X." PARTIE. L'EUROPE
dans tout autre passage que celui-ci, où nous reconnoissons lacune '. Non , sans doute ; car Strabon combat la leçon yMcesi. Or, de ce qu'il combat la leçon /Mcesi, il est absolument impossible d'en conclure qu'il l'admet et qu'il la propose.
Que Strabon combatte la leçon Afœsi , et qu'il défende la leçon Mysi , c'est ce qui est d'une haute évidence dans la phrase qui suit immédiatement la phrase itvn -nu Ttivaav t ày^i/ji.â.'^cav. M. Coray y voit deux fois les Afcesiens : mais deux fois Strabon y défend la dénomination Ady siens. C'est une vérité que l'on va s'efforcer de démontrer dans le texte suivant.
3.° riûXu ■mSm.vuiTiç^v iàvofjiâ.!r^dui f^iv 1^ ^pp^ïj Mt^trrùç, (JUiTWvojuiâxx Si KOf vvv. Ici M. Coray nous dit : Le texte porte IxiTwvofjiet^ Si Kctf vZv ; je retranche le «a/, et je lis ixiiwvofxââeu «Tè Moimvç vZv. Et pourquoi, M. Coray supprimet^il Kcij : c'est qu'il lui auroit donné ce sens , /es /Vfyjiens, à, présent encore, viennent de changer de nom ; et par suite de ce sens, l'idée de changement récemment survenu dans le nom des Mysiens. L'histoire n'appuyant nullement cette idée , M. Coray s'est dit , corrigeons le texte : pour moi, je me suis dit, expliquons le texte, et cela, sans rien supprimer, sans rien ajouter ex ingenio.
M. Coray rend i^iTwvoyi.ci.âvx par, à présent on a changé leur nom en celui de Mœsi , c'est-h-dire qu'il fait dire à Strabon que, de son temps, on a changé le nom de Mysiens, lorsque Strabon a dit [infra, pag. 334 scj.) tout-à-fait le contraire. Pour moi , me ressouvenant
de vérités énoncées par lui dans un texte incontesté , je proposerai, ne supprimant rien, n'ajoutant rien, de traduire , les Ady siens ont conservé leur nom Cinià , post, rétro, trans , à travers les sûcles , ou au-delà des mers , ou dans la suite) , et le portent encore aujourd'hui.
Cette interprétation de /UêT» se trouve appuyée , 1.° sur le témoignage de Vigier, qui entend yusTà du temps et du lieu , qui rend /^s-w par post , rétro , et qui cite des composés de imiÀ ayant ce sens de post ; 2.° sur l'autorité du Lexicon Xenoph., qui donne la même accepdon; 3.° sur ce mot de H. Estienne ( Thes.ling. gr. tom. II, pag. I 327, D) , Potest fj.iTr>vofxci^to , videri sonare postnomino , lequel appuie ma version , ou du moins n'attribue pas à fjLiTÙ. la seule notion de changement ; 4.° sur un exemple parallèle cité dans le passage iv." de Strabon [infrà, pag. 337, lig. 10; p. 340, lig. 1,*. Voilà trois considérations de quelque valeur. Mais avec quel avantage nous allons défendre notre sentiment, si l'on nous permet d'y joindre des considérations logiques! et ici nous appelons l'attentiori jionseulement des hellénistes , mais encore de ceux qui , comme nous, adorateurs des muses, leur offrent néanmoins un hommage et des productions différentes.
Quel est le but de Strabon dans le passage où M. Coray juge à propos d'ajouter un mot et d'en supprimer un autre! Le but de ce géographe est de combattre l'opinion de Posidonius, qui prétendoit que le nom de Adysiens avoit été changé. // ne faut point , dit Strabon, toucher à une dénomination qui a pour elle l'ap-