‹ Géographie d'Hérodote, prise dans les textes grecs de l'auteur et appuyée sur un examen grammatical et critique; avec Atlas contenant la géographie des trois grands historiens de l'antiquité et les plans des batailles qu'ils ont décrites, et avec trois index (volume 2)Chapitre 165 sur 178 · PARTIE. L'EUUOPE · texte numérisé non relu

PARTIE. L'EUUOPE

propres et distincts. C'est ainsi que, chez les Thraces, les Pastiens, les Ciconiens, les Bistoniens, les Sapacens, les Dersîcens , les Edoniens , les Satres ( Hérodote , 7, 110), les Odryses (Thucyd. 2,p6), et autres, quoique faisant partie de la nation thrace, avoient, au milieu de la Thrace, une dénomination distincte de la dénomination générique.

On vient de discuter quatre passages où Strabon a paru à M. Coray autoriser la dénomination de /Mcesiens et de Mœsie.

Des quatre passages, un seul, celui-ci, i{^ oui vw MoioDuç i&XotJm , a été déclaré, par moi-même, prêtant un peu h l'équivoque : mais ce qu'il présente d'équivoque, se trouve éminemment éclairci par cinq ou six passages dont le texte est authentique, et d'où il résulte (voyez suprà , pag. 324-337 sq.) qu'il n'a existé que des Mysiens et jamais des Mœsiens.

Gardons- nous donc de corriger, et servons-nous du texte même de Strabon, soit contre Posidonius, qui suivoit trop légèrement peut-être une tradition quelconque, soit contre le savant M. Coray, n'ayant en sa faveur ni tradition, ni manuscrit, ni le génie de la langue, ni aucune considération logique; et redisons ce mot instructif de Strabon : Toucher à une leçon qui a pour elle l'approbation de tant de siècles , est une peine superflue quon devrait peut-être s'épargner : il paraît en effet beaucoup plus croyable que les Mysiens s'appelaient ainsi ariginairement, et que ce nom , qu'ils portent aujourd hui , a traversé les siècles ; toc yott<p»v >uvi7v c* inmv'mv

îrtùf niS)»uyAi(nts-ew , TTipi^ov iazûç' tibXu j^p ^ânvaTîg^v uvojuââtu yuèr i^afX^Ç Mfffïi/ç, //.tTavo/uitiâtu (Tè Kctj vw.

A l'époque où Strabon s'exprime ainsi, les armes des Romains avoient déjà pénétré dans l'orient. De son temps, néanmoins, la dénomination de A^ysi se trouve fortement défendue et maintenue par Strabon. Après lui les Latins ont-ils adopté , étoient-ils fondés à adopter celle de Mœsi , peuple, et de Mœsia, province! Autre question digne d'examen.

Virgile est le premier qu'on cite en faveur de la leçon Mœsia. Ce nom de province se trouve dans les Géorgiques , i, 102. U Index Virg. nous laisse libres de choisir entre Alysia ou Alcesia. M. Heyne , ne voulant pas user de cette liberté , donne Alysia , sans faire même attention k la leçon Afœsia, et il a peut-être raison ; car quel motif de toucher à une leçon si bien défendue par Strabon. ( Voyez encore Virg. Georg. 4, 370, Afysusque Cdicus.

Ovide, Met. 15, ^77, Mysum-Cdicum. — Le même, iv, Pont. ep. 9, 77,

Hic tenuit Mysas gentes in pace fideli.

La Martinière, que souvent on copie en le dénigrant, la Martinière, dans un article très-érudit, où il cite sans discuter, a tort de dire ici , « Ovide donne Mysas pour Mœsas , » puisqu'il décide ce qui est en question. On lit dans Pline, Hist. nat. j, 26 , Pannoniœ jungitur provincia tjuœ Mœsia appellatur ; ce qui signifie , à la Pannonie confine une autre province nommée Mœsie

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