‹ Géographie d'Hérodote, prise dans les textes grecs de l'auteur et appuyée sur un examen grammatical et critique; avec Atlas contenant la géographie des trois grands historiens de l'antiquité et les plans des batailles qu'ils ont décrites, et avec trois index (volume 2)Chapitre 120 sur 178 · I." PARTIE.- — L'EUROPE · texte numérisé non relu

I." PARTIE.- — L'EUROPE

de l'aventure; car ils ne connoissoient ni le langage ni le vêtement de ces ennemis, ni leur race ; ils étoient dans l'étonnement. D'où venoient donc ces étrangers! S'imaginant que c'étoient des hommes de même âge , ils leur livrèrent bataille : après le combat, s'étant rendus maîtres des morts, ils reconnurent que c'étoient des femmes. Ayant donc tenu conseil, ifs résolurent de n'en plus tuer, ni dans les combats, ni ailleurs [oùJ\v) ifoTui), et d'envoyer vers elles (■^^t-4c« 1? aÙTWç ] les plus jeunes d'entre eux, en nombre k-peu-près égal à celui qu'elles étoient ; ils assiéroient leur camp près de ces héro'i'nes , et feroient exactement ( m^ ) les mêmes choses qu'elles ; si ensuite elles attaquoient, au lieu de combattre on exécuteroit une fuite simulée; et lorsqu'elles se liendroient dans l'inaction, on viendroit camper près d'elles. Les Scythes prirent cette résolution , voulant avoir des enfans de cette race de femmes belliqueuses. 55

Chap. I I 2. « Les jeunes gens envoyés firent ce qui leur étoit recommandé. Les Amazones, coinprenant bien qu'ils ne venoient pas j our leur faire du mal, les laissèrent tranquilles; et les deux camps s'approchoient tous les jours de plus en plus. Les jeunes Scythes n'avoient, comme les Amazones, que leurs armes et leurs chevaux, et menoient la même vie qu'elles, chassant et butinant. »

Chap. 1 3. « Vers l'heure de midi ( ïç tkv /j.. ) , les Amazones étoient dans l'usage de s'éloigner seules ( >(g.-Tà fjjiiv) ou deux h. deux, pour satisfaire aux besoins

de la nature ( h êù//aei«v ) : les Scythes s'en étant aperçus, firent comme elles. Un d'eux s'étani approché ( IvipfÇ^. ) d'une de ces Amazones isolées, l'Amazone ne le repoussa pas ; au contraire , elle se laissa dérober ses faveurs : elle ne pouvoit lui parler, parce qu'ils ne s'entendoient pas l'un l'autre ; mais du doigt elle l'avertit de revenir le lendemain au même endroit, et d'amener un de ses compagnons, lui faisant entendre par signes qu'elle - même ameneroit une compagne , et qu'ainsi elles viendroient deux. Le jeune Scythe, k peine de retour, raconta l'aventure aux autres, et le lendemain revint avec un autre Scythe au même lieu , où il trouva l'Amazone qui l'attendoit avec une de ses amies. 3>

Chap. I 1 4. « Les autres jeunes gens, s'étant assurés de ce qui se passoit, apprivoisèrent aussi le reste des Amazones : ayant ensuite réuni les deux camps , ils demeurèrent ensemble, chacun prenant pour femme celle dont il avoit eu d'abord les fiiveurs. Les hommes ne pouvoient apprendre la langue de leurs femmes ; mais les femmes se montroient plus intelligentes : on finit par s'entendre. Les maris alors dirent à leurs Amazones : Nous avons les auteurs de nos jours, nous possédons des biens («ci ktm«/ç) ; ne menons pas plus long-temps une telle vie : partons, montrons-nous k nos compatriotes («t. Içto ttAÎi-^bj)', et vivons au milieu d'eux et avec eux ; vous continuerez d'être nos femmes ; nous n'en aurons pas d'autres.

» Nous ne pourrions habiter avec les femmes de votre

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