I." PARTIE. — L'EUROPE
Ce que nous disions alors , nous le croyons encore aujourd'hui; néanmoins, nous ne changerons rien à la division reçue, puisqu'il est possible, sans innover sur ce point , d'établir la non-existence de lacune. ^ Voici la version littérale desdits chapitres 75, 76: Chap. 75. «Les Thraces d'Asie ( epiiiwç ) (avant leur émigration d'Europe ) alloient en guerre ayant sur la tête des peaux de renard ; pour habillement, des tuniques ; et par dessus fa tunique, une robe appelée ^eira ( Ç^pà )^ aux pieds et aux jambes, une chaussure de peau de faon ; en outre ( ■a^oo? «Ts ) , des peltes , et de petits poignards. Ces mêmes peuples (»To/ ii), passés en Asie, avoient le nom de Bithyniens ; ( auparavant ) , comme ils le disent eux-mêmes , ils s'appeloient Strymoniens , c'est-à-dire, habitans des bords du Strymon ( Itt* ttfv/Mvt ) : c'étoient, affirmet-on , les Teucriens et les Mysiens qui les avoient chassés de leurs demeures.»
Chap. 76. « Ces Thraces donc, passés d'Europe en Asie, avoient pour chef Bassacès, fils d'Artabane, qui les commandoit. Ils portoient de petits boucliers ( àenncPa.;) de peau de bœuf crue , chacun deux épieux à la lycienne , des casques d'airain , auxquels étaient adaptées des oreilles et des cornes de bœuf en airain , et qui étoient surmontés d'aigrettes; des bandes d'étoffe rouge enveloppoient leurs jambes. »
A la simple lecture de cette version , si elle étoit fidèle, la question qui nous occupe paroîtroit décidée. Essayons de démontrer, par des notes grammaticales
et autres , qu'elle représente fidèlement un texte par et non mutilé. De là, nous arriverons aux conséquences.
Notes grammaticales et critiques sur les chapitres jj, 76.
Nous placerons ici celles des notes grammaticales qui, mises au milieu des considérations logiques, eussent trop fatigué l'attention.
Ch. 73. I. na.^.y^â.omvnç Ce verbe se prend (t. II, pag. 215) dans un autre sens, rare et remarquable.
SeÂy^ç. Il s'agit ici du même peuple appelé hfiù)j>i ©p^î 6, 45 >' et 3; 7, 1 8 5, 2. Voyez infrà, p. 352, excursus sur les Phrygiens , qui sont le même peuple que les Eriges ou Bryges.
2. Mi-ra.Qâvnq S'i iç -nv Âiriitv, locution qui rappelle Jia.Câ.v'nç iç TÎtv À. de 7, 75, 2; à cette différence près, que ftêTa marque changement, et <r<ct, traversée.
Éff^^^TD. Hésychius l'explique par CTrXiaua-ôo) , ttAhffŒc&tu. Je me bornerai à rappeler ici que H. Estienne ne cite ni 'i<n(n(;)^7v de 7, 73, 2, ni cm^a.vTiç de 3,7, i ; et à renvoyer pour ce mot, i.° au Lexicon Xenoph., qui en a des exemples,, mais non da,ns le sens d'Hérodote ; 2.° à Lenhep ; 3.° à la note de Wess. , 3,7, i .
Ch. 74- 0< AuSt't—i'^v w iTmyv/Aiiv. Les lexicographes ont bien incomplètement expliqué îtwvvijldi. H. Est. le rend par cognomen , puis ajoute, exponitur etiam nomen. Mais alors, selon lui, la préposition Wi seroit donc oiseuse et redondante. Ne pouvant croire au système