PARTIE. — L'EUROPE
et je vis que l'illustre commentateur d'Homère, Eustathe , m'étoit favorable. Eustathe , en effet , s'exprime ainsi : To xuvoi "o/mar ï^v ( //. i , 125), (pd-dm.? >(^ aMft)f 'iipç^inv, o-n ÀvctiS'eiMV 71 imn/xîvov 'tXiyi -nv Ayif/.i/Al'ocot y.<tf Mjvwmv. — AvTtxiiroj tu kuvoç c/ufjutitt 'îxiav Ttfjç ro KfctS'ixv f^a^o/o , y.cLf es7f ow^tw ^/mi janvQAKav , 'tvet. Tiiyn aiVTOV ^ctmv f«F , ûç wva. , S^Xov <h ûç ÏAa^ov : CC qui signifie (i), Quod ait, wvlç oju/jLttT 'ix'^^ ^ canis oculos habens, jam ante ( ip-3-cwaç ) aliter expresserat, curn et ixau^m Imufji.ivev , impudeiuia indutum, dixit Agamemnonem, et composito eum nomine w/cmîwv , oculis praeditum caninis , vocavit. Illud porro , kjuvoç tfj^a.Ta. 'kxmv , canis ocuios habens , opposite modo sese habet, atque tÎ xfctS'inv ixiipoio, cor cervi. Et fgura estrhetorica,per antilhesin: ita ut eum dicat temerarium , ut canem ; meticulosum , ut cervum.
Cette glose se trouve en partie répétée , //, i , 159. Eustathe y commente w/wW par àveu<f^nv i-meifxîvov, et oppose Fintérieur du cerf à l'extérieur du chien, la timidité de l'un à l'impudence de Fautre, xuvÛTni (2). Selon lui, dans cette glose, Mivû-mf (3)
(i) Version de Politus.
(i) Théophraste , cité par M. Schneider (Diaion. grec-ail.) , donne vjÙv(i>-\; i)(ioû-\,, ce qui avertit des deux formes iuj)/a>-\. et tuivuTnç.
(5)Un5avant (//. 1, 1J9) renditui'ûwjif ^^r arrogant. Quant à la version deM."" Dacier, elle omet xvvû-Tnç, ou plutôt, elle place cette idée, non où elle est, mais v. 161 , où elle traduit *7itMf if par m as le front de me menacer. Au vers 22; du même chant, M. Bitaubé rend ^nç a/mfjMT i^f , par toi qui as i'gil impudent du dogue ^c'es\-'dL-à\re à-peu-
signifie, dans' Homère, à f aspect du chien, impudent comme le chien.
Eustathe appuie encore ce sens de wiwotj, //. , chant 3 , V. i8o, où Hélène se donne à elle-même l'épithète de w/yM^f, forme féminine. Eustathe a beau, dans son commentaire sur ïOdyssée [\\, oubliant ses propres remarqués, nous dire qu'Homère, dans son Iliade , qualifie de wviov ou de wvû-Tia. quelqu'un qui est irrité [uvà. ^/mu/Avov), et qu'il dit de lui, xt/i'èj ojuf/.a.r' ïx^" '■ nous penserons qu'ici le plus célèbre des commentateurs a sommeillé, comme il est arrivé parfois au plus grand des poètes, qu'il interprète, du que la glose de l'Odyssée est, non d'Eustathe (2), mais d'un interpolateur ; et avec Mathieu Devaris , nous proposerons d'écrire, à la suite de bvfMUf^ivov , mauvaise glose , « iML».ov àvauSi , glose analogue aux précédentes gloses d'Eustathe.
Hélène. qui se repent, Hélène abîmée dans là douleur d'avoir quitté Sparte, sa patrie, sa maison, ses frères, ses compagnes, pour suivre un ravisseur, se reproche, quand elle se qualifié de kuvuthç, non de
près comme M.""^ Dacier, qui traduit , toi qui as l'impudence du chien dans les yçux : idée en partie adoptée par H. Estienne, «jui traduit, qui caninis (hoc est itnpudeinihus j oculis est. Voyez, au reste, l'article de H. Estienne.
Buffôn, dans sa belle description du chien, s'est bien gardé de répéter le contre-sens en vogue, et de dire que le chienj^ l'ail impudent.
(i) Ed. Rom. 154^» P3g. '59^, jy. jé.
(2) Ed. Rom. IJ99, 19 et zo, Od. ©.