‹ Géographie d'Hérodote, prise dans les textes grecs de l'auteur et appuyée sur un examen grammatical et critique; avec Atlas contenant la géographie des trois grands historiens de l'antiquité et les plans des batailles qu'ils ont décrites, et avec trois index (volume 2)Chapitre 27 sur 178 · I." PARTIE. — L'EUROPE · texte numérisé non relu

I." PARTIE. — L'EUROPE

Cette marche de l'offrande , allant de la contrée hyperboréenne chez les Arimaspes , des Arimaspes aux Issédons , des Issédons aux Scythes , &c. , est une marche de six mois peut-être, puisqu'elle a lieu k travers des pays sauvages , des déserts , des fleuves sans ponts, au milieu d'obstacles de tout genre. Une telle marche paroîtroit dénuée de toute vraisemblance, surtout si, comme Hérodote, Pausanias faisoit parcourir cette route k de jeunes vierges.

La marche indiquée par Hérodote, qui fait aller les députés hyperboréens par terre jusqu'à la mer Adriatique, d'où ils se rendent toujours par terre à Dodone, de là en Eubée, puis à Délos, cette marche diffère de celle de Paiisanias ; mais le point du départ est à-peu-près le même chez les deux historiens. Hérodote ne dit pas , comme Pausanias , que les Hyperboréens soient au-delà des Issédons et des Arimaspes ; mais , par la position qu'il donne aux Arimaspes , aux Issédons, aux Grifons et autres peuples du nord, on voit qu'il place les Hyperboréens encore plus haut dans le nord ; en sorte que le témoignage de Pausanias , loin d'infirmer celui d'Hérodote, le confirme, si toutefois le passage de Pausanias n'est pas une copie combinée sur les textes d'Hérodote. Dans les deux cas , la route seroit presque la même, et auroit exigé peutêtre six mois. Or, comment supposer que les enfans et prêtres d'Apollon se soient décidés à faire entreprendre un voyage aussi long et aussi périlleux à des vierges, dont les premières furent peu respectées,

malgré la protection du puissant dieu du jour (i). Cette dilîficulté ne seroit pas la seule : on se demanderoit ensuite par quel motif Hérodote fait faire aux Hyperboréens une immense déviation de la Scythie à l'occident , pour se rendre de la mer Adriatique à Déios, plutôt que de prendre, par exemple, le chemin de Byzance , d'où les communications avec Délos eussent été plus faciles.

On se demanderoit en outre, où donc étoient situés les Hyperboréens d'Hérodote! A cette question, on seroit en droit de répondre que leur position étoit inconnue à Hérodote lui-même, et qu'il n'en parloit que sur d'anciennes relations, lui qui avoue ne point" connoître le nord de l'Fàirope, dans le passage où il dit : « Le pays qui est au nord des Neures, n'a point " d'habitans ; au dessus des Androphages , est un » vrai désert , où l'on ne rencontre aucune trace » d'hommes : au-dessus des Mélanchlaenes , tout est » marais; nul homme, que je sache, n'habite ces ré- » gions septentrionales. 3»

Hérodote, comme on voit , a parlé plus en poète qu'en historien de ces contrées qu'il met k l'une des extrémités de la terre, et où cependant les poètes placent le séjour du bonheur, comme en des lieux inaccessibles , dont l'homme ne peut jouir qu'en imagination.

Hérodote n'est pas le seul qui n'offre que des

(i) Sur M/)«/of, Âu)ca;of, et autres analogue?, voyez VIndex de notrt Ph'Iol, tom. I; nous y combattons l'opinion de Pausan. iiv. 1 , ch. 9.

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