‹ Géographie d'EdrisiChapitre 7 sur 72 · DU TRADUCTEUR · texte numérisé non relu

DU TRADUCTEUR

Si je n’avais consulté que mes forces, me bornant à extraire de cet ouvrage les passages propres à jeter du jour sur les contrées que j’étudiais, je n’aurais point pensé à le reproduire en entier dans notre langue, alors surtout que d’habiles commentateurs, parmi lesquels le savant Hartmann tient sans doute le premier rang, avaient tiré tout le parti possible de V abrégé. Une simple notice, offrant les variantes les plus saillantes et les détails les moins connus, eût pu suffire pour donner au public instruit une idée exacte de la partie inédite de l’ouvrage, et du moins j’eusse évité de me jeter dans des incertitudes sans nombre sur les distances et les véritables situations des lieux, dans des répétitions fastidieuses, dans des fables absurdes, dans des digressions sans fin.

Toutefois, plus j’apportais d’attention à démêler le vrai du faux, plus je restais convaincu que les passages omis par l’abréviateur étaient en général ceux qui pouvaient réjiandre le plus de lumière sur l’état des connaissances géographiques aù moyen âge, sur l’histoire des productions naturelles et des monuments des pays décrits, sur les mœurs, les coutumes et l’industrie des habitants. J’étais d’ailleurs frappé de la naïveté du style, du ton de bonne foi et de l’esprit de défiance et de doute qui caractérisent l’Edrisi, et il m’était facile de voir à chaque page, que l’auteur écrivait en conscience, et qu’il ne donnait pour certain que ce qu’il croyait être la vérité.

Plein de ces idées, je consultai plusieurs personnes amies des sciences, et membres, soit de la Société de géographie, soit de la Société asiatique, sur la question de savoir si la publication d’un tel livre devait, pour être agréable et

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