I."^ PARTIE. — LliUROI'E
Chersonèse-Trachée. Cette Chersoiièse s'étend et descend [K3.-ni>ui] jusqu'à la mer qui regarde lest ; ce qui conduit notre auteur à remarquer que, de deux cotés, la Scythiea, comme PAttique, la mer pour limites , au sud le Pont-Euxin , à l'est le Palus-Méotis ; et nous , à dire qu'ici les Scythes éprouvent discontinuité de terrain.
If existe, en effet, un territoire liabité par les Taures depuis Carcinitis jusqu'à i'entrée de ia Chersonèse. Pour retrouver cet intervalle mentionné par Hérodote, notre carte devoit peut-être reculer Carcinitis au nord, dans l'intérieur des terres.
Autre remarque sur Chersonèse-Trachée. iM. Larcher, d'après Estienne de Byzance, donne une ville de Chersonèse-Trachée qui s'étendroit et descendroit { KOLTviKf.i ] jusqu'à la mer de l'est ( 4> 99 > i )• Mais y.ttTvixjii exprime, je crois, un prolongement de cotes, et non une position de ville dont rien n'appuie l'existence, du moins du temps d'Hérodote; et d'après le x.xT»)Cii , et d'après tout le contexte, je vois, non une ville, mais une Chersonèse s'étendre depuis la partie du continent voisin de Carcinitis, jusqu'à la mer d'orient ou Palus-Méotis.
Le chapitre 100 n'a pas été mieux compris géographiquement que le chapitre 99. Hérodote indique un pays habité jusqu'à la Chersonèse-Trachée par la peuplade Taurique. A peine a-t-il nomme cette peuplade, qui occasionne dans la Scythie discontinuité de terrain, qu'il ramène à ses Scythes ; il en distingue quatre peuplades.
iz6 GÉOGRAPHIE D'HÉRODOTE,
I ." A partir immédiatement de la Tauride, habitent des Scythes qui dominent les Taures {Kctiùmp^ T.); c'est-à-dire, à l'orient de Carcinitis, et dans la partie de fa Scythie qui est au nord de la Chersonèse.
2.° D'autres Scythes ensuite occupent un territoire à partir de la mer orientale ( -m s. ;^6<*5 "^^f -Sa^. TÎff yici«ç ) : ils doivent , du Palus-iMéotis , s'étendre dans l'intérieur des terres du sud-ouest au nord-est.
La mer orientale est absolument le Palus-Méotis. Cette vérité résulte de ce que nous avons établi, 4» 99 , que la Scythie a pour limites , au sud le Pont- Euxin , k l'est le Palus-Méotis.
3." D'autres Scythes encore habitent à l'occident du Bosphore cimmérien, et, plus littéralement, à ^a;f/V du couchant du Bosphore cimmérien ( t» /8. to K. -rà ■Tufoi; tttoiftnç) ; c'est-à-dire qu'ils occupent le midi de la Chersonèse, à l'ouest du Bosphore.
4.° Hérodote nomme encore des Scythes habitans des côtes du Palus-Méotis jusqu'à l'embouchure du Tanaïs. Ils occupoient l'espace depuis ce fleuve jusqu'aux Scythes que nous avons cKt habiter dans l'intérieur des terres, à partir de la mer orientale, ou Palus-Méotis.
Les Taures, sur la carte, sont placés dans l'intérieur de la Chersonèse, tandis que , d'après Hérodote, ils sont à partir de Carcinitis jusqu'à l'entrée de la Chersonèse. II faudroitdonc, sur cette carte, les placer conformément au texte.
Ainsi nous avons l'étendue de la Scythie , soit continentale, soit maritime.