‹ Géographie d'Hérodote, prise dans les textes grecs de l'auteur et appuyée sur un examen grammatical et critique; avec Atlas contenant la géographie des trois grands historiens de l'antiquité et les plans des batailles qu'ils ont décrites, et avec trois index (volume 2)Chapitre 24 sur 178 · PARTIE. — L'EUROPE · texte numérisé non relu

PARTIE. — L'EUROPE

qui rappelât, non pas leur jeunesse, mais la stabilité, ia durée, la perpétuité de leur engagement : en parlant desfemmts légitimes , il a dit ytixiouin : il dit KTwirct/, ils se procurent, ils acquièrent, en partant des concubines.

C'est cette idée de stabilité qui me paroît dominer dans x«&«tfj« d'Homère, //, i, 1 i4; 7, 392 ; i i, 245 ; 13, 626,- ip, 298 ; Od. Il, 459 ■> et dans le x«6<<Aof du même poète ( Od, 15, 22) ; et dans son KneMSicy JSfM ( Od. 21, 78 ), et dans le KoupiJiov Kt^ç d'Aristophane ( E/p. 844 ) , où il s'agit de lit nuptial ; d'une couche, par conséquent destinée à une inséparable épcxse, et non à une volage concubine. K«e<(A'a ■yvvvi , répondant au justa uxor des Latins , signifiera donc très-probablement, lafimme légitime , c'est-à-dire, épousée avec toutes les formalités prescrites , reconnue civilement pour telle , jouissant de tous les droits que les lois attribuent aux mariages solennels , et unie à son mari par un indissoluble lien (légitima, justa, et connubio juncta stabili ).

Ennemi de nouveautés , à moins qu'elles ne se présentent soutenues de preuves irréfragables , j'ai long-temps hésité h émettre mon opinion. Je m'y suis enfin décidé, en considérant que M. Schw. l'adoptoit en partie dans son Hérodote ( l. l. ) sans pourtant la motiver; en considérant sur-tout qu'avant M. Schw., Constantin ( Crispin. 1562) traduisoit , comme lui, xoup/cftof par legitimus ( capitur multoties pro légitima desponsato ; note précieuse qui manque au Thés. l. gr. d'H. Est.), et que l'hébraïsant Rivière, en marge

de son édit. de Constantin , 2 vol. fol. , écrit : KouûiJioç ne signifie pas ^ui a épousé étant vierge, mais stable, permanent, ou qui devoit l'être par la promesse et ie vœu des contractans.

C'est sur le contexte , sur l'examen des antécédens et des conséquens que je m'appuie, et non sur une étymologie incertaine; car quel sens tirer de xép», puella , et de la seconde partie du mot, qui donne ou un diminutif, ou le mot 'iSxa^, proprius (ce dernier purement conjectural ) !

Si l'on s'en tient à l'étymologie reçue , alors on dira que Kovpijioç, de jwpn , pue/fa, a signifié primitivement jeune époux, jeune épouse ; et que, par extension , il s'est dit de toute femme , non pas jeune, mais nouvellement mariée, ou peut-être, en général, de tout ce qui est à l'âge de la croissance ou de la force ( sens que renferme y.oupiS'am ( puis aot/pifa ). Dans ce sens Homère aura pu dire x.ovfiiS'lov J^/m, la maison paternelle et maternelle , la maison des jeunes époux; nom qui sera resté , même les deux époux n'étant plus jeunes. Conformément au sens primitif, qu'on aura conservé comme rappelant de touchans souvenirs, Homère aura pu donner l'épithète xoveAifi» même h. Hélène et à Clytemnestre, supposé qu'Homère ait adopté la tradition dont j'ai parlé ci-dessus. En effet on peut douter qu'Homère ait ou connu ou adopté, par exemple, la tradition relative à Hélène , tradition évidemment rejetée par Théocrite, qui ( Idyl. 18) fait, dans son épithalame, ie plus grand éloge de cette princesse.

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