‹ Géographie d'Hérodote, prise dans les textes grecs de l'auteur et appuyée sur un examen grammatical et critique; avec Atlas contenant la géographie des trois grands historiens de l'antiquité et les plans des batailles qu'ils ont décrites, et avec trois index (volume 2)Chapitre 25 sur 178 · I." PARTIE. — L'EUROPE · texte numérisé non relu

I." PARTIE. — L'EUROPE

et qui suppose ^'avant d'épouser Ménélas, elle n'avoit jamais vécu séparée de sa mère ( Idyl. 18, 13).

Nous venons d'expliquer, i .° xtiçji; et koD^ç, qui signifient tantôt /Vi/nf (Hom. //. i, 47° ". 2» 17; 4. 321 et 393; 9, 86; 17, 726. Od. 8, 38 et 48), et tantôt yf/i- (Id. Od. 19, 523 ; Hymn. ad Merc. i^j] : jMp« et x.ovfti , jeune, jeune ^//e ; toutes acceptions secondaires de Mç», d'où, selon Scheid, le latin creo , cresco ; 2..° k^sëaJioç.

Expliquons maintenant yjvii , adjectif; Trap^vcç , Trofsîftoç, adjectif; ■n-ofâmiei. devenu substantif; et la glose qui explique K^çM^at par twç àt Trof^viof yi^tiMt/Avac, et

I. Tvvri OU yjvoù^, adjectif. On vient de voir yivn substantif. N'est- il pas, comme 'Trof^voç infrà , subst, et ndjectif; c'est-k-dire un de ces mots qui , adjectif dans le principe, sera devenu, avec le temps, uniquement substantif ! Je .le croirois d'après cet exemple : vr ifoiviç «7t yuva7yjii ( Coluth. 186), où ywoUx^ç est en regard, non avec arJ^sç, subst., mais avec apatnç, adjectif; d'où l'on concluroit que yjvu)^ a été adjectif avant que l'on eût créé la forme prolongée yjvouxjiioi. Voyez [Phîl. tom. VII, pag. 163,225) d'autres noms qualifiés ( îV. ) par nous d'adjectifs , contre l'opinion générale.

II. Uof^voç. Ce mot, que donne Hérodote, 4) 3 5> I et passim, est composé de trop d'élémens pour être un primitif. Scheid remarque qu'on en donne différentes dérivations, mais extrêmement forcées. H. Est.,

6o GEOGRAPHIE D'HÉRODOTE,

qui écrit sur wâpStioç deux grandes colonnes et demie, iie présente aucune notion primitive qui puisse faciliter les explications secondaires. Cette notion, je la. trouve ciiez Constantin : il explique Trof^voç par cette glose , wagjt 70 Tragcf.^eiv t» fMitfi ; c'est-à-dire qu'il donne à TTUfi. l'unique sens de proximité, d'assiduité , et non celui d'exception (prœter) que propose Damm. Euslathe ( Index de Devar, ) dérive wâpSïi'oç de irofà. et de 3îio-fla/; c'est-à-dire S>iAâf«i' ( rac. SdAh , mamma), Mais le sens de proximité, d'assiduité, d'habitude d'être près et sous les yeux d'une mère vigilante, me plairoit bien davantage; Théocrite la présente ( Idyl, i8, 15, Epithal. d'Hélcne ) lorsque des vierges , dans leurs chants d'hyménée, disent à Ménélas : Tu dors encore ; que ne laissais- tu ta jeune épouse ['7iwi<h. avv Tnàm), au milieu de ses jeunes compaanes , folâtrer sous les yeux d'une mire tendre, •mutrJ^iv Trofo. fyuiTfil,

Avec cette notion d'assiduité près d'une mère, attribuée à tirafà. suivi d'un datif, je conçois déjà comment et pourquoi l'on appelle Trofâivoç , vierge, une femme devenue mère, notion à laquelle ne se prête pas l'étymologie d'Eustathe.

En devenant mère, elle reste 'Trofâivoç, tant qu'elle est dans le parthénon f TntpSnvim ) , tant qu'elle reste séparée, séquestrée. C'est ainsi que la belle Asiyochée, sui^prise par l'invincible Mars et devenue mère, est encore appelée, chez Homère, wofSrivoç alJblti, virgo verecunda, parce qu'elle n'a cédé qu'à la force qui l'a surprise dans la partie la plus élevée du parthénon.

Page 1