‹ Géographie d'Hérodote, prise dans les textes grecs de l'auteur et appuyée sur un examen grammatical et critique; avec Atlas contenant la géographie des trois grands historiens de l'antiquité et les plans des batailles qu'ils ont décrites, et avec trois index (volume 2)Chapitre 46 sur 178 · I." PARTIE. — L'EUROPE. lOI · texte numérisé non relu

I." PARTIE. — L'EUROPE. lOI

Ces Assyriens , auparavant maîtres de l'Asie , se trouvoient alors isolés, et abandonnés d'alliés qui avoient secoué le joug : iis se trouvoient encore dans un état florissant qu'ils ne dévoient qu'à eux [iùaij'mv sS lixoi/Ts?). Phraortes s'étant donc [Ji) mesuré contre eux, y périt lui et son armée , qui était considérable.

1 , 1 03, I J^. Phraortes mort, Cyaxare, fils de Phraortes et petit-fiis de Déjocès, lui succéda ( i^iÂ^ctTr) ). Ce prince i isTtç ) étoit , dit-on , plus vaillant ( k>.>u(jtMTc^ç ) encore que ses pères. Ce fut lui qui, le premier, sépara les peuples d'Asie en différens corps de troupes [x-eL-m. rriXio.) ; lui qui, le premier, fit des corps distincts de lanciers, d'archers, de cavaliers; avant lui, ils étoient tous mêlés et confondus. Ce fut lui («tî? ) qui fit la guerre aux Lydiens, et leur livra une bataille , où la nuit remplaça le jour, au grand effroi des combattans ; lui encore qui, après avoir soumis toute l'Asie à l'orient de l'Halys ( "AXt/oc âVû)), rassembla toutes les forces de son empire, et marcha contre Ninive, pour venger son père, et voulant détruire cette ville. Déjà il s'étoit mesuré avec les Assyriens et les avoit vaincus ; déjà il assiégeoit Ninive, lorsque fondit sur lui une nombreuse armée de Scythes, conduite par Madyas , leur roi, fils de Protothyès. C'étoit en chassant d'Europe les Cimmériens , qu'ils s'étoient jetés sur l'Asie : c'est en poursuivant les fuyards , qu'ils étoient arrivés sur les terres des Mèdes.

I , io4, !• Hérodote, qui vient de nous dire : Les Scythes avoient pénétré en Médie en se mettant à la

poursuite des Cimmériens , explique par quelle route les Scythes pénétrèrent en Médie ; puis il ajoute que les Mèdes leur ayant livré une bataille, la perdirent avec i'empire de l'Asie.

Les Scythes, maîtres de toute l'Asie ( i, loj, i ), y cominandoient depuis vingt-huit ans ( i , 1 06, i sç.), et se portoient à toute sorte d'excès, lorsque Cyaxare et les Mèdes , en ayant invité et enivré un grand nombre, recouvrèrent leur ancienne domination.

Arrêtons-nous une minute sur la route des Scythes en Médie.

ce Cette route du Palus-Méotis à la Colchide, est de trente journées pour un homme l^ien ceint (iù^mu); de la Colchide chez les Saspires, voisins des Mèdes, le trajet n'est pas long. " Pour exprimer l'idée de franchir l'intervalle de la Colchide aux Saspires, Hérodote emploie C'^^Gi'etf. M. Larcher le rend par franchir des montagnes , et prétend, dans sa note, que tel est le sens d'tî's§'é'(ïya/. Mais ce savant se réfute lui-même, puisque, dans la note 3 du même livre, pag. 176, il dit du même mot qu'il signifie traverser un pays ou franchir des montagnes. Tout en convenant c{\xîi'!^Q\)vaji s'emploie le plus fréquemment dans le sens de franchir des lieux élevés , je ne serois pourtant pas surpris de le rencontrer dans le sens de prcetergredi , aller au-delà. (Voyez iv^umç, Thucyd. 2, 97, i et 2 ).

Avant d'aller plus loin, entrons dans quelques détails philologiques.

Il^id, n.° 2, Cette locution, w AAt/oç TmufMo avu Aoi»

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