uelle Dieu envoya Jethro, demeurait ici. Jetliro était né à Madian.
El-Hadjar est à i journée de distance de 4\ adi’l-Cora . C’ est une forteresse située dans un pays de moutdgnes. C’est là qu’étaient, les demeures des Themoudites On y voit, creusées dans le roc, des cavernes que les habitants d’el-Hadjar et des contrées environnantes appellent el-abalib Ces montagnes, au premier coup d’œil, paraissent contiguës; mais lorsque le voyageur est parvenu au milieu d’elles, il voit qu’elles existent séparément, et qu’on peut faire le tour de chacune, car elles ne se touchent point. C’est là qu’existe encore aujourd’hui le puits de Themoud. El-Hadjar est de tous côtés environné de montagnes et de sables qu’il n’est possible de gravir qu’avec beaucoup de difficultés et de peines.
D’el-Hadjar à Tima l — on compte 4 journées; et de
Tima à Kbaïbar jj^^, également 4 journées.
Kliaïbar j-A-A à. est une petite ville, ou plutôt un fort entouré de palmiers et de champs cultivés. C’était, dans les premiers temps de l’islamisme, la résidence des Beni-Coraït et des Nodhaïr ^ Samwa ebn-Adia person-
nage auquel le proverbe relatif au paiement des dettes fait allusion , y demeurait k
De là à Médine on compte 4 journées.
« Auprès de Kbaïbar j — s’élève la montagne de Radhoua « montagne très-haute dont les bifurcations, les vallées et
« les sommets donnent naissance à des sources d’eau* pure et « limpide, et favorisent la végétation des arbres. On en extrait « des pierres à aiguiser qui sont transportées au loin. »
’ Il s’agit ici de Samuel, juif célèbre, qui reçut en dépôt les armures d Amri alkaïs et souffrit tout plutôt que de les livrer. ( Note de M. de Sacy. )
Dans l’intervalle compris entre cette montagne, le territoire des Feuillet 84 bis recto. Djoheïna ^ jLs et la mer, sont des habitations où réside
une peuplade issue de la race de Hasan, fils d’Aly, fils d’Ahou- Taleb. « Ce sont des tentes tissues de poils. La peuplade dont il « s’agit est nombreuse, et ses mœurs sont semblaBles à celles des « Arabes. Comme les Arabes, cette peuplade subsiste en cher- « chant des pâturages et de l’eau pour ses troupeaux; enfin il « n’existe entre elle et les Arabes aucune différence sous le rap- « port du genre de vie et des mœurs.
« Ce pays est limitrophe, à l’est, avec la vallée du Jourdain « et situé à i journée de distance d’el-Djobfa »
De là ,à Abwa i^i, sur le chemin des Pèlerins (de la Mecque), on compte 6 milles.
De Tima à Doumat el-Djandel JovâJI 4 journées.
« Doumat el-Djandel JjvÂif est une place forte et un lieu <1 de refuge très -sûr et bien habité. Son territoire est limité
« par la fontaine dite Aïn’ el-Nemr et par le désert de
« Khachab lequel fait partie du désert de Samawara
« àjj—fvJî ajsL ( ou plutôt de Sémavva SjUw ). Le désert de Kha- « chah s’étend depuis Racca iü; jusqu’à Baies sur la gauche « du voyageur »
Tima \ — est une place forte, de construction ancienne, et plus peuplée que Tabouk — .o, dont elle est à 4 journées de distance.
De Tima aux confins de la Syrie, on compte 3 journées.
« 11 existe à Tima Uÿ de l’eau et des palmiers; c’est un lieu « de passage par le désert et il y a quelques marchands. Le pays « compris entre Aïlab , Tabouk et Wadi’l-Cora
« est habité par les tribus de Lekbm de Djoudbam
« piés-»., de Djobeïna et de Bili Ju. On y élève des cha-
‘ Nom d’une tribu célèbre. — ^ jJI jLwfcj q*.
uille< 84 bis reclo.
« meaux, et on y trouve en abondance du lait et du beurre. Ces « tribus sont nomades, hospitalières et généreuses; elles habitent « sous la tenté et se transportent d’un lieu à un autre , sans pos- « séder de demeures fixes; elles ont des pâturages d’été et des « pâturages de*printemps , quelles fréquentent périodiquement.
« Quant à la montagne d’el-Kiam pUTl , nous en traiterons ici , « parce qu’il n’en est point dans f univers habité qui embrasse une « plus grande étendue. En effet, cette montagne commence auprès « de la mer de Colzoum, se prolonge vers la Syrie où elle prend « le nom de Liban puis vers Hems où elle s’appelle
« mont Bebra et Natouh j elle passe à Ladikié
« AAïiii (Laodicée), où on la nomme el-Kiam pUù; puis à \
« et à el-Harounié ; puis à Maracb puis à Samisat
« (Samosate), quelle domine; puis à Amad où elle
« prend le nom de Djebel el-Selselé XX Là elle se
« divise en deux branches, dont fune se dirige à f orient, vers le « fort el-Mansour , et Bab el-Abwab où
« elle rejoint le mont Cabc fautre passe de Amad à
« Miafarekïn et de là elle se dirige au sud, vers les con-
« fins du Barma U^L où elle prend le nom de montagne du « Kurde sjiTi Joæ- ; puis vers Cbebrézour puis vers Hal-
« wan puis vers les monts Samira cLs^i
« au sud d’Ispahan de là elle se recourbe et se dirige
« vers Cachai! yLwiï, vers Coum et vers Raï où elle
« atteint les montagnes du Dilem p— Li>. Elle suit les bords de « la mer Caspienne , touche au lac d’Aral
« passe au sud du pays des Gboz , et parvient à Farab ljSJc , « d’où elle court vers fest, joint les monts Ferdahas «‘qui sortent de la mer de la Chine ou de f océan, traverse le .« Tibet ok vdS par son milieu, passe au sud-est du pays des Khi-
^ Ce nom de lieu est illisible dans nfls manuscrits. — “ Amadia. — ^ Derbend.
* Caucase. — * Nom de lieu qui m’est inconnu.
« zildjis R^jÂ, en sorte quelle embrasse depuis les confins des « pays de l’islamisme jusqu’à Ferghana xjUy.
« Une (autre) branche de cette montagne se dirige au midi « de Ferghana vers les montagnes d’el-Botem piull \ dont
« elle tire son nom. Au sud d’Osrouchna et des eaux de
« Samarcande *XÂjy,.çw dérivent un rameau vers Nesef <t au midi du Soghd Os — lUail vers Kech et Nesef r
« J et la contrée du Zam sur le Djihoun « puis deux autres embranchements, dont fun se dirige au nord,
« vers Djordjan s’étend sur le pays de ce nom, empiète
« sur le Talcan yUJUaJI, passe auprès de Merw el-Roud « auprès de Tous à l’orient de Nisabour (cette vüle
« est située au pied de la montagne) se prolonge jusqu’à Raï « à la droite du voyageur qui se rend du Kliorasan à l’irâc,
« et se réunit enfin à la chaîne principale, ainsi que nous l’avons « dit plus haut. »
Les limites de la Palestine première dépendance de
la Syrie, comprennent un espace qui s’étend sur 4 journées de distance, (de l’est) à l’ouest, c’est-à-dire depuis Refah jusqu’à el-Lalioun et en largeur sur 2 journées de marche,
c’est-à-dire depuis lafa Ul» (Jaffa) jusqu’à leriha (Jéricho).
« Za’ra les demeures du peuple de Loth jLi, le lac
« Asplialtite iCÂAÀÜ , et les monts Charat ii\j^ sont com- « pris dans cette contrée et sont censés en faire partie quant à « l’administration, jusqu’aux limites d’Aïlali aKj! »
Les demeures du peuple de Loth , le lac Asplialtite , Za’ra et tout le pays, jusqu’à Baïsan yU-yo, et Tabarié (Tibériade),
sont nommés el-Ghaur jydl , parce qu’en effet ils forment un
‘ Voyez, au sujet de ces montagnes, la Géographie Orientale attribué© à Ebn- Haukal et traduite par sir VV. Ouseley, p. 8. — ^ Le ms. B. porte Zacah
^ Je ne sais si j ai bien rendu le sens de ce passage dont voici le texte arabe :
<Jt ^ydt .
Feuillet 84 bis verso.
Feuillet 84 bis verso, bas -fond entre deux montagnes. Toutes les eaux de la contrée de Damas concourent, en se réunissant, à former un fleuve célèbre (le Jourdain), dont l’origine est le lac de Tibériade, auprès de Ja ville de ce nom, et qui reçoit divers affluents, tels que le larmouk le Had les rivières de Baïsan
et celles qui descendent du Kowarmat des montagnes de Jérusalem du Sépulcre d’ Abraham
|i> — (Hébron), et de Naplouse Toutes ces eaux
se réunissent et tombent dans le lac de Za’ra ^ aussi
nommé lac de Sodôme et de Gomorrhe oj — gj-A-»: , villes qui furent jadis habitées par le peuple de Loth, submergées par la permission de Dieu, et dont l’emplacement e^t occupé par un lac d’eau fétide qui porte le nom de mer Morte. En effet, il n’y existe rien d’animé, aucun poisson, aucun reptile, aucun de ces êtres vivants qui peuplent les autres eaux, soit courantes, soit tranquilles; celles de la mer Morte sont chaudes et d’une odeur désagréable. On y volt de petites embarcations destinées à transporter des provisions et des fruits « de Za’ra « et de Dara à Jéricho l et aux autres dépendances
« du Ghaur jyüi JUI » La longueur de cette mer est de
6o milles, et sa largeur de 12 milles.
De Jéricho Lac-j à Za’ra on compte 2 journées.
De Za’ra aux montagnes d’el-Charat JU»-
Et de ces montagnes à l’extrémité d’el-Charat 2 jour-
nées.
De Jéricho LsTj à Jérusalem u-iXilî oyo, on compte 1 journée.
De Jérusalem à A’san yUw.fi ® et à Balca UL 2 journées.
‘ La version latine porte partout Zoghar.
’ Les inss. portent tantôt Is^^î . et tantôt Ls^l, ou
’ Le ms. A. porte A’man et la version latine, Ghasan. Cette dernière ne donne qu’une journée de distance de Jérusalem à Ghasan.
* Ou, d’après la carte de M. Paultre,’ Balca.
De Jérusalem à Caïsarié (Césarée), i forte journée.
« Riha \^j (Jéricho), dont il vient d’être fait mention, est « l’une des résidences les plus agréables des pays de Ghaur , <1 de \ et dè Baïsan La principale production du
« Ghaur est l’indigo. La couleur du teint des habitants est « brune , tirant sur 4e noir. El-IIaï e.st un petit pays dépen- « dant de la Palestine, où les eaux sont chaudes et l’air malsain. « Quant à la ville de Baïsan elle est très-petite, et il y
« croît beaucoup de dattiers. On y voit aussi la plante dite Sa- « man yUU«, dont on fait les nattes/lites Samanié « Cette plante ne se trouve que là; dans tout le reste de la Syrie « on la ’cbercheralt vainement.
« La Palestine n’est (en général) arrosée que par des eaux « pluviales et par des torrents. Il y a peu d’arbres; cependant ce « pays est bien cultivé, et c’est peut-être le plus fertile de la « Syrie. Les deux villes principales sont Ramlé et Beït el- " Mocaddas (Jérusalem). La première est jolie, bien
'< peuplée; il y a des marchés, du commerce, du revenu.
« De là (de Ramlé) à Jaffa Ul», située sur les bords de la Mé- « diterranée, on compte i demi-journée. »
De Ramlé à Caïsarié (Césarée), i forte journée.
« Nablous (Naplouse) est la capitale du pays de Samarie;
« on y voit un puits creusé par le patriarche Jacob (sur qui soit la n paix! ), puits auprès duquel le seigneur Messie « s’assit et demanda de l’eau à la Samaritaine; il y existe aujour- « d’hui une belle église. Les habitants de Jérusalem disent que « ce n’est que là (à Naplouse) et dans une autre ville située à « 3o milles de Ghazza ^ (Gaza) sur le chemin de l’Egypte^,
« que l’on trouve encore des Samaritains. »
’ Mot illisible.
* Dans une note marginale, le ins. B. porte qu’il s’agit Ici de la vallée de l’Egarement.
Feuillet 84 bis verso.
Feuillet 85 recto.
NABLOUS
ou