‹ Géographie d'Hérodote, prise dans les textes grecs de l'auteur et appuyée sur un examen grammatical et critique; avec Atlas contenant la géographie des trois grands historiens de l'antiquité et les plans des batailles qu'ils ont décrites, et avec trois index (volume 2)Chapitre 108 sur 178 · I." PARTIE. — L'EUROPE · texte numérisé non relu

I." PARTIE. — L'EUROPE

Si je ne craignois de déranger beaucoup d'idées reçues , et de contrarier des habitudes chéries , j'exprimerors des doutes sur le sens qu'on donne à Hpn /Sfrwwj [suprà, pag. 193 ), à /SowOTç AffMirla., et je proposeroîs de traduire Junon la majestueuse , et non pas Junon aux grands yeux ; littéralement, selon quelques-uns, Junon aux yeux de bœuf ( i ) : l'harmonie au^ste et majestueuse (2) , et non VharmonU aux grands yeux, comme le pense M. Heyne dans son Pindare.

J'ai insisté particulièrement sur le sens d'aspect qu'on donne trop rarement à la désinence w4. Mais je ne dois pas laisser sans remarque le sens de front , que, par extension, deux célèbres physiologistes attribueroient volontiers à -yP^auiiû-^ç,

Ce sens, je suis le premier à l'avouer, n'est nullement littéral. Le mot destiné par l'usage à signifier le front, c'est /ATz^rnav , pars capitis supra oculos, tî jjjt-ni T)vç Z7m<. Ce sens littéral se trouve déterminé , i ." par ce vers d'Homère , h'a««(7î fXiTwmv p<foç ûwîg vw/xâ-mç, percussit frontem supra extremitatem nasi, ( èw -rni ikffM.Tnç 7bù /xuxTwe^f , in summâ narium parte et radice , Apollonii Lexic. ad //, 1 3 , 6 1 5 ) ; 2.° par cet autre vers de Théocrite ( 20 , 24 ) , Mvxav 75 /xItmoti» Itt o(pfvin xi/xTii (uXcûy«uc, où la définition d\i /xinrmv a été peut-être inspirée

(1) Dernièrement, chez notre confrère M. Andrieux, un helléniste fameux prétendoi: que telle étoit incontestablement la version littérale de /3o qui précède umç.

(z) Pind. ^^M. 3, 162.

au poète de Syracuse par ces deux vers d'Hon^ère , ovj\ [jLÎ'Twmv Itt o<Pfiit7t Kvetîtiinv ïctv^i [If, i4j I0-)> 'Spv>^lx^ Ji [Âitimt ?w' ( I ) ôlffivffi ( //. 2'^', 396'-). Néanmoins';; à' èiïijbger par l'analogie, la désinence masculifte «-^j et «Bwcc , désinence neutre, me paroîtroient susceptibles à-peu-près de la même acception, et d'un sens d'extension, comme le mot aspectus ; ou plutôt, sans recourir au mot /-il'raTre»' pour expliquer w4, nous pouvons avancer comme chose itrès-pfobable, que &j4 masculin, 'et dTnçfém., signifiant en général, aspect, ce qui est vu, ce qui frappe le regard, la désinence «ootc , appliquée au glavx considéré comme emblème de l'intelligence, est trèsTSUSceptitle de l'acception que pro posent deux naturalistes distingués. On ne seroit pas embarrassé pour citer des sens d'extension beaucoup plus éloignés de la notion primitive , et cependant universellement acceptés.

Mais en répétant de nouveau que fe sens de Alinerve'/iu front large r/f ^^/avA- n'est- pas celui que nous préféroi^, arrivons à fa fin d'une discussion déjà un fieu loilgue, et résumons-nous en peu de mots.

Les deux parties du composé ■y>^twiw7!Tç , attribut de Miiierve, m'ayant paru incomplètement expliquées ■par Afrnerve aux .yeux pers, j'ai propdsé de traduire, Adinerve à l'aspect de glavx , ou au front large de glavx,

(1) X., dans Thcocrite, rend tW ô<ppv<n par siij'ra supercilio; et dans Homère, par super. Mais 'é^ avec datif exprime terme, point où commence le /M-m-my ; ce que ne précise ni supra ni super.

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