I." PARTIE. — L'EUROPE
force , et que cependant j'avois plus d'une fois présentées sous la forme du doute.
On ne s'est pas montré plus favorable à mon interprétation de la désinence «4 5 «wif 5 «Tf"? ou otwç et
En la proposant, j'étois loin de rejeter la version Aiinerve aux yeux pers , puisque ( jw/^rà, pag. ipo)je rappelois, d'après Pausanias , la tradition qui, conformément k un mythe libyen, attribuoit à Minerve, ainsi qu'à Neptune sdn père, des yeux bleus, yf^Mxoi)ç , «MOTîç j^ Tti!' riujï/c/Sc/ ô(p3aA^Jî ( Paus. i, i4jP> 3<5). Mais en même temps , persuadé que la croyance que cite Pausanias sans fa juger ( i ) , n'étoit pas celle du temps d'Homère, par exemple, Je proposois de traduire yXoujKumç, par Aiinerve à l'aspect de glavx, et, par extension, au front large de glavx, ou plutôt, Aiinerve aux yeux de glavx, aux yeux pénétrans de glavx.
Comme on le voit, de ces deux ihterprétations, fa seconde est celle que je préfère. Néanmoins j'ai cru devoir indiquer celle de front, parce qu'elle plaît à deux naturalistes célèbres , et celle ^aspect, parce qu'elfe me donnoit l'occasion de présenter des aperçus que je crois infiniment probables.
(1) Voyez siipfà, pag. 21 y, 216, note \.
M. Quatremère ( pag. 42 de son Jupiter 01. ) donne à Minerve des yeux couleur d'eau de mer ou bleus , formés de la pierre précieuse nommée aigiie-marine , ou de toute autre pierre bleuâtre, et ce, conformément à une traditioti lesbienne qui la faisoit fille de Neptune.
« L'acception vulgaire de «54 avec sens actif, ai- je dit, suprà, pag. 192 , est oculus, l'œil, ce qui voit. Mais quantité de passages établissent l'acception passive et moins ccjnmune, celle de aspectus , dont le terme correspondant en françois, aspect, exprime, avec sens actif, l'action de voir une personne ou une chose, et, dans le sens passif, se dit de ce qui est vu.
» Cette acception, tantôt active et tantôt passive, ^aspect, me paroît contenue dans les formes masculines ê<îpo'&)4 (ou ilfUOTmç ■, II, 5, 265 ), lliÙ-^-y iUJVU-\,
et dans les formes féminines, j^^etuKwwiç, ivfvSmn, êùàjwjf, et autres semblables. »
Ce sens Saspect, que j'attribuois à la désinence m4 et «7W{, étoit connu depuis quinze jours. Des objections , qui tournent toujours au profit de la science , parce qu'elles excitent à de nouvelles recherches , me furent adressées : on me représenta d'abord, en général, le danger de s'écarter des traditions reçues ; on en vint à l'exemple wvu>-\ en particulier.
Ce mot, me dit-on, signifie h l'ail de chien; et non à l'aspect de chien, comme vous le prétendez. Le Kttvlç îfjtfMft 'ix"^^ d'Homère ( //. i , 22 j ) , qui signifie canis oculos habens, vous réfute complètement. Je ne me crois point réfuté, ai-je répliqué; car je pense, sans pourtant rien affirmer en ce moment , que oculus n'est pas l'unique acception de o^a, que ce mot signifie •çzrîois aspectus ; le contexte, dans Homère, me semble l'appuyer. ^
Rentré chez moi, j'ouvris mon Homère, je cherchai.