‹ Géographie d'Hérodote, prise dans les textes grecs de l'auteur et appuyée sur un examen grammatical et critique; avec Atlas contenant la géographie des trois grands historiens de l'antiquité et les plans des batailles qu'ils ont décrites, et avec trois index (volume 2)Chapitre 10 sur 178 · I." PARTIE. — L'EUROPE · texte numérisé non relu

I." PARTIE. — L'EUROPE

Massalie. Je serois encore plus surpris qu'Hérodote eût oublié une colonie aussi remarquable, qui existoit de son temps, qu'il nomme ( 5, 9, 3 ), et dont fait aussi mention Thucydide (i, i 3, 9).

X. Italie, Sicile , côtes d'Afrique. Hérodote ne pouvoit avoir sur leur gisement des idées aussi justes que les nôtres ; cependant notre carte leur conserve la place que leur assigne la nature , parce qu'on ne pourroit sûrement leur en assigner une autre,

XI. Côtes de Gènes. M. Malte-Brun pense qu'Hérodote n'avoit aucune notion des côtes de ce qu'on a ensuite appelé Golfe de Gènes : mais on en doutera si l'on considère qu'Hérodote connoissoit, [." la Tyrrhénie (i, 94) > que les Phocaeens indiquèrent aux Grecs ( i , 163) ; 2,° la Corse, dont il nomme Alalie (l , 165) , colonie Phocaeenne; 3." une partie des côtes de la Gaule, sous le nom à'Hélisyces ; 4-° Massalie et les Ligyens. Or, le pays de Gènes étoit le siège principal de ces peuples, qui occupoient probablement toute la côte depuis Marseille jusqu'à la Tyrrhénie [Etrurie]. Cette partie des côtes de la Méditerranée étoit donc probablement connue du temps d'Hérodote; mais nous n'osons l'affirmer.

XII. Tyrrhénie [Etrurie], La Tyrrhénie, omise sur notre carte n.° i', et qui répond à ce qu'on appelle aujourd'hui Toscane , faisoit-elle alors partie de ce qu'on appeloit YJtalie! M. Malte-Brun incline pour la négative : il veut que ce mot Italie ne s'applique qu'à la grande Grèce, c'est-à-dire, à la partie méridionale de

l'Italie. Cette opinion , non invraisemblable , n'a cependant pour elle l'appui d'aucun passage formel.

XIII. Sardaigne (la), située près et au sud de l'ile de Cyrne [Corse] ( i , 165), et au nord de l'Afrique, s'a^peloit anciennement vSWrd'y { i , 170, i ). Hérodote ( 2 , 105) fait mention de lin de la Colchide qu'on transportoit en Sardaigne, et de là en Grèce. Le texte d'Hérodote mérite d'être rapproché d'un autre texte où Xénophon ( Cynég. chap. 2 j parle de quatre sortes de filets, de leurs dimensions, de la grandeur de leurs mailles , de l'emploi de ces filets. D'où les Grecs tiroientils leurs fils ! Xénophon nous répond que ces fils venoient de Carthage ou du Phase. On conçoit (1) que les Grecs fissent venir du lin de Carthage (2) , qui étoit près d'eux; mais qu'ils en allassent chercher au Phase, et qu'ils l'appelassent lin sardon'ique , c'est une circonstance précieuse pour l'histoire du commerce et de la navigation des anciens. Du temps d'Hérodote (3), ce commerce florissoit ; et ce que nous en apprend le

(i) Tout en le concevant, convenons des difficultés du trajet. Pour aller du Péloponnèse à Carthage, il falloit, en traversant la mer, perdre la terre de vue : or, a cette épocjue, l'usage de la boussole étoit inconnu. Si l'on eût voulu conserver la vue de la terre et côtoyer le golfe de Venise, qui a deux cents lieues de longueur, le chemin auroit été plus long qu'en allant à la Colchide.

(2) A des époques éloignées, les Carthaginois furent maîtres de la Sicile, de la Sardaigne, des îles Baléares, de l'Espagne. Carthage devoit fournir du lin à toutes ces contrées, ou du moins de la graine de lin.

(3) Liv. 2 , chap. loj.

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