‹ Géographie d'EdrisiChapitre 52 sur 72 · L MESSE · texte numérisé non relu

L MESSE

Feuiüei 89 verso. ,, queiitée par des voyageurs qui y apportent des marchandises « de toute espèce, en sorte que ses bazars sont bien fournis et ses « habitants dans une situation prospère. Les femmes y sont très- « jolies. On y boit de l’eau dérivée, auprès du village de Djosié « d’une rivière qui coule à une journée de distance de la

« ville du côté de Damas. Quant à la rivière dite el-Arbat kjjiil ' « ou el-Macloub (l’Oronte), elle coule à un jet de flèche

« d’une des portes; ,elle est peu considérable; cependant il y a « sur ses bords de nombreux villages et des vergers d’où l’on « apporte des fruits à la ville. Du temps de la domination mu- « sulmane il y avait beaucoup de vignes, mais elles ont été « presque entièrement détruites. Le territoire de Hems est extrê- M mement fertile et le climat l’un des plus tempérés de la Syrie. » Hems est préservée par un talisman, de l’approche des serpents et des scorpions, en sorte que, lorsqu’un de ces animaux touche à la porte de la ville, il périt sur-le-champ. On y volt, au-dessus d’un dôme, une statue en bronze représentant un homme à cheval et tournant au gré des vents, et, sur les parois des murs de ce dôme, une pierre où est sculptée l’image d’un scorpion. Lorsqu’une personne a été mordue ou piquée, elle prend avec de l’argile l’empreinte de cette image, applique cette argile sur la blessure, et est guérie à l’instant. « Les rues et les chemins (de « Hems ) sont tousp pavés en pierres très-dures. On y voit l’une « des mosquées les plus grandes qui existent en Syrie. »

De Hems à Haleb ( Alep ), on compte 5 journées.

De Hems à Antarsous w^JLajl (Tortose ) ^, sur les bords de la mer, 2 journées.

Pour se rendre d’A’rca îüjA à Antarsous , on passe

‘ U ^1 doit être une faute pour

’ Ceci prouve qu à 1 époque où notre auteur écrivait, cette partie de la Syrie était au pouvoir des Croisés.

’ Les mss. portent tantôt Antartous, tantôt Antarsous et tantôt Antarchous.

CINQUIÈME SECTION, par une place forte nomnriée Sendj et l’on arrive à Antar- Feuillet 89 verso,

sous, ville située au fond d’un golfe, en grande partie entouré de montagnes et dont la largeur en ligne directe est de 1 5 milles.

Antarsous est une ville maritime peu considérable mais forte.

A peu de distance dans la mer, il existe une île dite d’Arwad île considérable, bien habitée, où l’on voit une église « très-grande, très-haute, très-forte et dont les portes sont en « fer, en sorte que c’est une espèce de citadelle. »

D’Antarsous, en se dirigeant par terre vers le midi, au fort d’el-Khawabi bâti sur le sommet de la montagne ,

on compte 1 5 milles.

« Cette dernière place est très-forte; elle est habitée par des « Hachichis \ sorte de gens qui ne sont pas musulmans, qui ne « croient à aucune révélation ni à la résurrection des morts ( que Feuillet 90 recto. « leur secte soit maudite ! ).

« Antartous est le port de Hems ua^. »

De cette dernière ville à Damas, on compte 5 journées.

De Tripoli de Syrie à Damas, également 5 journées.

L’itinéraire de Damas à latbreb cjjaj ( Médine ) e.st comme il suit :

De Damas à une petite rivière, et de là à Da’ah 1 journée.

De Da’ah à Dhat el-Menazel JjUlt bourg peuplé; puis à lanou’ 1 journée.

De là à el-Batbnié iUÂiJI, 1 journée.

De là à Damna ajU:> ( ou Dama ), bourg, 1 journée.

De là à Tabouk ville, 1 journée.

De là à el-Mohaddatha iü- Jv.il

‘ Voici le texte de ce passage dont le contenu confirme les résultats obtenus par M. de Sacy dans ses savantes et curieuses recherches sur les Hachichis ou Assassins . ti’A KaI 1 yjJ'OixX.J il AW» *ii» *W ^

»Xxo ü.«LoiJl il ^ .

’ciiiilet 9<) recto. Puis à el-Acra’ 1 journée.

A cl-Hanifia RxJlkXÂ, i journée.

A el-Hadjar , forte citadelle dans les montagnes du pays des Themoudites, i journée.

De là à Wadi très-petite ville sur une petite rivière.

Puis à Rolîba i journée.

A Dhi’l-Merwet ïjjX\ i journée.

A el-Mar pli, i journée.

A Soueïda , i journée.

A Dhi-Kliachab , i journée.

Et enfin à Médine ou lathreb i journée.

La distance de Damas ^ — à Racca est d’environ i 8

journées.

« Le pays qu’on nomme Gbam (la Syrie) comprend di- « verses provinces ou districts, tels que la Palestine « ses dépendances et Jérusalem , les pays d’A’mran

“ Lak vil], d’Iebna Uaj, d’Iafa Ul» (Jaffa), de Caïsarié

« (Césarée), de Nablous (Naplouse), de Sebistu

« (Sebaste), d’A’scalan ( Ascalon ), de Gbazza ojs-

« (Gaza), et de Beït Djebraïn .

« Au midi de ces contrées, est la terre d’el-Tib (ou de « l’Egarement), dans laquelle les Israélites errèrent durant qua- « rante ans, sans entrer dans aucune ville, dans aucun lieu ba- « bité, dans aucune maison, sans changer de vêtements et sans « qu’aucun d’eux cependant contractât de souillure.

« La longueur de cette terre de l’Egarement est d’environ 6 « journées. Elle touche à la Palestine du côté du midi.

« De la Syrie dépendent encore le pays du Jourdain, dont la

« principale ville est Tabarié « yj Js ( Tibériade ), el-Lahoun

le district de Samaria , c’est-à-dire Nablous

« (Naplouse), Beïsan Erikha (Jéricho), Zo’ra

« Lfij, A’cba LiÀfi, Djesen Khadrawil et Sousna,

districts d’Akka üXs. ( Acre ), de Nassra àj-ol» ( Nazareth ) et de Sour, auxquels touche, du côté de rorient, le pays de Damas dont les dépendances sont : el-Ghauta iiLydl , le pays de Ba’lhek viLJx?; el-Beca’a la contrée du Liban yUJ |^i et les districts de Hawla Tarabolous (Tripoli), de

Djebaïl , de Beïrout de Saïda ( Seïde ), de

Bathnia de Djoul de Djolan de Tahira

lyûUs), d’el-Balca ULJI, de Djirïn el-Ghaur jyüî , de Ka-

l'ar Tab cjUs yS', d’A’man yU, d’el-Serat cyb—JC de Sabra et d’el-Djabié .

« Cette contrée est bornée à l’orient par des déserts, et au midi par les pays de Samara et de A’d . Le territoire

de Damas touche à ceux de ‘ yôl et de Canasrïn

dont nous reparlerons dans la description du quatrième

climat.

« Damas est le pôle et la capitale de la Syrie. De cette

ville à Ba’lbek viLJoo , on compte 2 journées.

« A Hems i5 journées.

« A Tabarié 4 journées.

« A Tripoli sur la Méditerranée, 5 journées.

« A l’extrémité d’el-Ghauta où commence le dé-

sert, 1 journée.

« A Beïrout, 2 journées.

« A Seïde, 2 journées.

* A Adhra’at autrement dite Bathnia 4 journées.

« A el-Djoul 2 journées.

" La plus grande longueur de la Syrie est depuis Malatia iUlaL» jusqu’à Refah savoir :

« De Malatia aaLLo à Mendj 4 journées.

« De Mendj à Haleb ( Alep), 2 journées.

’ Mot illisible. — ’ Voyez, sur ce nom de lieu, la note 3 , page 337 ci-dcssiis

li6

Feuillet 90 recto.

« De Haleb à Hems 5 journées.

« De Hems à Damas 5 journées.

« De Damas à Tabarié 4 journées.

K De Tabarié à Ramlé 3 journées.

« Et de Ramlé à Refah 4^ » 2 journées.

Total, 20 Ajournées.

* Nos deux manuscrits portent (sans doute par erreur) 35.

Irâc (Babylonie). — Cadesia. — Roufa. — VVasit. — Obolla. — Bassora. — Khouzistan { Susiane). — Muchircan. — Ahwaz. — Sous. — Asker-Mokarram.

— Tuster ou Cliuster. — Fars. — Chiraz. — Istakhar ( Persépolis ). — Djour.

— Darabdjerd — Siraf. — Sabour ou Chapour.

La présente section comprend, dans la partie occidentale des contrées quelle est destinée à décrire, une portion des déserts où sont situés Feïd Taglilabia (ou Tha’labia îLwJbtj),

Remala «JUj, Ilira Cadesia Samman Fara’a

tc;UJI, Kadhema et là, au nord du pays de Bahreïn

el-Cathif v^jUkiîî, Raza el-Ahsa A’fir

Hordj Biclia (ou Eisa et l’île d’Awâl

Le reste des contrées comprises entre le Bahreïn et

rO’man se compose de déserts arides et habités par les Arabes. C’est là que se termine la mer du Fars u-jUil sur les bords de laquelle sont les pays d’A’badan d’Obolla

de Mehra de Nan*' yb, de Siniz de Hanana

de Nedjircm de Samar jU-o, de Siraf et de

Hlssn A’mara pU (jJ-'æ»., qui tous dépendent du Fars, et auxquels touchent, sur le littoral du Kerman Choura Hormuz

' Rien de plus clair que ce passage dont les auteurs de la version latine ne paraissent pas avoir bien compris le sens.

* Le ms. A. porte Zaza; la version latine, Zara.

’ Le ms. A. porte Ghafir.

* La version latine porte Can.

* Le ms. A. porte Senbes ; la version latine Sembin; la carte de Guill.

Delisle indique, dans ces parages, un lieu du nom de Chiniz.

Feuillet 90 verso.

Feuillet fjo verso. ( Omiuz ), et les déserts des montagnes de Cofs jU»-

(jojüül L An nombre des îles de cette mer, on compte l’île de

Kbarek Labet o» )i) laquelle est vis-à-vis

et auprès de Siraf et du cap Safan yljuaJl et l’île

d’Awâl Jl^l.

Cette section contient (donc) la description des lieux habités de ITrâc Hira , Cadesia aa*«sIî, Koufa Soura

el-Cassr , Nahr el-Melik dJi! (le fleuve royal), Kartaria Wasit el-Bataïh g-UaAJI ( les marécages),

Foum el-Silh |6.i, Madar (ou Madhar j'^i^), Macnaii Beïan Suleïmanan ^bUvLw, Obolla Xy^ilS, Bassra (Bassora), A’badan — ks, Harharaï et de plus, sur

les limites du Khouzistan , la ville de Nachian Haï

s , el-Zaroun Daïra Achek dU;î, Azem j.jl, Sebil J-yu»*.

Aïdakh , Dar-Hormuz j]£>, Souc el-Arba’ ( le

marché du mercredi), Hormuzj,.^^ (Ormuz), qui porte aussi le nom d’Abwaz Asker-Mokarram Djondi-Sabour

ji^Lw Touster J.AMO (ou Cbuster), Karkha Sous

Gorcoub ç^^j^,Tib c-ydaJl, Metoub Bardoun Bassinna LÂ^aj.

Parmi les dépendances d’Ispahan Bendedjan

Beïdha et Ispahan et parmi celles du Fars o-jb,

Redjan Karoun Noubendedjan Djour

jy=r, Chiraz Abwaz , Babeïn (j>jL.,Kisa U>*a5", Kham

et Djorhom |0^=>-. Nous traiterons de ces contrées et nous décrirons ce qui s’y trouve, après avoir invoqué le secours divin.

‘ La version latine porte Cofs ou Cafas.

’ La version latine porte Lameth.

’ L’ancienne Babylonie et l’ancienne Chaldée.

* Le ms. A. porte . et la version latine, Kutharia.

’ Miftali ^üi.« , d’après le ms. A. ; Manbeg, d’après la version latine.

‘ Ms. A., version latine , Giargiarai.

' La version latine et la carte de Guillaume Delisle portent Sambil.

Nous disons donc que la ville de Faïd est située au milieu tViiiüet govorsi.. des déserts, entre Bagdad et la Mecque. « Ces déserts sont lia- « bltés par les Azarat les Djolieïna les Laklim

« les Bili Jlj , et par d’autres tribus mélangées de Tlemen , c’est- « à-dire par les Rebia, et les Modhar issus pour la plu- « part des ^ et des Benou-Asad yXj Ces déserts,

« connus sous le nom d’el-Habir (ou des Sables), sont ceux « qui s’étendent par ondulations (litt. par fentes), en largeur, jus- « qu’à Adjmar et en longueur, depuis la montagne de Tabl

« jusqu’à la mer du Fars (le golfe Persique), vers l’orient,

« et qui, depuis la montagne de Tabi, se prolongent jusqu’à el- « Djofar dépendance de l’Egypte.

« Au nombre des villes qui s’y trouvent, on remarque Tagbla- « bia iOwijcJI (ou Tha’labia iüwJjtj), lieu où se réunissent les ■c Arabes et où se tient un marché très-fréquenté , et Zebala i^Lj,

«jadis peuplé, mais dont il ne reste que les vestiges; c’est un FeuiUtl y 1 ifclo. « lieu de station et de refuge pour les voyageurs, qui ne mérite « ni le nom de ville ni celui de fort. »

Quant à Cadesia c’est une ville située sur les limites hmma.

du désert; « elle fut bâtie par les Cbosroës, rois du Fars. Elle « est petite; il y a des palmiers, de l’eau, et la majeure partie « des cultures consiste en herbages. Les voyageurs s’y approvl- « sionnent de fourrages pour la nourriture des chameaux qui y « passent, soit en allant au Hedjaz, soit en revenant de cette pro- « vince. » Cette ville (Cadesia) est située à l’occident de Bagdad, et c’est l’une des places fortes de la frontière de l’Irâc. De Cadesia à Koufa , on compte 2 journées, et de Cadesia à la ville de la paix (Bagdad), 61 parasanges.

' Probablement pour • V oyez Pocockii Sperimen hislorife Arubnin, p. !\ij. ’ Mot illisible.

‘ Nom de deux jumeaux célèbres dans l’iiistoire des Arabes.

* Voyez sur ce nom, Niebubr, Description de l’Arabie, p. 219

iictcji recto Koufa est bâtie sur les rives de l’Euphrate, « On y voit de KovFA. beaux édifices, des bazars bien fournis, des fortifications res-

« pectables; dans les environs, une infinité de villages, des champs « cultivés, des plantations de dattiers. Ses habitants sont riches. « Les constructions de cette ville ressemblent à celles de Bas- « sora, sous les rapports de la solidité et de l’élégance. L’eau y « est douce , le climat sain , la population de pure race arabe « devenue sédentaire. »

A six milles de Koufa est un grand dôme, supporté de tous côtés par des piliers d’une hauteur considérable, et muni d’une porte qui reste constamment fermée. Il est en totalité couvert dévoilés ou d’étoffes précieuses, et le sol est tapissé de nattes Samanié. On dit que c’est là qu’est le tombeau d’Aly, fds d’Abou- Taleb, et que le terrain qui environne le dôme servit à la sépulture de sa famille, n Ce dôme fut construit par Abou’l-Haïdja « Obeïd- Allah, fils de Hamdan, durant le règne des Abbassides, « le lieu de la sépulture d’Aly étant resté caché durant la domi- « nation des Ommiades.

« Cadesia et el-Hira sont sur la lisière du désert,

« du côté du couchant; à Lorient ( au contraire ) ce ne sont qu’eaux « courantes, jardins contigus et plantations de dattiers dont les « fruits sont excellents. Ces deux villes, ainsi que Koufa üî^l, « sont entre elles à un peu moins d’une journée de distance. « Hira est une ville petite, bien bâtie, sur un sol fertile et « pleine d’édifices. Elle était autrefois plus considérable qu’elle « ne Lest aujourd’hui; mais un grand nombre de ses habitants, « ainsi que de ceux de Cadesia « — , s’étant transportés « à Koufa , la population de ces deux villes a diminué ; « elles dépendent Lune et l’autre du gouvernement de LIrâc. « Le montant de leurs contributions est porté au divan de Bag- « dad, et les intendants de l’administration sont sous les ordres « de ceux de cette dernière résidence. »

Les deux villes de Wasit L-mIj sont construites sur les reuiilet y

bords du Dedjlé (du Tigre), « et séparées par un grand

« pont de bateaux qui facilite la communication de l’une à l’autre « ville, dans chacune desquelles on voit une mosquée où l’on « prononce la khotba E La ville occidentale porte le nom de « Kaskar la construction en est due à Hedjadj ben-Iousouf

« el-Maksi. Elle est entourée de cultures, de dattiers et de ver- « gers , et les habitations s’y touchent. L’autre , située sur la rive « orientale, s’appelle Wasit de l’Irâc et, comme sa

« sœur, elle est parfaitement bâtie ; ses rues sont larges , ses édi- « fices d’une hauteur remarquable, ses jardins nombreux, ses « richesses considérables; ses habitants, de belle apparence, or- « dinairement vêtus de blanc, et portant de larges turbans (sur '( la tête), sont un mélange de races de l’Irâc et d’autres. Il n’y « a point de marécages à Wasit; le sol y est de bonne qualité,

« le territoire vaste , et le climat plus sain que n’est celui de « Bassora C’est une dépendance de l’Irâc, et elle ressortit

« au gouvernement de Bagdad. Le territoire de Wasit forme « cependant un district particulier et distinct des autres districts « de rirâc. Le produit des contributions est porté à la ville de « la paix (Bagdad), et c’est de cette ville que vient toujours l’ins- « titution du gouvernement de Wasit. »

O Y euiilet 9

De là à Bagdad, on compte 8 journées;

A Bassora, y journées ^

A Koufa, 6 journées, en passant par les marais.

De Koufa à Bassora, environ 12 journées;

De Koufa à Médine iiÂjom , environ 20 journées;

De Koufa à Bagdad, 5 journées;

De Koufa à Cadesia , 2 journées.

De Cadesia à el-O’daïb lieu où commence le désert,

6 milles.

^ Ou le prône du Vendredi,

t reclü.

1 verso.

Feuillet 91 ven

BASSHA

ou

BASSOIÎA.

De Wasil ou descend, par le Tigre, à Naliraban c’est un trajet, par eau, d’une demi-journée, et par terre, d’une journée.

De là (de Wasit) on se rend à Dedjlet el-Ghauza puis à Nahr Ma’akel puis enfin dans le grand fleuve de

Bassora Ïj-hakIS

« Cette importante ville n’existait pas du temps des (anciens) « Persans. Le plan en fut tracé par les musulmans sous le califat « d’Omar; elle fut fondée par O’tba ben-Gazwan A

« foLiest, elle est bornée par le désert; à l’est, par un très-grand « nombre (plus de cent mille) canaux, sur chacun desquels flottent « des nacelles, et qui portent les noms, soit de celui qui les creusa, « soit du quartier auquel ils aboutissent La ville est bâtie sur n un terrain plat ; il n’y a ni montagnes ni rien qui intercepte la « vue. Ahmed ben-Ia’coub, auteur du livre intitulé cl-Mesalek « ive’l Memalek, raconte qu’il y avait à Bassora plus de sept mille « mosquées; mais aujourd’hui la plupart d’entre elles sont aban- « données et il ne subsiste que quelques édifices construits au- « tour de la grande mosquée. Divers marchands qui ont visité « cette ville rapportent qu’en 536 ( 1 i4i de J. C.), on pouvait « s’y procurer 5oo rôtis'' de dattes pour un dinar. On y voit un « canal connu sous le nom de Nahr Obolla dont la lon-

« gueur est de 12 milles; telle est aussi la distance qui sépare « Bassora d’Obolla. Sur les rives de ce canal, sont des maisons « de plaisance et des vergers contigus de telle sorte qu’ils sem-

‘ Le ms. A. porte Nahraman.

* Le même ms. porte Dedjlet el-Ghaur.

' Voici le texte de ce passage .

o^.ii X -^1 ^ôül «X»'1

* Environ 5oo livres.

« blent ne former qu’un seul jardin, et (en effet) ils sont tous Feuillet 91 verso. « compris dans une seule enceinte de murs. Divers autres canaux '< plus ou moins considérables communiquent avec celui-ci , et « quant aux palmiers, ils sont tellement semblables les uns aux « autres sous le rapport de la hauteur et de la beauté de la végé- « tation, qu’on les croirait tous coulés dans le même moule, ou « (plutôt) plantés à la même époque.

« Tous les cours d’eau qui environnent Bassora, du côté de « l’orient, communiquent les uns avec les autres, et se subdi- « visent en divers canaux, dans la plupart desquels le flux et le « reflux de la mer se font sentir. A la marée montante, les eaux « (douces) des canaux sont refoulées sur les vergers et les champs « cultivés, et les arrosent. A la marée descendante, ces eaux des- « cendent et reprennent leur cours naturel. Il y a un grand « nombre de canaux creusés (de main d’homme) où l’eau ne « coule pas, mais qui sont destinés à recevoir l’excédant des « eaux amenées par la marée. Ces eaux, pour la plupart, sont « salées. »

Obolla iôoiil a l’un de ses quartiers bâti sur ce canal, du côté obolla. du nord, et l’autre, l’oriental, sur la rive occidentale du Dedjlé (du Tigre). « Cette ville, quoique petite, est ornée de « grands et beaux édifices, entourée de jardins, bien peuplée,

« et florissante sous tous les rapports. » Au-dessous d’Obolla sont el-Meftah ^ ^üLLl et el-Madar sur les bords du Tigre, villes

comparables entre elles « sous le rapport de l’étendue, du genre « des constructions et du commerce. Mais Obolla est plus grande,

« plus peuplée, plus riche, et ornée d’édifices plus vastes.

« A l’extrémité du territoire de Bassora i, et entre

« les villages et lieux cultivés qui en dépendent, on voit beau- « coup de roseaux et de marais habités au milieu desquels les

* La version latine porte Manbcg. — * Ou plutôt^lô^

ây

Feuillet 92 recto. „ bateaux et les nacelles naviguent au moyen de perches \ à « cause du peu de profondeur des eaux , et parce que leur cours « est obstrué par la fange. Quelquefois, lorsque le Tigre et l’Eu- « phrate j grossissent excessivement par suite des

« pluies d’hiver et versent leurs eaux par torrents dans ces ma- « rais, divers lieux se trouvent creusés (outre mesure), et d’autres 1 bouchés par la vase. »

De Bassora à A’badan on compte 2 journées ou 36

milles.

A’badan est une place petite, mais forte, bâtie sur les bords de la mer, « à l’endroit où se réunissent toutes les eaux du Dedjlé « (du Tigre). » C’est un lieu de marché et de refuge pour

ceux qui naviguent dans cette mer. Il est situé sur la rive occidentale du fleuve, qui s’élargit ici beaucoup, et couvre quantité de terrains.

D’ A’badan à Khachabat caLLùwü, 6 milles.

Khachabat est précisément à l’endroit où le Dedjlé décharge ses eaux dans la mer du Fars (le golfe Persique). Ce sont des pilotis- au-dessus desquels s’élèvent des cabanes où se tiennent les garde-côtes munis de bateaux, pour pouvoir monter dans ces cabanes ou descendre sur le rivage. La côte occidentale (litt. la droite) de la mer du Fars dépend de l’Arabie, et l’orientale (litt. la droite), du Fars. La largeur de cette mer est de 2 10 milles , et sa profondeur, de 70 à 80 brasses.

De Khachabat à la ville de Bahreïn située

sur la côte occidentale, on compte 2 10 milles.

'■ C’est par conjecture que nous traduisons ainsi le mot Au surplus,

voici le passage en entier :

pÎJOjlj Uûjjü

■ Le mot signifie en eflet « des pièces de bois. »

De Bassora à Bahreïn, par la grande route, ii journées; FeuiHci 9 « mais en suivant les contours du rivage, 18 journées sans eau,

« à travers des tribus d’Arabes habitués à transporter de l’eau « avec eux. Cette route est fréquentée, mais elle est dangereuse. »

De Bassora à Médine, environ 20 journées : on rejoint le chemin de Koufa üijS' auprès de Ma’aden el-Bacra «;jub b

L’itinéraire de Bassora à Bahreïn, par A’badan, est comme il suit :

D’ A’badan à ^ , une journée sans eau et sans habita-

tions;

Puis à Hadouba une journée;

A A’rmadja une journée;

A Hanian une journée;

A el-Cora une journée;

A Meslakhat une journée;

A el-Ahsa une journée;

A Hems une journée;

Puis au rivage de la mer, une journée.

Toutes ces stations sont des ports ou des lieux dépourvus d’eau. « Ils sont fréquentés par des Arabes nomades. »

El-Ahsa cependant est une petite ville située sur les

bords du golfe Persique, vis-à-vis d’Awâl Jl^l, et dans le pays des Carmathes elle est peu considérable, mais jolie, « et l’on « y trouve des bazars où il est possible de s’approvisionner des « choses nécessaires à la vie. »

El-Cathif oldaxll est une ville assez considérable, située dans le voisinage de la mer'^.

* La version latine porte Maaden el-Nocra.

* Ce nom de lieu manque dans nos manuscrits ainsi que dans la version latine.

‘ Le ms. A. porte : « dans le voisinage de Bahreïn. »

2 recto

Feuillet 9

Feuillet 9

2 recto, D’el-Callîif à el-Ahsa , 2 journées.

D’el-Ahsa à Hems sur les tords du golfe Persique, 2 journées.

D’el-Cathif à Bicta (ou plutôt Eisa iwj), une forte

journée.

A partir d’el-Catbif, le pays qui s’étend jusqu’à Bassora est un vaste désert où l’on ne trouve point d’eau, point de villes, point de places fortes; il est fréquenté particulièrement par une tribu d’Arabes qui porte le nom de A’mer Rebia’ j^U. Les villes du Bahreïn sont Hadjar Hems el-Cathif ocüaiJî, el-

Absa Bicha el-Zara , el-Khatha où l’on

fabrique les lances connues sous le nom de khathié. « L’île prin- « cipale du Bahreïn se nomme île d’Awâl Jljl La distance

« qui la sépare du territoire du Fars Jo est d’une journée « de navigation, et de cette île au continent de l’Arabie « on compte la même distance L La longueur et la largeur de « l’île d’Awâl sont de 6 milles.

« De là à Bassora, la distance est de ô4o milles, car de l’île 2 verso. « d’Awâl à celle de Kharek on compte 2 4o milles^.

« Cette dernière île a 3 milles d’étendue dans tous les sens. « La plupart des céréales et le riz y croissent en abondance. Il y « a des vignobles, des plantations de dattiers, enfin c’est une île « agréable et couverte de pâturages. Quant à l’île d’Awâl sa « capitale se nomme Bahreïn et c’est une ville bien peu-

« plée dont les environs sont fertiles et produisent du grain et

* Il y a certainement ici quelque erreur de copiste. En effet, la distance qui sépare l’île d’Awâl de la côte d’Arabie est de 4 lieues marines tout au plus, tandis que de cette île au capjiardistàn (sur la côte du Fars), on compte près de 5o lieues.

■ Apparemment la distance de Bassora à l’île de Kharek est évaluée à 3oo milles.

’ Nous suivons le ms. B., car ce passage manque dans le ms. A. A s’en rapporter à la leçon fournie par ce dernier, il s’agirait ici de l’île de Kharek et non de celle d’Awâl ; or, la chose est invraisemblable.

n des dattes en abondance. Il y a beaucoup de sources dont les f'euiiiet 9 « eaux sont douces, et parmi lesquelles on remarque les sources « dites A’ïn bou-Zeïdan A’ïn Marilgha (j-s,

« et A’ïn Gbadar jiiXi toutes situées au milieu du pays.

« Plusieurs d’entre elles forment des cascades d’une force suffi- « santé pour faire tourner des meules de moulin. Celle qu’on « appelle A’ïn Ghadar offre un phénomène singulier,

« qui consiste en ceci : c’est une source considérable dont l’ori- « lice est circulaire, et a 60 choubras (environ 4 pieds et demi)

« de diamètre; l’eau qui en découle s’élance du fond à la super- « Iicie à une hauteur de 5o brasses; divers géomètres et savants « habiles ont mesuré la hauteur de cet orifice et en ont trouvé « le niveau égal à celui de la mer. Les gens du pays affirment « tous, d’un commun accord, qu’il existe une communication « entre la source et la mer, mais c’est une erreur; la chose « est absolument impossible , car les eaux de la source sont « douces, agréables à boire et fraîches, tandis que celles de la « mer sont chaudes et amères. Si la chose était telle que le rap- « portent les gens du pays, certes les eaux de la source seraient « aussi salées que le sont celles de la mer.

« L’île est gouvernée par un chef indépendant. Les habitants « des deux rives sont satisfaits de sa justice et de sa piété, et « quand il meurt, il n’est remplacé que par une personne qui « l’égale en vertus et en équité.

« C’est dans cette île que résident les navigateurs qui se livrent tlche des « à la pêche des perles. Ils habitent la ville, où des marchands,

« porteurs de sommes considérables, se rendent, de toutes les « parties du monde, et séjournent durant des mois entiers, en " attendant la saison de la pêche. Ces marchands louent des « plongeurs moyennant un salaire dont le taux est fixé, mais qui « s’accroît en raison de la bonté de la pêche et du degré de con- K fiance (que mérite le plongeur). La pêche a lieu en août et en

2 verso.

Page 1