PARTIE. — L'EUROPE. 4p
qui donne fiâçpu (KM^ôf^va, mais par Homère, qui emploie ce verbe elliptiquement { Od. 17, 203, 338; 24. I57). Dans les trois passages, X. traduit mt^ôfKvor par innitentem baculo ; et sa version se trouve confirmée par Eustathe, qui [Od. 17, 203 sq, pag. 1815, edit. Rom. 154.2), donnant nupiTTJcifiivov pour glose, rappelle le foTmXov qui précède (17, 195), et qu'il dit, là, synonyme de am^^pav (en ajoutant que tout exîJTTlpov est fÔTm^ov, témoin le oM-^fov des rois et des juges). Elle se voit également confirmée par T. H., qui, dans Lennep, explique «xm'tiJw et ««'t^o/**/ seul, par innitor baculo aut cuicumque re'i ad gressus frmandos,
A l'aide de ces rapprochemens , j'aurai rendu trèsprobable mon interprétation ; je ne l'appellerai cependant que conjecturale. Mais ce que je crois incontestable, c'est que ce verbe est fort mal commenté par le '55»oi'0£?(rôrt/ d'Hésychius, et bien k tort omis, comme redondant apparemment, dans les versions de nos devanciers : et s'il faut renoncer à l'interprétation de poser h bâton à la frontière, je croirai pouvoir le traduire par s'arrêter à, instare, se tenir sur.
Ce sens de s'arrêter, appuyer sur, me paroît trèsadmissible ici et ( 8 , 39 , 2 ) où Hérodote raconte que des roches se détachèrent du Parnasse contre les barbares , et qu'arrivées au téménos de Minerve , dans l'hié^ ron d'Apollon, elles s'arrêtèrent respectueusement à Faspect de ce téménos, h ^^ ivîaxn-lav.
Je crois fort, quoi qu'on en dise, que tel est le sens de ivimu^v. Valla le traduit, pervenere. H. Estienne,
JO GÉOGRAPHIE D'HÉrODOTE,
dans sa version corrigée de Valla ( Francf. 1 608 ) , conserve ce pervenere. M. Schw. , qui a corrigé la version latine, voulant mieux rendre la force de ivîn.»-\a.v, le traduit par incubuere in; et alors voilà des roches qui tombent et s'appesantissent sur letéménos de Minerve. Mais telle n'est pas la pensée d'Hérodote : si ces quartiers de roches fussent tombés indistinctement sur des profanateurs et sur le téménos de Minerve , qu'ApoIfon s'étoit engagé à défendre , ainsi que ses propres trésors (8, 36), Hérodote auroit-il dit que ces quartiers de roches, de son temps, se conservoient religieusement dans le téniénos de Minerve î
Ces roches ne se conservoient, sans doute, que comme preuves de miracle , que comme témoins de la puissance d'Apoilon et de Minerve , à la vue du [ii] téménos de laquelle elles s'étoient respectueusement arrêtées ( Iç-m iv't<nt.>i-\a.v). Cette interprétation neuve, les roches s'arrêtèrent à la vue du téménos , est bien loin de celle de nos devanciers, qui traduisent hîmti-lav ( iç •7B T. ) par pervenere ad, ou incuhuere in. Mais les considérations logiques que j'ai présentées, la rendent, ce semble, infiniment plausible.
Joignons-y des considérations grammaticales. Hérodote a dit, ivî(n(.n-\a,v iç -n [ nfiivoç) : mais , ivi<jKV)-\.aM h to t. ne seroit pas grec dans le sens de încumbeye in. Pour obtenir ce sens, il faudroit, au lieu de himi-^Mi h, iTTinri-^cu/ avec le datif, ou le génitif dépendant de la prépos. ÊOT. Or, i .° Hérodote n'emploie pas iTnnvi-j^a: i.° au lieu de Iti) , il se sert de k, avec l'accusatif, qui