II.' SECTION
Conséquences géographiques du Texte d'Hcrodote,
Le comte J. Putocki, qui, ainsi que nous l'avons remarqué, s'est occupé de Ia,Scythie d'Hérodote, dans son Atlas de la Russie européenne , commence par nous dire qu'au temps d'Homère , les bords du Dniester étaient habités par des Tyri-Gètes, et qu'ils étoient surnommés Ahiens , parce qu'il existoit chez eux une religion dont les sectateurs ne inangeoient rien qui eût vie.
- « Homère , ajoute le savant comte , connoissoit aussi « les Taures, habitans des monts de la Tauride; les » Cimmériens , qui habitoient sur le Bosphore et le M Couban ; et les Hippotnolgues ou gens qui avoient 33 l'habitude de traire les jumens , et qui étoient Tatares.
» Après les temps d'Homère, un peuple septeatrio- «nal, appelé les Scythes, vint s'établir sur les bords " de la mer Noire, depuis le Danube jusqu'à Perekop ; » et cette côte fut appelée , dans la suite , l'ancienne « Scythie,
" Les Grecs , en s'établissant sur le Borysthène , 3> génèrent beaucoup ces Scythes , qui se retirèrent sur 33 la rive gauche du Dnieper.
33 Enfin , vers l'an 6o6 avant J. C. , des Turcs- « Sakes-Skolotes vinrent de l'Asie, s'établirent dans 33 l'ancienne Scythie , et s'étendirent jusqu'au Don.
» Depuis , il y eut peu de changeineiis jusqu'à l'an
3> 440, à-peu-près, où écrivoit Hérodote. «
Ainsi parle le C." J. Potocki. Après avoir avoué
que les Saces-Skolotes nous sont inconnus , nous nous
arrêterons un moment sur le terme Abiens.
Ahiens. Homère ( //, 13, 16 ) les nomme dans ces
vers : .
Mitcav T cty^f/a^v , koj ctysLutav l'srmi/M>i'^ôùi'
M. Heyne traduit, Thracum intuens terrain, Mysorumque cominus-pugnantium , et illustr'mm Hippomolgorum , lacte-victitantium longœvorumque , justissimorum hominum.
Qu'est-ce que a.Ctùt\ Qu'est-ce que les Mysiens '. S'agit-iï de ceux d'Europe, ou de ceux d'Asie! On a écrit (i ) vingt pages sur ces deux vers. Sachons nous borner à ce qui nous paroît i'essentiel.
Posidonius, cité par Strabon (7, pag, 454» B, C), dit. qu'Homère entend parler tout- k-Ia- fois et des Mysiens et de quelques peuples de la Thrace, lorsqu'il les appelle ctywouç î'srmifMX)j>vç , yX. àCioug te, Jly.. Ces cinq mots sont donc, dans son sens, des qualificatifs et non pas des noms de peuples. M. Coray les traduit
(i) Voyez, i." Eustathe sur ces vers , et les notes de M. Heyne; 2." ApoHonii lexicon de Villoison , au mot à.'é'/o/ ; 3.° Est. de Byzance; 4.° Homère de Rochefort et de Bitaubé; J.° les Ohs. de M. Gossellin, Strabon, tom. III, pag. 2j , et, même tome, pag. 53 , où les Scythe» 5ont qualifiés éHHippcmolgi , de Calactophagi er à'Àh'i.