I." PARTIE. LEUROPE. 2y
sidérés en Europe antérieurement à l'époque de leur émigration en Asie.
Ce trait die conformité dans fa description des costumes thraces d'Europe , n'est pas l'unique.
Ecoutons encore l'historien de la Retraite des Jix mille.
« Ces Thraces d'Europe portoient des tuniques » appelées m^vctç; « conforme encore, en ce point, à Hérodote, qui nous dit, i^^nç Tnpi -n aà/Mi. yjSiivîç
Autre trait de ressemblance dans la description d'Hérodote et de Xénophon.
«Les Thraces portoient, en outre de la tunique, » une robe appelée ^eira , et non des chlamys, ^«pctf » ïx'>tjcv.y àWi' où ^Xa/MjJicç : h ainsi s'exprime Xénophon. « Us s'enveloppent de ^eira , Ç^pi? ■7Tie/.^iC'Xi\fJuivot , » nous dit Hérodote. On se doute bien que ces précautions étoient prises contre le froid de la Thrace d'Europe. Hérodote ne le remarque pas; mais Xénophon en avertit, lorsque, après avoir raconté que les Grecs eurent beaucoup à souffrir du froid , que l'eau qu'on leur apportoit geloit en chemin, il ajoute : « On vit » alors clairement pourquoi les Thraces se garantis- =■3 soient la tête avec des fourrures de renard, pour- " quoi &c. &c. "
Voilà bien des précautions prises contre le froid par nos Thraces d'Europe. Se bornoient-elles là ! Non : « Les tuniques ne croisoient pas seulement sur la poi- » irine, elles enveloppoient encore les cuisses , ;:^<TOfar
» où fMVoy TTip) sipvotç, «Ma Ketf vifit toÎç ^mg^ïç, 35 nous dit Xénophon. Même précaution pour les jambes, chez les Thraces d'Hérodote; à cette légère différence près qu'au lieu de tuniques enveloppant les cuisses, c'étoient des peaux de faon qui chaussoient les pieds et les jambes , W6p» tovç TrôJkç t4 koj t*ç KtnfMtç TnS'iXit ytCpay.
, Tels étotent les Thraces d'Europe. Transplantés en Asie, ils n'ont plus le même costume ; ils habitent un pays dont la température est plus douce. Aussi, renonçant à ces fourrures qui enveloppoient leurs têtes et leurs oreilles, à ces chaussures qui garantissoient les pieds et les jambes , ils portent sur la tête de brillans casques d'airain, auxquels sont adaptées des oreilles de même métal, et ont en main de petits boucliers et des épieux à lalycieime. Au lieu d'épieux à la lycienne, M. Schw. leur donne des épieux k tuer des loups : mais, avec Bellanger, critique judicieux, préférons épieux à la lycienne. Des Thraces, en Asie, ont dû emprunter cette espèce d'arme k des peuples de la basse Asie, aux Lyciens.
M. Dureau de la Malle, jugeant inintelligible ce texte d'Hérodote , que nous défendons , proposoit ( /. /. pag. 28 ) de lire ©piiinav X' îri^ç^v cv t>7 Âa-lri >ip^ BitKsâKiiç , Bassaces commandait aussi aux autres Thraces d'Asie (Thraces d'origine). Mais cette correction- est évidemment inutile d'après les raisons précitées , et l'assertion qu'elle contient se trouve réfutée par le texte même d'Hérodote.
Cet historien, en effet, nous apprend que les Phrygiens, qui s'appeloient auparavant Bryges ( H. 7, 73,