‹ Géographie d'Hérodote, prise dans les textes grecs de l'auteur et appuyée sur un examen grammatical et critique; avec Atlas contenant la géographie des trois grands historiens de l'antiquité et les plans des batailles qu'ils ont décrites, et avec trois index (volume 2)Chapitre 13 sur 178 · I." PARTIE. — LEUROPE. 3J · texte numérisé non relu

I." PARTIE. — LEUROPE. 3J

semble autoriser Xénophonî Dans son chapitre 6, p, des Cyné'yétiques, cet historien fait mention de sardones ^ instrumens faisant partie du filet, et ainsi appelés sans doute de laSardaigne, pays où ils se fabriquoient ; il emploie le mot 'iafJbvluiv et non ScycOctcMc. Hésychius lit, ainsi que Pollux, lûfJhviç. Voilà donc encore trois autorités en faveur de la leçon l.(XfJhviyJ>v. Dans Hérodote, comme dans Xénophon, dans Hésychius et dans PoIIux , je vois la Grèce importer du lin de Sardaigne, et non de Sardes; je vois les Grecs , amis de la chasse, en rapport, par l'intermédiaire du Phase, avec des insulaires à qui les travaux de la chasse et de la pèche ne pouvoient être étrangers ; par l'intermédiaire du Phase, je les vois tirer de la Sardaigne des sardones , instrumens faisant partie des filets : il faut donc conserver et lire 'S.ofJbuicov et 'SâpJhviç.

Au deuxième argument , où nous citons Pollux parlant du lin de Sardes, si l'on nous arrête, et que l'on nous demande pourquoi les Grecs n'en tiroient pas de Sardes plutôt que du Phase, nous répondrons que Sardes étoit, non sur la mer, mais dans l'intérieur des terres ; que les colonies des Grecs , sur la mer Noire, pouvoient porter de préférence leurs marchandises dans la Colchide , que leurs moyens d'échange pouvoient convenir à la Colchide plutôt qu'à Sardes.

A toutes ces preuves ajoutons-en une autre prise du texte même d'Hérodote. Les Grecs, dit cet historien, appellent lin sardonique celui qui leur vient du Phase, et lin égyptien, celui qui leur vient d'Egypte. Ceci a-t-il

besoin de commentaire ! Le lin égyptien s'appeloit ainsi, parce qu'il venoit d'Egypte; le lin du Phase s'appeloit donc sardonitjue , parce qu'il venoit originairement de Sardaigne.

Xénophon ne nomme pas le lin d'Egypte ; ce qui me porteroit à croire , ou que depuis Hérodote jusqu'à Xénophon ce lin avoit dégénéré , ou du moins qu'à raison de sa blancheur et de sa foiblesse , il ne convenoit pas au chasseur : c'est une de ces deux opinions qu'il faut admettre ; car le lin d'Egypte est vanté par Hérodote, Pline et Gratius. Voici le vers de ce dernier : Sic operata suo sacra ad Bubastia ( i ) lino . . .

Dans un morceau relatif à la Colchide , j'espérois que l'ouvrage du savant Huet, sur la navigation des anciens, me .fourniroit quelque observation importante; mais je me suis vu trompé dans mon espérance. Recueillons du moins quelques particularités éparses dans Strabon , Pline, et, parmi les modernes, dans Peyssonnel et Chardin.

Le premier de ces écrivains (2) nous apprend qu'à Dioscurias en Colchide, le commerce rassembloit des négocians de trois cents nations différentes.

Pline (3) rapporte, d'après Timosthène, que Dioscurias étoit le chef-lieu de trois cents nations parlant différens idiomes, et qu'à l'époque où les Romains

(1) Bubaste, ville d'Egypte, (ï) Liv. Il, 761.

U) Liv. 6, 5.

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