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DEMECHK
ou
DAM.tS.
Feuillet 87 verso, dont la longueur est de 2 journées de marche, et la largeur d’une journée. Là sont des villages aussi considérables que des villes : tels sont el-Mazzé et ses faubourgs Farda b
Harsena Koukia Balas 0*^5 Kafr-Sausana
Beït el-Hawa i^^Jî où l’on voit une mosquée comparable à la mosquée de Damas. C’est à partir de là que commence la vallée d’el-Benefesedj (ou des violettes), dont la
longueur est de 1 2 milles sur 3 de largeur, entièrement plantée d’arbres à fruits et arrosée par cinq rivières. « La population de « chacun de ces villages s’élève de mille à deux mille personnes.
« La majeure partie d’el-Ghauta iüaydi se compose de vergers et « de jardins traversés par des cours d’eau, en sorte que la quan- « tité et la bonté des fruits que produit cette vallée sont incom- , « parablement supérieures à tout ce qu’on peut imaginer, et que « le pays de Damas est l’un des plus délicieux qui soient sortis ' de la main du Créateur. »
Les eaux qui arrosent el-Ghauta proviennent d’une
source dite el-Faïdja , laquelle surgit du sommet d’une
montagne; elles descendent comme une grande rivière du haut de cette montagne avec un bruit et un fracas surprenants « qu’on entend de fort loin. Dans l’intervalle compris entre le « village de Eïl et la ville , ces eaux se partagent en divers « canaux connus sous les noms de Nabr-Berid , Nahr-
« Borna ojyi Nalir-Bardi Nahr-Canat el-Marab
« «Lü, Nabr-Banas Nabr-Sacatb ki« Nahr-
« Gbeïkour , et Nabr-A’dié les eaux de ce
n dernier ne sont point potables, parce que c’est là qu’on jette « les immondices, les ordures, les impuretés de la ville; il la « traverse par le milieu et il est coupé par un pont sur lequel « on passe. Les autres canaux dont nous venons de parler ser- « vent également à la circulation des eaux dans les rues, dans les « marchés, dans les maisons, dans les bains et dans les jardins.
« On voit à Damas la mosquée la plus grande, la plus belle,
« la plus solidement construite, la plus curieuse qui existe dans « runivers, tant sous le rapport du dessin, du plan, que sous celui n de l’art qui présida à l’exécution des ornements. Ces ornements « se composent de dorures, de ciselures sur briques^ et de mar- « bres polis ; elle est de forme quadrangulaire et connue sous le -< nom de mosquée du Mizab v!>^ ( du canal ). Quand on '< arrive par la porte dite d’el-Djeïroun , on monte^par un
« large et bel escalier de marbre qui a environ trente marches ; « mais quand on vient des côtés de Bab el-Berid *>^^1 (1^
« port(i du courrier), d’el Coubbé el-Khadhra (la cou-
« pôle verte), de Cassr el-Bakïn cj-aJuII (le château des bonnes « œuvres), de Hadjar el-Dbebeb ÔJ! (la pierre d’or), et « de Bab el-Faradis ywjiiykJI cjL (la porte des jardins), on entre « de plain-pied et sans être obligé de monter aucune marche. (( On remarque dans cette mosquée divers monuments curieux; « entre autres le sanctuaire JijJl , et la coupole qui est au-dessus « du mihrab ^ près du lieu le plus secret du temple
« On dit que cet édifice fut construit par les Sabéens i4.y<aJI ® « et que c’était pour eux un lieu de prières. Ensuite il passa aux « mains des Grecs Ioniens qui y exerçaient leur culte;
« puis à celui des princes adorateurs d’idoles qui y consacraient « leurs simulacres; puis à celui des Juifs, vers l’époque du « meurtre de labia fils de Zacharie, personnage dont la tête fut « exposée auprès de la porte dite Bab Djeïroun ok. Les
« chrétiens s’emparèrent ensuite de cet édifice, qui devint une
’ Voyez au sujet du mihrab la note ci-dessus , page 343.
’ Ces détails sont conformes à ce qu’on lit dans la Géographie attribuée à d’Ebu- Haukal.Voy la version anglaise de cet ouvrage, p. 42 et 43.
Feuillet 87 verso.
Feuillei 87 verso. « église consacrée aux cérémonies de leur religion; enfin il tomba « au pouvoir des Musulmans qui le convertirent en mosquée.
« Sous le règne du calife Walid, fils d’Abd-el-Melik, fils de Merwan, de la dynastie des Ommiades, il fut restauré et pavé « en marbre; les chapiteaux des colonnes furent dorés, ainsi que Feuiilei 88 recto. « le mihrab, les parois des murs incrustées de pierres imitant " les pierres précieuses \ et l’intérieur du dôme fut en totalité « couvert d’inscriptions (comme il est d’usage de le faire sur les « murs des mosquées) en lettres d’or tracées avec un art et une « netteté admirables; on ajoute que le calife fit placer au-dessus « du toit de la mosquée une couverture en plomb parfaitement « construite et où les eaux parvenaient au moyen de "tuyaux de « plomb; en sorte que, lorsqu’on avait besoin de laver la mos- « quée, on débouchait (litt. on ouvrait) ces tuyaux et on inondait « le pavé du temple avec toute la facilité possible. La restauration n de cet édifice coûta àWalid-ben-Abd-el-melik, à ce qu’on assure,
« une somme égale à deux années du revenu de toute la Syrie.
« Damas est une ville récente; elle portait autrefois le
« nom d’un de ses quartiers (actuels), el-Djablé . La ville n fut fondée en ce lieu avant l’époque de l’islamisme; c’est de « là que dérive le nom de Bab el-Djabié AAjkil porte située '■ vis-à-vis d’un terrain couvert d’habitations et de vergers, arrosé « par cinq rivières et qui s’étend sur un espace de 6 milles en « largeur et de 3 milles de long. Parmi ses portes, on remarque " Bab-Barma Bab el-Selamé oL, Bab el-Faradis
« cjL, située vis-à-vis du couvent des Maronites
« et Bab el-Soghaïr (1^ petite porte).
« Cette ville présente la réunion de divers arts utiles et de « diverses industries; on y fabrique beaucoup d’étoffes de soie
' Notre texte porte j. aIjÜ oLciL , assertion plus vraisemblable que
celle qu’on lit p. 43 de la version anglaise de la Géographie d’Eb-Haukal : studded with precious stones.
R et de bourre de soie et notamment des brocards d’un
« prix très-élevé et d’une perfection de travail inimitable; il s’en « fait une exportation considérable dans les contrées voisines et « dans les pays lointains. Ces étoffes égalent ce qui se fait de « plus beau dans l’empire grec et approchent des produc- « tlons les plus rares des fabriques d’Ispahan et de Nisapour. « Soit en fait de tissus de couleurs uniques , soit en fait
« de tissus dans le genre des robes de Tennis, et en général en « tout genre de fabrication, il est impossible de rien voir de plus « parfait que ce qui sort des mains des ouvriers de Damas.
« Sur les cours d’eau qui circulent dans l’intérieur de la ville, « on a établi un grand nombre de meules et de moulins, car le « blé est très-abondant à Damas ainsi que les fruits. Quant aux « confitures, la quantité et la bonté de cellés qu’on y fabrique « sont au-dessus de tout éloge comme au-dessus de toute des- « cription. Enfin sous les rapports du bien-être, de la sécurité, « de la prospérité, de l’industrie et du commerce, cette ville « l’emporte sur toutes les autres de la Syrie. »
. De Damas à Ba’lbek en se dirigeant vers le nord, on
compte lo journées.
Cette dernière ville est située au pied d’une montagne; elle est forte et entourée d’une muraille « en pierres de 20 choubras « (environ i5 pieds) d’épaisseur; elle est traversée par une rl- « vière qui passe au milieu de la ville, qui procure de l’eau à « un grand nombre de maisons et qui fait tourner plusieurs « moulins. Son territoire produit en abondance tout ce qui est « nécessaire à la vie et beaucoup de fruits; les vignes ainsi que « les arbres fruitiers y donnent une quantité de produits qui « excède les besoins de la consommation.
« Ba’lbek renferme des monuments curieux qui, tant à raison « de leur élévation qu’à raison de leur solidité, exigent une « mention particulière; nous voulons parler des deux édifices
Feuillet 88 recto.