‹ Géographie d'EdrisiChapitre 6 sur 72 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

n’est pas l’im des caractères les moins distinctifs de notre patrie et de notre siècle, que cette noble hospitalité qui se consacre au développement de la pensée humaine, et dont les soins ont pour objet l’illustration de tous les faits utiles ou même simplement curieux.

Tandis que, profitant de cet avantage, je me livrais, au cabinet des manuscrits, à des recherches dont le résultat (levait être d’éclaircir quelques points douteux de la géographie orientale, le hasard me fit tomber sous la main un volume écrit en arabe, assez peu lisible, non encore catalogué, mais 'dont le titre, le nombre des pages et la forme des caractères excitèrent d’abord, puis finirent par captiver tout à fait mon attention.

Je n’ignorais pas l’existence, dans la Bibliothèque Bodleyenne d’ Oxford, de deux manuscrits rapportés, l’un d’Egypte par Greaves , l’autre de Syrie par Pococke , et contenant, selon toute apparence, l’ouvrage complet du célèbre géographe arabe Abou-Abd-allah-Mobammed ben-Mohamined el-Edrisi. Je savais, par les témoignages de Bochart, de d’Anville, de Reiske, de Casiri, de M. Hartmann et de M. Walckenaër, quelle lumière avait répandue sur la géographie de plusieurs parties du monde, et particulièrement sur celle de l’Afrique, l’apparition de V abrégé tronqué qui fut publié en arabe à Rome, en 1592, et en latin à Paris, en 1 6 1 9 ; mais je ne pouvais comprendre comment un ouvrage de cette importance avait jusqu’à ce jour échappé aux recherches des amateurs des lettres orientales, et à celles des savants français dont les élucubrations ont rendu presque populaire la connaissance d’un nombre prodigieux de faits inconnus à. leurs devanciers.

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