PARTIE. — L'EUROPE
I ; avoient un autre commandant que Bassacès; que les Lydiens (autrefois Méoniens ) , et les Mysiens, avoient aussi un autre chef que Bassacès; et ensuite, que les Phrygiens ( les mêmes que les Eriges ) étoient Thraces d'origine ( 6 , 4) ; 7, 73, i )• Bassacès ne commandoit donc pas tous les peuples d'Asie Thraces d'origine.
Ce que je viens de dire des Phrygiens , je pourrois l'étendre aux Lydiens, et peut-être aussi aux Mysiens d'Asie d'origine thrace. La correction proposée par le savant M. Dureau est donc inadmissible.
Il faut donc revenir au texte d'Hérodote : tel que nous l'avons, il est pur et sans lacune.
A l'appui de l'opinion que je défends, que manque-t-ilî la locution Evç^-miïot ovnç, qu'Hérodote emploie, 7, y\, 1, lorsqu'il veut considérer en Europe les Phrygiens devenus ensuite Asiatiques. Hérodote, en l'employant au chapitre 75, alors beaucoup plus clair, eût épargné bien des doutes et des débats : il n'a pas employé ce mot ; disons donc qu'il a laissé une difficulté. Mais ce qui n'est qu'une difficulté, expliquée par le contexte, gardons-nous de l'appeler lacune.
II est bien de signaler des lacunes et des fautes d'un texte , et sur-tout d'y remédier ; il est mieux encore peut-être de ne voir les fautes que lorsqu'elles existent.
Pour établir l'existence d'une lacune , on a ici mal rendu le texte , là déclaré inutiles et redondans des signes évidens de liaison. Nous , nous déclarons qu'il n'y a pas de lacune , et nous avons essayé de le prou-
ver, 1." en rappelant que ce texte avoit pour lui l'autorité de tous les manuscrits ; qu'il avoit été jugé tel par Eustathe (Dur. de la M. /. /, pag. 27), qui, en citant le chapitre 75 d'Hérodote, ne paroît soupçonner aucune altération; 2.° en traduisant fidèlement, et des passages mal traduits, et des signes de liaison tout-àfàit négligés ; 3.° en prouvant, par l'exemple et l'usage d'Hérodote lui-même, que notre historien a non-seulement donné une double description du costume du même peuple dans les deux mondes , mais que de plus il a dû la donner. Je me suis cru , en conséquence , et me croirois encore fondé k dire que cette lacune, solennellement annoncée au chapitre jd du 7.° livre d'Hérodote , n'existe nullement : en sorte que la prophétie du respectable Wesseling ( agnoscent in posterum omnes ) n'aura probablement pas son accomplissement.