I." PARTIE. — L'EUROPE
l'orthographe reçue, il a dû nécessairement écrire Uu^m) et non noniKol ; de même qu'en parlant des Mysiens , considérés même à l'époque des entreprises des Romains sur la Mysie, il a dû écrire Mv<n>] et non Mo/ffii ; et non-seulement il a dû écrire ainsi, mais, de plus, il l'a fait : cette orthographe de Muob) se trouve constamment suivie, sans la moindre réclamation même des annotateurs qui, chez le même Dion, prétendent qu'il faut lire UoitikoI au lieu de Tlv^Koi. Écrivant en latin , Dion eût écrit Pœt'ici , Alœsi ; écrivant en grec, ii a dû, je le répète, écrire ïlvbjKo] ; il a dû de même écrire Muml, Muaia, (1), alors même qu'il entendoit autour de lui les Latins prononcer Alœsi , Alcesia : il a dû écrire Muot( , Mt/(n'a, en parlant de la Mysie, soit européenne , soit asiatique , assertion incontes-
(1) Qu'on ouvre Dion (édit. Reimarius), on trouvera, pag. 6^6, 4, Mutre; et Mum'af ; et ib. 35, tdV Mi/oiiw.
Ib. pag. 660, 75, lAjjoia.. Fosition et étendue du pays des A'ijisicns, lAuani. — li'. ijô, yi. H Ulvoia. — It. 657, $0 sq. La Afj-sie ( txV M.u<nJk.) soumise. — Ik 6^8 , 89. Crassus marche contre les AJjsiens. — Ib. ^99 , 75, mention de la Alysie prise , -rHç yivaioLç ^Ipaïaiv. — /i. 6^9, 61, des Aij'siens révoltés, ixtiv yivtrzuv -nùç iirajuoswviaç. — Ib. i iz8, 91 , Trajan , ai tÎ tivata. — Ib. 1130, 70, Adrien touche à un pout q,ui conduisait en Alysie ( f f 7HV yivaieur ) , et que Trajan avoit construit.
— Ib. La Afysîe supérieure, cy th Muaia tm cCvù), kclJ tm OpaKii — La Alysie européenne, tHç M.vaîccç rHç ôv t» I.vpùnrti , ib. 59 j , 72;
6j6, 3 ; 660, 7J et- 76; 1 106, 76.
La Alysie asiatique, -nvç lAvavvç cv tm Aatot., 633, 48. Gouverneurs de la Alysie, Bassus, -niç Muiriotç ôipPaUiTl , 1328, 87.
— Popponius Labeo, it. pag. 896, 49. — Pompseus, it. 897, 96. — Csecina Severus, it. 802, 6i , et 803, 17.
table, ce semble, qui réfute Celfarius ( i ), voyant dans
les /Mœsi les Mysiens de l'Asie ultérieure.
Par ces raisons analogiques, on concevra que des Romains, latinisant Pythici, aient suivi l'orthographe des Latins ; qu'en le latinisant, ils aient rejeté du mot Pythici la lettre y, qui leur étoit étrangère , et qu'ils lui aient substitué la lettre e, ou plutôt la diphthongue ne , correspondante à Yy des Grecs. On concevra pareillement, la diphthongue latine ayant le son de ïu, qu'on lise sur des marbres AB0EA02 pour Abydos, GOEROS pour le grec jug?? (2).
Par une raison analogue , par la raison que la lettre y manquoit aux Latins , on concevra encore que les proconsuls romains, traduisant Mutn\ en latin , et voulant plaire à des oreilles que les lettres grecques pouvoient offenser, aient préféré oe, diphthongue amistique ou correspondante à ïy des Grecs, et que les Latins aient dit Adcesi au lieu de Mysi , et que Afcesi ait passé dans la langue et dans les actes du gouvernement, pour désigner tous les Mysiens indistinctement, soit d'Europe, soit d'Asie, et non de telle ou telle partie de l'Asie.
J'insiste sur ce point; car je ne puis adopter l'opinion de Cellarius, qui, je le répète ( tom. II, p. 570, Lips. 170 1), prétend qu'on a voulu indiquer par le mot Alœsi
(t) Tom. II, pag. 570, Lips. 1701. Selon Cellarius, H. de Valois voit la Mœsie où Eusèbe voit la Mysie.
(i) Voyez le Traité de l'enhographe latine, par Dausquius, tom. Il, pag. joo.