‹ Géographie d'Hérodote, prise dans les textes grecs de l'auteur et appuyée sur un examen grammatical et critique; avec Atlas contenant la géographie des trois grands historiens de l'antiquité et les plans des batailles qu'ils ont décrites, et avec trois index (volume 2)Chapitre 153 sur 178 · I.'" PARTIE — L'EUROPE. 3 i r · texte numérisé non relu

I.'" PARTIE — L'EUROPE. 3 i r

remonte à la source [ ip^fji,ivciç 'Hm UivJbv), et suit, dans un ordre géographique, les trois pays que traverse le Pénée avant d'arriver à fa vallée de Tempe, au bout de laquelle est son embouchure.

Voici la version littérale que je subtituerois à celle de M. Coray :

« Le Pénée , qui coule à travers toute la vallée de Tempe [piaiv Jià, TijUTmt') , à savoir (««/), prenant sa source au Pinde ; le Pénée, dis-je, traversant le milieu de la Thessalie, le pays des Lapithes et celui des Perrhaebes, . . . sépare la Macédoine de la Thessalie; la première au nord, la seconde au midi, jj

Ce passage de Strabon, qu'il importoit , du moins grammaticalement, de discuter, ne peut servir à déterminer le sens géographique du passage d'Hérodote.

Si , de Strabon , nous allons , non à Thucydide , lequel ne dit rien du Pénée, mais à son schol. 2, 102, 2, qui, à l'occasion de l'Achélotis , nous dit que le Pénée coule à l'orient de la Dolopie ( nommée par le schol. grec moderne Anoblaclm) , nous ne sommes pas plus avancés.

Réduits k expliquer le texte d'Hérodote par lui seul, présentons nos conjectures;

Nous avons rejeté la leçon nnvmZ roù -s^ôç iJum/xQûinv, le Pénée qui coule vers le midi , et parce que les mss. ne donnent pointcette leçon, et parce que, d'après les cartes de d'Anville, et la nôtre, n.° 16, le Pénée coule en plus grande partie de l'ouest à l'est. Nous tenant donc h la leçon des manuscrits, f^i'-Xf '^«" nnvHoZ

3l8 GÉOGRAPHIE d'hÉRODOTE,

To2 ■Bf>)iç ixim/xQ^iitç, nous trzd\xuon% , jusqu'au Pénée , qui coule à partir du midi. Nous voyons, en efFet, sur notre carte n.° \6 , que, depuis Larisse jusqu'à son embouchure, il va du midi au nord- est. Mais, d'un autre côté , Thucyd. ( l. I. ) et toutes les cartes disent que la direction la plus générale de ce fleuve est d'occident en orient. Que conclure de cette variation dans le cours du Pénée î Qu'Hérodote n'a nullement prétendu indiquer la direction du Pénée.

L'historien qui a été exact à indiquer le point du départ des Mysiens, a voulu uniquement, ce semble, montrer le point où s'est terminée l'expédition de ces mêmes Mysiens. Le Pénée a été la limite de l'expédition des Mysiens : ils se sont avancés non-seulement jusqu'au Pénée, mais, ce qui précise bien mieux, jusqu'à cette partie du Pénée où le fleuve, après avoir coulé vers l'occident , fait ensuite un coude , du midi vers le nord, pour aller se jeter dans la mer; ce que rendent sensible, et notre carte n.° 16, et, avant elle,* la carte de M. Barbie ( ann. 1811). Ainsi s'expliqueroir à la lettre y^^Xf "^"^ Tïaveiov rou -sçcoç fxt(ra[jiGfia.v.

Fréret, considérant ( /. /. pag. 105) le passage d'Hérodote moins en géographe qu'en antiquaire, s'exprime ainsi sur cet événement : «c Les Teucriens et les Mysiens d'Hérodote ayant soumis la Thrace et la Macédoine jusqu'au Pénée et jusqu'à la mer Ionienne, c'est- à dire, jusqu'à la Thessalie et jusqu'à l'Epire , il est naturel de supposer que leur domination sur ce pays subsista pendant quelques gêné-

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