‹ Géographie d'Hérodote, prise dans les textes grecs de l'auteur et appuyée sur un examen grammatical et critique; avec Atlas contenant la géographie des trois grands historiens de l'antiquité et les plans des batailles qu'ils ont décrites, et avec trois index (volume 2)Chapitre 23 sur 178 · I." PARTIE. L'EUROPE. 5J · texte numérisé non relu

I." PARTIE. L'EUROPE. 5J

à Hélène, devenue épouse de Ménélas après l'enlèvement de Thésée, qui i'avoit rendue mère d'Iphigénie, ce poëte, né l'an ^47 avant. J. C. (Larch. ) , ignoroitil cet autre fait de l'enlèvement d'Hélène par Thésée, né I 346 ans avant J.C. l Oui, répond encore iciDamm.

Une partie de cette réponse a paru commode h Eustathe , avant lui ; car cet illustre commentateur voyant, d'une part, l'épithète Koue/Ji» donnée à Clytemnestre , épouse , selon nous , d'Agamemnon en secondes noces, et persuadé, d'autre part, que koupiJï» signiûe Jeune vierge, a prétendu qu'Homère, appelant ClyteJnnestre KovpiSi», Jeune vierge, n'avoit apparemment eu aucune connoissance de son premier mariage , et en a conclu qu'il falloit le mettre au rang des fables ; conclusion d'où pourroient résulter deux erreurs, l'une grammaticale, l'autre historique.

Pour anéantir un fait de l'histoire des premiers temps de la Grèce , Eustathe ( 1 ) est parti de l'idée que zovei<hn sign'iûoit Jeune vierge : mais le contexte de plusieurs passages m'a conduit à une interprétation différente, que je ne proposerai toutefois qu'à titre de conjecture.

Ulysse { Hom. Od, i 3, 44» 4^ )> P''^^ ^^ quitter Alcinoiis et les Phéaciens , leur adresse ses adieux en ces termes : « O vous (dont je me sépare), puissiez -

(1) Clavier, dans son Hiaoire dn -premiers temps de la Grèce, peutêtre entraîne par l'opinion d'Eustathe, passe sous silence le premier mariage de Ciytemnestre.

» VOUS ici faire long-temps le bonheur de vos femmes

:» légitimes et de vos enfans ! >j

Je traduis jwxaîxaf KoueA<has, pzi femmes légitimes, et non par épousées vierges. En effet Ulysse , faisant ses adieux, songe, loin de sa fidèle Pénélope, au bonheur de ces Phéaciens qui ont près d'eux, non des concubines , mais leurs légitimes épouses ( ■yjva.ÎKoi Kovf>. ) , et des enfans , fruit d'un légitime hymen.

Twaînoi renferme l'idée de femmes élevées à la dignité d'épouse ( comme dans le yjvcum de Théocrite, 2, 4i ); et KoveiJÎm fortifie le sens que j'attache au substantif.

Cette idée ressortira bien mieux par le contraste qui se remarque dans cette phrase d'Hérodote : Ta/niou(n 'd&çsç aùriav ■mT^a.ç nov&itPtaf yuvciiKas, wdMw <f\^ 'è77 TrMvvoi ■myt^ttHâ-ç itluvrAf. M. Larcher a beau traduire , ils épousent chacun plusieurs jeunes vierges , je crois devoir préférer, ils épousent chacun plusieurs femmes légitimes, et ils se procurent plus de concubines. Avec divers savans, traduisez Koue^cftof y^faTkof ^2.x jeunes vierges ; dès-lors plus de liaison d'idées entre épouser des femmes jeunes , et se procurer des concubines ( que sans doute les Perses vouloient jeunes et non vieilles). Admettez le sens, non de jeunesse, mais de stabilité ; dès-lors liaison dans les idées, et contraste, qui étoit sans doute dans l'intention d'Hérodote.

Parlant, dans une seule et même phrase, de concubines et de femmes qui n'étoient pas concubines , 1 a sans doute donné aux femmes , y/voéÏKas, une épithète

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