I." PARTIE. L'EUROPE. 3 i j
de quatre autres mots sur lesquels on n'est pas d'accord : les uns lisent wna.^ toZ 'Sfoç /^stm/xÊp/nv : M.Schw. et autres donnent ott. roù 'oplç fji.iim/j.Cpi»ç; et tout en donnant deux leçons si différentes , ils s'accordent tous dans leur version. En effet, Valla (éd. Gryph. in-iS, 1558) traduit : Ille ( exercitus ) Alys. Teucr.que , qui per Bosphorum in Europarri transgressus , omnes Thraces in ditioncm suam redegit, ad loniumque pontiim descendens, ad Peneum usque amnem , qui ad meridiem vergit , processit. Paul Estienne donne 'sipoç f^tca/x^finv, et traduit littéralement tout ce passage comme Valla.
M. Larcher adopte le même sens , et traduit , jusqu'au Pénét , qui coule vers le midi.
M. Schw., après avoir cité, défendu et adopté la leçon 'ofoç /j.iim/xCpiiiç, traduit meridiem versus, ne mettant aucun accord entre sa leçon et sa version.
Comme on le voit, on ne s'accorde ni sur la leçon, ni sur le sens de la leçon. Examinons d'abord quelle est la plus probable ; nous proposerons ensuite notre version.
Pour le choix de la leçon , consultons les manuscrits, dont ici encore M. Larcher ne fait aucune mention : A, B, D, E donnent, très-lisiblement écrit, -rufioç (ii<m/j.Çp!tiç. ( Je ne cite pas c , qui n'a que le premier livre. )
Aucun ne donne ■3500? fjLtua/xCpiw. De deux leçons , la plus difficile est ordinairement la meilleure. Préférons donc iiifiaç y.iszt/xÇfliiç, I .° parce qu'elle est leçon plus difficile; 2.° parce qu'elle a pour elle l'unanimité
des manuscrits; 3.° parce que la leçon 'Ofoç //êoayaép/ifi; , qui diroit que ie Péiiêe coule au midi , seroit absurde. Qu'on j^tte en effet les yeux sur la Grèce de d'Anville et autres ; on y verra le Pénée couler en plus grande partie de l'ouest à l'est.
En lisant Tsfoç /xiuufxCpi»ç, on seroit conduit à cette vérité ignorée, que le Pénée coule à partir du midi. ■'■ S'accorde- t-elle avec l'opinion de Strabonî C'est ce qu'il importe d'examiner.
Strabon (7, pag. 508, 1 ."' col. ; trad. fr. tom. III, pag. 123) s'exprime ainsi : ot/ ô Yluveioç Tro-ia/Mç pîwv «Tict Twv Ttf/,7mv iij OLù^iJLiyoç ^td TOt/ IliyJbxj cpovç, KOf Sla.
liv EuçasTîci' TnTH-fMV—Jiopi^et MuyjtJhvictv /xiv 'Tufoç BoppâLv QtomXittii S'i isifoç voTOv.
M. Coray traduit: Le Pénée , qui sort du mont Pindus , et qui traverse la vallée de Tempe, la Thés salie , le pays lies Lapithes et celui des Perrhœbes , ù'c.
S'exprimer ainsi, c'est dire que le Pénée, après avoir traversé la vallée de Tempe, traverse la Thessalie, le pays des Lapithes et celui des Perrhsebes ; ce qui est tout-à-fait contraire au texte grec et à ce que l'on connoît de la direction du Pénée. En effet, d'après le texte et dans la nature, le Pénée traverse d'abord le milieu de la Thessalie, le pays des Lapithes et celui des Perrhsebes; ensuite la vallée de Tempe, d'où il se jette dans la mer.
Dans sa description du Pénée , Strabon , de l'embouchure, dont il avertit d'abord ( p^^i éià. rày Tifj.Tmv) ,