I." PARTIE. — L'EUROPE
désert [vn'e^ tm? ip^f^u ) sont les Thyssagètes, ou Gètes mobiles, espèces d'AIains (1).
Du pays des Thyssagètes sortent quatre grandes rivières , le Lycus , l'Oarus [ Choper ] , le Tanaïs [Don], et le Syrgis, qui, après avoir traversé les Méotes , tombe dans le Palus-Méotis.
Le pays des Thyssagètes, source de la plupart des rivières de la Scythie , et sur-tout du Don ou Tanaïs, correspond aux gouvernemens de Tambow , de Penza, de Simbirsk.
Notons d'abord vTriq deux fois employé. Larcher rend, mars bien à tort, le premier comme s'il étoit suivi de l'accusatif; cas qui , accompagné de Jttîç , indique mouvement, et donne h la préposition le sens de par-delà.
De cette notule grammaticale, passons à la note géographique du C" J. Potocki.
« Voici, dit ce savant, la seule faute géographique « qu'Hérodote ait faite sur notre pays. II confond des » rivières qui tombent dans la rive gauche du Don , «avec d'autres, lesquelles, côtoyant sa rive droite, " tomboient dans la mer-d'Azof. Cette faute est bien " légère, si on la met en balance avec la foule d'ex- 3> cellentes notions que nous venons de transcrire , et » d'autres encore qui résultent du voyage de Darius, » et que l'on trouvera sans peine dans le 4-' livre de « notre auteur. J'ose aussi recommander , pour cet
(:) Hist. prim, du C.'"^ J. Potocki, pag. 108 fis.
3> objet, la lecture de mon commentaire sur Hérodote, 35 inséré dans mon Histoire primitive des peuples de 3> Ja Russie. »
Ainsi s'exprime le C." J. Potocki. L'erreur que lui prête ce savant existe-t-elle réellement \
Hérodote dit que quatre grandes rivières, le Lycus, rOarus , le Tanaïs et le Syrgis , après avoir traverse les Méotes, tombent dans le Palus - jMéotis ; et le C" Potocki en conclut que, dans la pensée d'Hérodote, ces quatre rivières se jettent séparément dans la mer d'Azow, sans se réunir d'abord au Tanaïs; mais Hérodote ne prétend point que trois de ces rivières ne se réunissent point au Tanaïs; il dit seulement que toutes les quatre portent leurs eaux au Palus ; ce qui est vrai.
Que peut-on reprocher à Hérodote! l'omission de plus grands détails et d'une idée intermédiaire ; savoir, que trois des quatre rivières ne tomboient dans le Palus que par le canal du Tanaïs.
Le savant comte pouvoit montrer une faute plus remarquable dans le passage où Hérodote ( 4 > 21) dit que le Tanaïs vient de chez les Thyssagètes. Là , l'erreur est manifeste, puisque le Tanaïs prend sa source au centre de la Russie, bien plus au nord que les Thyssagètes : à moins que l'on ne dise, ce qui justifieroit Hérodote , que la position adoptée pour les Thyssagètes n'est pas exacte , et qu'il faut les reporter beaucoup au nord.
Les Thyssagètes ont pour voisins immédiats, au-