I." PARTIE. — L'EUROPE. - I
La Tauride [ Crimée ] ne commença que sous ie règne de Catherine à faire partie de la Russie. Le savant interprète de Léon Diacre , dont l'histoire embrasse l'espace de temps qui s'est écoulé depuis l'année P59 jusqu'à l'année 975 , est donc peut-être inexact lorsqu'il traduit tyjj^.ç et Tau^aKu^iç par Ruisos et Russis.
Au chapitre 10 i , Hérodote, de ses conclusions sur l'étendue de la Scythie , arrive à des détails sur les peuplades dont il a parlé à la fin du chapitre 99, et qui, au nord, dans l'intérieur des terres, bornent la Scythie.
Les premiers qu'il a nommés sont les Agathyrses (4>49> ioz, 103, 1 25) , peuple de la Transylvanie (i ). Le Maris (4, 49 )> fleuve coulant du pays des Agathyrses, va se jeter dans l'Ister. Ce Maris est laTheiss, rivière de Hongrie , selon un savant. Mais ne seroitce pas plutôt le Maros, ainsi que l'indique la seule ressemblance des deux noms î
Les Neures , bornés au nord par des déserts infestés de serpens (4> lO) )> occupent une contrée marécageuse (4> 51 ) '• induction que rendent probable ces
mots , OK hilMVnç ri OVeA^U T«V 7Ï IkU^HMV Xttf T«l' Nê!/e</a.
yHv. Tout semble s'accorder à faire placer la Neuride sur le revers des monts Crapacks, qui, du coté de la Bukovifine, de la, Galicie et la Wolhynie, séparent la Hongrie de la Pologne. Ce fut jusqu'aux défilés des
(1) Voyez Hiit. prim, du C.'= J. Potocki, pag. 90.
128 GEOGRAPHIE DHÉRODOTE,
monts Crapacks que Darius, dans fa Neuride (4,
125 1, poursuivit les Scythes.
Une génération avant l'expédition de Darius , les Neures furent contraints de sortir de leur pays. La phrase qui contient ce fait, mérite une note : Kcfrixad —ôtpiaç ycip (Tft 7:u>^6uç /xev « %(<)C(i avi(fcuvi , 01 Si TrXiZi'iç àvw^v s-tpi Mc -mv ifiifxiiiv \7rvmmv. Dans cette phrase remarquons, 1.'' KaTîXaêê employé sans régime; 2." à.vi(pit.ivi: on le traduit, ediderat ; et M. Larcher, le pays produisit. Mais âcsça/fs peint sur -tout la surprise des habitans à la vue de ces serpens que la terre leur montroit sur sa surface. Aviipauvi ne renferme nullement l'idée de produire, adoptée par Larcher, et, avant lui, par les annotateurs latins. Voyez, 1." tî c^ih.-m a.va.7!itpnvoç (Hér. 2, I 5, 2) ; 2.° àLva.(pa.ivm ( Xénoph. 1. 4» i -) > spectandum exhibeo.
Les Androphages ou Anthropophages (4, '7 et 18), peuples de la Russie noire , sont à l'est des Neures ; un désert les sépare des Scythes proprement dits , avec lesquels Hérodote ne veut pas qu'on les confonde. Ils sont, dit-il , 4 1 18, ^, une nation particulière et nullement scythe.
M. Malte-Brun [Hist. de la Géogr. liv 3 , pag. 54) les confond avec les Mélanchlaenes : mais cette fusion nous semble inadmissible d'après le texte formel de notre auteur, qui (4> i7> ' 8 et 20 ) fait des Androphages et des Mélanchlîenes deux peuples très-distincts.
Les Mélanchisenes (hommes à manteau noir) sont les peuples de Novogorod, d'Orel, de Mohiiew, &c.
I," PARTIE, — LEUROPE. 129
OU de l'intérieur de la Russie. La carte n.° 3 les montre, conformément aux idées d'Hérodote, hors des limites de fa Scythie.
Au-dessus des Neures , des Androphages et des Mé- Janchtenes (4> 17» i 8, 20 j^. 1 , c'est-à-dire, dans les régions situées au nord et au-delà des derniers habitans de la Scythie (4> z)» il n'existe que des déserts glacés et sans vie (ib.), où il pleut des plumes (4, 7 et 3 I ) , et qui sont inaccessibles et à la vue de l'homme et aux pas des voyageurs (4> 7 )•
Ces contrées, très-élevées vers le nord, appartiennent à la Russie septentrionale.
A la suite de cette observation d'Hérodote, qui, au-delà de la Scythie, place des pays inhabités oii il pleut des plumes , expression à prendre à la lettre (voyez sup. pag. 17) , quoi qu'en dise Hérodote, rappelons sommairement qu'au-dessus des Argippéens, il met des ^Egipodes (4) -5 ) ; au-dessus des Massagètes, des Issédons ; au-dessus des Issédons , des Arimaspes ; au-dessus des Arimaspes , des Gryphons , près des peuples qui dorment six mois de l'année ; qu'enfin , il termine sa Mappemonde, au nord, par les H\perboréens.
Il seroit difficile d'indiquer avec précision à que/s pays modernes correspondent ces divers peuples. Les Issédons seuls ont un nom historique et une véritable existence. Peuples de Russie , ou peut-être Tatars , ils habitent les limites actuelles de l'Europe et de l'Asie.
Les Gryphons, selon des savans, pourroieiit être
les habitans des monts Ourals, Us exploitoient les mines
de ce pays ( 3, 1 16, i ; 4, i 3 , i ; 4, 27, i ).
Las Arimaspes (3,ii6,i;4)i3J;4) ^7? • ) sont les peuples de la Russie septentrionale. Chasseurs, ils fermoient un œil en décochant des flèches : de là , sans doute, la tradition qui en fait des monophthaimes { novtxpbttXfiai ,3, ii6,2;4j 13? i;4>-7>ï)-
Chez les peuples qui habitent sous le cercle polaire, les nuits durent six mois ; de là encore la tradition qui les fait dormir six mois de i'année.
Les ^gipodes , c'est-k-dire , hommes aux pieds de chcvre (4> ^5? O' ^'^^^ évidemment des montagnards. Seroient-ce ou les Lapons ou les Samoïèdes !
Quant aux Hyperboréens ( 4> 33 ) > qui» des extrémités du monde, correspondoient avec Délos, nous en avons parlé sup, pag. 4o sq.
Avant d'entrer chez les Mélanchlasnes, Darius traverse le fleuve Gerrhus (4» 56], lequel doit son nom au pays des Gerrhes ( ïb,). Dans ce pays (4> 71) sont et les tombeaux des rois scythes (Taip**, 4> 70? ^^ les sources de plusieurs rivières ; ce qui nous porte dans le gouvernement de Koursk, partie du "Woronetz et de l'Ukraine, où l'on rencontre encore des tombeaux de construction très-ancienne [Voyages de Pallas).
Au nord-est du Gerrhus , toujours en dehors des limites de la Scythie (4) 22 ; 4» 1^3 ) » et au nord des Budins [ÙTkg tk? b. p^ap»; ) , est un désert qui a sept jouraées de chemin (51, P. ) ! ^^ au-dessus du pays