‹ Géographie d'Hérodote, prise dans les textes grecs de l'auteur et appuyée sur un examen grammatical et critique; avec Atlas contenant la géographie des trois grands historiens de l'antiquité et les plans des batailles qu'ils ont décrites, et avec trois index (volume 2)Chapitre 28 sur 178 · I.'* PARTIE. — L'£UR0P£. (Î · texte numérisé non relu

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incertitudes sur la position des Hyperboréens. Chaque auteur de l'antiquité les place au gré de son imagination, ou plutôt leur assigne une position analogue aux connoissances de son siècle.

Ecartant toute fiction , efforçons-nous de découvrir la vérité à travers les nuages qui la couvrent.

Dans les temps de profonde ignorance en géographie, les Hyperboréens furent probablement mis par les Grecs au nord de la Grèce, au-delà du mont Bora en Macédoine : la Macédoine étant connue davantage, on sentit que Borée souffloit de plus haut, et Ton conclut par conséquent que les Hyperboréens étoient au nord de la Macédoine.

Les connoissances géographiques s'agrandirent. La Scythie, une grande partie du nord de l'Europe, furent connues : alors furent reculées les bornes , et l'on rejeta bien avant dans le nord les peuples hyperboréens. La position des Hyperboréens changea à-peuprès comme celle de l'Hespérie , qui fiit d'abord l'Italie et ensuite l'Espagne.

La preuve que la position donnée par différens géographes dépend des connoissances de leur siècle, se remarque dans la carte de Ptolémée. Ce géographe met les Hyperboréens aux sources du Volga, à la hauteur de la mer Baltique, parce qu'il ne connoissoit rien au-delà. Aussi, au-delà, sa carte porte-t-elle ces mots: Terra incognita.

Les variations qui existent dans la position des Hyperboréens , ne proviendroient-elles pas parfois de textes

mal interprétés! Pindare transporte les Hyperboréens vers les sources de i'Ister : un scholiaste met des Hyperboréens aux Alpes d'Italie. Des modernes ensuite ( Malte -Brun , tom, I, pag. 52 ) ont avancé que l'opinion de Pindare étoit celle du siècle d'Hérodote, et ils ont fondé cette opinion sur ce qu'il fait arriver par l'Adriatique les offrandes des Hyperboréens. A la vérité , Hérodote fait arriver les Hyperboréens au golfe Adriatique ; mais ils ne venoient certainement pas du nord de l'Adriatique ; ils n'étoient arrivés k l'Adriatique que par suite d'une immense déviation du nord-est au sudouest ; déviation dont ils ne tiennent aucun compte.

Comme on vient de le voir, la position des Hyperboréens est fort incertaine : mais ce qui ne l'est pas , et qu'on ne sauroit révoquer en doute , ou du moins ce qu'affirment des textes authentiques , c'est qu'il existoit des communications entre les Hellènes et les peuples du nord de l'Europe ; des rapports , soit de commerce, soit de religion, entre la Grèce et le nord de l'Europe; que le kotivoç, espèce d'olivier, vient des régions hyperboréennes , chez les Hellènes ( Paus. 5 , 7, pag. 392); que des rapports intimes existèrent entre les Hyperboréens et les Hellènes , parmi lesquels ils affectionnoient spécialement les Athéniens et les Déliens (i) ; que la dernière station des pèlerins hyperboréens (Paus. I, 31, 2) avoit lieu à Prasies, chez les Athéniens, qui alloient ensuite porter eux-mêmes

(1) Diod, de Sic. i 1, 47, tom. 1, pag. 158.

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