‹ Géographie d'Hérodote, prise dans les textes grecs de l'auteur et appuyée sur un examen grammatical et critique; avec Atlas contenant la géographie des trois grands historiens de l'antiquité et les plans des batailles qu'ils ont décrites, et avec trois index (volume 2)Chapitre 67 sur 178 · I."^ PARTIE. LEUROPE · texte numérisé non relu

I."^ PARTIE. LEUROPE

OU le Syrgis ; il se contente de dire que toutes, ces rivières prennent leur source dans le pays des Thyssagètes (4> '^3 )• L'Oarus est donc dans le nord de la Scyihie , près du Gerrhus, le dernier des fleuves de la Scythie, selon Hérodote, 4» 56; mais, d'autre part, le Tanaïs est évidemment le dernier fleuve du coté de l'orient. Le Lycus et le Syrgis sont donc des fleuves intermédiaires,

Hérodote, 4> 123, dit que le Lycus, l'Oarus , le Tanaïs et le Syrgis, se jettent dans le Palus-Méotis. Ceci mérite explication.

Entre le Gerrhus et le Tanaïs , il n'existe pas de fleuves considérables communiquant directement avec la mer, ou, s'il en existoit, ces fleuves eussent fait partie de la Scythie , puisqu'elle s'étendoit jusqu'au Tanaïs. Mais, d'après Hérodote, le Lycus, l'Oarus, le Tana'i's et le Syrgis, sont hors de la Scythie. Ils ne versent donc leurs eaux dans la mer que par l'intermédiaire du Tanaïs ; et dès-lors les trois autres rivières ne sont plus que des affluens du Don.

Mais le Don des modernes , au lieu de rester la rivière fa plus orientale de ces pays, revient tout-àcoup vers l'ouest, dans le centre de la Russie, jusqu'à la ville de Woronetz. Si c'est là le Tanaïs d'Hérodote, où retrouver l'Oarus, le Lycus, le Syrgis, et ce quatrième fleuve oriental , le Tanaïs d'Hérodote , au-delà duquel habitent les lyrques (contigusaux Thyssagètes, 4j 22 ) , et d'autres barbares !

Ne faut-il pas ici raisonner, comme nous l'avons

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fait pour le Borysthène, et supposer qu'Hérodote, qui a bien connu l'embouchure des fleuves de la Scythie, ignoroit, comme il l'avoue lui-même, leur cours supérieur; qu'enfin il a confondu le Tanaïs avec le Volga.

Ces deux grands fleuves , vers le /^.Ç).^ degré de latitude, se rapprochent tellement l'un de l'autre, qu'ils semblent se confondre.

Le Volga se dirige avec force vers la mer d'Azow ; et certainement il y porteroit ses eaux, en les confondant avec celles du Don, s'if ne rencontroit un banc de rochers : là, tout-à-coup, repoussé à l'est, et ne rencontrant pas d'obstacles de ce côté , il se rend , par une infinité de bras , dans la mer Caspienne.

Cependant, à une époque antérieure de plus de deux mille ans , le Volga a pu se joindre au Don , et porter ses eaux dans l'Azow ; ou du moins Hérodote l'a pu croire, et, en effet, l'a pensé, puisqu'il appelle Araxes , cette rivière aux quarante embouchures (le Volga), qui se décharge par le nord-ouest de la mer Caspienne.

Notre historien supposoit que l'Araxès, aux quarante embouchures, venoitde la Médie. II devoit, par une considération analogue, croire que cette rivière immense, qui se joint presque au Tanaïs dans le voisinage de la Scythie, étoit le Tanaïs lui-même, ce fleuve oriental au-delà duquel il n'apercevoit plus que des peuples barbares et mythologiques.

Cette hypothèse admise, tout s'explique et s'enchaîne dans le récit d'Hérodote. L'Oarus, cette rivière

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