‹ Géographie d'Hérodote, prise dans les textes grecs de l'auteur et appuyée sur un examen grammatical et critique; avec Atlas contenant la géographie des trois grands historiens de l'antiquité et les plans des batailles qu'ils ont décrites, et avec trois index (volume 2)Chapitre 132 sur 178 · T." PARTIE. — L'EUROPE · texte numérisé non relu

T." PARTIE. — L'EUROPE

qu'on leur couperoit en guerre. — Examen logique des textes grecs. As exprimant reprise d'idée. Système des redondances inadmissible. Preuves nombreuses tirées de l'analogie, confirmées ensuite par un passage formel de XénophoH qui explique Hérodote. — Conclusion probable. La lacune solennellement annoncée (sans preuves ) par l'ingénieux Eaw, et par le plus grand des philologues, le modeste Wesseling , n'existe pas; et les corrections proposées sont parfaitement inutiles.

Rien de ce qui a rapport aux nombreuses émigrations des Thraces, d'Europe en Asie ou d'Asie en Europe, ne sauroit être indifférent à ceux qui s'occupent d'histoire ancienne et de géographie. L'intérêt qu'inspire le sujet ne peut que s'accroître à l'époque de la formation d'une société asiatique. J'ai cru, en conséquence, devoir porter mon attention sur divers textes grecs faisant mention de ces Thraces qui d'Europe passèrent le détroit, ou qui d'Asie allèrent en Europe, où ils apportèrent, les uns et les autres, des mœurs, des usages et une langue dont quantité de mots durent devenir, par suite d'une fusion naturelle, communs aux deux mondes.

Hérodote tient le premier rang parmi ceux qui présentent sur ce sujet de précieuses notions. 11 seroit curieux de le suivre , lorsqu'il nous parle , soit de

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toute fa nation thrace, qu'il juge (i) la plus nom' breuse de toutes les nations après celle des Indes, soit des différentes peuplades que traversa Xerxès dads son itinéraire (7, i 10). ( Voyez infrà, tom. Il, pag. 2c4. scj.)

C'est dans cet itinéraire que nous puiserons aujourd'hui.

Corneille de Pavv, que, malgré la hardiesse de sa critique, on doit ranger parmi les bons philologues; l'illustre Wesseling, MM. Larcher, Schxfer, Dureau de la Malle (2) et autres, ont vu une lacune dans les chapitres 7 5 , 'j6.

L'ingénieux Corneille de Paw en a fait le premier la remarque; Wesseling, l'un des créateurs de la bonne philologie, l'a proclamée, et a pensé que la postérité l'adopteroit : Agnascent in postenim omncs. Il étoit impossible d'appeler plus solennellement l'attention , je ne dis pas sur la découverte d'un fragment inédit, mais sur l'existence d'une lacune. J'ai, en conséquence, examiné avec grand soin, d'abord dans les cinq manuscrits d'Hérodote, ce texte jugé mutilé : mais je n'y ai vu aucune variante, aucun signe de lacune:

(i) H. ;, j, i/'E^rof //Ujiçjii'. lci'E5vof, pris dans son sens le plus étendu. — Considérer la Tlirace du temps d'Homère, ensuite du temps d'Hérodote, Thucydide, Strabon et autres; en un mot, la considérer par époque, seroit une immense entreprise. Voyez dans ■.Stritton (trad, franc.), les notes de M. Gossellin , tom. I, pag. ^j , et tom. III, pag. 23.

(2) Alémoirc sur la position des villes et pays qu'habitoit Phinée fils d'Agénor.

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