I." PARTIE. L'ELROPE
comme noms de peuples dans cette phrase . « Les » vénérables Hippemolges, et les Abii , les plus justes » des hommes. " II auroît dû peut-être interpréter ainsi : « Posidonius dit que le poëte qualifie tous ces » peuples k-Ia-fois de vénérables Hippemolges ( mulej> tores equarum , et non e quorum ,co\\ymQ le veut X. ) , d'Abiens, d'hommes très-justes. 3>
De cette excursion sur diverses notions géographiques du temps d'Homère, et sur le passage d'Homère cité par Strabon, passons k la Scythie hérodotéenne.
Faisons d'abord remarquer, avec M. Rennel, qu'Hérodote ne décrit que la Scythie proprement dite; que, hors des limites qu'il lui assigne, il existe d'autres peuplades scythes, les Neures ( H., 4> J ' ) ' ^^^ Thyssagètes ( H., 4> 2 '> 2.2, 123 ), les lyrques (4> 2^) > les Sauromates , les Massagètes , les Issédons , les Scythes Amyrgiens ( H. , 7, 64 ).
Rennel distingue donc, avec raison, deux Scythies ; mais, dans sa carte du monde, il prête à Hérodote, sur la figure du Palus-Méotis, des idées que le texte n'autorise pas, et qui ont été suivies et même outrées par M. Heiwagg. En jetant sur la mappemonde une mer Méotide hors de toute proportion avec ce qu'elle est réellement et dans la nature et dans Hérodote, à' quoi est-on parvenu î k détruire tout rapport entre le pays des Scythes du Pont-Euxin et le Caucase, entre le Tanaïs et la route de la Médie ; et, par une conséquence nécessaire, à rendre le texte d'Hérodote
et ses notions géographiques tout-à-fait incompréhensibles.
Pour rendre ces notions intelligibles, nous n'avons eu qu'à nous attacher au texte : alors ont été combinées sans peine diverses positions géographiques ; alors ont été placées sur notre carte les diverses peuplades, scythes ou affiliées aux Scythes ; et l'on ne s'est pas vu réduit, comme M. Rennel, à repousser les Scythes royaux ( 4 , 20 ; 4 5 57) à l'est du Palus-Méotis , jusque près de fa mer Caspienne, tandis qu'Hérodote les place près de la Tauride , à l'ouest du Tanaïs ; et à mettre (avec MM. Rennel et Helwagg) au nord du Palus-Méotis, à-une immense distance du Pont-Euxin, les Sauromates, qu'Hérodote met près du Palus-Méotis, lequel, selon notre historien (4» 59) > sépare les Scythes royaux des Sauromates.
La Scythie, dont notre carte n.° 3 présente le tableau et les limites , ne renferme pas tous les peuples Scythes dont parle Hérodote ; car nous ne donnons pas les Amyrgiens et autres peuples qu'Hérodote place à côté de la mer Caspienne. Nous avons dû en faire la remarque , et dire un mot de ce peuple , qui se trouve dans notre carte du Monde n." i .
Les Scythes Amyrgiens [Scythœ profugi de M. Malte- Brun ) sont placés par nous dans les vastes contrées qui se trouvent entre le Palus-Méotis et la mer Caspienne. Rien, en effet, n'oblige, ce semble, de les refoufer dans l'orient, aussi loin que le fait un savajit distingué.