‹ Géographie d'Hérodote, prise dans les textes grecs de l'auteur et appuyée sur un examen grammatical et critique; avec Atlas contenant la géographie des trois grands historiens de l'antiquité et les plans des batailles qu'ils ont décrites, et avec trois index (volume 2)Chapitre 164 sur 178 · PARTIE. L'EUROPE · texte numérisé non relu

PARTIE. L'EUROPE

parlant la même langue que les Thraces, et qui habite maintenant en Thrace (aÙTïâr) sous le nom de Mysiens; soit que les ancêtres de ces cinquante mille hommes aient porté ce nom de Alysi , qu'ils auroient ensuite porté en Asie ( 1 ) , soit que ( conjecture plus appropriée à l'histoire et à l'expression du poëte ) les Mysiens , maintenant habitans de la Thrace , aient porté pour la première fois en Thrace le nom de Mysiens. »

Cette version littérale nous apprend qu'à une époque indéterminée ici , il y a eu des Mysiens en Thrace ; qu'amenés de chez les Gètes en Thrace par vElius Catus, cinquante mille colons Gètes reprirent le nom de JVIy siens , soit que leurs ancêtres eussent anciennement porté le nom de Mysiens qu'ils auroient ensuite transporté en Asie , soit que les cinquante mille colons tirés de chez les Gètes , et ayant peut-être chez les Gètes un nom de tribu, eussent porté chez les Thraces, en s'établissant chez eux, l'antique dénomination de Mysiens.

Quoi de plus simple et de plus naturel dans ce récit sur les antiquités des Mysiens î Y voit-on la moindre nécessité de changer le texte!

De tant de changemens et corrections de texte, que résulte-t-il ! obscurité. M. Coray , par exemple , dit que Catus transféra en Thrace cinquante mille Gètes, peuple qui parle la même langue que les Thraces, et qui habite avec eux sous le nom de Aiœsi.

(1) Lors de l'envoi de ieurs colonies en Asie.

Les Gètes parloient, il est vrai, la même langue que les Thraces ; mais ils n'habitoient pas avec eux : ce qui habitoit avec eux, c'étoit une portion des Gètes , et non toute la nation des Gètes. La cohabitation avec les Thraces, de même (peut-être) que la dénomination de MoiTni, ne doit se rapporter qu'aux cinquante mille colons tirés du pays des Gètes, ( Sur les Gères , voyez H. 4, pj sij. ; 5, 3 sç. etpass.; Thucyd. 2, 9^ scj.; Strab. pass. ei ma Géographie d'Hérod. tom. I, pag. 241 stj.)

Une partie de ces inexactitudes graves provient, I ." de ce que l'on a vu les Gètes où le texte ne montroit que des colons lires de chez les Gètes, -Tra-fà. tÙv IvtÛv; 2.° de ce que l'on n'a pas vu que de ces deux phrases oftoyXurJov tviç ©pa^ff 'i^ovç et vuv oiKcvarv, que AI. Coray rapporte au même peuple, la première s'entend («V. ) de tous les Gètes, et la seconde des cinquante mille Gètes ( vrévri fji.ve(àJkç czn/xâTav i , et non de /a nation toute entière des Gètes : inexactitude qui obscurcit toutes les notions données par le géographe sur les antiquités des Gètes et des Mysiens.

J'ai cru devoir insister sur le sens littéral de TrécTt /nvetetJkç aa/xai^v 'tto^. lav Tvrusv , et remarquer la différence essentielle qui existe entre la nation toute entière des Gètes , et cinquante mille colons tirés du corps de la nation.

Quoique faisant partie de la nation gète, ils pouvoient porter un autre nom que celui de Gctes , le non] d'une ou de plusieurs tribus gètes ayant des noms

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