I." PARTIE. — L'EUROPE
le nord; et toutefois sont-ils encore plus méridionaux que les derniers peuples connus au-delà de la Bretagne ( Ûttèç Tiiç Bpi-ntvviKiiç]. Dès les frontières des Rhoxolans, le climat commence à être inhabitable à cause du froid. Les Sauromates, placés au-dessus DU Pai.US-MÉOTIS [vtI^ t»ç Ma.iân7Jhç) , et les autres Scythes [l^u^fj.â.Tctjxjj SxûStal, jusqu'aux Scythes orientaux, sont plus méridionaux que les Rhoxolans.;» Ainsi traduit l'interprète du second livre de Strabon. Après avoir rappelé, avec M. Gossellin, que les Rhoxolans, terme d'où vient le nom de Russe, habitoient l'Ukraine de nos jours, arrêtons-nous sur lî^jç TîS BopuaSïfoi/f qui précède, et que M. Coray rend par au-delà du Borysthene , conformément à la version latine, ultra Borysthenem ; et particulièrement sur wttsç tÎïj Bps-
Considérons ce dernier exemple, i ." grammaticalement ; 2 ° géographiquement.
I .° Grammaticalement, D'après de nombreux exemples, il paroîtroit que i^ttèç, avec le génitif, exprime, considéré géographiquement, domination physique d'un lieu sur un autre lieu voisin. Cette notion me paroît, en partie, appuyée par le Ôstèç tî? BfiTawiKÎIç de Strabon.
2." Géographiquement. M. Coray rend vVèg thî B|3è- ■nvviK»ç par au-delà de la Bretagne; ce qui le conduit à ce sens, que les Rhoxolans (ou Russes ) , peuples les plus reculés vers le nord, sont toutefois plus méridionaux que les derniers peuples connus au-delà de la Bretagne :
238 GÉOGRAPHIE DHERODOTE,
Après avoir lu cette version , je l'ai rapprochée des cartes, et j'ai vu ce que je savois auparavant, que la Bretagne , maintenant l'Angleterre , n'avoit que la mer au nord et des autres côtés ; et alors je me suis demandé comment Strabon auroit parlé de peuples placés au-delà de la Bretagne.
Le traducteur français, pour ajouter une sorte d'éclaircissement à sa version PEUPLES situés AU-DELÀ de la Bretagne, a mis en marge, au nord. Mais la version littérale et géographique mise en marge , étoit celle qu'il falloit mettre dans la version : en effet, en ajoutant au nord, l'interprète français de Strabon veut dire seulement que les pays dont il parle sont audessus de la Bretagne, du côté du nord, tandis qu'il faut entendre par ivri^ le pays situé au nord de la Bretagne, dans la Bretagne même. Cette glose paroîtra probable k quiconque réfléchira qu'il seroit bizarre de placer un pays quelconque au nord de l'Angleterre, qui se- trouve environnée de la mer du côté du nord et des autres côtés.
En parlant d'un pays qui, bien que sur le continent, seroit sur une latitude plus septentrionale que l'Angleterre, on emploiei:oit peut-être iÎtj-èç avec le génitif; mais cela me semble inadmissible dans la phrase de Strabon, où il s'agit de Rhoxolans, qu'on dit être plus septentrionaux qu'un autre pays : quel sera ce pays! est-ce celui qu'on né nomme pas, et qui ne peu» même exister au nord de la Bretagne! n'est-ce pas évidemment cette Bretagne elle-même, qu'on n'a pas
voulu voir désignée dans cette phrase, parce qu'on ne la comprenoit pas î
Al. Gossellin, étonné de cette interprétation, a supposé, dans une note, qu'il s'agissoit de l'Irlande, île située à l'occident de la Bretagne. Cette île s'élève moins au nord que l'Angleterre. Comment donc Strabon auroit-il pris l'Irlande pour terme de comparaison avec les Rhoxolans î L'Angleterre ne s'ofîroit-elle pas la première, et plus naturellement! En outre de cette considération géographique, qui jamais prouvera que t/TT^, avec le génitif, puisse désigner une île k l'occident d'une autre!
Je viens de dire que la version au nord, mise en marge, étoit celle qu'il falloit mettre dans la version. Pourquoi ne l'y a-t-on pas insérée ! c'est qu'on a cru que vTTfç avec le génitif n'avoit pas le sens littéral de au nord, et plus littéral encore au-dessus de. Au reste, M. Coray, qui a manqué vVsç th? Bp., a mieux rendu ensuite îml^ tm; m.
II. Strabon ( 2 , p. 190, ligne dernière , et p. 191, lig. 1.") montre les Sauromates allant jusqu'au Tanaïs et au Palus-Méotis, et M. Gossellin ajoute en note : « Les Sarmates ou Sauromates s'étendoient des " deux côtés du Tanaïs et du Don , et aux environs » de la mer d'Azof , l'ancien Palus-Méotis. 3>
III. 2 , 19') C. Ettî/tw 7a ànToç Tat/£ft/ 7a Ùttio tyIç rg^f/aj, &c. M. * traduit : « Viennent ensuite ces pays situés pareillement en deçà du Taurus, mais AU- DESSUS de la mer Caspienne ( i^ttèç t?? rpyj.vîa.i ] , qui
zio GÉOGRAPHIE D"HÉR0D0TE,
s'étendent jusqu'à LA mer orientale, dbnt les Indiens, ainsi que les Scythes, les plus voisins du mont Imaiis, occupent les bords. Des contrées comprises dans toute cette étendue, les unes sont habitées tant par les Maeotes, peuple Sauromate, que par ces divers peuples , Sauromates , Scythes ( Sau^^^aTo/ k^ 2wjâct/), Achéens , qui sont répandus entre le Pont-Euxin et ïa mer Caspienne , &c. jj Dans cette version , trop peu littérale peut-être , notons , i .° vVèç th? rpy.. , dont le vTTsq avec le génitif est bien rendu; 2° mer orientale , dénomination que ne donne pas le texte ; 3.° loLv^oiJuâncLi y.àf l-Md-oLf. Ici le y-ctf paroît difficilement se prêter à l'acception proposée ci -dessus à Jia/, par forme de conjecture.
IV. Strab. 7, p. 4 5 2, A; trad. franc, tom. III, p. 20. « Nous ne connoissons ni les Bastarnes, ni les Sauromates, en un mot aucun des peuples situés AU- DESSUS DU PONT-EUXIN ( VTTÈç 7bD Uoyniv). » Et en note (G.) : « On appeloit Sauromates ou Sarmates , les peuples situés à l'orient des Paîus-Mceotides , et le long du Tanaïs. » Dans l'article n.° i i , M. G. est plus exact dans son orthographe de Palus- Aléotis : AfieotiJe feroit croire que Jnç est la désinence du nominatif; ce qui n'est pas. Sur l'emplacement à donner aux Sauromates, voyez nos conjectures, suprà , pag. 176 sq,, à l'article Position des Budins.
V. Strab. 7, p. 4<^3 > trad. franc, tom. III, p. 43 •' te E(pepof </|,' cv t!) T . . . Éphore, dans le 4-' livre de son Histoire, intitulé de l'Europe, après avoir décrit cette