‹ Géographie d'Hérodote, prise dans les textes grecs de l'auteur et appuyée sur un examen grammatical et critique; avec Atlas contenant la géographie des trois grands historiens de l'antiquité et les plans des batailles qu'ils ont décrites, et avec trois index (volume 2)Chapitre 176 sur 178 · I." PARTIE. — L'EUROPE · texte numérisé non relu

I." PARTIE. — L'EUROPE

est même des Thraces qui vivent sans femmes , ei qu'on appelle ctistes, hommes consacrés à la divinité et menant une vie exempte de crainte; et qu'Homère dit, de tous ces peuples à-Ia-fois , qu'ils sont vénérables , hippomolges, se nourrissant de lait, abii, et les plus justes des hommes { àClovç -n Six. ivô.). II les qualifie sur-tout d'al>ii, parce qu'ils vivent sans femmes, persuadés qu'une telle vie est imparfaite ; de même qu'Homère appelle imparfaite ia maison de Protésilas , parce qu'il laissoit sa maison sans héritier ( et sans appui pour sa femme), oÎKaf n'jtoTêAÎi «ftoT/ jîe;? ( )• »

Après avoir cité cette opinion de Posidonius , Strabon (7, p. 45 J) A; trad. franc, tom. III, p. 28) la combat ainsi : « Quant au nom d'al/ii , comment ( ' ) l'expliqueroit-on par célibataires {^f">ùç) , plutôt que par hommes sans maisons , ou hamaxœci ! En effet , comme c'est sur-tout dans les contrats {TTîfi -m.miA.Q.) et dans la manière de faire apprécier les biens {>{^ ■M 77)V iKVfJunaiv ) , que l'on s'entend pour commettre de grandes injustices ( cwt<r. iéix-. ) , il étoit raisonnable [iiiXo^ev) que des hommes qui vivent frugalement de peu ( ttTr' 'oxi-yùv êÛT. Ç'. ) fussent appelés (par Homère) les plus justes des hommes ; car ( wêi Kitf ol <p. ) les philosophes , qui placent la justice très-près de la tempérance, mettent au premier rang la frugalité et l'habitude de se suffire à soi-même : habitude précieuse, dont la privation a fait dévier (") et jeté dans le cynisme quelques-uns d'entre eux.

Mais cette locution , vivre sans femmes ( •n  x^O^'^

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yjvtumv omliv), ne prête pas même indirectement aux idées que je viens d'exposer, [et ne peut s'appliquer] sur-tout aux Thraces et aux Gètes qui en font partie. » En effet, que ne dit pas Ménandre de leur incontinence !

Le sens de abi't, comme on vient de le voir, donne lieu à beaucoup de débats. H signifioit pauvre selon ceux-ci , célibataire selon ceux-là ; suivant d'autres , il est épithete ; il est nom de peuple, à en croire des critiques cités par Eustathe. Strabon y voit un qualificatif, un terme générique qu'Homère appliquoit k beaucoup de peuplades thraces.

Ces détails intéressent historiquement : examinons donc le passage précité de Posidonius. Les notes se rapportent aux chiffres insères dans notre précédente version.

' Posidonius, parlant des Mysiens, dit qu'ils s'abstiennent de ce qui a vie, ««t iùaiÇficw. On a traduit, avant nous, par scrupule : mais iùnQua,, employé dans ce sens, ne seroit pas grec. A tout moment, chez Platon, Xénophon ( Lexic. Xenoph.), tùcnSiis, iùnSeict signifie pieux , piété envers les dieux , ou respect, respectueux envers les parens. Le contexte prouve qu'ici il s'agit àe piété envers les dieux , et non précisément de scrupule.

^ Iwvmç K«Ô' »m^cu>, vivant dans le calme , dans une quiétude parjaite. Ces trois mots sont omis par M. Cor.

' Capnobates , ctistes. Voyez infrà, pag. 367.

* A/oT/ ;>«£??. Selon M. Coray ( trad. franc, tom. III , pag. 27 ) , la maison de Protésilas étoit appelée impar-

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