‹ Géographie d'Hérodote, prise dans les textes grecs de l'auteur et appuyée sur un examen grammatical et critique; avec Atlas contenant la géographie des trois grands historiens de l'antiquité et les plans des batailles qu'ils ont décrites, et avec trois index (volume 2)Chapitre 161 sur 178 · I." PARTIE. L EUROPE · texte numérisé non relu

I." PARTIE. L EUROPE

[du texte d'Homère] une leçon qui a l'approbation de tant de siècles ; et il paroît beaucoup plus vraisemblable que ces peuples [de la Thrace] s'appeloient anciennement [comme ceux de l'Asie] Afysi, et qu'à présent on a changé leur nom [ en celui de Afœsi].:>3

Ainsi traduit M. Coray. Mais étant bien loin de partager l'opinion de ce savant, je vais lui soumettre des observations , i .° sur cv tcS Anâ'TUi ; 2.° sur la lacune : 3.° principalement sur tn-mvoixa.ir^aj—S'e naj vZv.

I ." e'^ Tiif cTy-i-Tco. Selon Strabon, la citation du texte d'Homère a rapport au x." chant; et cependant toutes nos éditions renvoient au xiii.'^ chant. <.<^ Il faut donc , dit M. Coray ( tom. III, p. 28 ), lire cv tcS TfKn.cuAié.Tui. »

II y a ici ime petite difficulté que je serai le premier à avouer. Du temps des Alexandrins , la division par chants étoit fixée telle que nous l'avons. Il paroît donc étonnant à divers critiques que Straf)on ait attribué au X.° chant ce que nous voyons dans le Xlll.' Mais n'estil pas possible que Strabon ait suivi une édition différente de celle que nous connoissonsî ou bien encore, que les vers attribués au xill." chant soient une répétition de vers qui auroient appartenu au x." chant, et que des aristarques en auroient retranchés ( i ) , pour éviter une de ces fréquentes répétitions ; ou plutôt qu'il y a eu erreur dans la mémoire de Strabon. Dans ce dernier cas, reconnu par M. Coray lui-même (t. III,

(1) Quoiqu'en examinant bien le 10.'^ livre , cette insertion semble très-difficilement admissible.

pag. 28 , lig. 3 , I /" colonne des notes ) , je me garderois bien de répéter, avec M. Coray, il faut donc lire ce T&T 'rfi(ni3.iJ\yJ.ru ; car nul traducteur n'a le droit de corriger son auteur, et d'écrire plus exactement ou plus élégamment que lui ( i ) : sa tâche doit se borner à indiquer ( en note , presque toujours ) ce que l'on croit être faute des copistes. Enseigner une autre doctrine, c'est conduire à la barbarie.

2." Quant à la lacune annoncée par M, Coray et autres critiques avant lui, elle est évidente : mais ni Strabon, ni Eustathe, que j'ai lus bien attentivement, ne fournissent les moyens de la suppléer. Entrerai-je , avec tant d'autres , dans le champ des conjectures ! Essaierai- je de combler la lacune du texte de Strabon, en proposant de lire, au lieu de Muazôv à.y^i/ji,â^ù)v , Quvùv T kyx-H-°^X"^ :> ce qui indiqueroit ces Mysiens de la Thrace d'Europe qui , ayant passé en Asie , s'appelèrent Thyniens, comme le dit Strabon lui-même ( 1 2, p. 816, BJ î Mais je tiens peu à cette conjecture, k laquelle je préférerois le Mo<sàv t' i.yx^l^°''X'"'' de Al. Coray. En songeant à tant de leçons d'auteurs latins qui offrent Alasi, et qui, par conséquent, donnent lieu de croire que la leçon Mœsi commençoit à prévaloir, la conjecture ici me paroîtroit plausible. Mais en concluroit-on que la leçon Mœsi doive prévaloir chez Strabon

(i) Ceci me rappelle un docte et spirituel Allemand qui corrigeoit le texte de Xénophon, pour donner plus de noblesse à la diction de son auteur, et tjui , ailleurs, dit, mihi pLiaiit scrihre [tel est notre ton plaisir]. Voyez mon Xénoph. tom. Vil, il.' part. i.«sect. pag. 17.

Page 1